00:00Il n'y aura pas de censure, c'est acquis désormais.
00:02Non, ce n'est pas du tout acquis.
00:03Ah non, ce n'est pas du tout acquis.
00:05Vous dites ce soir que ce n'est pas acquis qu'il n'y ait pas une censure ?
00:08Pas du tout, même pas le texte.
00:09Marine Le Pen a dit qu'il vaut mieux un mauvais budget qu'un...
00:12Oui, mais ce n'est pas pour ça qu'on ne va pas être attentif à ce qu'on nous
00:16propose.
00:17C'est pas un blanc, ça.
00:17Ah donc, le spectre de la censure plane toujours sur la tête de M. Lecornu ?
00:22Mais bien sûr, ce qu'a dit Marine Le Pen, c'est que déjà on refusait toujours les censures préalables
00:26et que les conditions ont changé.
00:27Quelles sont ces conditions, madame Mabon ?
00:29Première condition, nous sommes au bord d'une crise obligataire.
00:31À titre personnel, je me demande si on n'est pas déjà dedans
00:35et que, comment dire, en fait, la situation de la France est déjà très préoccupante.
00:38On est au bord de ce qu'on appelle l'effet boule de neige.
00:40Qu'est-ce que c'est que l'effet boule de neige ?
00:41C'est quand les taux d'intérêt souvent s'emballent et que vous avez une forte dette,
00:46vous devez vous endetter pour rembourser la hausse de la charge d'intérêt.
00:50C'est-à-dire que le phénomène s'emballe et comme une boule de neige, ça part complètement dans le
00:53décor.
00:54Donc, s'il y a une censure, j'ai envie de dire, gratuite,
00:57qui ne serait pas justifiée par la raison parce que la situation est pire,
01:00ça pourrait emballer cet effet boule de neige.
01:02Mais il peut y avoir une censure justifiée, alors, si je vous comprends bien.
01:04Si ça aggrave encore plus les comptes.
01:06Il y a quand même un fait important qui s'est déroulé vendredi dernier.
01:08Le lendemain de la présentation d'un certain nombre de pistes par M. Lecornu,
01:12les fameux 54 milliards que j'avais appelé 60.
01:16C'est que les marchés ont très mal réagi.
01:19Ils ont sanctionné la présentation par M. Lecornu de ce mauvais budget, très mensonger.
01:23Et encore aujourd'hui, les taux ont encore augmenté.
01:26Je crois qu'on est à plus de 4,6.
01:29Donc, c'est dramatique.
01:31Vous voyez bien que le but, comment dire, d'une solution d'intérêt général,
01:35ce serait de refroidir les marchés.
01:37Et pourquoi, quand les taux augmentent d'un point,
01:40est-ce qu'une censure, qui est une opération et une décision brûlante,
01:43dans un chaudron politique qui est à son maximum,
01:47est-ce que ça permet de refroidir la situation des marchés ?
01:50Mais il faut que M. Lecornu nous présente un budget.
01:53Donc, vous lui demandez de vous tendre la main,
01:54parce qu'il tend surtout la main aux socialistes.
01:55Mais il tend la main aux françaises, c'est l'intérêt général, Mme Abou.
01:58Dans son courrier, qu'il nous a envoyé à la fin du mois d'août,
02:01M. Lecornu a appelé à l'intérêt général.
02:03Il ne vous a pas échappé qu'il a surtout envoyé un dernier courrier aux socialistes,
02:06et qu'il tend la main surtout aux socialistes.
02:08C'est sûr que s'il espère, mais là, vous avez raison, Mme Abou,
02:11c'est sûr que si, dans son esprit, il a tendu la main aux socialistes
02:13pour espérer faire des économies et pas augmenter les impôts,
02:15il s'est trompé d'interlocuteur.
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