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L'abandon de l'Ukraine serait une faute stratégique et démocratique majeure. Sur RTL, Étienne Gernelle, directeur du Point, explique pourquoi les candidats à l'élection présidentielle doivent s'engager à renforcer le soutien financier et militaire à Kyiv. Face aux ambitions de Vladimir Poutine, l'enjeu dépasse largement le conflit régional : « L'Ukraine est la première ligne de l'Europe », rappelle le directeur du Point. Entre la sécurité des pays baltes, la crédibilité de la défense européenne et le coût de la liberté, renoncer serait une erreur historique pour l'ensemble des démocraties occidentales.

Retrouvez l'édito d'Étienne Gernelle, directeur du Point, sur RTL Matin, du lundi au jeudi

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Transcription
00:00Ce matin, vous nous expliquez donc pourquoi les candidats à la présidentielle devraient s'engager à donner plus d'argent
00:05à l'Ukraine,
00:06comme le réclame le président Volodymyr Zelensky.
00:09Et sans la moindre hésitation, du moins pour ceux d'entre eux qui défendent les principes de la démocratie libérale,
00:15bien sûr.
00:16C'est la première raison. Ceci est un combat politique transfrontalier.
00:20Vladimir Poutine a fait savoir qu'il considérait que le modèle de la démocratie libérale était obsolète.
00:26Ce sont ses mots en 2019. Et il joint les actes à la parole puisqu'il tente, on le sait,
00:31par tous les moyens d'influencer les élections à l'Ouest.
00:34Laisser tomber l'Ukraine, ce serait donner raison à Poutine et gonfler les voiles des adversaires de la démocratie chez
00:41nous.
00:41Mais certains sceptiques disent que l'Ukraine, c'est loin.
00:44Ce qui est absolument faux. C'est la deuxième raison.
00:47Si l'Ukraine perd, la menace se portera directement sur les pays baltes qui partagent avec nous nos institutions, notre
00:54monnaie, l'espace Schengen.
00:55L'Ukraine, c'est la première ligne de l'Europe.
00:57S'imaginer que Vladimir Poutine s'arrêterait au Donbass, c'est d'une naïveté folle.
01:02Et puis, vous savez, la portée des missiles s'allonge.
01:042000, 3000 kilomètres.
01:06Zaporizhia, vous savez, c'est à 2000 kilomètres de Strasbourg.
01:10En outre, c'est la crédibilité même de notre défense qui est en jeu.
01:14Si nous ne sommes pas capables de résister à la Russie, dont le PIB est inférieur à celui de l
01:20'Italie,
01:21le signal de faiblesse vis-à-vis des autocrates du monde entier sera terrible.
01:25On renverra l'image d'un paillasson.
01:27Et ce n'est pas bon d'être un paillasson dans ce monde-là.
01:29D'autres sceptiques, Étienne, disent que ça coûte cher.
01:32Oui, c'est une troisième erreur d'analyse de leur part.
01:35L'Europe a dépensé jusqu'à présent environ 230 milliards en aide à l'Ukraine.
01:40Et aujourd'hui, il ne s'agit que de quelques dizaines de milliards
01:43pour permettre à Kiev de renforcer sa défense aérienne, éviter que la Russie détruise ses infrastructures énergétiques cet hiver.
01:51Lui permettre aussi d'acheter des drones, des missiles, porter la guerre en Russie, déstabiliser un petit peu Poutine et
01:57négocier ensuite en position de force.
01:59Et le prix à payer est dérisoire, dérisoire en comparaison des dividendes de la paix, comme on dit.
02:06C'est-à-dire ce qu'on a économisé sur la défense depuis la fin de la guerre froide.
02:11Il y a une étude de McKinsey qui a montré que si les pays européens de l'OTAN avaient consacré
02:16à leur défense,
02:17de 1992 à 2022, la même part de leur PIB qu'entre 1960 et 1992, c'est-à-dire pendant
02:25la guerre froide,
02:26ils auraient dépensé 86 000 milliards de dollars en plus, 86 000 milliards.
02:33Soutenir aujourd'hui l'Ukraine nous permet de nous garder à l'Est
02:36et pour une fraction infime de ce que nous coûtait la guerre froide,
02:40sans oublier bien sûr que sur le terrain, seuls les Ukrainiens payent le prix du sang.
02:45On pense à ces vers de Shakespeare, évidemment.
02:49« Souffle, souffle, vent d'hiver, tu n'es pas si cruel que l'ingratitude de l'homme. »
02:54C'était signe, j'ai un délai, tienne, on va parler.

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