00:00Ce qui m'a fait rire, en moyenne, chacun des membres de la team Attal pour parvenir à poser ses
00:03valises dans un ministère
00:04aura parcouru 522 kilomètres quand le collectif Moroy dépassait les 2000 kilomètres.
00:09Oui, on a mesuré la distance.
00:10Il serait sans doute actif d'expliquer que les chevènements Fitterman et Defer connaissaient 4 fois plus la vie.
00:15C'est-à-dire qu'ils étaient proches de Paris et que les autres étaient en province ?
00:21Alors, on a mesuré le parcours réalisé par Attal entre ses études et ses premiers mandats.
00:26Il a parcouru 19 kilomètres dans sa vie.
00:28Alors, c'est un peu dur, on ne va pas vous en riez.
00:31Je n'ai pas envie de me moquer de Gabriel Attal.
00:33En plus, il a un début de campagne un peu difficile, visiblement.
00:35Non, je trouve qu'il a de l'énergie et il tente des choses.
00:40Ce qu'on peut dire, c'est qu'avant, l'implantation politique était quelque chose d'important.
00:47Mais on voit bien que c'est fini, parce qu'avant, les présidents eux-mêmes étaient implantés.
00:50Même François Hollande s'était implanté en Corrèze.
00:52Emmanuel Macron est le premier président à ne pas avoir été élu, ne pas avoir d'implantation.
00:57Ah non, lui, il a planté, c'est autre chose.
00:59C'est-à-dire ?
01:00Il a planté la France.
01:01Ah, pardon, oui.
01:04Je ne vous avais pas suivi là-dessus.
01:06Mais on peut voir que parmi les candidats, Gabriel Attal, ça n'est pas le seul.
01:09Je veux dire, Jordan Bardella, est-ce qu'il a une implantation locale ?
01:12Il est implanté à Bruxelles et on lui reproche parfois de ne pas être suffisamment à Bruxelles.
01:16Donc, même à Bruxelles, il n'est pas implanté.
01:18C'est un peu délicat, parce qu'on a une multitude de candidats, en fait, qui n'ont pas véritablement
01:22d'attache.
01:23Est-ce que Pompidou était implanté ? Est-ce qu'on peut dire ça ? Il était né à Mont
01:28-Bourg ?
01:28Non, il allait souvent dans sa campagne.
01:30Oui, mais...
01:31Il aimait la bagnole, il aimait les routes, il aimait les arbres au bord des routes, il a parcouru la
01:36France.
01:36Il venait en Porsche à Matignon.
01:37On peut dire qu'il connaissait ce pays, quand même.
01:38Il venait en Porsche à Matignon, ce que je ne conseille pas aujourd'hui à M. Lecornu.
01:43Ce n'est pas un signe de proximité avec les Français de rouler en France.
01:46François Sagan.
01:47François Sagan, c'est la France.
01:50Vous êtes d'accord ?
01:51Mais je voudrais qu'on l'écoute.
01:52Parce qu'elle est morte, on est le 24 septembre, elle est morte le 24 septembre 2002.
02:002002 ou 2004.
02:022004, il y a 22 ans.
02:04Et j'ai trouvé une archive, on aime bien passer des archives, chaque jour,
02:07où elle parle avec tellement de modestie de son œuvre, entre guillemets,
02:12où elle est au tout début de sa carrière, écoutez, vous allez me dire ce que vous en pensez.
02:15Comment ?
02:16C'est peut-être pour ça qu'elle est très...
02:17Non, mais elle était modeste, elle disait, voilà.
02:19En fait, tous les gens qui ont lu Proust, ils considèrent que ce qu'ils écrivent, ce n'est pas
02:24terrible, quoi.
02:27Comment vous situez-vous dans la littérature française d'aujourd'hui ?
02:30Enfin, je crois qu'il faut que je vous pose cette question.
02:32Vous êtes un écrivain probablement le plus lu, un écrivain français le plus lu à l'heure actuelle.
02:38Je crois que c'est l'excellente définition de données.
02:41Oui, d'accord, mais comment vous situez-vous ? Ce n'est pas une situation.
02:43Je ne peux pas me situer parce que je n'en suis qu'au balbutiement.
02:52Je veux dire, peut-être dans 10-15 ans, j'aurais appris à...
02:56Je crois que j'aurais fait un livre, un vrai livre.
02:58Pour le moment, c'est des...
03:00C'est des coups d'essai, comme on dit.
03:02Vous avez l'impression de ne pas avoir fait un livre encore ?
03:04Non.
03:06Sincèrement ?
03:07Bien sûr, un livre, c'est un livre.
03:09Ce n'est pas...
03:11Ce n'est pas ça, quoi.
03:12Quelle différence y a-t-il entre les romans que vous avez écrits jusqu'à présent et un livre, le
03:16livre que vous écrirez ?
03:18Un livre, un vrai livre, je crois que c'est un livre où l'imagination, l'intelligence, la force, tout
03:24ça, sont parfaitement accordés.
03:26Ils font une chose, une œuvre, quoi.
03:30Moi, je suis trop...
03:32Trop paresseuse, trop pressée à la fois.
03:36J'ai trop de facilité à faire des choses.
03:39Je triche un peu, enfin, je ne sais pas.
03:41Vous considérez comme une apprentie en ce moment ?
03:43Oui.
03:44C'est très luxueux de se considérer comme une apprentie, non ?
03:47Quand on a un tel succès.
03:48J'ai le temps.
03:49J'ai le temps de ne plus avoir de succès d'écrire un livre.
03:52Est-ce que votre célébrité ne vous empêche pas de vous considérer sincèrement comme une apprentie ?
03:57Pas du tout.
03:58Il suffit de lire...
03:59La célébrité, c'est des photographes, mais il suffit de lire Proust ou Tolstoy, et puis on comprend.
04:06Je crois que telle modestie va surprendre beaucoup de gens.
04:10Ce n'est pas la modestie, ce n'est pas du tout.
04:11Je ne suis pas tout modeste, mais c'est une simple constatation des faits.
04:15D'ailleurs, elle n'est pas modeste parce qu'elle dit « j'ai trop de facilité », « je
04:20triffe », « je n'ai pas écrit de vrai livre », et comme elle est confrontée à la littérature,
04:25elle a lu Tolstoy et Proust, elle se juge, elle se jauge, comme en sport on peut se juger d
04:31'ailleurs.
04:31Bien sûr. Alors, il y a plusieurs choses. N'oublions pas qu'elle a commencé à 17 ans. Son premier
04:36livre, je crois qu'elle avait 17 ans.
04:38Je l'ai relu récemment, et il y a une chose qui n'existe plus aujourd'hui, c'est le
04:43style. Elle avait un style naturel.
04:46Donc ça, aujourd'hui, c'est quelque chose d'extrêmement précieux.
04:49Deuxièmement, je pense que c'est quelqu'un qui était assez timide. Vous avez vu la façon dont elle tripote
04:53ces objets-là.
04:55Et troisièmement, c'est très étrange parce que cette même personne, un peu plus tard, va devenir une espèce de
05:03dandy conduisant à moitié ivre, pieds nus, des Aston Martin pour aller jouer au casino de Deauville.
05:09C'est-à-dire qu'elle endossait le rôle d'un homme. Et ça, c'est extrêmement... Moi, je trouve
05:14ça admirable.
05:15Et la même personne, à la fin de sa vie, sera une amie intime de Sartre. Sartre qui était aveugle
05:23à la fin de sa vie.
05:24Et elle raconte, on voit très bien, elle allait lui découper sa viande. Je trouve ça magnifique.
05:30C'est son meilleur livre.
05:31Je pense, pardon Pascal, c'est d'avoir été l'ami de Mitterrand.
05:34Non. Je trouve que le meilleur livre de Sagan, c'est « À mon meilleur souvenir ».
05:40Et elle parle justement de ce que vous dites, de Sartre qui était aveugle, qui habitait à l'avenue Edgar
05:47Kiné.
05:48Et elle lui coupe sa viande et raconte ça. C'est tout à fait...
05:51C'est magnifique.
05:52Extraordinaire.
05:53Je suis d'accord avec vous. Bon, c'est Sagan.
05:55Est-ce que vous diriez comme elle que vous n'avez pas écrit un vrai livre ?
05:59Moi, je considère que je n'ai toujours pas écrit le livre que je voudrais écrire.
06:02Je commence...
06:02Oui, mais il est 10h48, il ne faut pas arrêter le temps, là.
06:04Il est 10h48, il ne faut pas arrêter.
06:05Oui, je sais.
06:07Il ne faut pas faire trois ans avant de sombrer.
06:09Bon, arrêtez avant de sombrer.
06:11Bon, nous les Français, raconter la France comme les politiques ne le feront jamais.
06:18C'est vraiment très intéressant.
06:19Alors, le canon français, au même moment, mais comme une France parallèle,
06:22le maire PS de Quimper, Isabelle Assis, s'oppose à la tenue d'un banquet du canon français dans sa
06:27ville.
06:27Le motif est comme dans l'affaire Master Poulet, le trouble à l'ordre public.
06:30En marge d'un précédent banquier à Caen, des propos racistes ont été rapportés.
06:34Le président, la présence au capital du canon français du milliardaire d'extrême droite.
06:38Pourquoi vous dites du milliardaire d'extrême droite ?
06:41Il se présente comme tel.
06:42Mais c'est quoi l'extrême droite ?
06:44Bah, c'est pas à moi de la définir, mais...
06:46Bah oui, mais vous êtes marrant.
06:49Bah, il se présente comme tel, enfin...
06:50Il y a quelqu'un, vous connaissez quelqu'un qui se présente comme étant d'extrême droite ?
06:54Pierre-Edouard Sterrin, il me semble qu'il n'y a pas mystère sur les orientations.
06:57Et c'est quoi, moi je voudrais qu'on me défine, c'est quoi l'extrême droite pour vous ?
07:00Alors, non, si on se lance sur ce débat, c'est infini.
07:04Évidemment que certains utiliseront droite radicale, droite de droite, extrême droite, mais en l'occurrence...
07:09C'est un conservateur libéral ?
07:11Ah oui, ça c'est un conservateur et très libéral, oui, oui, effectivement.
07:15Bon, en tout cas, c'est ce que vous écrivez.
07:16La présence au capital du canon français du milliardaire d'extrême droite, Pierre-Edouard Sterrin,
07:19a contribué à entretenir le soupçon d'une entreprise idéologique derrière la dimension commerciale à l'FSTU.
07:24Ah mais...
07:24Mais vous êtes allé au canon français, vous avez passé une soirée dans le canon français ?
07:28En l'occurrence, il faut lire toute l'entrée qui est consacrée à ce sujet.
07:31On dit bien que les gens sur place, eux, ne se revendiquent pas nécessairement.
07:36Nécessairement, mais ils ne sont pas du tout...
07:37C'est des gens qui ont envie de faire la pète et de chanter des chansons.
07:40Exactement, c'est ce qui est expliqué.
07:42Il y a une recherche de convivialité, le banquier français à l'ancienne,
07:45il y a la joie et le plaisir de chanter la marseillaise,
07:49la joie et le plaisir de chanter de la variété,
07:52mais c'est nimbé aussi d'une forme de coloration
07:56qui fait dire à ceux qui n'aiment pas tout ce décorum-là que c'est l'extrême droite.
08:01Mais les gens sur place prennent du plaisir.
08:03Mais vous ne pensez pas que c'est une toute petite minorité médiatique
08:06que vous êtes d'une certaine manière...
08:08Personne ne pense que le canon français est d'extrême droite ?
08:11Non, mais si, il y a certaines personnes...
08:12Simplement quelques éditorialistes à Libération.
08:16Oui, en l'occurrence, moi je ne suis pas éditorialiste à Libération,
08:19j'ai été journaliste de terrain,
08:20j'ai notamment travaillé à Marianne qui est un journal plutôt populaire
08:23et qui veut être assez proche des gens,
08:24j'ai réalisé quelques reportages.
08:25Et évidemment, on ne dit pas à chaque ligne
08:29que les gens qui sont au canon français
08:30sont des gens qui votent RN,
08:32mais il peut y en avoir, Pascal.
08:34Mais il y en a 35%, donc forcément il y en a.
08:36Oui, on est bien d'accord.
08:37Il y en a 35%, mais il y en a comme dans un stade de football.
08:41Mais en l'occurrence, ce qui est plus intéressant dans l'entrée,
08:43il me semble, c'est qu'on compare la sociologie
08:45des villes où sont installés Masterpoulets
08:47et la sociologie des villes
08:49où se tiennent les banquets du canon français.
08:51Et ça, c'est intéressant, parce qu'on voit
08:53qu'effectivement, Masterpoulets, ce sont des villes
08:55de banlieue, villes populaires, jeunes,
08:57avec un taux d'immigrés et un taux de probabilité plus élevé.
09:01Mais ce qui est intéressant pour le canon français,
09:03et c'est pour là que je ne suis pas dans le jugement ou la morale,
09:05ce sont des villes petites et moyennes de la France
09:07et des villes qui sont en fait relativement pauvres,
09:10pas aussi pauvres que celles de Masterpoulets.
09:12Donc moi, c'est cette opposition
09:14entre ce commerce et les banquets qui m'intéressent.
09:18Et ce n'est pas de savoir s'il y a des gens d'extrême droite ou pas.
09:21Vous avez raison, désormais, quand un parti fait autant de voix,
09:23forcément, il y a des électeurs du Rennes.
09:25Ce qui est un peu agaçant, c'est qu'effectivement,
09:28et Jean Dujardin l'avait dit,
09:29c'est-à-dire que lorsque la cérémonie, par exemple,
09:32des Jeux Olympiques, pas des Jeux Olympiques,
09:34de la Côte du Monde de rugby,
09:36avait été perçue comme une
09:39cérémonie,
09:40rance, etc.
09:41Mais vous ne noterez que sur le livre,
09:43il y a du bleu-blanc-rouge,
09:45il y a la liberté guérante.
09:46Oui, je suis d'accord.
09:47Alors, il est 10h52,
09:48je marque juste un petit temps
09:49pour saluer notre amie Christine Kelly
09:51qui va continuer l'antenne sur Europe 1.