00:00C'est l'éco d'ici, et Toulouse peut-elle devenir un site de production de paracétamol ?
00:03C'est une question qu'on se pose aujourd'hui, c'est le pari d'Ypsofène qui veut fabriquer ici
00:07le principe actif du médicament,
00:09aujourd'hui largement importé d'Asie, un projet industriel pharaonique sur un site historique à la chimie toulousaine.
00:15Mais 25 ans après AZF, le mot usine chimie qui peut inquiéter un peu.
00:19Faisons le point, ce matin avec le président d'Ypsofène, invité de l'éco d'ici, Clotilde Jupon.
00:23Bonjour Jean-Bohé.
00:24Bonjour.
00:24Vous ambitionnez donc de fabriquer du paracétamol alors qu'il n'existe actuellement aucune entreprise en Europe.
00:31Pourquoi avoir choisi Toulouse pour ce projet ?
00:34D'abord Toulousain, et une belle opportunité d'un site industriel d'exception,
00:41et de très grande qualité en termes de sécurité au niveau de la chimie qui est le site d'Ariane
00:46Group,
00:47sur lequel il y avait un bâtiment pharma disponible.
00:49Et aussi, bien entendu, compte tenu que nous relocalisons toute une filière,
00:56la proximité du PSA à Agen, qui est aussi un partenaire et un de nos actionnaires,
01:01donc ça permettait vraiment d'avoir une production locale.
01:04Mais installer une nouvelle activité chimique à Toulouse, 25 ans après AZF,
01:09cela vous oblige forcément à être particulièrement rassurant avec la population.
01:12Ce sera à moins d'un kilomètre des anciens locaux d'AZF ?
01:16Alors déjà, on ne peut envisager de réindustrialiser et de relocaliser des productions chimiques
01:21à la seule condition que l'on mette en œuvre des procédés innovants et de l'industrie verte.
01:26On ne peut pas produire du paracétamol comme ça se faisait avant.
01:30On peut produire du paracétamol et le relocaliser,
01:32parce qu'on va mettre en place des procédés excessivement sécuritaires,
01:37particulièrement sécuritaires,
01:38et des procédés qui vont être totalement éco-responsables.
01:40On ne parle plus de ce qui avait pu être...
01:43Enfin, il faut arrêter de faire ces comparaisons, c'est totalement différent.
01:46Votre site sera quand même classé Céveso, seuil bas,
01:49avec des tonnes de phénol, de nitrite, de sodium.
01:51Vous avez dû faire évaluer les risques.
01:53Concrètement, dans le scénario accidentel, le plus grave, qu'est-ce qui se passe ?
01:59La zone d'effet réellement dite grave,
02:01c'est-à-dire qu'on peut avoir encore des blessés,
02:03est à 155 mètres du site,
02:05dans un diamètre de 155 mètres.
02:07La première maison est à 185 mètres.
02:10Donc aujourd'hui, justement, on peut se permettre de réindustrialiser,
02:13de relocaliser et d'utiliser ce site,
02:15parce qu'il ne peut pas y avoir d'impact.
02:17Et c'est fondamental.
02:20En tant que Toulousains, nous aussi, on a vécu cette catastrophe.
02:23Et on y est très sensible.
02:25Sur le projet en lui-même,
02:27donc vous, pour être très clair,
02:28vous ne fabriquerez pas directement le Doliprane.
02:30Qu'est-ce qui sortira de la future usine ?
02:32Alors, Doliprane, il faut arrêter d'en parler,
02:34parce que c'est comme un frigidaire, finalement.
02:36On va produire le principe actif du paracétamol,
02:40qui sert en poudre, en big bag de 600 kg,
02:44ou en petit conteneur.
02:47Et c'est les laboratoires pharmaceutiques,
02:49Telcupsa, qui fabriqueront leurs médicaments,
02:51à partir de cette poudre de paracétamol,
02:54qui est le principe actif.
02:56C'est quand même un pari un peu fou,
02:57quand on sait qu'actuellement on importe d'Asie,
02:59et que ça coûte moins cher.
03:00Vous me disiez 30 à 40 % moins cher.
03:04Vous y croyez ?
03:05Totalement, parce que le prix est très fluctuant.
03:08La semaine dernière, lorsque nous avons échangé un petit peu,
03:11c'était 30 à 40 %.
03:12Aujourd'hui, c'est entre 15 et 20.
03:16Donc, il y a un impact environnemental absolument énorme.
03:19Il y a une question de souveraineté aussi.
03:20Il y a une question de souveraineté,
03:21mais puisqu'on parle de prix,
03:23aujourd'hui, produire en Chine,
03:25c'est énormément polluant,
03:28parce que c'est produit par des procédés
03:29qui sont anciens,
03:30dangereux d'ailleurs,
03:31c'est bien pour ça qu'on le fait là-bas,
03:32et qui sont très polluants.
03:34Pour chaque kilo de produits,
03:36c'est entre 120 à 150 kg de déchets.
03:39Très polluants.
03:40C'est-à-dire que chaque gramme que vous prenez,
03:42le matin,
03:44c'est entre 120 et 150 grammes de déchets.
03:47C'est énorme.
03:48Avec notre procédé,
03:49on va être à peine à 6 grammes.
03:51Mais qui va accepter de payer plus cher ?
03:53Est-ce que vous avez déjà des contrats signés
03:55pour votre futur projet de 2020 ?
03:57Nous avons déjà des contrats signés
03:58pour à peu près la moitié
03:59de notre capacité de production
04:00qui sera de 4 000 tonnes.
04:03Et donc, oui,
04:04il y a plein de laboratoires
04:06qui sont prêts,
04:07pour une partie de leur production,
04:09à payer un peu plus cher
04:10pour être sûr et certain
04:11d'être livrés,
04:13quels que soient les aléas géopolitiques,
04:15et aujourd'hui,
04:16ils sont nombreux,
04:17et en cas de crise,
04:18tel qu'on l'a connu,
04:20et qui, eux aussi,
04:21sont sensibilisés
04:22à la problématique environnementale,
04:23et qui souhaitent aussi réduire,
04:26grâce à nous,
04:27leur impact environnemental.
04:28Merci beaucoup, Jean Boé,
04:29d'avoir été avec nous ce matin
04:30pour parler du projet Ipsophène,
04:32l'usine qui devrait voir le jour d'ici,
04:34de 1028 à Toulouse.
04:35Merci pour votre invitation.
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