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Robert Ménard, maire divers droite de Béziers, répond aux questions de Laurence Ferrari.
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00:00La grande interview Europe 1 C News, Laurence Ferrari.
00:09Et notre invité ce matin dans la grande interview sur C News et sur Europe 1, c'est Robert Ménard.
00:13Bonjour à vous.
00:14Bonjour à vous.
00:15Maire de Béziers, le président de la République, Emmanuel Macron, va s'exprimer ce soir, vous le savez, à la
00:19télévision,
00:20alors que le mois d'octobre s'annonce tendu, les débats sur le budget, les appels à manifester le 17
00:24octobre contre la vie chère.
00:26Qu'attendez-vous de lui ? Rien ou pas grand-chose ?
00:30Qu'est-ce que j'attends de lui ?
00:31D'abord qu'il ne raconte pas des cracks, ce serait déjà une bonne chose.
00:34On a vu à l'Assemblée Nationale des Nations Unies ce qu'on peut comme mensonge, il peut répéter,
00:41qui disent la vérité aux gens.
00:43Moi je ne suis pas de ceux...
00:44Il n'a pas fait depuis 9 ans ?
00:45Non, il a une vérité changeante, c'est le moins qu'on puisse dire.
00:51Il faut dire aux gens, il ne faut pas leur faire des promesses,
00:54et il n'est pas le seul à le faire, que tout le monde sait qu'elles ne seront pas
00:58tenues,
00:58il faut entendre les gens, il faut entendre.
01:01Quand j'entends son mini-monsieur Lescure expliquer qu'avec 2000 euros par mois,
01:06au fond on vit bien, enfin il vit où monsieur Lescure ?
01:09Il vit où ?
01:10Il a vu, il gagne 2000 euros, il a gagné...
01:13Ou les français ?
01:14Ah mais attendez, un des reproches principaux, je ferai deux reproches au chef de l'État,
01:21un narcissisme absolu, au fond la seule chose qui l'intéresse c'est lui,
01:26et la deuxième chose c'est au minimum une méconnaissance de la vie des gens,
01:31moi je les vois tous les jours les gens, je vois leurs difficultés,
01:33ou un mépris vis-à-vis des gens, et on passe vite de la méconnaissance au mépris.
01:37Et moi tous les jours, je vous jure sur la tête de mes enfants,
01:41tous les jours j'ai des gens qui viennent me voir avec des histoires,
01:46tu te dis, et puis tu es impuissant, tu te dis, qu'est-ce que tu leur réponds ?
01:49Alors on ne va pas leur dire, on va tout augmenter, le SMIC, je ne sais pas quoi,
01:52parce que ce n'est pas vrai, mais au moins on essaye d'être attentif à eux,
01:56moi j'attends qu'ils soient attentifs et humbles, humbles.
02:00D'accord, il y a eu des aides annoncées cette semaine pour tenter de contenir la flambée des prix du
02:05carburant,
02:07aides aux gros rouleurs un peu étendus, aides aux pêcheurs,
02:09est-ce que c'est suffisant, est-ce que c'est audible dans une population qui est tellement en souffrance
02:13?
02:13Mais bien sûr que ce n'est pas audible, bien sûr que si j'étais un démagogue,
02:17et si vous répondez comme un homme politique traditionnel,
02:20vous savez, je vous dirais, ah non, il faut donner plus à tout le monde.
02:23Il faut baisser les taxes.
02:24Vous les payez avec quoi madame ? Avec quoi ?
02:27Moi je vois, on a aidé des pêcheurs, l'agglomération que je préside,
02:31mais on a redonné, c'est des petites sommes, parce qu'on n'a pas plus d'argent que l
02:35'État.
02:36Et en même temps, les marins pêcheurs, le gazoil c'est tellement important dans leur budget,
02:42ils sont au bord de la catastrophe.
02:44Qu'est-ce que vous faites ? Qu'est-ce que vous faites sérieusement ?
02:47Moi je crois que dire aujourd'hui, on va faire des aides généralisées, est une folie douce.
02:54Il faut choisir.
02:56On n'a plus le luxe de faire ça.
02:56Mais on n'a plus les moyens, on les a eus à un moment donné.
02:59Mais la situation économique, elle est tellement désastreuse,
03:01on doit tellement d'argent à tout le monde, on paye, parce que c'est ça la réalité,
03:05on paye des intérêts tellement importants,
03:07demain les gens finiront par plus nous faire confiance en se disant
03:10on sera plus capable, on, la France, de leur rembourser ou de faire face à nos échéances.
03:14Tu ne peux pas tout promettre.
03:16Il faut choisir des choses ciblées.
03:18Quand tu es dans l'opposition, et tous les autres sont dans l'opposition,
03:21et on est en campagne électorale évidemment,
03:22tu peux promettre ce que tu veux, ça ne coûte rien.
03:26Après, en mois de mai, si tu es élu, tu pourras toujours dire que tu ne savais pas que c
03:30'était si catastrophique que ça.
03:32Mais là, la réponse qu'on entend systématiquement et de la part du gouvernement et d'Emmanuel Macron,
03:36ce n'est pas de ma faute la flambée des prix du carburant,
03:39ce n'est pas ça l'extérieur, l'international,
03:41c'est la guerre en Ukraine, c'est la guerre en Iran,
03:43le blocage des trois normaux, nous n'y sommes pour rien.
03:46Mais attendez, bien sûr qu'ils y sont pour quelque chose.
03:49Je vais prendre un domaine, hier j'entendais des débats,
03:52parce que ce n'est pas lui qui dit ça,
03:53sur le prix de l'électricité.
03:55Mais nom de Dieu, qui c'est qui voulait fermer les centrales nucléaires ?
03:59Parce que ça, ils ont tout changé.
04:01Mais vous vous rappelez, on a un peu de mémoire.
04:02Vous, moi, ils étaient...
04:04Alors c'est Fessenheim, et puis dans la foulée, on allait tout arrêter.
04:06Ils ont quand même, avec un délire d'écologie punitive,
04:10d'écologie tout court, folle, furieuse,
04:13qui se transforme en quelque chose contre les gens,
04:16ils ont prôné des choix absolument sidérants d'erreur.
04:21Alors aujourd'hui, ils te disent...
04:22Mais enfin, c'est pareil, on pourrait en parler.
04:24L'immigration, ils disent, c'est vrai que c'est un problème.
04:26Mais Coco, tu te faisais traiter de facho
04:28quand tu disais que l'immigration est un problème.
04:30Moi, j'ai armé ma police municipale.
04:32J'étais le facho de service.
04:34Alors maintenant, ils le font tous.
04:35Mais je ne peux accumuler, pas que dans le domaine économique,
04:38le nombre de choses où aujourd'hui,
04:40ils te disent exactement le contraire.
04:41Le problème, c'est que tu as des candidats aujourd'hui
04:44qui étaient responsables de ça
04:46et qui te font croire ou voudraient te faire croire...
04:49Tous ceux qui sont liés à la Macronie, c'est ça ?
04:51Attendez, bien sûr, c'est un problème.
04:52Parlez d'Edouard Philippe, Gabriel Attal.
04:55Moi, je n'ai pas d'opposition aux gens.
04:57Mais quand même, tu ne peux pas dire...
04:59Ou alors, il faut vraiment faire la merculpa
05:00en expliquant, je me suis trompé sur ça, ça, ça et ça.
05:04Mais il faut le dire que tu t'es trompé.
05:06Il ne faut pas faire une espèce de pirouette
05:09pour retomber sur tes pattes.
05:10Tu ne peux pas, ils ne sont responsables.
05:12Pas qu'eux, il y a la situation internationale et tout.
05:14Mais un certain nombre de choix qu'ils ont faits
05:16sont des choix désastreux.
05:18J'ajoute, la droite avant et la gauche avant
05:21sur les 40 dernières années.
05:23Je ne sais pas si c'est beaucoup mieux.
05:24Emmanuel Macron va aussi s'exprimer
05:26sur ce qui se passe à l'international.
05:28Il va sans doute revenir sur la menace russe,
05:31la menace hybride qui nous vise, selon lui,
05:33un secte de nombreux pays alliés.
05:34Il a raison d'agiter en permanence cette menace.
05:36Elle existe pour vous faire mener.
05:37Bien sûr qu'elle existe.
05:38Vous avez vu ce que je peux dire à l'instant de lui
05:41sur les choix économiques,
05:44sur les décisions financières et tout.
05:48Dieu sait que je peux être critique.
05:50Mais sur l'international,
05:51il a plus raison que les autres.
05:53Attendez, pardon, il y a une vraie menace.
05:56Vous ne voulez pas la voir ?
05:58Je vous pose la question.
06:01Je sais bien, le vous est un vous général.
06:03En France, on ne veut pas le voir.
06:06Attendez, il y a un pays qui en a envahi un autre,
06:09qui est dirigé par un type qui rêve,
06:11je parle de M. Poutine,
06:12d'étendre son pays, quoi qu'il en dise.
06:15Et nous, on est en train de pinailler
06:16en disant non, pas vraiment.
06:18Bien sûr que c'est...
06:19Donc c'est aide inconditionnelle à l'Ukraine,
06:21militaire, financière, jusqu'où est-ce qu'on va ?
06:23Écoutez, jusqu'à les protéger.
06:25Mais vous croyez...
06:25Jusqu'à entrer en guerre ?
06:26Attendez, non, je ne vais pas dire...
06:28Les protéger, ils ne nous demandent pas
06:29d'entrer en guerre à côté d'eux,
06:30ils nous demandent de leur fournir des armes
06:32et de leur donner de l'argent,
06:33en particulier, il y a de l'argent russe
06:35qui est bloqué dans des banques,
06:36on n'a qu'à l'utiliser pour les aider.
06:39Mais attendez, vous croyez qu'ils se battent que pour eux ?
06:42Enfin, attendez, moi, je connais les faiblesses
06:45du régime, le régime ukrainien.
06:48Je connais la corruption,
06:49parce que je suis allé, je ne sais pas,
06:5015 fois ou 20 fois avant ça,
06:52la corruption endémique
06:55qui règne dans ce pays-là
06:57depuis très très longtemps.
06:59Je le sais, ça.
07:00Reste qu'entre eux,
07:03avec tous ces défauts-là,
07:04et un pays impérialiste dangereux
07:07qui ne rêve que d'en finir avec eux
07:08et demain avec d'autres...
07:09Je choisis, madame,
07:11vous choisissez dans la vie.
07:12Les Français, eux, ils vous disent
07:13OK, très bien, vous nous parlez de la Russie,
07:16vous nous parlez de la fin du monde.
07:17Nous, on vous parle de la fin du mois.
07:18On vous parle de nos problèmes du quotidien.
07:20Parce qu'il faut dire les deux choses.
07:21Et l'argent, on en a besoin.
07:22Il faut dire les deux choses.
07:24C'est trop facile,
07:25c'est d'une démagogie absolue
07:27de raconter
07:28Ah, mais écoutez,
07:29on donne de l'argent aux Ukrainiens,
07:31on ferait mieux de vous le donner à vous.
07:32Ce que font nombre de candidats, d'ailleurs.
07:33Plein de candidats,
07:34très à droite et très à gauche
07:36qui vous disent ça aussi.
07:37C'est une saloperie de dire ça.
07:39Ils se font tuer pour nous.
07:41Tu ne peux pas faire des discours
07:43sans arrêt sur les droits de l'homme,
07:44la démocratie,
07:46je ne sais pas quoi encore,
07:47les libertés,
07:47et ne pas comprendre qu'aujourd'hui,
07:49il y a des gens
07:50qui, à 2000 kilomètres d'ici,
07:53se battent pour ça, madame.
07:54Se battent pour ça.
07:55Pardon, vous êtes journaliste.
07:58Le débat qu'on a ici,
07:59vous ne l'auriez pas à Moscou.
08:01C'est ça la réalité.
08:02C'est ce qu'il faut dire.
08:03Et quand j'entends
08:04certains de vos confrères
08:05avoir de la tendresse
08:07pour M. Poutine,
08:08mais Coco,
08:09tu ne ferais pas le débat,
08:10tu ne pourrais pas critiquer M. Poutine
08:13dans des télévisions,
08:14des télévisions publiques,
08:15des privés à Moscou,
08:16c'est ça la réalité.
08:17Mais comment on n'entend pas ça ?
08:19Mais c'est tellement facile
08:20de dire aujourd'hui,
08:21écoutez,
08:21on ne va pas donner de l'argent
08:22à ces gens dont on se contrefoue,
08:24gardons-le pour nous.
08:25C'est scénique,
08:27c'est dégueulasse,
08:28et c'est un mauvais calcul.
08:30Emmanuel Macron a parlé
08:31à l'Assemblée générale
08:34des Nations Unies.
08:36Il a vivement critiqué Israël.
08:39Il s'est attiré,
08:40d'ailleurs,
08:40à la colère d'Israël,
08:41puisqu'il a dit
08:42que le Hamas
08:44ne sévissait pas
08:45sur le territoire
08:46de la Cisjordanie.
08:47Est-ce que vous comprenez
08:48que cette phrase
08:51était ainsi prononcée
08:52par le président de la République ?
08:53Est-ce que c'est
08:53une faute politique ?
08:55Mais d'abord,
08:55c'est un mensonge.
08:57Un mensonge absolu.
08:59Un mensonge absolu.
09:00Il n'y a pas de discussion
09:01sur ça.
09:02Vous avez vu,
09:03maintenant,
09:03M. Barraud,
09:04il a inventé
09:05que sévir,
09:06ça voulait dire gouverner.
09:07Je ne savais pas.
09:08Je crois que c'est votre métier
09:09quand vous dites gouverner à sens
09:11et sévir,
09:12c'est pas...
09:12D'abord,
09:13c'est un mensonge absolu.
09:15Depuis,
09:16sur le conflit israélo-palestinien,
09:19M. Macron,
09:20il a dit une chose
09:21et exactement son contraire.
09:24Vous pouvez critiquer
09:25M. Netanyahou
09:26et je ne suis pas un ami
09:27de M. Netanyahou
09:28sans mentir sur Israël.
09:30Pardon,
09:31c'est des truismes
09:33que je dis là.
09:35Où est la seule démocratie
09:38dans le Moyen-Orient ?
09:40Là.
09:40Où est la seule endroit
09:42où il y a une liberté,
09:43une vraie liberté de la presse
09:44en dehors d'Israël ?
09:45Où il y a une opposition
09:47qui critique
09:48dans des termes terrifiants
09:49M. Netanyahou
09:50en Israël ?
09:52Attendez,
09:53et vous mentez comme ça.
09:54Le Hamas,
09:55il n'est pas présent.
09:56Qu'est-ce qu'il a envie
09:57de dire demain matin
09:58que le Hamas,
10:00c'est des seins
10:01qui sont bénédiables ?
10:02Des dizaines de morts
10:03sont imputées au Hamas
10:04en Cisjordanie.
10:05Attendez,
10:06juste c'est comme
10:07avec la Russie.
10:09Le 7 octobre,
10:10qui tue d'abord ?
10:13Qui tue d'abord ?
10:15Le Hamas ou Israël ?
10:16Oui,
10:16mais il faut redire ça,
10:17redire,
10:18redire,
10:18Parce que le négationnisme
10:20est à l'oeuvre
10:20dans notre pays
10:21comme dans le monde entier.
10:22C'est exactement pareil
10:24qu'avec le...
10:25Vous vous rappelez,
10:26il y a l'intervention
10:27des Russes
10:27en Ukraine.
10:29Au début,
10:29quand même,
10:30tout le monde hurle
10:31quand même
10:31ces salauds de Russes
10:32et tout ça.
10:32Petit à petit,
10:33on dit le contraire.
10:34Mais sur Israël,
10:35c'est pareil.
10:35Le 7 octobre,
10:37tout le monde
10:37est du côté israélien,
10:38évidemment,
10:39en disant,
10:39regardez ce qui s'est passé.
10:40Mais avec les années qui passent,
10:43avec, c'est vrai,
10:44des images terribles
10:45sur ce qu'il y a à Gaza,
10:47maintenant,
10:48on renverrait dos à dos.
10:49Il y aurait un pays,
10:51il y aurait au fond,
10:52le Hamas,
10:52ce serait terrible,
10:53mais de l'autre côté,
10:54il y aurait des génocidaires
10:55avec un génocidaire en chef
10:57qui est M. Netanyahou.
10:58Et on justifie ainsi
10:59l'antisémitisme.
11:00Mais bien sûr,
11:00parce que ça nourrit
11:01l'antisémitisme.
11:02Vous savez,
11:03quand les gens,
11:04c'est pareil sur le complotisme,
11:05vous savez,
11:05quand les gens vous disent,
11:06oui,
11:06il y a des gens
11:07qui tirent les ficelles
11:09derrière nous et tout,
11:09ça finit par être les juifs
11:10en cinq minutes.
11:11Bien sûr que ça se nourrit.
11:13Il n'y a pas de différence.
11:14Aujourd'hui,
11:15aujourd'hui,
11:16nier l'État d'Israël
11:18comme le font
11:18un certain nombre de choses,
11:19c'est être pas antisioniste,
11:21être antisémitique.
11:23Robert Ménard,
11:23autre sujet,
11:24dans une semaine,
11:25vous serez jugé
11:26devant le tribunal judiciaire
11:27de Montpellier
11:28pour avoir refusé
11:28de marier un Algérien
11:29sous OQTF.
11:30Vous risquez,
11:31je le rappelle,
11:31cinq ans de prison,
11:3275 000 euros d'amende
11:34et une peine d'éligibilité,
11:36c'est-à-dire de perdre
11:36votre siège de maire.
11:38Cet homme a officialisé hier
11:40son union en Algérie.
11:42Son mariage,
11:43donc,
11:43avec une ressortissante française
11:45a été transcrit
11:45dans les registres
11:46de l'État français
11:47de l'État civil.
11:48Quel est votre état d'esprit
11:49ce matin ?
11:50Qu'est-ce que ça change ?
11:51Ça ne change rien du tout.
11:52C'est ma ville
11:53qui lui a fourni
11:54tous les papiers
11:54pour se marier en Algérie.
11:56Moi,
11:56je ne me suis jamais prononcée
11:58sur l'histoire d'amour.
11:58Je n'en sais rien
12:00et ce n'est pas mon affaire.
12:01Moi,
12:01ce n'est pas un mariage blanc ou gris.
12:03Ce n'est pas ça
12:03qui me pose problème.
12:04Ça,
12:04c'est la justice
12:05qui a dit ça.
12:06Moi,
12:06j'ai juste dit,
12:08écoutez,
12:08madame,
12:09vous me recevez.
12:10Vous êtes maire
12:11et vous recevez quelqu'un
12:13dont l'État
12:14vous explique
12:15qu'il ne doit pas être
12:15en face de vous,
12:16qu'il doit être
12:17renvoyé dans son pays.
12:19Et on me demande
12:20à moi de le marier,
12:21mais enfin,
12:22c'est à tomber sur la tête.
12:24Ce garçon,
12:25ce n'est pas moi
12:25qui ai décidé
12:26de délivrer
12:27une obligation
12:28de quitter le territoire français.
12:29Ça s'appelle
12:31obligation
12:31de quitter le territoire français.
12:33Ce n'est pas moi
12:33qui l'ai fait,
12:34c'est l'État.
12:34L'État n'est pas capable
12:36de les mettre en œuvre.
12:37Moi,
12:38j'appelle le préfet,
12:40le sous-préfet,
12:40le ministre,
12:41attendez,
12:41vous n'allez pas me mettre
12:42dans une situation
12:43où ce monsieur
12:44que vous devez
12:46normalement renvoyer
12:47chez lui,
12:47il est en face de moi
12:48et moi,
12:49je vais le marier.
12:50Mais non,
12:50je ne le marie pas.
12:51Je vous précise
12:52que je ne l'aurais même jamais su
12:53s'il ne me l'avait pas dit
12:54lui-même.
12:56Je dis ça
12:57parce qu'il y a
12:57tout un tas de maires
12:58qui doivent le faire
12:58sans même le savoir.
12:59Et je vais être condamné,
13:01madame ?
13:01Bien sûr,
13:02je ne vais pas aller en prison.
13:04il n'y a pas de bois ici.
13:06Enfin,
13:06non,
13:06je ne sais pas ça.
13:07Mais c'est l'inéligibilité.
13:08Je viens d'être élu
13:09il y a six mois
13:10avec plus de 65%
13:11au premier taux.
13:12Ça ne court pas
13:13les rues quand même.
13:14Et je peux,
13:15la semaine prochaine,
13:16ne pas être là
13:17où vous pourriez me recevoir.
13:19Mais je ne pourrais plus dire
13:19que je suis le maire de Béziers
13:21parce que j'ai fait
13:22un truc de bon sens.
13:23Ce n'est pas à la gauche
13:24ni à droite.
13:24Il y a 80% des Français
13:25qui ne comprennent pas
13:27qu'un maire puisse être menacé
13:29comme je le suis
13:29pour avoir fait
13:30un truc évident
13:31s'il doit quitter le territoire
13:33qu'il le quitte.
13:34Mais moi,
13:34je ne vais pas le marier.
13:35Votre avocat,
13:36je crois,
13:36a convoqué plusieurs personnes.
13:37Bruno Retailleau,
13:38David Glissnard,
13:39Stéphane Dominique
13:40est le sénateur,
13:41auteur de la proposition
13:41de loi visant à interdire
13:43un mariage en France
13:44si l'un des deux
13:45est sous OQTF.
13:46Qu'est-ce que ça peut faire ?
13:47Ça peut vous aider, ça ?
13:49J'espère que ça m'aidait,
13:50mais j'avais fait la même chose
13:51avec le chef de l'État.
13:52Il ne m'a même pas répondu.
13:53Je pensais que
13:54l'espèce de politesse
13:56faisait que
13:56quand on vous écrit
13:57ou quand on vous saisit,
13:58il vous répondait.
13:59Son directeur de cabinet
14:02m'a appelé
14:03pour me dire
14:03que non,
14:04il n'allait pas venir,
14:05il n'était pas obligé.
14:06Je sais bien
14:07qu'il n'est pas obligé.
14:08Je sais bien
14:08qu'il peut ne pas venir.
14:10Je le sais.
14:11Symboliquement,
14:12quand tu expliques
14:12à la télévision
14:13que le maire que je suis
14:14est dans une situation
14:15ubuesque,
14:16je dis,
14:16moi,
14:16je ne vous demande rien d'autre
14:17que de venir répéter
14:18ce que vous dites.
14:19C'est important.
14:20Et il ne l'a pas fait.
14:21Et il ne l'a pas fait.
14:22Vous savez,
14:23si c'est Algérien
14:23qui s'est marié
14:24donc en Algérie,
14:25il va revenir en France ?
14:26Je ne sais pas.
14:27Ce n'est pas moi
14:27qui délivre des visas.
14:28Il faut demander.
14:29Vous connaissez
14:30le ministre de l'Intérieur.
14:32Je vous propose
14:32de demander à M. Nunez
14:34s'il pense que c'est une bonne idée
14:35ou M. Barrault
14:36pour voir s'ils vont lui délivrer
14:38un visa.
14:39Je n'en sais rien.
14:41Moi,
14:41leur histoire d'amour encore,
14:42ce n'est pas mon affaire.
14:47Exiger de quelqu'un
14:48qui quitte le territoire
14:49et demander dans le même temps
14:50au maire de le marier.
14:51Si soit dit en passant,
14:54avant que tu le mettes dehors
14:55parce qu'il est marié,
14:56tu l'épouleront dedans.
14:58Jean-Berménard,
14:58quelques questions courtes
14:59pour terminer.
15:01Charles Alonc
15:01n'en a pas fini
15:02avec l'audiovisuel public.
15:03Il sort la semaine prochaine.
15:05Je jure de dire
15:05toute la VRC.
15:06C'est le récit des coulisses
15:07de la commission d'enquête
15:08dont il était le rapporteur.
15:10Est-ce que le service
15:10de l'audiovisuel public
15:11est à réformer pour vous,
15:12à privatiser ?
15:13On a vu ce qui s'est passé
15:14avec Charles Sapin
15:15qui a été éjecté
15:17même si on dit le contraire
15:18de l'antenne de France Inter.
15:20Quand on voit les attaques
15:21contre notre chaîne,
15:22on demande à nous fermer
15:23tous les jours
15:24sur France Inter.
15:25Qu'est-ce que vous dites
15:25aujourd'hui ?
15:26J'ai toujours eu une position
15:28quand j'étais le patron
15:28de Reporters Sportaires.
15:29La même,
15:30on a un service public
15:32démesuré.
15:324 milliards,
15:33ça coûte et tout.
15:34Moi, je suis pour
15:35qu'il y ait une partie
15:36de service public
15:36comme dans un certain
15:37nombre de démocratie
15:38où il sert à être
15:40la voix de la France
15:41à l'étranger.
15:42La BBC le fait très bien
15:43en partie et tout.
15:44Mais pour le reste,
15:44il faut préciser,
15:45bien sûr,
15:46ou supprimer.
15:47C'est obsolète,
15:48ça n'a aucun sens.
15:49En plus,
15:50ce qui vient de se passer
15:51avec Charles Sapin
15:52montre à quel point
15:53le service public
15:54est...
15:54Le service public
15:55est d'abord
15:56n'est pas un service public.
15:57C'est un service
15:58au service
15:59d'un certain nombre
16:00d'idées précises.
16:01Enfin, attendez,
16:02je voulais qu'on parle ici
16:03de la rédaction
16:05de France Inter
16:06qui vote,
16:07qui vote
16:07à l'unanimité.
16:09Ils étaient à l'unanimité.
16:10Il n'y en a pas un
16:10qui est arrivé.
16:11Les syndicats.
16:12Non, non.
16:12Dans l'Assemblée Générale
16:14qu'ils ont convoquée,
16:15ils ont voté
16:16à l'unanimité
16:17le fait
16:17qu'on ne reçoive pas
16:18à l'antenne
16:19quelqu'un
16:20qui a le malheur
16:21de ne pas leur plaire.
16:22Mais je suppose
16:23que vous recevez,
16:23enfin, je sais,
16:24à longueur de temps
16:25des gens avec qui
16:26ne partagez pas l'idée.
16:27Vous ne me demandez
16:27pas ce que je pense
16:28avant de me recevoir.
16:29Moi, je ne pense pas
16:30forcément comme vous.
16:31Comment tu peux être
16:32journaliste
16:32et te comporter comme ça ?
16:33Oui, il faut privatiser
16:35massivement une partie
16:37du service public
16:38en radio et en télévision.
16:40Emmanuel Macron
16:41va accueillir
16:42le souverain pontife
16:43Léon XIV
16:44à l'aéroport d'Orly
16:45demain matin
16:45avant un entretien
16:46avec les deux hommes
16:47mais il refuse d'assister
16:48à la moindre messe
16:49célébrée sur le sol national.
16:50Au nom de la laïcité
16:52ou simple bouderie,
16:53selon vous ?
16:53Il a déjà fait
16:54d'assister à des messes
16:56à Marseille.
16:56À Marseille.
16:57Le pape François.
16:58Qu'est-ce que c'est
16:58cette histoire ?
16:59Rien.
17:00Mais c'est ce qu'on disait
17:00tout à l'heure.
17:01C'est un narcisse
17:02qui se dit
17:02comment le pape
17:04c'est pas tout à fait rien
17:04d'ailleurs le pape
17:05le pape ne s'est pas prêté
17:07à tous mes caprices
17:08et non le pape
17:09il est ce qu'il est
17:10et il n'a pas envie
17:12de se transformer
17:13en espèce d'outil
17:14de propagande électorale
17:16et alors
17:16ah il m'a fait ça
17:17je me venge
17:19je me venge sur lui.
17:20Puis le pape
17:21je pense
17:21attendez
17:22je vous dirai un truc
17:22C'est un rapport
17:23avec la loi sur la fin
17:24et l'euthanasie.
17:25Attendez
17:25moi en plus
17:26j'en ai parlé avec vous
17:28je n'ai rien
17:30je sais
17:30que dans un certain nombre
17:31de cas
17:31il n'y a pas d'autre solution
17:33que d'aider quelqu'un
17:33à mourir.
17:34Donc je ne suis pas
17:34une caricature là-dessus
17:35mais vous n'allez quand même
17:36pas reprocher au pape
17:38de s'y opposer.
17:39Enfin moi
17:39si demain
17:40le pape disait
17:41oh mais moi
17:41l'euthanasie
17:42ça ne me poserait pas
17:43un problème
17:44même si je n'ai pas
17:45les mêmes choses
17:45je me dirais
17:46comme vous
17:46j'imagine
17:47mais il est tombé
17:48sur la tête
17:48qu'est-ce qu'il lui prend
17:49il défend quelque chose
17:50si vous y croyez ou pas
17:51non non
17:52c'est une petite vengeance
17:53enfin c'est une petite
17:55c'est une petite
17:56mesquinerie
17:57stupide
17:58en plus
17:58assister à la messe
17:59je ne sais pas
18:00il y a la messe
18:00dans les arènes à Béziers
18:01le représentant de l'Etat
18:02il vient
18:03parce que
18:04tu n'es pas obligé
18:04de communier
18:05mais tu n'es pas obligé
18:06comme le faisait le général
18:06du coup aussi
18:07celle-là
18:07ça aurait fait un choc
18:08si c'était bien
18:08Robert Ménard
18:10on est à 8 mois
18:11du second tour
18:12de la présidentielle
18:13les partis politiques
18:14rencontrent toujours
18:14beaucoup de difficultés
18:15à se financer
18:16le RN
18:17évidemment
18:17mais pas seulement
18:18d'autres partis
18:19est-ce que c'est normal ?
18:20Non c'est pas normal
18:21et attendez
18:22vous vous rappelez
18:22il avait fait une promesse
18:23alors on ne va pas faire
18:24la liste de toutes les promesses
18:25que M. Macron n'a pas tenu
18:26mais il avait dit
18:27on va mettre en place
18:28vous vous rappelez
18:28une banque de la démocratie
18:29idée de François Bayrou
18:30voilà
18:30mais comment vous pouvez
18:32et il l'avait repris à son compte
18:33on va le faire
18:33on est quoi
18:3410 ans plus tard
18:35elle n'y est toujours pas
18:36c'est pas possible
18:38on ne peut pas
18:39il y a deux choses
18:39qui me choquent
18:40l'argent
18:40l'argent ne doit pas être
18:42un obstacle insurmontable
18:44pour présenter un candidat
18:46et les signatures
18:47moi je vous le dis
18:48demain
18:48si un candidat
18:49qui n'a pas m'hésité
18:50demain je n'en sais rien
18:52le candidat du parti communiste
18:53Dieu sait
18:54n'aurait pas
18:56ses signatures
18:57Jean-Luc Mélenchon
18:58vous lui donneriez
18:58mais bien sûr
18:59que je le ferais madame
19:01enfin moi je veux combattre
19:02les idées
19:03et Dieu sait
19:05avec ce que je dis
19:06tout le monde
19:07enfin en tout cas
19:07vous le savez vous
19:08mais enfin
19:09c'est pas un truc
19:12administratif
19:12qui doit l'empêcher
19:13de se présenter
19:14c'est ça la démocratie
19:15par rapport à France Inter
19:17il faut leur expliquer
19:17à nos conférences
19:18c'est ça la démocratie
19:19c'est se battre
19:20pour que des gens
19:21qui n'aient pas tes idées
19:22puissent se présenter
19:24à une élection
19:24et en l'occurrence
19:25en France Inter
19:25puissent s'exprimer
19:26s'exprimer
19:27merci beaucoup Robert Ménard
19:28d'être venu ce matin
19:29sur nos antennes
19:30sur CNews et sur Europe 1
19:31bonne journée à vous
19:32merci Robert Ménard
19:33merci Laurence Ferrari
19:34dans un instant
19:35restent avec nous
19:35vos signatures
19:36du jeudi
19:37nous serons avec
19:37Julia De Funès
19:38Eugénie Bastier
19:39et Nicolas Carreau
19:40à tout de suite
19:40et Nicolas Carreau
19:41Sous-titrage Société Radio-Canada