00:00Et à 7h19, Dimitri Pavlenko, c'est l'heure de l'édito éco.
00:03Bonjour Marc Toiti.
00:04Bonjour Dimitri, bonjour Anissa, bonjour à tous.
00:07Marc, le budget 2027 fait toujours l'objet de toutes les inquiétudes.
00:10Vous nous dites que la France de 2026, elle ressemble de plus en plus à la Grèce de 2010.
00:15Tout à fait mon cher Dimitri, c'est assez incroyable,
00:17mais les ressemblances entre la France de 2026 et la Grèce de 2010 sont vraiment troublantes.
00:23Il y en a plusieurs, j'en ai sélectionné 4.
00:25Tout d'abord, les dérapages incontrôlés des comptes publics.
00:28Cela fait depuis 2022 que la France est le cancre de la zone euro,
00:32avec un déficit public de 5,3% du PIB, contre 3,2% en moyenne pour la zone euro.
00:38Deuxième ressemblance, l'incapacité des gouvernements à être crédibles en matière de réduction des déficits publics.
00:44Ça fait 10 ans que ça dure, et cette année encore, on nous annonce 5% de déficit.
00:47Ça sera au moins 6%, tant en 2026 qu'en 2027.
00:51Alors c'est effectivement troublant ces ressemblances. Quelles sont les deux dernières ?
00:55Troisième ressemblance, la forte augmentation des taux d'intérêt.
00:58Le taux d'intérêt à 10 ans de l'État français vient de frôler les 4,6%, un plus haut
01:03depuis juillet 2008.
01:05Or, en octobre 2009, avant l'explosion de la crise grecque,
01:08bien là aussi, le taux d'intérêt à 10 ans de la Grèce était de 4,6%.
01:13Et juste après, la banque américaine Goldman Sachs a lancé des produits pour spéculer contre la Grèce.
01:18Et les taux d'intérêt grecs ont explosé.
01:20C'est exactement ce que fait cette même banque aujourd'hui en France.
01:24Quatrième ressemblance, c'est bien sûr le déni de réalité,
01:27certainement le plus grave pour ce qui nous concerne.
01:30Car rappelez-vous, de 2009 à 2015, tous les dirigeants grecs disaient
01:33« Mais non, ne vous inquiétez pas, la Grèce, ce n'est pas l'Argentine, il ne peut rien nous
01:36arriver. »
01:37Aujourd'hui, c'est pareil.
01:38Les dirigeants français nous disent « Mais non, la France, ce n'est pas la Grèce. »
01:41Et pourtant, nous y sommes.
01:42Bon, rassurez-nous, il y a quand même bien des différences.
01:45Oui, quand même, il y a une différence de taille.
01:47C'est le fait que l'État français s'est levé l'impôt,
01:49ce que ne savait pas encore faire la Grèce en 2010.
01:52Mais attention, à force justement d'augmenter les prélavants obligatoires,
01:55les risques d'exode fiscal et de moindre rentrée fiscale augmentent considérablement.
02:00De quoi, justement, amoindrir la capacité de l'État français à lever l'impôt sans difficulté et sans limite.
02:06Donc, attention aux mauvaises surprises.
02:07Pour terminer, Marc, vous nous dites que la crise française pourrait être pire que la crise grecque.
02:11Pourquoi ?
02:12Eh bien, c'est très simple.
02:13La dette publique grecque, c'était 350 milliards d'euros.
02:16Donc, c'était presque facile de sauver la Grèce à l'époque via le FMI, l'Union Européenne et la
02:20BCE.
02:21Aujourd'hui, la France, c'est bien pire.
02:22C'est plus de 3500 milliards d'euros.
02:25Donc, il faut être clair.
02:26Même le FMI ne pourra pas nous sauver.
02:28Donc, ce n'est pas le « too big to fail »,
02:30donc le « trop gros pour faire faillite »,
02:32mais le « too big to save », « trop gros pour être sauvé ».
02:35Alors, juste pour terminer avec un petit peu d'humour,
02:37je rappelais en 2010 que l'anagramme du Premier ministre grec de l'époque,
02:41Papandréou, c'était « n'a pas d'euros »,
02:43c'était prémonitoire.
02:44Là, avec Sébastien Lecornu, c'est presque pareil,
02:46puisque une de ces anagrammes, c'est tout simplement « reculons ».
02:50Voilà.
02:51Désolé, on s'amuse comme on peut quand on est économiste.
02:53Signature Europe 1, Marc Toiti.
02:54Merci beaucoup, Marc.
02:55Bonne journée à vous.
02:56C'était l'édito éco avec Banque Populaire.
02:59Engagé aux côtés de ceux qui entreprennent.
03:01Banque Populaire, la réussite est en vous.
03:04I'm free !
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