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Tous les jours, actualité, débats et bonne humeur rythment L'Heure des pros. Ce mercredi, Pascal Praud reçoit Pierre Botton à l'occasion de la sortie de son livre "Hasard ou destin, ma putain de vie".

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00:00Ma putain de vie, vous avez toujours eu la foi ?
00:03Non, non, non, j'ai été baptisé au départ et puis j'ai retrouvé la foi de façon très très
00:08intense avec une certitude au moment du décès de ma fille, le 17 janvier 2022.
00:15Comment imaginez-vous...
00:16C'est juste extraordinaire. Les bains à Lourdes, c'est juste extraordinaire. C'est juste extraordinaire. Je suis allé cet
00:22été à Lourdes, c'est extraordinaire.
00:23Comment, selon vous, pour un catholique qui, à la foi, se matérialise l'après-mort, qu'imaginez-vous précisément ?
00:35Qu'est-ce qui se passe, selon vous, à ce moment-là ?
00:39On monte au ciel. Je suis persuadé de retrouver ma fille, de retrouver le Seigneur.
00:44Sous quelle forme ?
00:44Aujourd'hui, si vous voulez, on dérape du livre.
00:48Non, mais ça m'intéresse.
00:49C'est important, d'ailleurs.
00:51En fait, si vous voulez...
00:52Sous quelle forme imaginez-vous ça ? C'est-à-dire que c'est l'esprit ? C'est l
00:56'incarnation ?
00:58Mais on le sent quand même que l'esprit est là, oui. On le sent, enfin, voilà.
01:01C'est-à-dire que vous conversez avec votre fille ?
01:05Vous avez des signaux ?
01:06Elle est tout le temps avec moi.
01:07Mais est-ce qu'il y a des signaux tangibles ? Qu'elle soit tout le temps avec vous, je
01:11le comprends.
01:13Est-ce que...
01:15Mais Dieu est tout le temps avec moi, en fait.
01:18Franchement, ce n'est pas le sujet du livre, mais ce que je veux expliquer, c'est que le rapport
01:21à Dieu
01:22est un rapport très, très personnel. Il faut que les gens comprennent ça.
01:25C'est un rapport très, très perso.
01:27Voilà, quand vous avez à l'église, vous vous agenouillez, vous n'agenouillez pas,
01:30vous y allez le dimanche, vous n'y allez pas le dimanche, vous allez à l'autre, vous n'y
01:32allez pas.
01:33Voilà, c'est quelque chose qui vous remplit, qui vous conduit, qui vous mène.
01:36Moi, c'est quelque chose qui m'apporte énormément.
01:38Sans doute, j'ai la chance d'avoir quelqu'un qui m'aide beaucoup, beaucoup là-dedans.
01:44Et si vous voulez, sans cela, aujourd'hui, je ne serais plus debout.
01:47Je ne serais évidemment pas debout.
01:48Aujourd'hui, regardez tout ce que j'ai subi.
01:51Il y a des choses dont j'ai été à l'origine, dont je ne conteste pas.
01:53Mais regardez, vous n'avez pas en face de vous quelqu'un qui pleure.
01:58Je suis rempli d'espérance, rempli de projets, de films, de livres, d'affaires et de choses comme ça.
02:04Donc si vous voulez, ça, je le dois à Dieu, mais également, je rends à Dieu quelque chose
02:08et que j'essaye de m'améliorer chaque jour.
02:10Et il y a du boulot, parce que comme vous le voyez, comme vous l'avez vu dans le livre,
02:14j'en ai fait pas mal.
02:15Donc si vous voulez, il y a du boulot.
02:17Quand est-ce que vous êtes confessé, par exemple, la dernière fois ?
02:19Il y a huit jours à la rue du Bac.
02:21J'adore être dans la rue du Bac, parce qu'à la rue du Bac, vous voyez, vous faites la
02:24queue.
02:25J'adore s'arrêter comme à Lourdes, quand vous allez faire boire.
02:26La médaille miraculeuse.
02:28Non, mais cette église est tout à fait étonnante.
02:30Quand vous allez faire les bains à Lourdes, vous attendez, comme ça,
02:32et puis vous n'êtes pas sûr de pouvoir passer.
02:34Si je vous demande combien de temps...
02:36Ah, vous n'allez pas commencer à me dire qu'est-ce que j'ai demandé à confesser ?
02:39Moi, je pose les questions et vous répondez si vous le souhaitez.
02:42Non, non, non, parce que vous me l'avez fait la dernière fois, ça suffit, Pascal.
02:45Dans ça, je vais rentrer dans votre vie privée.
02:46Secret de la confession.
02:47Dans ça, je vais rentrer dans sa vie privée.
02:49J'ai dix ans, alors, votre vie, j'ai dix ans...
02:51Arrête, là !
02:52Moi, vous savez, je suis un gentil garçon.
02:55J'ai dix ans, les épaules en bouteilles de perillage.
02:57Je ne sais pas cette expression.
02:58Vous connaissiez cette expression ?
03:00Cet été-là, ma mère a invité sa meilleure amie et son fils âgé de dix-sept ans.
03:04Sans que je l'aie entendu entrer, notre jeune invité se tient soudain devant moi.
03:07J'ai dix ans.
03:08Je ne sais pas ce que je suis en train de faire.
03:10Tout est doux, sans violence ni mots.
03:12J'obéis.
03:12Je me demande encore pourquoi.
03:14Il me faudra plus de trente ans pour parvenir à en parler,
03:16comme la révélation de ce secret à ma mère en 2010,
03:19plus de quarante années après les faits.
03:21Ne m'a-t-elle pas cru ?
03:22Ou bien, sans mot que tel,
03:24ma confidence n'en a en tout cas suscité chez elle aucune réaction.
03:28Rien.
03:29Vraiment rien.
03:30D'abord, je trouve que c'est merveilleusement écrit.
03:32On comprend très précisément.
03:35Il n'y a pas besoin d'en dire davantage.
03:39Et ce qui est formidable, si j'ose dire,
03:42c'est que tous ceux qui ont vécu un traumatisme disent la même chose.
03:46On ne peut pas en parler.
03:47Non.
03:48On met très longtemps pour en parler.
03:49Et ça modifie une vie.
03:51Ah, j'imagine.
03:52Sans le savoir.
03:53Ce qui est terrible,
03:55d'ailleurs on parle beaucoup des viols des femmes et tout ça.
03:58On ne parle pas beaucoup des viols des hommes et des adolescents.
04:00Et ça modifie une vie.
04:02C'est-à-dire que vous ne le ressentez pas, vous ne le voyez pas.
04:05Vous voyez ?
04:05Mais ça modifie une vie.
04:07Moi j'ai beaucoup de mal en prison,
04:09quand j'étais au milieu des mecs qui parlent très mal des femmes et tout ça.
04:13Ça me dégoûte.
04:15Ça a vraiment, ça a modifié.
04:16Mais vous n'en aviez jamais parlé, par exemple, dans ce moment,
04:20je dis parfois dans ce moment intime qu'est la relation amoureuse,
04:24où on peut dire des choses à sa compagne, etc.
04:26Et là, jamais vous ne vous êtes épanché.
04:28Non, parce que, aussi bizarre que ça puisse paraître,
04:31d'abord vous le vivez tout seul et ensuite vous en avez honte.
04:33Parce que quelque part, j'ai dix ans quand ça m'arrive,
04:36mais quelque part vous dites, mais putain,
04:38aujourd'hui, si il y a un mec qui arrive comme ça, je le mets en deux.
04:42Votre mère, elle n'est plus de ce monde ?
04:43Non.
04:44Bon, mais sa réaction, elle est horrible.
04:47Oui, je suis d'accord.
04:50Je suis d'accord.
04:51Mais vous savez, c'est sans doute d'ailleurs pour ça que parfois on n'en parle pas,
04:55parce que je vous dis, quelque part,
04:58là, évidemment, dans cette scène, il n'y a aucun doute,
05:01mais vous vous dites, qu'est-ce que j'ai fait, quoi ?
05:04Pourquoi ? Qu'est-ce que j'ai fait ?
05:06Et c'est chiant, parce que c'est vraiment quelque chose,
05:10cette culpabilité-là, vous voyez,
05:11est quelque chose que vous portez tout le temps,
05:13et ça rajoute une chose, ce besoin de reconnaissance.
05:16Mais oui !
05:16Énormément, vous voyez bien,
05:18j'ai eu énormément, énormément besoin de reconnaissance,
05:21commencer à la plonge, d'avoir des gens,
05:22de rencontrer des gens connus, des gens connus,
05:24c'est d'ailleurs un parcours incroyable.
05:26Vous voyez, la plonge, le parcours est juste incroyable,
05:29c'est ce que je raconte.
05:30Mais à chaque fin de chaque chapitre,
05:31chaque chapitre peut se lire l'un après l'autre,
05:33et chaque chapitre, à la fin de chaque chapitre,
05:36je tire les leçons quand même.
05:37Je dis, attention, là, j'aurais pas dû faire ça,
05:40j'aurais pas dû faire ça, j'aurais pas dû faire ça, voilà.
05:42Mais ce qu'au fond, finalement,
05:44la grande affaire de nos vies,
05:46finalement, c'est l'amour des parents,
05:47l'amour d'une mère, l'amour d'un père,
05:50qui nous donne une force...
05:51Mais c'est tellement dur d'être parent, Pascal.
05:53Mais c'est...
05:55Non, non, c'est très dur d'être parent.
05:56Mais c'est dur.
05:57Il n'y a pas d'école pour être parent.
05:59Non, mais là où vous avez raison,
06:01c'est que ça s'apprend pas.
06:01Je crois que c'est Claude Berry qui disait,
06:03dans la vie, on est ou un père ou un fils,
06:04et on est rarement les deux.
06:06Bon.
06:07Et c'est vrai qu'il y a beaucoup de gens
06:09qui sont simplement des fils,
06:11qui sont pris dans leur vie professionnelle,
06:14tout ça, j'entends.
06:15Mais quand vous avez la chance
06:16d'avoir une mère ou un père
06:19qui vous aime et aime,
06:20ça veut dire qu'il vous accompagne,
06:22qui s'occupe de vous,
06:24qui fait les leçons le soir,
06:25qui est présent dans les matchs
06:28quand vous jouez au football ou au basket,
06:29c'est une force quand même.
06:31Oui, mais ça n'a rien à voir.
06:32Moi, ma mère m'a beaucoup aimé.
06:33Je pense que d'ailleurs,
06:34elle m'a aimé follement.
06:35Non, non, elle m'a beaucoup aimé.
06:36Vous trouvez qu'elle vous a aimé ?
06:37Oui, oui, oui.
06:38Elle a tout le temps été présente.
06:40Vraiment, elle m'a beaucoup aimé.
06:42Mais devant ça, je ne sais pas,
06:44je vous le répète,
06:45j'ai la scène complètement.
06:46C'est dans son appartement à calme.
06:47Et je lui ai dit,
06:48elle est restée stoïque.
06:50Je ne sais pas si elle ne m'a pas aimé.
06:51Votre père, alors votre père,
06:52aide-moi rapidement.
06:53Je découvre en effet sa méthode
06:54pour décrocher des marchés.
06:55Sous mes yeux ébahis,
06:56il fouille les tiroirs
06:58et les piles de dossiers
06:58à la recherche des plans de son confrère.
07:00Il finit par poser la question cash
07:02et signer l'affaire le jour même.
07:03Bien joué, papa.
07:04Mon père m'a transmis tous ses trucs.
07:06Alors après, vous écrivez,
07:08il atteint un jour de l'été 91
07:10en plein conseil d'administration.
07:11On m'a averti que mon père souhaite me voir.
07:13Je suis accueilli par un tir de carabine.
07:15Il est où le grand homme d'affaires ?
07:16Il est où Pierre Botton ?
07:17Mon père passe à l'arrière de sa voiture,
07:19récupère un pistolet
07:20et tente de me viser de nouveau.
07:22J'en ai gardé une sainte horreur
07:23des armes à feu.
07:24Je pense que mon père était fou.
07:25Ouais, il buvait, hein.
07:28Il buvait.
07:29Mais d'un autre côté,
07:30vous voyez,
07:31bon, évidemment,
07:32c'est très lourd,
07:32mais à côté de ça,
07:34il m'a appris le travail.
07:35Il m'a appris la volonté.
07:37La volonté, je ne l'ai jamais.
07:39Jamais, jamais.
07:42Voilà, il m'a appris
07:44à ne pas attendre l'amour d'un père.
07:46Voilà.
07:47Il m'a fait faire des conneries.
07:49Mon père faisait
07:49toutes ses déclarations de TVA
07:51au crayon.
07:52Il demandait au comptable
07:53de les faire au crayon
07:54pour les rectifier.
07:55Voilà, je raconte tout ça.
07:58Je raconte comment
07:58quand j'ai acheté
07:59un premier appartement,
08:02il est rentré chez le notaire
08:03et il a dit,
08:04bon, alors on dissimule combien ?
08:05J'avais 21 ans.
08:07Oui, c'est une forme
08:08d'école de la vie, en effet.
08:09J'avais 21 ans.
08:10Mais à côté de ça,
08:11je suis une bête de travail.
08:13Vous voyez, voilà.
08:15Quand même, je répète,
08:16le parcours, quoi.
08:18Le parcours, il finit en taule.
08:20Mais quand même,
08:21vous voyez ce que je veux dire,
08:21quand même,
08:22même s'il finit en taule,
08:24il y a une trace,
08:25il y a des choses,
08:26il y a des choses.
08:27Donc, tout n'est pas acheté.
08:29Maintenant,
08:29c'est extraordinairement violent.
08:30Mais je pense que
08:32mon père avait décidé
08:33de me tailler à la hache.
08:34Il m'a taillé à la hache.
08:35Voilà.
08:35Donc, ça pose
08:36beaucoup de problèmes.
08:37Ça pose beaucoup de problèmes
08:37par rapport au rapport
08:38avec les autres.
08:39Ça veut dire quoi,
08:39tailler à la hache ?
08:40Tailler à la hache,
08:41ça veut dire qu'il n'y a pas
08:42un truc qui passe à traves.
08:44Moi, tous les Noëls,
08:45mon père m'appelait moi,
08:46pas mon frère.
08:46Il m'appelait moi
08:47et il me disait,
08:48bon, tu t'assoies là.
08:50Donc, la chambre,
08:51une salle à manger bourgeoise,
08:52vous voyez,
08:53il avait un cahier
08:54et il disait,
08:55voilà combien tu m'as coûté
08:56cette année.
08:57Et il y avait tout.
08:58Il y avait la bouffe.
08:59Il y avait tout.
09:00Mais vous aviez quel âge ?
09:01J'avais 16 ans.
09:03Et ça, c'était tous les ans.
09:05Mais c'est des horribles personnages ?
09:07Oui, mais je dis
09:08hasta la vista.
09:09Le chapitre s'appelle
09:10hasta la vista, papa.
09:11C'est des gens...
09:12C'est atroce, hein ?
09:13C'est atroce.
09:14Donc, si vous voulez,
09:16avec ça,
09:17le rapport à l'argent,
09:18c'est pas du tout,
09:18je me dédouane pas du tout.
09:20Mais pourquoi, à votre avis,
09:21pourquoi il était comme ça ?
09:22Parce que je pense
09:23qu'il avait...
09:25J'étais assez déçu
09:26par mon frère aîné
09:28et je pense que là,
09:29il a décidé,
09:30lui, je vais pas le rater.
09:30Donc, lui, je vais le tailler.
09:32Et votre mère,
09:33elle disait rien ?
09:34Elle n'intervenait pas ?
09:34On est il y a 50 ans.
09:36On est dans la bourgeoise
09:37il y en a il y a 50 ans.
09:38Ma mère a déposé
09:39une main courante
09:40parce que mon père
09:42la frappait il y a 50 ans.
09:43Il y a 50 ans.
09:46Ma mère m'a élevé
09:47en me disant
09:47Pierre, on ne frappe jamais
09:48une femme,
09:49même avec une rose.
09:50Et quand tu es dans un lit,
09:51pense d'abord à la femme
09:52avant de penser à toi.
09:54Et tu es bien, votre mère ?
09:55Oui, oui, bien sûr.
09:56Bien sûr.
09:56Mais moi, je vous dis.
09:58Mais ma mère
09:58était une femme battue.
10:00Et vous, vous avez assisté à ça ?
10:02Oui, bien sûr.
10:03Vous aviez quel âge ?
10:0512-13 ans.
10:06J'en prenais autant.
10:07Il m'a cassé trois côtes.
10:11Vous savez,
10:12pour subir tout ce que...
10:13Non, non, mais Pascal,
10:14pour subir tout ce que j'ai subi.
10:16Vous voyez, la prison,
10:17ce n'est quand même pas
10:17n'importe quoi.
10:18Je veux dire, je ne sais pas si...
10:19Enfin, ma mère,
10:20vous savez ce que c'est.
10:21C'est quand même un univers.
10:23De l'extérieur.
10:24Oui, oui.
10:25Moi, je connais bien de l'intérieur.
10:27Il faut quand même être...
10:28pour subir la ruine.
10:29Il faut quand même...
10:31Attendez, quand vous êtes
10:321200 mètres carrés,
10:33vous vous retrouvez dans 9 mètres carrés
10:34les prisons,
10:34dans une cellule,
10:359 mètres carrés.
10:37Les bateaux,
10:38les machins,
10:39les bagnoles,
10:39les avions,
10:40les hélicos,
10:41plus rien.
10:42Il faut quand même...
10:42Vous voyez,
10:43il a réussi ça, mon père.
10:44Il a réussi ça.
10:45Est-ce que votre parcours,
10:46si j'ose dire,
10:47c'est le résultat direct
10:49de cette maltraitance ?
10:50Il faut quand même nommer les choses.
10:53C'est le résultat
10:53de mon enfance,
10:56en tout cas,
10:56c'est évident.
10:57C'est-à-dire,
10:57si vous voulez vouloir,
10:58vous voyez,
10:59la première chose que je fais
11:00quand Michel Noir est élu
11:01à la mairie de Lyon,
11:03je fais venir à mon père.
11:04Parce que mon père m'avait dit,
11:05quand j'avais dit
11:05je vais soutenir Michel Noir,
11:06et il m'avait dit,
11:07je le raconte,
11:08et je lui avais dit
11:09je vais soutenir Michel Noir.
11:10Il m'a dit,
11:11vraiment,
11:12écoute,
11:15il réussira jamais.
11:16Et la première personne
11:17que je vois à la mairie de Lyon,
11:18c'est mon père,
11:19que je fais venir
11:19avec son impère
11:21au mois de mars,
11:22et tout ça,
11:22et les huissiers,
11:24il est très impressionné,
11:24j'ai le bureau à côté de Michel.
11:26Il arrive,
11:27il s'assoit,
11:27et je dis,
11:28voilà,
11:29je vais partir,
11:30papa.
11:32Il me dit,
11:33tu vas partir ?
11:34Mais t'as tellement travaillé,
11:35t'as tellement donné de choses
11:36pour ça,
11:37tu vas quitter ?
11:38Oui,
11:38je vais quitter.
11:39Et je suis allé jusqu'au bout
11:41parce que ma femme m'avait dit,
11:43arrête,
11:45arrête,
11:45il va te lâcher
11:45comme tout le monde.
11:46Et elle m'avait conseillé
11:47de ne pas faire de la politique,
11:48j'aurais dû l'écouter.
11:50Et donc,
11:51je lui dis,
11:51oui,
11:51oui,
11:51et je lui dis,
11:52je pars voir Chirac.
11:55Je pars chez Chirac.
11:57Et il me dit,
11:58mais comment ?
11:58Et je me rappelle le voir,
12:00mais j'avais réussi,
12:01vous voyez,
12:01pour lui,
12:02j'avais lancé un défi,
12:03pareil,
12:03mon brevet d'hélico,
12:04quand j'ai passé mon brevet d'hélico,
12:06il m'a dit,
12:06encore un truc que tu ne vas pas finir.
12:08Voilà,
12:08donc je l'ai fini pour lui.
12:09Donc évidemment,
12:10tout ça est le fruit,
12:12mon premier bateau,
12:13quand il a été devant
12:14mon hôtel particulier.
12:16Bote d'Halcapier,
12:171200 m² à Lyon,
12:18boulevard des Belges,
12:19quand il est devant ça,
12:20vous voyez,
12:20il arrive devant ça,
12:21voilà.
12:22Mais je raconte une phrase,
12:23c'est qu'il est à la pêche
12:24et il y a le garde champêtre
12:25qui vient le voir
12:26et il me dit,
12:28Botton,
12:28mais vous êtes lié
12:29à Pierre Botton.
12:32Et il dit,
12:33tu vois,
12:33c'est lui qui me raconte,
12:34il me dit,
12:34tu vois,
12:34même quand je suis tranquille
12:35à la pêche,
12:36tu me fais chier.
12:37Pardonnez-moi d'être brutal,
12:38mais il y a un peu
12:38du syndrome de Stockholm,
12:40cet homme vous a cassé
12:40trois côtes
12:41et vous a traité
12:43comme quelque chose
12:45qui lui coûtait
12:45comme un investissement
12:46ou comme une source
12:47de dépense.
12:48Moi,
12:48je vous avoue
12:49que le discours
12:50que vous tenez sur lui
12:50me surprend un peu.
12:51Mais parce qu'il est resté
12:52votre repère.
12:53Mais attendez,
12:54parce qu'on est élevé
12:55comme ça,
12:55on doit aimer ses parents.
12:57Mais attendez,
12:57je peux permettre
12:58de dire une chose,
12:58je suis demain
12:59à 18h30
13:01au Drugstore Publicis
13:02pour signer le livre.
13:03Donc si vos deux éditeurs
13:05ou téléspectateurs
13:05veulent venir,
13:09c'est tout à fait beau.
13:10Ce que vous dites,
13:11c'est hasard ou d'estin,
13:12c'est hasard ou d'essin.
13:13Mais voyez la force.
13:14Moi,
13:14ce que vous dites
13:15est bouleversant.
13:17Je trouve que c'est bouleversant.
13:18La force de tout ça,
13:18c'est quoi ?
13:19C'est que j'aurais pu,
13:20moi,
13:20être dans mon truc fermé.
13:22Non,
13:22pas du tout.
13:23Allons-y,
13:23on avance.
13:24On avance avec les douleurs,
13:25on avance avec les souffrances.
13:26Non,
13:26mais vous n'avez pas le choix
13:27en même temps.
13:28On n'a pas le choix d'avancer.
13:29C'est toujours la même chose.
13:30Il y a des gens qui craquent.
13:31Mais vous êtes un résilient.
13:35On n'a pas le choix.
13:35Moi,
13:36je comprends qu'effectivement,
13:37alors,
13:38vous n'avez peut-être pas envie
13:39non plus de dire les choses.
13:41Peut-être que le serment,
13:43comment dire,
13:43vous êtes beaucoup plus sévère
13:45au fond de vous
13:45sur vos parents
13:46que vous ne le dites.
13:47C'est possible
13:48que vous n'avez pas envie
13:49pour des raisons d'évidence
13:50ou de pudeur,
13:52je ne sais pas.
13:52pas du tout.
13:53Le titre du chapitre
13:54s'appelle
13:54« Hasta la vista,
13:55papa ».
13:56Ça veut dire quelque chose.

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