- il y a 3 semaines
Avec 35 000 décès excédentaires, 660 000 hectares partis en fumée et une grande partie du territoire de l'Union européenne en état d'alerte, 2026 aura marqué l'Europe comme le pire été de son histoire. Malgré l'annonce d'un plan européen contre les canicules et un nouveau cadre destiné à renforcer l'adaptation au changement climatique annoncé par Ursula von der Leyen lors de son discours sur l'état de l'Union, de nombreuses questions demeurent. Les moyens européens ont-ils montré leur intérêt et leurs limites ? Les Européens se sont-ils sentis trop longtemps à l'abri de ce réchauffement climatique ? Faut-il plus de moyens dans la lutte et la prévention ? Caroline de Camaret et Alexandre Poussart ouvrent le débat dans Ici l'Europe, avec les eurodéputés Grégory Allione, membre du groupe Renew Europe, ancien président de la fédération des sapeurs-pompiers de France et Saskia Bricmont, eurodéputée belge, membre du groupe Les Verts.
Première partie : Caroline de Camaret reçoit Aurore Lalucq, présidente de la commission ECON, en charge des Affaires économiques et monétaires au Parlement Européen
Deuxième partie : Caroline de Camaret et Alexandre Poussart reçoivent les eurodéputées Grégory Allione, membre du groupe Renew Europe, ancien pdt de la fédération des sapeurs-pompiers de France et Saskia Bricmont, eurodéputée belge, membre du groupe Les Verts.
Première partie : Caroline de Camaret reçoit Aurore Lalucq, présidente de la commission ECON, en charge des Affaires économiques et monétaires au Parlement Européen
Deuxième partie : Caroline de Camaret et Alexandre Poussart reçoivent les eurodéputées Grégory Allione, membre du groupe Renew Europe, ancien pdt de la fédération des sapeurs-pompiers de France et Saskia Bricmont, eurodéputée belge, membre du groupe Les Verts.
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00:00France 24, LCP, Public Sénat, présente.
00:16Bonjour à tous et merci de nous rejoindre pour Ici l'Europe sur France 24 et les chaînes parlementaires.
00:22Alors nous parlerons dans notre partie débat de la canicule qui a sévi cet été, des leçons à tirer.
00:27Mais tout de suite, je vous propose de revenir sur cette semaine où les Européens étaient peu audibles à l
00:33'Assemblée Générale de l'ONU.
00:36Et surtout, ils s'inquiétaient de leur faiblesse économique.
00:39Voilà pourquoi nous recevons aujourd'hui Aurore Laluc. Bonjour.
00:42Vous êtes députée européenne, socialiste, française, coprésidente de Place Publique.
00:47Également, vous venez de sortir Trump contre l'Europe aux éditions Les Petits Matins.
00:52Et vous êtes présidente surtout de la Commission des Affaires Économiques et Monétaires du Parlement européen.
00:57Présente à la dernière réunion de l'Eurogroupe.
01:00Aurore Laluc, une croissance faible des 27 pays membres de l'Union européenne.
01:041,1% pour 2026.
01:07Des prix de l'énergie qui grimpent à de plus de 14% sur un an selon Eurostat.
01:12Comment vous qualifiez l'état de notre économie européenne ?
01:16C'est très paradoxal parce qu'en réalité, malgré tout ce qu'on subit ces dernières années,
01:22c'est-à-dire qu'on est quand même sous attaque de l'administration Trump via la politique commerciale,
01:28il y a maintenant la crise avec le prix de l'énergie, la guerre, la guerre hybride.
01:34On a vraiment une économie qui est mise sous pression, que ce soit par la Russie, par la Chine ou
01:38par les États-Unis.
01:40On résiste quand même pas mal quand on y pense.
01:42On résiste quand même pas mal, on reste résilient.
01:45Néanmoins, on arrive dans des temps très difficiles en termes de croissance économique,
01:50d'activité économique, en termes de pouvoir d'achat surtout.
01:53C'est ça en fait qui nous inquiète profondément.
01:57C'est la question de l'inflation, de cette inflation importée sur laquelle en fait on a très peu de
02:01prise
02:01parce qu'elle est liée à des événements extérieurs et c'est pas la première fois que ça nous arrive
02:05en fait.
02:05Donc c'est ça qui est difficile aujourd'hui pour nous à gérer.
02:09Et puis le fait qu'au bout d'un moment, on risque d'avoir de l'inflation alimentaire.
02:13Malgré tout, on résiste.
02:14Même si on est une zone qui n'est pas finie d'être construite, même si on n'a pas
02:17tous les outils, etc.
02:18C'est ça qui est étonnant.
02:19On arrive quand même à tenir, mais néanmoins, on est mis sous pression.
02:23Et surtout, les Européens sont mis sous pression.
02:25Et c'est ça, l'économie, elle est au service des gens.
02:28Et en fait, c'est là où nous, on doit agir rapidement sur la question de l'électrification,
02:33agir sur la question des prix et surtout investir, investir, investir pour ne plus être dépendant des autres économies.
02:38Alors comme chaque semaine, je vais vous proposer un tour de l'actualité européenne.
02:42C'est l'Europe en bref de Agnès Le Cossèque.
02:49Un électrochoc pour Friedrich Merz.
02:51L'extrême droite allemande remporte de nouvelles élections régionales,
02:55tandis qu'avec moins de 5% des voix, la CDU, le parti du chancelier,
02:59est pour la première fois absente d'un parlement régional.
03:03Nous ne pouvons pas édulcorer le résultat obtenu en Meclambourg.
03:07C'est un désastre.
03:09Autre défaite électorale, à Berlin,
03:11où la gauche radicale de Die Linke est arrivée devant le maire conservateur sortant.
03:15Dans le reste de l'Europe, de nombreuses élections nationales sont attendues d'ici un an,
03:20avec une percée annoncée de l'extrême droite qui met sous tension le projet européen.
03:24En marge de l'Assemblée générale des Nations Unies,
03:27les dirigeants américains, danois et groenlandais ont signé un accord de sécurité.
03:31Cette signature devrait mettre un point final à la crise
03:34qui a envenimé les relations entre États-Unis et Europe
03:37après les menaces de Donald Trump d'annexion du Groenland.
03:40Le texte acte un renforcement de la présence militaire américaine sur l'île.
03:44Il interdit également à tout acteur, hors Union européenne et OTAN,
03:48d'exercer un contrôle dans des secteurs stratégiques.
03:51Donald Trump a annoncé qu'il pourrait interdire les exportations américaines de diesel,
03:55une perspective qui inquiète des pays européens aux options de plus en plus limitées.
03:59Le Premier ministre slovaque Robert Svitsso,
04:02Ro Kremlin, réclame un conseil européen extraordinaire sur la crise des carburants.
04:07Je le dis clairement, je considère que l'Union européenne fait preuve d'un cynisme total
04:14en laissant les États membres gérer la griffe pétrolière tout seuls.
04:20Le dirigeant slovaque, qui affiche à proximité avec Vladimir Poutine,
04:24conteste l'interdiction par Bruxelles des importations de gaz russes prévues fin 2027.
04:29Alors, Aurore Laluc, face à la flambée des prix du pétrole,
04:33les 27 ont eu des politiques très différenciées.
04:37Certains ont abouti à un prix plus bas que dans l'hexagone autour de nous,
04:41avec des remèdes comme le plafonnement, la taxe sur les super-profits énergétiques,
04:46des aides directes.
04:47Qu'est-ce que vous, vous préconisez ?
04:50Et est-ce qu'il faut le même remède pour tous ?
04:53En fait, effectivement, on n'est pas exposés de la même façon.
04:55Et puis, on n'a pas le même état des finances publiques.
04:57C'est ça aussi, la réalité dans les différents pays.
05:00Ce qu'il faudrait, c'est la taxation sur les super-profits.
05:02Et au niveau européen, il y a clairement une coalition de pays
05:06qui est en train de se dégager.
05:08L'Espagne, l'Italie, l'Allemagne, l'Autriche,
05:12donc des gouvernements d'une couleur politique très différente,
05:15très différente, demandent la taxation des super-profits.
05:18Pour l'instant, la France s'y oppose.
05:20Or, ce seraient les moyens de récupérer de l'argent
05:24pour pouvoir justement faire des aides ciblées à ceux qu'on appose.
05:27Pour protéger totale énergie ?
05:30Franchement, en fait, quelle serait l'autre raison, en réalité ?
05:34Il n'y a pas d'autre raison.
05:35Donc, deux choses l'une.
05:36Soit à un moment, totale énergie.
05:38Les prix qu'eux, ils font à la pompe,
05:40ils font en sorte que tout le monde ait le même prix sur le territoire.
05:44Je ne pense pas que ce soit leur stratégie, en réalité.
05:47S'ils ne font pas ça, pardon, mes taxations des super-profits,
05:49ça commence à bien faire.
05:50On ne peut pas mettre en danger comme ça les Français
05:52et les finances publiques.
05:54Vous mentionnez la France avec un budget très difficile à adopter,
05:57une dette en hausse et un déficit le plus élevé de la zone euro à 5,4% du PIB.
06:05Est-ce que vous avez senti l'Eurogroupe, puisque je disais que vous y aviez été,
06:11très inquiets de la situation française ?
06:13Non.
06:14Les ministres des Finances, les institutions européennes,
06:19sont inquiets en général de l'état mondial des finances publiques,
06:23mais aussi de la dette privée, de ce qui se passe aux États-Unis,
06:26la bullia, etc., et le fait que les Américains
06:29ne maîtrisent plus leurs dettes comme avant.
06:31Et on n'est pas à l'abri d'un accident financier, ça c'est clair.
06:33Mais on ne sait pas d'où il va venir.
06:34Et on n'est pas à l'abri.
06:35Et c'est de la probabilité.
06:36Ça veut dire que ça peut arriver comme ça peut ne pas arriver.
06:38Bref, c'est un sujet qui mérite de la nuance.
06:40Or, dans le débat politique aujourd'hui, la nuance,
06:42ce n'est pas la chose la plus commune en réalité.
06:45Donc voilà quel est l'état mondial.
06:48Maintenant, au niveau européen, nous, ce qu'on demande à la France,
06:53c'est une trajectoire de réduction de 100-120 milliards sur 5 ans.
06:58Ça veut dire qu'il n'y a pas besoin de faire un effort de 54 milliards.
07:00Déjà, ça n'existe pas, ça n'existera pas, c'est trop brutal.
07:03Mais de l'ordre de 18-20 milliards.
07:05Et ensuite, quand je suis à l'échelle européenne,
07:08je vois qu'il y a beaucoup moins d'inquiétudes.
07:09C'est-à-dire que tout le monde dit « oui, il faut que la France prenne un effort ».
07:12Mais personne ne se dit « la France, là, tout de suite, va rentrer en crise financière ».
07:16Mais inquiétude aussi par rapport au discours du Rassemblement national concernant l'Europe,
07:21qui, s'il accède au pouvoir, veut baisser la contribution de la France à l'Union européenne,
07:28alors que l'actuel Premier ministre a d'ailleurs demandé de retrancher 800 millions
07:31en les prélevant sur l'amende Google.
07:34Ça accrédite, avant les élections de 2027, l'idée que la France paye trop.
07:38Et c'est le cas ?
07:39Ce n'est pas le cas, déjà.
07:41Parce que, je suis navrée, mais sans l'Union européenne, la France n'est pas grand-chose.
07:45Elle n'est pas grand-chose du point de vue des exportations.
07:48Elle n'est pas grand-chose non plus du point de vue de la soutenabilité de sa dette, si je
07:52peux me permettre.
07:52Parce qu'aujourd'hui, si la dette française est soutenable, c'est grâce à quoi aussi ?
07:56C'est parce qu'en fait, on sait que derrière, il y a la Banque centrale européenne,
07:58il y a le mécanisme européen de stabilité.
08:00Il y a tout ce qu'on a créé qui fait qu'aujourd'hui, les dettes européennes restent quand même,
08:05malgré tout, fortes.
08:06Et en revanche, ce qui inquiète les marchés financiers, très clairement,
08:10c'est la perspective de 2027 et des élections présidentielles.
08:14Et c'est pour ça aussi qu'on a une prime de risque, on a des taux un peu plus
08:18élevés, contrairement à ce qu'on pense.
08:19Ce n'est pas l'état de la dette, c'est à la fois l'instabilité politique depuis la dissolution,
08:25très clairement.
08:26Le fait de, là, savoir ou pas si on va réussir à faire passer le budget.
08:29Et puis, les élections prochaines.
08:32C'est vraiment le sujet politique qui inquiète quasiment plus les marchés financiers, en réalité, que le niveau de notre
08:39dette.
08:40Parlons justement du futur budget, mais cette fois-ci de l'Union européenne pour 2028-2034,
08:45qui est négociée ardemment actuellement.
08:48L'Allemagne, le Danemark, la Finlande, les Pays-Bas, l'Autriche sont dans les frugaux.
08:53Ce qu'on appelle les frugaux, c'est ceux qui demandent qu'on soit en dessous des 2000 milliards d
08:58'euros sur 7 ans,
08:59donc proposés par la Commission européenne.
09:01Votre Parlement européen, Aurore Laluc, veut maintenir ce montant.
09:04Qui va gagner ?
09:05Si on n'a pas un budget qui vient répondre aux défis européens, on va tous perdre.
09:10C'est ça, en réalité.
09:11Si on n'a pas un budget qui nous permet d'avancer sur la défense commune, dans l'indépendance numérique,
09:16si on a un budget qui ne nous permet pas d'être autonome en matière d'IA,
09:20qui ne nous permet pas d'avancer dans la manière de la transition écologique, dans la réindustrialisation,
09:24on va tous perdre.
09:26C'est ça que certains pays devraient avoir en tête.
09:29Donc il y a la question de ce budget, sur lequel vous avez...
09:32Le Parlement européen est toujours plus 10 ans que les États membres.
09:37Et y compris l'Allemagne qui est chez les frugaux maintenant.
09:39Exactement.
09:40Donc on va essayer de pousser un maximum.
09:42Mais à côté de ça, de toute façon, il faudra créer de nouveaux instruments financiers.
09:46Je sais que les débats sur l'annualisation de la dette agitent beaucoup la bulle française.
09:50Mais en réalité, au niveau européen, le débat qu'on a, c'est sur la question, ce qu'on appelle
09:53des actifs sûrs.
09:54Alors c'est un peu techno, mais c'est le fait d'avoir un endettement commun.
09:56Donc des taux d'intérêt communs.
09:58Ça, c'est un débat que nous avons, pour le coup.
10:00C'est un débat que les ministères...
10:01Beaucoup avec l'Allemagne, qui ne veut pas s'endetter en commun.
10:04Alors justement, précisément, le chancelier Mertz, très fragilisé, suite à des défaites dans trois régions,
10:12dans les fameux Lander, à la faveur de l'extrême droite à l'Est.
10:17Les vieux démons sont de retour.
10:20Et de l'extrême gauche à Berlin.
10:22Quelle leçon vous en tirez ?
10:23C'est une situation qu'on peut retrouver aussi en France, en réalité.
10:27On voit aussi qu'en France, le parti qui est dominant, c'est le rassemblement, du moins dans les sondages.
10:35C'est le rassemblement national.
10:36On voit une poussée de l'extrême droite, en fait, à peu près partout en Europe.
10:41Donc, il y a un sujet qui est de rappeler ce qu'est l'extrême droite.
10:45L'extrême droite, ce n'est pas un parti comme un autre.
10:47Voilà, il faut rappeler ce que c'est.
10:49Et ensuite, de prendre soin des Européens.
10:52De prendre soin des Français.
10:53Je crois aussi qu'il y a des leçons qu'on a tirées après la Seconde Guerre mondiale
10:59qui ont été oubliées.
11:01Et qui étaient de dire que le meilleur remède à la montée des populismes et des nationalismes,
11:07c'est de faire en sorte qu'il n'y ait pas de ressentiment.
11:09C'est de faire en sorte qu'il n'y ait pas des inégalités inacceptées.
11:12Il y a toujours un niveau d'inégalité acceptable.
11:14Moi, je m'en fous qu'il y ait des milliardaires du moment où je vis bien.
11:17Et je pense que ça peut préparer pour tout le monde.
11:19Donc, là, on est arrivé sur des choses qui deviennent inacceptables
11:22et qui peuvent engendrer des monstres.
11:26Alors, parlons de diversification de nos sources d'approvisionnement,
11:30de rapprochement entre l'Union européenne et le Canada.
11:34avec Marc Carné, qui était accueilli en héros dans votre hémicycle de Strasbourg.
11:39Il y a quand même dix pays manquants au fameux traité de commerce
11:42qu'on a signé avec lui, le CETA, dont la France.
11:47Est-ce qu'il faut le faire ?
11:48Moi, j'ai parti des gens qui étaient opposés pour des régions sanitaires,
11:52écoutant un certain nombre d'experts et d'ONG.
11:55Néanmoins, là, je trouve que ce qui était intéressant avec sa venue au Parlement européen,
11:59parce que finalement, ce que proposait Ursula von der Leyen était assez vague.
12:03C'est-à-dire que, concrètement, on ne sait pas trop de quoi il s'agit.
12:07Ce qui était important, c'est qu'enfin, il y avait quelque chose de positif qui se passait.
12:13Ces derniers mois, ces dernières années, on subit, on a mauvaise nouvelle sur mauvaise nouvelle.
12:20On traverse des temps difficiles, rudes.
12:24Et là, enfin, il y a quelque chose de constructif qui se passe.
12:28On voit qu'on est en train d'essayer de créer du dialogue et de créer des associations.
12:32On ne sait pas encore sous quelle forme ce sera avec des pays qui résistent
12:37et qui ont envie d'être constructifs et qui se disent, après tout,
12:41les États-Unis font ce qu'ils veulent.
12:43Voilà, ils ont voulu le Trumpisme, ils ont le Trumpisme.
12:45Ce n'est pas parce qu'on est les voisins des États-Unis qu'on leur appartient.
12:48Je trouve cette formule très forte, d'ailleurs.
12:50Et nous, on a décidé de suivre un autre chemin.
12:53Oui, vous parliez des accords commerciaux.
12:55On en a 80 après l'Indonésie, l'Inde, l'Australie.
12:57L'Union européenne est en bonne voie pour conclure avec les Philippines.
13:01Cette stratégie de diversification, parce qu'on a des tensions commerciales avec la Chine aussi,
13:05il ne faut pas oublier un autre acteur mondial.
13:08Est-ce que, pour vous, quand même, elle a un intérêt ?
13:12Il faut l'encadrer ou il faut l'interdire ?
13:14Non, elle peut avoir un intérêt.
13:16Mais, enfin, c'est comme tout en économie.
13:19Les moyens ne sont jamais la solution.
13:21Donc, on peut signer des accords de commerce, mais ça ne peut pas être n'importe lesquels.
13:24Ça ne peut pas être n'importe lesquels.
13:26Ça ne peut pas être avec n'importe quelle norme sociale et environnementale.
13:29Ça ne peut pas être sans close miroir, etc.
13:31Il faut pouvoir quand même se protéger.
13:32Donc, c'est un élément stratégique, mais ça ne peut pas être la stratégie.
13:37La stratégie qu'on doit avoir, en réalité, c'est de ne plus être dans des dépendances suicidaires,
13:42comme dans le domaine du pétrole, par exemple, et du gaz.
13:45On est en train de redécouvrir à chaque crise qu'on n'a pas de pétrole.
13:48Enfin, quand même, en réalité.
13:50Donc, il faut accélérer sur la question de l'électrification.
13:53Dans le domaine des systèmes de paiement, il faut accélérer aussi,
13:56mais là, c'est bon, c'est en bonne loi, pour être indépendant.
13:58Dans le domaine du numérique, en fait, c'est plus la politique industrielle
14:02et c'est plus le fait de protéger un maximum notre industrie,
14:07de reproduire certaines choses en Europe, qui va réellement nous protéger.
14:12Vous mentionnez à juste titre la Chine,
14:14parce qu'on est toujours en train de regarder les États-Unis et la Russie,
14:16pour des raisons évidentes.
14:18Mais la Chine est très agressive d'un point de vue commercial.
14:22On doit protéger notre secteur automobile, par exemple.
14:24Et moi, je suis désolée, là-dessus, la question des droits de douane
14:27ne peut pas être un tabou, en fait.
14:29Parce qu'on ne peut pas laisser notre industrie automobile,
14:32nos batteries, etc., être détruite par une concurrence déloyale.
14:38Alors, l'Union européenne, cette semaine,
14:41elle a sauvé in extremis ses sanctions contre Moscou,
14:44en se ralliant à contre-coeur, en dépit des critiques de Kiev,
14:49aux exigences de la France et du Luxembourg,
14:51qui ont obtenu le retrait de deux oligarques russes de la liste noire.
14:55La faveur faite à l'oligarque russe, qui était bien introduit en Azerbaïdjan,
15:01s'est traduite par une grâce accordée à ce ressortissant français emprisonné là-bas.
15:06Est-ce que l'Europe est cohérente et unie sur le dossier ukrainien
15:10et dans ses sanctions vis-à-vis de la Russie ?
15:13Non, elle ne l'est pas.
15:15Elle ne l'est pas sur, vous citez ce dossier, mais oui, pour le coup, une vie qui est en
15:19jeu.
15:21Mais elle ne l'est pas à plein de points de vue.
15:23La question du gaz reste une question très épineuse.
15:27Il y a plein de choses sur lesquelles on a du mal à être cohérent
15:31et où les intérêts nationaux ne reprennent pas le dessus.
15:36Je trouve que malgré tout, ça tient à peu près.
15:38Mais il faut que ça tienne très fort, parce que les temps à venir vont être extrêmement rudes.
15:42Et on sait que la stratégie de Poutine, depuis le début, c'est de tenter de nous diviser.
15:46C'est ça, en fait.
15:47Et il a été surpris par le fait que nous soyons restés unis et que nous ayons répondus.
15:53Dans votre livre « Trump contre l'Europe », vous dites qu'il faut être en position combat,
15:58donc face aux attaques venues de l'extérieur.
16:01Est-ce que l'Europe, pour vous, elle a bien réagi ?
16:04Par exemple, cette semaine, il y a eu l'Assemblée de l'ONU
16:07vis-à-vis d'un certain Donald Trump.
16:10Je ne trouve pas que l'Union européenne ait été à la hauteur sur la question des droits de douane.
16:16Je ne trouve pas qu'elle soit à la hauteur sur la Cour pénale internationale jusqu'à présent.
16:20Et j'espère que sa position changera.
16:21C'est-à-dire que Trump menace la Cour pénale internationale et a sanctionné des juges.
16:27Et ces juges, jusqu'à présent, ne sont pas protégés par la Commission européenne,
16:33qui pourrait le faire.
16:33Ces juges sont mises aux sanctions américaines, donc ils n'ont plus accès à un grand nombre de sites internet
16:38américains.
16:39Ils n'ont plus accès à la carte de paiement, etc.
16:43Visa, Mastercard, ils n'ont plus accès à rien.
16:46La possibilité de les protéger, c'est de mettre en place ce qu'ils appellent le mécanisme de blocage.
16:49Et ça, la Commission européenne se refuse à le faire pour l'instant.
16:53Donc, typiquement, si vous voulez être respecté,
16:56si vous en appelez tout le temps au droit international,
16:59il faut protéger les juges qui l'appliquent.
17:01Et Donald Trump ne comprend qu'une seule chose, je le dis depuis le début, c'est le rapport de
17:04force.
17:04Il faut tenir ce rapport de force, même si ce n'est pas dans l'ADN de la construction européenne.
17:14Tant pis.
17:14Aurore Laluc, merci d'avoir été en notre compagnie.
17:17On rejoint tout de suite le Parlement européen, votre Parlement européen.
17:20On va parler climat, canicule, feu de forêt.
17:23Quelles leçons tirer, là encore, c'est tout de suite le débat.
17:30Merci de nous rejoindre au Parlement européen à Strasbourg.
17:34Strasbourg, capitale européenne qui n'a pas été épargnée cet été par la canicule qui a touché toute l'Europe.
17:39Août 2026, le mois le plus chaud jamais mesuré dans le monde.
17:43Et l'Europe, dans son ensemble, a vécu le pire été de son histoire.
17:472,7 degrés de plus que les normales de saison.
17:50Résultat, une sécheresse record qui dure jusqu'à aujourd'hui.
17:54Au pic de l'été, les deux tiers du territoire de l'Union européenne se sont retrouvés en état d
17:59'alerte.
17:59De quoi fragiliser la végétation, notre agriculture et également faciliter la propagation des incendies.
18:06Oui, elle a rentré.
18:06Et 660 000 hectares avaient déjà brûlé cette année en Europe, au sud, mais aussi au nord.
18:13C'est deux fois plus que la moyenne des territoires ces 30 dernières années qui sont partis en fumée.
18:20L'Union européenne a mis des moyens inédits en activant son mécanisme européen de protection civile
18:26qui permet une solidarité entre les États membres.
18:29Et la Commission européenne veut aller encore plus loin avec une loi sur la résilience climatique
18:35face à l'urgence de l'adaptation au réchauffement climatique.
18:38Alors, pour en parler aujourd'hui avec nous, nous avons deux eurodéputés.
18:42Saskia Bricmont, bonjour.
18:44Bonjour.
18:44Vous êtes eurodéputé belge, membre du groupe Lever au Parlement européen.
18:48Et face à vous, Grégory Allion, bonjour.
18:49Bonjour.
18:50Vous êtes eurodéputé français, membre du groupe Réunion Europe au centre de l'hémicycle européen.
18:54Et vous êtes aussi l'ancien président de la Fédération des sapeurs-pompiers de France.
18:58Alors, Madame Bricmont, la chaleur a fait plus de 35 000 morts sur le continent européen supplémentaires
19:05par rapport aux autres années et a impacté toutes les activités humaines cet été.
19:12Est-ce que les Européens se sont sentis trop longtemps à l'abri de ce réchauffement climatique
19:17et tout d'un coup se réveillent ?
19:18Merci de remettre le sujet à l'agenda et de parler des 35 000 morts supplémentaires
19:23parce qu'on en a certainement trop peu parlé encore.
19:25Je voudrais d'abord leur rendre hommage.
19:28On n'a pas eu une seule minute de silence ici au Parlement européen pour leur rendre hommage.
19:33Et c'est important.
19:33Et ce n'est pas un fait divers parmi d'autres.
19:36Si on avait eu autant de morts liées à une crise, une pandémie, un attentat,
19:42ça aurait été le branle-bas de combat et l'activation d'un vrai plan d'urgence.
19:45On n'a pas vu ce déclenchement de plan d'urgence, ni au niveau national, ni au niveau européen.
19:50On l'a pourtant demandé en plein été que l'on puisse se réunir, avoir un sommet des ministres compétents
19:56au niveau européen
19:56pour mettre en place les mesures d'urgence qui pouvaient l'être en matière notamment de prévention et de protection
20:03de la population
20:04face à ces vagues de chaleur.
20:06Il n'en a rien été.
20:07Donc il y a une, je pense, volonté politique d'invisibiliser, de ne pas politiser la problématique,
20:12alors que le dérèglement climatique, on va continuer à en subir les conséquences.
20:16Grégory Allion, il a manqué un plan d'urgence européen cet été au cœur de la crise face à ces
20:20multiples vagues de chaleur ?
20:21En fait, on ne peut pas demander à l'Europe ce que les États membres réclament, c'est-à-dire
20:26leur souveraineté.
20:27Et en la matière, il faut savoir quand même que le mécanisme de protection civile est un mécanisme volontaire
20:32et on appelle à l'aide si on en a envie, si on le souhaite.
20:35On appelle les autres États à l'aide.
20:37Donc il faut vraiment préciser que dans l'Union européenne, l'Europe ne peut pas tout faire
20:42parce qu'elle n'a pas la mesure de prendre la main sur quelque chose qui appartient d'abord aux
20:46États.
20:47Ça, c'est le premier point.
20:48Et dans les États, ce principe de subsidiarité existe aussi parce qu'on a des États fédéraux.
20:53En France, pour mon pays, ce sont des États où c'est organisé au niveau départemental.
20:57Et la solidarité ne s'exprime que quand les autorités communales, départementales, en expriment finalement la nécessité.
21:04Donc c'est bien là, finalement, la double difficulté.
21:08C'est que c'est une politique très territoriale qui n'est pas au sens du régalien, qui ne prend
21:12pas le dessus,
21:13qui n'est pas au niveau européen exprimé avec des grands plans de prévention.
21:17Et derrière, vous avez une Europe à qui on demande tout le temps d'agir.
21:21Si on prend le cas des incendies, c'est vrai que même la Commission européenne se félicite de ce mécanisme
21:27mis en place
21:28avec des moyens inédits.
21:29800 sapeurs-pompiers, 22 avions-bombardeurs d'eau, sans oublier cette solidarité qui a été sur tous les territoires incendiés
21:39bien réels.
21:40Est-ce que ces moyens ont montré leur intérêt, peut-être aussi leur limite, par rapport au déploiement de moyens
21:48nationaux aussi ?
21:49Oui, tout à fait. On a vu l'importance de l'Union européenne dans ce contexte et du fait qu
21:53'on puisse se venir en aide entre États,
21:54que ces mécanismes d'urgence puissent être activés par les États concernés par des crises, par des incendies majeurs,
22:00des méga-feux, contre lesquels les équipes de pompiers territoriales locales n'ont pas pu faire face.
22:06Mais le mécanisme a effectivement rapidement montré ses limites.
22:09Il faut quand même savoir qu'en 2025, 2024, 2025, ce sont moins 18 000 effectifs de pompiers en Europe.
22:15Nos gouvernements ont décidé de diminuer à peu près partout les effectifs du pompier,
22:19là où ils n'ont pas arrêté d'alerter, y compris en Belgique, avec les incendies qu'on a vus
22:25dans les Hauts-de-Fagne en France,
22:27qu'ils étaient en sous-effectifs et qu'en cas d'incendies majeurs, très vite, ils allaient être confrontés à
22:32des problèmes.
22:33Oui, parce que c'est remonté au nord, jusqu'à la Belgique. Vous vous faites bien de le noter.
22:36La Grèce, l'Italie, l'Espagne ont brûlé. Mais là où je ne suis pas d'accord avec mon collègue,
22:41c'est que l'Europe a énormément de leviers d'action.
22:44Et le fait que depuis deux ans, on a sur notre table au Parlement européen,
22:48de par l'action de la Commission européenne, un agenda de dérégulation,
22:51donc de détricotage des lois environnementales, des lois climatiques,
22:55le fait qu'à un moment donné, on n'investisse pas massivement au niveau européen pour dire
22:58« Ok, la priorité, c'est d'isoler tous les logements, pour des raisons évidentes de factures énergétiques,
23:03mais pour que personne ne meure de chaud sous son toit. »
23:05Là aussi, c'est un enjeu sanitaire majeur dans le cadre des vagues de chaleur qu'on va encore subir.
23:10Le fait de sortir des énergies fossiles, c'est au niveau européen qu'on doit prendre cette décision-là,
23:15d'arrêter progressivement les subsides aux énergies fossiles et de switcher vers quoi ?
23:19Le renouvelable, qui non seulement rétablit notre souveraineté énergétique,
23:22mais permet aussi de répondre à la problématique des factures, de l'explosion des prix du diesel.
23:27Tout se tient.
23:28Et l'Europe a tous ces leviers-là en main, et elle ne les actionne pas suffisamment aujourd'hui.
23:31Une réaction Grégory à Lyon ?
23:32Oui, je n'ai pas dit que l'Europe n'avait pas de levier.
23:34J'ai simplement dit que la politique de protection civile, de sécurité civile, était une politique très territoriale.
23:40Et je souscris pleinement finalement aux propos, puisque, à savoir quand même que quand je suis arrivé au Parlement,
23:45vous avez dit que j'avais une fonction au préalable, j'étais président des sapeurs-pompiers de France.
23:49On a créé un intergroupe réunissant l'ensemble des groupes politiques pour justement traiter de ces sujets-là.
23:57Et par rapport au discours de la semaine dernière sur le discours de l'État de l'Union avec Mme
24:02Van der Leyen,
24:03qui évoquait la protection civile, nous, on attend encore plus.
24:07Parce qu'au-delà des moyens supplémentaires, il faut des hommes et des femmes.
24:12Et les hommes et les femmes, en Europe, c'est 80% de la ressource, c'est du pompier volontaire.
24:163 millions de sapeurs-pompiers volontaires.
24:18L'Union européenne, elle a acheté des Canadaires, en très grand nombre.
24:23Et précisément, on a reproché à Emmanuel Macron, du coup, de ne pas le faire.
24:26En très grand nombre, c'est 12 appareils qui sont répartis sur 6 pays, dont 2 pour la France.
24:31Mais les accusations contre le gouvernement français, justement, de substitut...
24:33Donc 2 pour la France. Ce qui a été reproché à mon oeil, qui a fait le débat politique,
24:38c'était le report d'une commande de 2 appareils, parce que l'usine qui est au Canada, rappelons-le,
24:43et on peut parler de souveraineté industrielle et en l'espèce, et ce que nous revendiquons,
24:47n'était pas en capacité de les fabriquer.
24:48Donc la flotte qui a été annoncée par Ursula von der Leyen, c'est probablement celle qui a déjà été
24:53commandée.
24:54Et je souscris pleinement, où il faut faire beaucoup plus, certes, en matière de matériel,
24:58c'est ce que nous travaillons actuellement, mais aussi en matière humaine,
25:01et notamment sur le volet sapeurs-pompiers volontaires.
25:04Alors, la présidente de la Commission européenne a fait des annonces sur cette adaptation au réchauffement climatique,
25:09mercredi 16 septembre, dans son discours sur l'état de l'Union face au Parlement européen,
25:15et elle prévoit de présenter une loi sur la résilience climatique. On l'écoute.
25:22Nous avons connu cet été un moment de vérité.
25:25Presque aucune partie de notre continent n'a été épargnée.
25:29660 000 hectares réduits en cendres,
25:34quelques 12 millions de tonnes de récoltes perdues.
25:38Des fleuves aussi importants que le Danube, le Rhin ou la Garonne,
25:43qui disparaissent sous nos yeux.
25:46Plus de 35 000 décès supplémentaires pendant les vagues de chaleur.
25:52Le mois prochain, nous présenterons un nouveau cadre pour la résilience au changement climatique.
25:58Nous identifierons 100 des territoires les plus vulnérables d'Europe
26:03et nous évaluerons les risques,
26:06ainsi que le niveau auquel ils doivent être gérés.
26:11Saskia Bricmont, comment vous recevez cette future loi sur la résilience climatique ?
26:15Cela montre que la Commission européenne actionne un nouveau levier
26:18pour être plus résistant face à ces phénomènes extrêmes.
26:20J'espère que ce n'est pas un énième effet d'annonce,
26:22parce que des plans, rappelons-nous du pacte vert européen,
26:25qui était le bébé de Mme von der Leyen,
26:27qui était censé organiser toutes les politiques européennes
26:32pour atteindre nos objectifs climatiques.
26:33Ici, elle ne parle que d'adaptation.
26:35L'adaptation est extrêmement importante.
26:37On l'a vu cet été, les citoyens européens l'ont vu cet été.
26:40On n'est pas prêts à faire face à ces méga-feux.
26:43On n'est pas prêts à faire face à des inondations.
26:44On doit adapter nos territoires, nos villes, nos maisons, notre agriculture,
26:49parce que les pertes de récoltes, on en parle trop peu aussi.
26:53La flambée des prix de l'énergie, de l'alimentation, tout ça.
26:56Mais si on s'adapte sans, par ailleurs, lutter contre le dérèglement climatique,
27:02en fait, on va faire...
27:02Elle en a parlé également, elle a dit, atténuation et adaptation en même temps.
27:05Sauf que tout l'agenda européen depuis le nouveau mandat 2024 va dans l'autre sens
27:11et que dans le discours de Mme van der Leyen, on n'a pas entendu une seule fois le lien
27:16qu'elle fait entre le dérèglement climatique et la politique économique européenne,
27:20et notamment cet agenda de compétitivité qui ne tient pas compte des effets du dérèglement climatique.
27:25Alors, la Commission prétend qu'on peut faire en même temps, c'est le « et » en même temps,
27:29ça va vous plaire, M. Allion, atténuation du réchauffement climatique,
27:33c'est-à-dire baisse des CO2 et l'adaptation.
27:36Mais en effet, on vient de le souligner, il y a eu des votes contre l'ancien pacte vert,
27:42on n'ose même plus prononcer ce mot dans cet hémicycle apparemment.
27:45En tous les cas, nous...
27:46Cette idée qu'on fait surtout de l'adaptation et pas de la...
27:49Oui, au cours de cette mandature, ce que l'on souhaite, c'est continuer de s'adapter,
27:53continuer de pousser les textes qui font qu'aujourd'hui...
27:56Vous savez, à nos concitoyens, il faut leur expliquer que certains ont voté,
27:59finalement, contre le fait d'avoir des voitures électriques.
28:02Et aujourd'hui, avec la situation géopolitique, on s'aperçoit qu'à la pompe,
28:06finalement, le pouvoir d'achat est obéré.
28:08Et ceux qui critiquent en ce moment les gouvernements qui sont en manœuvre sur le pouvoir d'achat
28:12sont ceux qui ont voté contre les textes qui auraient permis d'accélérer, justement,
28:16cette électrification de nos usages, cette décarbonation de nos usages.
28:20On reste trop dépendant des énergies carbone et aujourd'hui, ça pèse sur le pouvoir d'achat.
28:25Mais qu'est-ce que vous pensez de cette majorité alternative ?
28:28Cette adaptation, il faut continuer et faire en sorte qu'entre adaptation,
28:32qui est celle que nous prônons, et atténuation, nous ayons ces deux leviers en même temps.
28:37Et je vais juste rajouter, et en conclusion,
28:40ce qu'il faut faire comprendre à nos concitoyens, à tous nos peuples au travers du territoire européen,
28:45c'est que ces deux mesures-là, ces deux politiques-là, sont des vrais vecteurs économiques.
28:49Ce sont des vrais vecteurs, finalement, de réussite économique.
28:53Et ceux qui l'ont bien compris, ce sont les Chinois.
28:55Ce sont eux qui nous vendent la plupart des matériaux électriques, des panneaux photovoltaïques.
29:00Donc eux, ils sont en train de réussir une transition, et nous, nous sommes en train de la louper.
29:04D'ailleurs, Ursula von der Leyen a dit que l'Union européenne pouvait devenir
29:07la championne de l'adaptation au réchauffement climatique
29:10avec des entreprises compétitives dans ce domaine.
29:13Ça veut dire qu'on peut allier écologie et économie.
29:15Mais en fait, l'écologie est la condition sine qua non de l'économie et de la compétitivité.
29:19Si on n'intègre pas ça dans nos plans d'industrialisation, de développement économique,
29:23en fait, on loupe totalement le coche.
29:25Mais par contre, faire en même temps adopter une loi du plomb
29:29et l'équivalent au niveau européen,
29:31de ne pas sortir des pesticides,
29:32et au contraire, d'octroyer des dérogations supplémentaires,
29:35de continuer à donner des quotas et des permis d'émettre des émissions de CO2,
29:40ne pas sortir des énergies fossiles,
29:42ne pas prendre des décisions politiques courageuses
29:44qui nous permettront de réellement réduire nos émissions de gaz à effet de serre,
29:48en fait, ce n'est pas possible.
29:49Donc, on nous dise qu'on veut s'adapter,
29:51on veut un grand plan de résilience climatique,
29:53mais en même temps...
29:54Mais pour l'instant, on est sur la trajectoire de baisse des émissions vers nos objectifs.
29:58Sauf que climat et biodiversité, ça va main dans la main.
30:01Cet hémicycle sous l'égide de la Commission européenne
30:04a proposé de réduire les capacités et les outils de surveillance de nos forêts.
30:08Et voilà où on en est aujourd'hui.
30:10On a passé un été à voir les incendies se démultiplier
30:13et l'Europe affaiblit nos standards en matière de surveillance des forêts.
30:17Elle fait la même chose avec ce qui concerne le rétablissement de la biodiversité
30:22et la suppression de tout ce qui est pesticides,
30:24qui sont contre les pollinisateurs et qui détruisent la biodiversité,
30:30alors que nos agriculteurs sont les premiers confrontés à l'appauvrissement de leurs terres
30:36et en conséquence des règlements climatiques et à la sécheresse.
30:38Parce qu'il y a aussi cette question de l'eau, finalement.
30:41Et ça a été un des temps forts aussi de ce discours,
30:44l'insistance sur une initiative européenne sur l'eau par Ursula von der Leyen
30:49à améliorer notre réseau, miner par les fuites, soutenir les agriculteurs.
30:55Est-ce que vous critiquez parfois le stockage de l'eau,
30:59mais on va être obligé de stocker pour assurer notre sécurité alimentaire ?
31:02En fait, on ne peut pas dire qu'on va lutter contre finalement des règlements climatiques
31:08et donner les moyens aux sapeurs-pompiers pour lutter contre les feux l'été s'il n'y a pas
31:12d'eau.
31:13Donc à un moment donné, il faut trouver le juste milieu.
31:16Je comprends tout à fait le raisonnement.
31:17Mais à un moment donné, stocker de l'eau, c'est nécessaire pour nos nombreux usages.
31:21C'est nécessaire pour assurer l'alimentation en eau de nos populations,
31:25pour nos agriculteurs, pour nos industries, pour nos sapeurs-pompiers pour lutter contre les feux.
31:29Donc oui, à un moment donné, il faudra stocker de l'eau.
31:31On est dans une période où il y a de l'eau qui tombe en abondance.
31:33On n'est pas capable de la garder.
31:35Donc oui, il va falloir avoir des mesures courageuses
31:37et ne pas être dans la doctrine absolue de dire j'empêche tout de tout faire.
31:43Exactement.
31:43Saskia Brickman, vous êtes d'accord ?
31:44On va être obligé de stocker de l'eau pour nos différents usages ?
31:48Agriculture, pompiers, consommation ?
31:50Écoutez, quand j'entends l'idéologie,
31:53ça me rend dingue quand même qu'on continue à mettre la question écologique dans la case idéologique.
31:57Parce qu'au nom d'une idéologie libérale, aujourd'hui, on ne fait pas ce qu'il faut en matière
32:02d'écologie.
32:03Et à nouveau, je répète que les deux sont éminemment liés.
32:05Si on parle d'eau, oui, il est grand temps qu'il y ait un plan global à l'échelle
32:10de l'Union européenne,
32:11puisqu'on va manquer d'eau, pour voir comment on fait en sorte que d'abord,
32:15on puisse donner de l'eau à la population, donner de l'eau potable.
32:18C'est vital.
32:19C'est un besoin vital premier.
32:21Quantité et qualité ?
32:22Ensuite, effectivement, il risque d'y avoir des conflits d'usage pour l'agriculture.
32:25On a besoin de se nourrir.
32:27Donc, à un moment donné, il faut voir comment on fait en sorte d'approvisionner en eau nos champs.
32:32Ce sera nécessaire.
32:33Mais si tout ça est pensé intelligemment à l'échelle de l'Union européenne,
32:37pour faire en sorte de ne pas arriver au stade de pénurie,
32:39et de pouvoir s'organiser,
32:42et qu'on n'arrive pas à ces conflits d'usage de l'eau,
32:44voire pire, voire des problèmes sociaux et des conflits liés à l'eau,
32:49c'est éminemment important.
32:50Mais j'ajoute, par exemple,
32:51on n'a pas entendu Madame von der Leyen parler des big data centers,
32:54que l'Europe est en train de déployer,
32:56qui sont extrêmement consommateurs en eau, par exemple.
32:58Donc, tout ça va devoir être dans ce plan
33:00pour qu'on réfléchisse intelligemment à l'usage de l'eau.
33:02Deux mots pour conclure.
33:04Vous avez confiance, le prochain été sera meilleur que celui-là ?
33:06Non, je pense qu'on aura un été qui sera encore très complexe,
33:10et il faut préparer nos concitoyens à être beaucoup mieux préparés, en tous les cas.
33:14Moi, j'ai vu des populations qui ont demandé d'évacuer,
33:16qui ne savaient pas quoi faire, quoi emporter.
33:18Donc, c'est cela, la préparation.
33:20Et c'est aussi de dire à nos populations
33:22que l'État, l'Union européenne, ne pourra pas tout faire.
33:25Lorsque j'étais sapeur-pompier,
33:26je disais que je n'avais pas la capacité
33:28de mettre un camion de sapeur-pompier devant chaque maison.
33:30Saskia Bricmont, l'Europe sera prête pour l'été 2027,
33:33qui sera également chaud.
33:34Je pense que l'Europe et nos gouvernements
33:36doivent vraiment se préparer
33:37et faire en sorte qu'il n'y ait plus des morts supplémentaires
33:39liées à la prochaine canicule,
33:41qui pourrait arriver en mai, juin, l'année prochaine.
33:44Effectivement, il faut se préparer,
33:46accéder à l'eau.
33:46C'est aussi une question d'aménagement des territoires.
33:48Et ça, ce sont nos villes,
33:49ce sont les décideurs politiques
33:52à tous les niveaux de pouvoir
33:53qui doivent intégrer la question
33:55du dérèglement climatique,
33:56de ses conséquences dans toutes les politiques.
33:58Merci à tous les deux
33:59d'avoir très bien illustré ce débat.
34:01Merci à vous de l'avoir suivi.
34:03Vous restez sur nos antennes
34:04pour plus d'actualités.
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