00:0011h-13h, Christine Kelly sur Europe 1
00:05Maître Frédéric Pichon, l'affaire Quentin Daranque, personne n'en parle.
00:09Vous êtes avocat de quatre filles du collectif Nemesis, vous avez reçu le dossier numérique hier, 16h53.
00:15Que révèle-t-il ?
00:16Que révèle-t-il ? C'est qu'on est loin du récit de l'art X Camel Tourné.
00:20On est en réalité dans un traquenard, dans un guet-apens prémédité,
00:24dans lequel vous avez la vidéosurveillance qui démontre qu'à proximité du meeting de Rima Hassan à Sciences Po Lyon,
00:30une trentaine de militants de la jeune garde, parmi lesquels Jacques Elifavreau, l'assistant parlementaire de Raphaël Arnaud, se sont
00:37rassemblés.
00:38Ils étaient vêtus de noir avec des cagoules et avec des cachenets, des gants plombés.
00:43Donc on a eu une préméditation, ils vont se scinder en deux un groupe qui va agresser les jeunes filles
00:49de Nemesis que je représente
00:50et qui vont subir des violences plus légères que celles de Quentin, avec cinq jours d'ITT pour deux d
00:55'entre elles et deux jours d'ITT pour la troisième.
00:58Et l'autre groupe qui va se rendre effectivement, qui va agresser la dizaine de jeunes garçons qui s'étaient
01:05déplacés pour assurer la sécurité,
01:07ils sont 30 contre 10, donc on a une supériorité numérique et le groupe va se disloquer.
01:11Ce qu'on peut voir de manière très claire, c'est, vous avez sept témoins dans ce dossier quand même,
01:17donc ce n'est pas l'homme qui a vu l'homme, qui a vu l'homme, qui a vu
01:19l'ours, vous avez sept témoins oculaires.
01:21Témoins directs.
01:21Des témoins directs qui vont voir, qui vont décrire la scène, l'extrême violence de la scène, les hurlements qui
01:27vont accompagner, la volonté de tuer.
01:29On va entendre dans une des vidéos, tue-le, tue-le, tue-le, d'accord ?
01:32Donc il y a une volonté de tuer, alors que Quentin est encore au sol, plusieurs coups de pied vont
01:37être donnés,
01:38on a un corps qui est inerte et on va avoir des coups de pied.
01:40Et l'une des dernières images particulièrement dramatiques du dossier d'autopsie, c'est le corps de Quentin Durand qui
01:46est officiellement décédé,
01:47avec une marque de chaussure, ce n'est pas une marque de saleté, c'est l'empreinte de la chaussure
01:52qui est tellement puissante qu'elle s'est incrustée dans le visage.
01:55Voilà, donc on parle d'un dossier et le dossier d'autopsie, je ne vais pas rentrer dans les détails,
01:59qui est épouvantable,
01:59Quentin était déjà mort en fait avant d'arriver à l'hôpital, il était condamné, il n'y avait aucune
02:04rémission possible.
02:06Alors beaucoup avaient extirpé la vidéo, il s'était relevé.
02:12Écoutez, par rapport à ça en tout cas, ce qui est certain, c'est qu'on a dans ce dossier,
02:17Quentin à un moment donné qui est inerte,
02:20et on a quatre militants de la jeune garde qui vont continuer à lui asséner des coups, qui sont parfaitement
02:25identifiés, parfaitement identifiables.
02:28Ils ne peuvent pas nier les faits aujourd'hui, ils reconnaissent, ils dénient l'intention homicide,
02:32mais quand vous avez quelqu'un qui est au sol, qui n'est plus en état de se défendre et
02:36que vous vous redonnez plusieurs coups de pied,
02:38l'intention homicide, elle est là, surtout quand vous avez des mots d'ordre,
02:42et vous avez même un militant de la jeune garde qui va interpeller les passants en disant,
02:46mais non, ce n'est pas la peine d'intervenir, le passant était outré, il voulait appeler des secours,
02:50c'est un nazi, donc on a le droit, enfin, c'est un nazi, donc tout est permis.
02:54C'est une phrase qui a été prononcée dans le dossier.
02:56Donc vous avez un dossier qui est accablant, qui démontre une préméditation, une volonté de tuer et une organisation.
03:02Et dans ce dossier, vous avez quand même trois des anciens attachés parlementaires actuels ou anciens attachés parlementaires de Raphaël
03:08Arnaud qui sont impliqués.
03:09Donc moi j'ai une question à poser, quel est le temps finalement mis à disposition par ces attachés parlementaires
03:15qui sont rémunérés par l'État,
03:16parce qu'on a embêté Marine Le Pen parce qu'elle mettait à disposition les attachés parlementaires,
03:20parce qu'ils utilisaient leur temps de travail pour le parti politique,
03:23mais quel est finalement le temps utilisé par ces assistants parlementaires de Raphaël Arnaud
03:28dans le cadre de l'activité d'une milice politique qui s'appelle la Jeune Garde,
03:32qui est une milice politique qui a été dissoute en Conseil d'État et qui s'est livrée à une
03:36activité criminelle.
03:37Maître Frédéric Pichon en direct sur Europe 1.
03:40Il y a une audience aujourd'hui, de quoi s'agit-il ?
03:43Il y a une audience de la Chambre de l'instruction de Lyon, suite à des requêtes en nullité qui
03:49ont été déposées par les avocats des accusés,
03:52sur des motifs procéduraux, je ne vais pas rentrer dans les détails.
03:55Moi ce que je dois dire aussi par rapport à ça, c'est que j'ai appelé mes confrères,
03:57j'ai contacté mes confrères adverses pour leur demander la communication du mémoire.
04:00Ces derniers ont refusé, ils ont dit que le mémoire est au dossier,
04:02il se trouve que le dossier on l'a eu à 16h53.
04:05Donc ce n'est pas très confraternel, mais on a des gens en face qui sont quand même,
04:08y compris du côté des avocats de la Défense, particulièrement hargneux et pas tellement confraternels.
04:13Maître Frédéric Pichon, avocat de 4 filles du collectif Névé 10 dans l'affaire Quentin de Rang,
04:18vous dites que c'est un dossier accablant, qu'il y a clairement de la préméditation,
04:22que c'est un traquenard guet-apant, qu'il y a 7 témoins directs et qu'on entend « tue
04:27-le, tue-le, tue-le » dans des vidéos,
04:29donc il y a une claire intention d'homicide.
04:32Comment expliquez-vous que le récit, aujourd'hui, soit différent ?
04:36C'est parti d'un article du Monde, un journaliste du Monde qui travaillait avant au Progrès Lyonnais
04:41et qui va affirmer avoir eu le dossier d'instruction, sauf qu'on n'a pas eu forcément le même
04:45dossier,
04:46et qui va écrire un article dans lequel, finalement, il va prendre fait et cause pour les militants de la
04:52jeune garde
04:52et le Monde étant un journal, entre guillemets, soi-disant crédible,
04:56et bien cette information va être reprise par tous ses collègues.
05:00Donc en fait, d'ailleurs on entend très peu, officiellement, les avocats des militants de la jeune garde,
05:04ils ont fait fuiter des informations par le biais des journalistes qui invoquent avoir accès au dossier d'instruction,
05:10mais en fait c'est une lecture particulièrement partielle.
05:12Le dossier, encore une fois, je le dis, est accablant.
05:14On a la vidéosurveillance, on a des témoins oculaires, on en a sept,
05:18on a des vidéosurveillance en amont, c'est-à-dire qui démontrent la préparation, les actes préparatoires,
05:23on a aussi les officiers de la police, enfin des services territoriaux,
05:28les renseignements territoriaux qui vont suivre l'événement
05:32et qui vont aussi décrire le rôle, l'implication de Raphaël Arnaud,
05:37attaché parlementaire, mais aussi l'un des responsables, l'un des cas de la jeune garde
05:40comme étant le meneur de cette action.
05:42Donc en fait, il y a des actes préparatoires, il y a un groupe structuré, organisé, hiérarchisé,
05:48ça c'est une expression qui va être utilisée par les policiers enquêteurs
05:51et qui va se livrer à une attaque en règle.
05:54Quelle est la prochaine étape ?
05:55Alors, comme je vous l'ai dit, ce matin il y a la chambre d'instruction,
05:58j'espère que la chambre d'instruction ne va pas faire droit aux requêtes en nullité
06:01qui me semble juridiquement affondée.
06:04Moi, personnellement, je vais faire ce qu'on appelle au juge des demandes d'actes,
06:07d'investigation, dans une procédure inquisitoire en France,
06:10c'est-à-dire qu'on ne peut pas nous-mêmes faire les enquêtes.
06:12Je vais demander au juge d'enquêter particulièrement sur l'implication justement
06:16de Raphaël Arnaud et l'utilisation des moyens mis par l'Assemblée nationale
06:22vis-à-vis des attachés parlementaire,
06:24dans le cadre de cette activité militante,
06:26et de quelle manière cette utilisation a été faite
06:29pour perpétrer finalement un groupe de combats interdits dissous
06:34et qui a constitué le délit de reconstitution de l'Igdissoute,
06:39puisque vous avez une dissolution au Conseil des ministres
06:41et une confirmation au Conseil d'État.
06:43Merci beaucoup, Maître Frédéric Pichon.
06:46On rappelle le 12 février 2026,
06:49effectivement, ce jour où il y a eu cette action de Némésis
06:53près de son spolion, Réma Hassan,
06:55il y a une conférence et où, le 14 février,
06:58Quentin de Ranck meurt de ses blessures.
07:01Et je rappelle ce que vous avez dit,
07:02qu'il y a clairement une intention de tuer dans le dossier,
07:04qu'il y a des vidéos de surveillance qui témoignent,
07:06qu'il y a sept témoins qui témoignent.
07:08On entend « tue-le, tue-le »,
07:09il y a une claire volonté de tuer.
07:11Et pour autant, le récit est différent.
07:13Restons à l'écoute sur ce dossier,
07:15puisque personne n'en parle.
07:16Merci infiniment d'avoir été en direct avec nous.
07:18On marque une pause et on va recevoir un autre avocat
07:21pour parler du livre noir de la justice.
07:23Pour rester quand même sur le même sujet,
07:25le livre noir de la justice avec l'avocat Emmanuel Piera
07:28qui décrit une justice française débordée.
07:30Trop de dossiers, trop peu de moyens,
07:32des décisions qui tardent.
07:33Son enquête pose une question qui nous concerne tous.
07:36Peut-on encore obtenir justice dans un délai raisonnable ?
07:39Appelez-nous au standard d'Europe 1.
07:40Oui, avez-vous déjà renoncé à saisir la justice ?
07:4201-80-20-39-21 pour réagir avec Christine Kelly
07:45et son invité sur Europe 1.
07:47A tout de suite.
07:48Sous-titrage Société Radio-Canada
07:52...
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