00:00Du matin, les journées spéciales Nos Enfants sur votre radio ici au Serre.
00:03Comment les éduquer, les préserver mais aussi les protéger ?
00:07Un enfant est victime de violences sexuelles toutes les trois minutes en France.
00:10Dans Lyon, le centre d'information sur les droits des femmes et des familles
00:14sensibilise les enfants et les adultes à ces violences.
00:17Thierry Boulan reçoit ce matin l'une de ses juristes, Julie Picot.
00:20Bonjour Julie Picot.
00:21Bonjour.
00:21Nous entendions tout à l'heure à 7h30 l'exemple de l'école Courbet
00:25où vous organisez des ateliers en classe pour sensibiliser les enfants
00:28aux violences sexistes et sexuelles.
00:30Pourquoi avoir lancé cette initiative dans Lyon ?
00:33Cette initiative date de 2023.
00:37Notre fédération nationale avait créé un projet
00:43et Lyon avait été choisi, le CIDFF de Lyon avait été choisi
00:48pour pouvoir faire ces interventions dans des écoles.
00:53Ça date de 2023.
00:54Et c'est notamment suite à la civise qui avait dit d'ailleurs
01:02qu'il y avait 160 000 enfants chaque année
01:04qui subissaient des violences sexuelles.
01:06Ça fait trois enfants par classe.
01:07Donc c'est énorme.
01:09Et du coup, c'est pour ça que le CIDFF de Lyon
01:11participe à ces interventions.
01:13Vous intervenez dans d'autres établissements
01:15que les établissements au Serrois
01:17dont on a parlé tout à l'heure
01:18et dans des niveaux différents ?
01:19Oui, c'est ça.
01:20On intervient également de la maternelle au post-bac,
01:24voire vers des professionnels également.
01:26Après, au niveau scolaire,
01:28on intervient beaucoup en collège et en lycée également.
01:31Et comment justement vous adaptez ces ateliers
01:34au niveau des enfants ?
01:36Tout passe par l'adaptation du langage.
01:39Pour les enfants, on parle de violences sexuelles.
01:42Ce n'est vraiment pas un sujet qui est facile
01:44à aborder avec des enfants de CP.
01:46On parle vraiment d'enfants de 6 à 11 ans.
01:49Donc ce n'est pas les sujets faciles,
01:51les sujets qui sont difficiles à comprendre et à entendre.
01:54Donc c'est vraiment du langage.
01:56Tout passe par le langage qui soit adapté
01:59pour que les enfants puissent comprendre
02:00pourquoi on est là.
02:02C'est quoi la différence ?
02:03Par exemple, quand vous en parlez à un enfant
02:05dans une école et quand vous en parlez dans un collège,
02:08quel langage vous employez, par exemple,
02:11pour les violences intrafamiliales ?
02:13Pour le collège, on va vraiment rentrer dans les chiffres concrets,
02:16les définitions de ce que sont les violences sexuelles,
02:20qu'est-ce qu'on a, qu'est-ce que c'est que le viol,
02:22les agressions sexuelles.
02:23Alors que pour des enfants d'une école primaire,
02:25on ne va pas rentrer là-dedans.
02:27Enfin, on va vraiment essayer de balayer
02:29au plus général, au plus large,
02:32pour que les enfants comprennent ce que c'est
02:34et ce qu'on n'a pas le droit de faire aux enfants.
02:37Et il y a des réticences de la part des enfants ?
02:39Vous les sentez, ces réticences,
02:40ou on s'ouvre relativement facilement ?
02:44Alors, ça dépend.
02:45En fait, quand on a commencé en 2025,
02:50on a commencé par les CM1 et les CM2
02:52et c'était beaucoup plus difficile d'aborder ces sujets-là,
02:57notamment le sujet des parties intimes.
02:58Quand on a essayé de leur faire dire,
03:01parce qu'il faut les impliquer dedans,
03:03donc ce n'est pas nous qui faisons tout le travail,
03:05il faut qu'on arrive à les entendre
03:08et qu'ils nous expliquent vraiment ce qu'eux, ils ressentent.
03:11Et quand on arrive à la partie
03:13où il faut nommer les parties intimes,
03:15honnêtement, la première séance,
03:16pendant 10 minutes, c'était des rires,
03:19c'était...
03:20En fait, on essayait d'esquiver,
03:21ils essaient d'esquiver le fait de parler de parties intimes.
03:24Donc, c'est vraiment difficile pour ces classes-là,
03:27alors qu'au contraire, les CP et CE1,
03:29c'est beaucoup plus facile.
03:31Ils sont...
03:32En fait, il y a cette innocence-là
03:33qui fait qu'ils en parlent beaucoup plus facilement.
03:37Donc, voilà.
03:38Mais après, ça part.
03:40Enfin, voilà, on arrive à leur faire comprendre
03:42qu'il n'y a rien de dégoûtant là-dedans,
03:45qu'on a tous des parties intimes,
03:47que les parties intimes,
03:49c'est une partie du corps, finalement,
03:50comme la tête, comme les pieds, comme les mains.
03:52Donc, voilà.
03:53On l'a entendu tout à l'heure
03:54dans l'exemple de l'école Courbet,
03:56il y a des signalements de violence
03:57qui peuvent émerger.
03:58Qu'est-ce qui se passe dans ces cas-là,
04:00et surtout qui donne l'alerte ?
04:01Alors, ça dépend.
04:03C'est vrai qu'il y en a eu
04:08cette dernière année.
04:10En fait, ça dépend.
04:11C'est souvent...
04:12Enfin, en tout cas, là, ce qui s'est passé,
04:13c'est que c'est un élève
04:16qui, du coup, a expliqué
04:18ce qui se passait au domicile
04:20et qui, ensuite,
04:22il y a eu un signalement
04:23de la part de l'école,
04:25du coup, qui est remonté au procureur.
04:27Donc, voilà.
04:28Donc, là, c'est effectivement
04:29l'école qui a fait le signalement.
04:31Si des élus, des enseignants
04:32ou des établissements
04:33nous écoutent ce matin
04:34et souhaitent organiser ces ateliers,
04:36comment peuvent-ils faire ?
04:37Tout simplement, nous contacter.
04:39Habituellement, c'est vraiment
04:40les établissements,
04:42les collèges, lycées, écoles
04:43qui nous contactent
04:44pour, justement,
04:45mettre en place ces interventions
04:47qui sont payantes
04:48parce que, voilà,
04:49nous sommes une association.
04:50Ça coûte combien ?
04:51Pour une séance d'une heure environ,
04:53il faudra compter à peu près
04:55120 euros
04:57hors les frais de transport.
04:58Merci Julie Picot.
05:00Vous êtes juriste
05:00au Centre d'information
05:01sur le droit des femmes
05:03et des familles.
05:03Merci et bonne journée.
05:04Merci beaucoup.
05:05Au revoir.
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