00:00Bonjour Julien Godard, vous avez maintenu la mobilisation malgré l'interdiction de la préfecture confirmée par le tribunal administratif.
00:07Pourquoi était-il indispensable selon vous de manifester malgré tout ?
00:13Alors déjà je pense qu'il est tout à fait indispensable parce que la situation sociale en France demeure alarmante.
00:20Je rappelle que nous avons 10 millions de personnes vivant sous le seuil de pauvreté en France.
00:25Enfin je rappelle que les mobilisations des lycéens demeurent tout autant légitimes qu'elles l'étaient avant les vacances.
00:33Enfin je me permets d'apporter une précision, nous n'avons pas explicitement du même coup appelé à manifester,
00:39en tout cas à maintenir les mobilisations que nous avions proposées parce que tout simplement la préfecture nous l'ayant
00:47interdit,
00:47nous ne souhaitions pas mettre les participants en danger.
00:50Donc vraiment les 200 personnes qui se sont mobilisées de manière tout à fait responsable ce week-end l'ont
00:57fait vraiment de leur propre initiative,
00:58mais nous soutenons bien évidemment leur action, leur mobilisation pour le coup.
01:02Cette interdiction de manifester, vous la contestez toujours ?
01:05Bien sûr on la conteste déjà sur son principe moral, c'est-à-dire que nous sommes quand même dans
01:10un contexte qui, je le répète, est très difficile pour les Français,
01:13et donc il permet de tout à fait important que nous ayons toujours ces droits indispensables à une bonne vie
01:19démocratique qui est celui de pouvoir manifester.
01:22Et enfin nous le contestons également par rapport à tous les motifs qui ont été invoqués pour pouvoir la justifier.
01:29On nous a avancé le fait que d'autres actions, d'autres événements avaient lieu ce même jour.
01:35Bon, ce n'est pas la première fois que nous faisons une manifestation le même jour où il y a
01:40d'autres événements dans Lyon, pour le coup.
01:43On nous a beaucoup évoqué également le fait que la sécurité était assurée par nous-mêmes,
01:48ce que nous n'avons jamais fait, y compris sur des manifestations de plusieurs milliers de personnes.
01:53Donc non, pour nous cette interdiction demeure vraiment une atteinte très grave aux droits à manifester et à la liberté
02:00d'expression.
02:00Et pourtant le tribunal a validé cette interdiction ?
02:04La justice est indépendante et donc oui, nous n'allons pas contester une décision de justice,
02:08mais cela nous paraît vraiment très inquiétant quant à l'état des libertés en France.
02:12Donc quand on est enseignant comme vous, et que malgré une interdiction, malgré un tribunal qui tranche,
02:19on décide d'aller quand même dans la rue, est-ce que c'est un exemple de désobéissance ?
02:25Est-ce que c'est un exemple à suivre ? Est-ce que vous n'avez pas une responsabilité ?
02:30Alors là, cela regarde la responsabilité morale de chacun, mais selon moi, cela reste légitime.
02:38Alors il y a toujours cette question de la légalité, de la légitimité.
02:41Là encore, les personnes qui ont manifesté ce week-end l'ont fait, je pense, de manière tout à fait
02:45légitime,
02:46tout à fait responsable, et je le rappelle, l'ont fait en plus en dehors des espaces qui étaient prévus
02:52par les interdits préfectoraux.
02:54C'est pour ça que ce n'est pas donné lieu à aucune interpellation, et donc légitimement et moralement, ces
03:00personnes étaient dans leur bon droit pour le coup.
03:02Mais finalement, il n'y a eu que 200 personnes, alors c'est un compte plutôt haut que bas, quelques
03:10dizaines à hausser.
03:12Finalement, quand on est si peu à se mobiliser, est-ce que ça a un impact ?
03:16Alors cela se fait dans un contexte national, toujours ce genre de mobilisation,
03:20et il est important de rappeler que dans un contexte où l'État s'était forcé,
03:25le gouvernement Macron s'était forcé d'interdire massivement ces mobilisations,
03:29il n'y a pas eu que Hausser qui a été concerné par des interdictions,
03:33il y avait quand même 800 000 personnes à se mobiliser,
03:37ces mobilisations demeurent massivement soutenues par les Français.
03:40800 000 selon les syndicats, 400 000 selon les autorités.
03:43Ce qui reste, quels que soient les chiffres pris en tête, tout de même massif pour le coup,
03:47et c'est pour ça que nous appelons vraiment à poursuivre cette mobilisation.
03:51Nous, de notre côté, nous allons redéposer une déclaration de manifestation et de rassemblement pour ce samedi,
03:57et nous appelons enfin tous les agents, tous les salariés,
04:00à commencer à se mobiliser par la grève pour le 5 novembre.
04:03Dans cette mois, ni le Premier ministre, ni le Président de la République ne seront encore là.
04:08Quel sens a-t-il de manifester cette mois avant une élection majeure ?
04:12Le sens que, pour ces 7 prochains mois, les fins de mois demeurent difficiles pour des millions de Français.
04:19Cela a du sens parce que tous nos lycéens ne vont pas attendre une élection présidentielle.
04:25Ils sont reçus aujourd'hui, les lycéens ?
04:27Ils sont reçus aujourd'hui.
04:29Les syndicats de salariés étaient reçus la semaine dernière.
04:32On a vu ce que donne le dialogue avec ce gouvernement, malheureusement.
04:35Et donc, nos lycéens ne vont pas atteindre 7 mois pour obtenir des conditions d'enseignement décentes
04:40pour pouvoir avoir un avenir qui soit favorable et positif pour eux.
04:46Merci Julien Godard.
04:47Je rappelle que vous êtes le co-secrétaire de Solidaire 89,
04:50également co-secrétaire de Sud Éducation 89.
04:52Merci, bonne journée.
04:53Merci.
04:53Merci.