00:00Ce qui frappe à première vue, c'est le style visuel et narratif qu'adopte X-Men le commencement, ou
00:04First Class dans son version originale.
00:06Il est à la frontière du kitsch, mais parvient à ne jamais la dépasser pour autant, ce qui finit par
00:10offrir une nouvelle et belle identité à l'univers.
00:13Le récit se déroule dans les années 60, et Matthew Vaughn va en profiter pour faire parler ses références, en
00:18lui offrant cette touche très britannique,
00:20qui donne l'impression d'être dans un épisode de James Bond avec Sean Connery.
00:23Pareil pour l'antagoniste, Kevin Bacon a beau avoir le nom d'un morceau de l'art, il n'en
00:27reste pas moins incroyablement convaincant.
00:29Il séduit par une présence, un entourage, et une attitude qui lui offre beaucoup d'épaisseur.
00:34Non mais regardez-moi ça, c'est même plus James Bond là, c'est limite Austin Power.
00:38Who behave ?
00:40Le film part du principe que Sébastien Shaw est à l'origine de la crise des missiles de Cuba, qui
00:44est un point d'orgue de la guerre froide.
00:46Et cette manière d'ancrer les mutants dans des conflits humains qui ont existé, ça offre au film une vraie
00:50crédibilité.
00:51X-Men, depuis son premier opus, a toujours été une allégorie de l'histoire américaine.
00:55A la différence qu'ici, les mutants ne sont pas simplement une minorité qui fait de son mieux pour s
00:59'intégrer à l'humanité,
01:00mais des révolutionnaires très engagés politiquement et qui influent directement sur les conflits entre différents pays.
01:06Le film se voit donc forcé de déconstruire les personnages que nous connaissons afin de les rendre plus humains et
01:10plus vulnérables.
01:11Magneto est bien plus fataliste et s'enretenu dans ses actions.
01:15Charles, lui, est bien plus extraverti.
01:17Dégage des failles que l'on n'imaginait pas.
01:19Son empathie est plus communicative, notamment à travers la relation qu'il entretient avec Eric.
01:24Je pense à une scène où il le soulage d'une souffrance qui le ronge,
01:27où il lui permet d'être notre homme, bien plus en paix avec lui-même.
01:30Intégrer mystique à l'équation fut aussi un risque payant.
01:33Ce personnage que l'on connaissait surtout à travers ses prouesses physiques et son arrogance est ici montré dans un
01:38total opposé.
01:39Bien plus vulnérable, perdu entre son envie de ressembler à tout le monde
01:42et sa frustration de ne pas pouvoir s'exhiber fièrement sans crainte d'être jugée.
01:46Elle finira par s'assumer grâce au conseil d'Eric qui lui fera comprendre l'être extraordinaire qu'elle est.
01:52L'introduction reprend quasi plan par plan l'intro du premier film.
01:56A la différence qu'ici on voit ce qu'il se passe après que le jeune Eric ait tordu cette
02:00barrière.
02:00Il est amené dans le bureau de Klaus Schmidt, que l'on connaîtra plus tard sous le nom de Sébastien
02:04Shaw,
02:05et ce dernier lui demande de recommencer en faisant bouger une pièce.
02:07Le décor est partiellement dévoilé, il apparaît comme un bureau lambda.
02:11Mais quand Eric ne parvient pas à faire bouger la pièce,
02:14Schmidt décide d'utiliser des méthodes plus radicales.
02:16Dès lors, l'autre partie du décor s'affiche comme une menace.
02:19L'air de dire que ça ne finira pas bien,
02:21et en effet la mère d'Eric est tuée car il a échoué à faire bouger cette pièce.
02:25Il n'y a que la haine et la colère qui lui permettent de jouir de ses dons,
02:28et c'est ce que Charles comprendra bien plus tard,
02:30lui apprenant à se canaliser et à maîtriser son pouvoir plus sereinement.
02:34Mais Charles ne pourra guère faire plus.
02:36Eric souffre d'une profonde haine envers le genre humain.
02:38Une haine qu'il a subie en tant que juif et mutant.
02:41Il est en accord avec l'idéologie de Shaw.
02:43Il va donc symboliquement lui succéder dans sa quête en l'assassinant et en lui volant sa couronne.
02:48A partir de là, le point de non-retour est franchi.
02:51Magneto est né et la rivalité avec son ami, son frère d'armes, ne fait que commencer.