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  • il y a 42 minutes
L'invitée de ici Gascogne : Camille Sabathé, secrétaire départementale du Snes-FSU dans les Landes, premier syndicat enseignant du second degré. Est aussi professeur d'histoire-géographie au collège de Tartas

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Transcription
00:04Ici Gascogne, 8h moins le quart, l'invité d'ici Gascogne mater, Marion, ça fait quasiment trois semaines maintenant que
00:10les élèves ont repris le chemin des classes.
00:12L'occasion de faire un premier bilan de cette rentrée dans les Landes.
00:14Pour en parler, nous sommes avec Camille Sabaté, elle est secrétaire départementale du SNES-FSU dans les Landes, premier syndicat
00:21enseignant du second degré.
00:23Bonjour Camille Sabaté.
00:24Bonjour Marion.
00:25Alors le gouvernement avait promis un professeur devant chaque classe à la rentrée, est-ce que c'est le cas
00:29dans les Landes ?
00:30Non, dans les Landes ça n'a pas été le cas, environ 30% des établissements landais ont commencé avec
00:35des manques de personnel enseignant, alors ce sont souvent des mi-temps, on a eu beaucoup de retours en fait
00:39à ce moment-là.
00:40Il manquait des heures dans à peu près une quinzaine de collèges sur 39, dans cinq lycées, alors depuis il
00:46y a eu une évolution, mais à ce jour on a quand même toujours des manques,
00:49donc en sciences physiques au lycée du Ruy, en français à Saint-Vincent de Tiros, en sciences industrielles de l
00:55'ingénieur à Gaston Cramp,
00:56et puis dans les collèges de Tartas, de Parentis, c'est en anglais, 9h, voire des 18h parfois, ça peut
01:02être des temps complets aussi,
01:04et par exemple en éducation musicale au collège d'Albray à Dax.
01:07Alors, vous dites une quinzaine d'établissements sur 39, c'est quasiment la moitié des établissements concernés, c'est énorme
01:13non ?
01:13Sur la première semaine.
01:14Sur la première semaine, c'est énorme, c'était des absences de courte durée, c'était quoi ?
01:17Alors, soit des absences de courte durée, soit des BMP, c'est-à-dire des blocs de moyens provisoires qui
01:21n'avaient pas été pourvus,
01:22c'est-à-dire qu'on n'avait pas d'enseignants à mettre face à l'élève sur des blocs
01:26de 6h, 9h, 11h, en fonction de différentes matières.
01:31Donc ça a touché de nombreux collèges, en tout cas dans les Landes, les lycées également.
01:35Alors, vous citiez plusieurs matières, il n'y a pas de matière particulièrement touchée, on a l'impression que ça
01:40concerne un petit peu tout.
01:41Vous avez cité de l'anglais notamment ?
01:43Ça concerne un petit peu tout, la première semaine en lettres, il manquait des enseignants en lettres, à Gettemont par
01:48exemple, en français.
01:51Depuis, les postes ont été pourvus, les remplaçants ont été positionnés, des contractuels ont été appelés,
01:56mais il reste encore des heures à faire dans certains établissements dans les Landes.
02:00Oui, là, trois semaines après la rentrée, vous dites que ça s'est un petit peu amélioré, mais quelle est
02:03la situation ?
02:04Il en manque encore ?
02:05Il en manque encore, en tout cas là, vous voyez, nous on a une dizaine de retours d'établissements où
02:11il manque encore.
02:12Et puis il y a des craintes aussi pour des arrêts à venir.
02:14Il y a une enseignante qui sait qu'elle va être en arrêt en français pour un congé maternité,
02:19donc ce sont des arrêts prévisibles.
02:21Elle s'inquiète de son remplacement quand elle voit la difficulté pour trouver des remplaçants en lettres.
02:26Alors c'est quoi la conséquence, très concrètement, pour les élèves ?
02:28Un élève qui n'a pas de prof de français, très concrètement ?
02:31Concrètement, il a soit des heures d'études, soit si des collègues font des remplacements,
02:36et bien ça se fait en interne.
02:38Mais le souci, c'est que ce n'est pas forcément dans la matière.
02:41C'est-à-dire qu'un enseignant d'une autre matière ne va pas remplacer en français.
02:46Moi, je suis enseignante en histoire-géographie.
02:48Je ne sais pas, les qualifications, les qualités pour pouvoir faire un remplacement sur la même matière.
02:53Donc si on ne trouve pas de remplaçant ?
02:54Si on ne trouve pas de remplaçant, alors généralement, on en trouve quand même.
02:57Voilà, la DSDN finit par en trouver, mais ça peut être durable,
03:00et c'est problématique quand même pour les élèves, pour leur progression, pour tout ce qui est programme.
03:07Et donc, il y a un moment où l'éducation nationale devrait se poser les bonnes questions.
03:11Donc quand le ministre dit qu'il y a des enseignants pour tous, ce n'est pas vrai.
03:14Justement, on a l'impression que chaque année, chaque rentrée, c'est un peu la même chose quand même.
03:19C'est quoi le problème finalement ? Il n'y a pas assez de profs ?
03:21Il n'y a pas assez d'enseignants.
03:22Les salaires ne sont pas là non plus.
03:24On n'est pas une profession attractive aujourd'hui.
03:27C'est quand même une profession qui a vu un déclassement salarial depuis pas mal d'années.
03:32Et donc, c'est un vrai souci.
03:36Quand il y a un prof bashing systématiquement à la rentrée,
03:39on nous a annoncé que les enseignants avaient un salaire moyen de 3 000 euros.
03:44Écoutez, j'aimerais bien qu'on me verse la différence.
03:47Je pense que je ne suis pas la seule dans l'éducation nationale à demander ça.
03:50Il y a quand même un décrochage entre l'inflation et nos salaires.
03:54Depuis 2010, l'inflation, c'est plus 27,8%.
03:59Nous, au niveau du traitement industriel, c'est plus 14,6%.
04:03Donc, il y a quand même un écart important.
04:06Aujourd'hui, être prof, ça ne fait plus rêver ?
04:07Je ne pense pas.
04:09C'est dommage parce que c'est quand même un beau métier.
04:11C'est même un très, très beau métier.
04:13Mais on voit qu'on a du mal et malgré les réformes, même des concours,
04:18on n'a pas un enseignant devant chaque classe à la rentrée.
04:21C'est un discours que tiennent les ministres successifs, mais ce n'est pas la réalité.
04:26Alors, redonner envie à des jeunes de devenir prof,
04:30vous le dites, ça passe par une revalorisation du salaire, c'est ça ?
04:32C'est le nerf de la guerre ?
04:33Ça va passer par une revalorisation des salaires,
04:35ça va repasser aussi par des conditions de travail.
04:39On nous dit qu'il y a une baisse démographique, soit.
04:41En attendant, dans les Landes, on est quand même à 25,8 élèves par classe,
04:46comme l'année dernière.
04:47On a quand même des classes comme à Sainte-Martin-Ségnanx,
04:50à Selle-le-Gaucher ou à Peyrouade, en collège,
04:52qui sont à 30, voire qui sont à 31 élèves.
04:55Alors, c'est quoi la limite ?
04:56Est-ce qu'il y a une limite d'ailleurs, on parle souvent de seuil ?
04:57Est-ce qu'il y a vraiment un seuil légal ou en tout cas administratif ?
05:01En collège, on dit toujours que le seuil est à 30 élèves.
05:04Mais on a des classes avec plus de 30 dans les Landes.
05:06On a plus de 30, sauf qu'après, on nous parle de baisse démographique.
05:08Baisse démographique, il faut quand même savoir que nous, en France,
05:11on a une des classes à 26 élèves par classe,
05:14alors que dans l'OCDE, c'est 21 élèves.
05:17On pourrait tirer bénéfice de cette baisse démographique
05:21pour justement permettre aux élèves d'avoir un enseignement de qualité
05:25en étant moins nombreux par classe,
05:27sachant qu'on inclut aussi des élèves dans ces classes,
05:30avec des accompagnants.
05:32Et souvent, on se retrouve, quand on a 30 élèves,
05:35ça veut dire 30 élèves, peut-être deux accompagnants plus un enseignant.
05:38Ça veut dire 33 personnes dans une salle de classe,
05:41avec des classes qui ne sont pas faites pour en fait.
05:43On n'a pas l'espace, on ne peut pas circuler,
05:45ce n'est pas un accompagnement qui est de qualité.
05:48Ce que vous demandez, c'est une logique un petit peu moins comptable ?
05:50Exactement. Moins comptable et surtout une logique qui se virait dans le sens des élèves
05:55pour mieux les accompagner tout au long de leur scolarité.
05:58C'est l'objectif en fait, avoir une école qui soit émancipatrice,
06:01une école qui soit de qualité, mais pour ça, c'est une question de moyens.
06:05Alors vous le disiez tout à l'heure, revalorisation des salaires,
06:08ce n'est pas dans l'air du temps visiblement,
06:09puisque le gouvernement a annoncé un gel du point d'indice pour les fonctionnaires en 2027.
06:16Nous, on demande clairement à ce qu'il y ait un rattrapage des pertes,
06:19le tout sans contrepartie.
06:21Donc c'est pour ça que ça va être l'occasion d'une négociation dans le budget.
06:25Et d'une mobilisation à venir ?
06:26Et cette mobilisation qui va avoir lieu le 29,
06:29mais c'est pour l'ensemble des services publics,
06:31parce que ce n'est pas que l'éducation nationale,
06:33les services publics sont à l'os.
06:34Ça fait de nombreuses années que ça ne va plus.
06:37Et donc il est temps que tous les services publics puissent être revalorisés à leur juste valeur.
06:42Ce sont des liens sociaux,
06:43on l'a vu lors des incendies,
06:45il y a besoin de tous les services publics sur le terrain,
06:48avec des moyens réels.
06:51Il est temps quand même aussi de faire le nécessaire
06:53pour les soignants, pour les pompiers,
06:56pour les hospitaliers, pour l'éducation,
06:59pour tous, pour tous ces personnels qui sont au service de la société.
07:02Donc appel à la mobilisation,
07:04le mardi 29 septembre, mardi prochain,
07:06dans toute la fonction publique.
07:07Merci beaucoup Camille Sabaté d'avoir été avec nous.
07:09Je rappelle que vous êtes la secrétaire départementale du SNES FSU dans les Landes.
07:13Bonne journée à vous.
07:13Merci à vous. Au revoir.
07:14Merci Gascogne, il est 7h52.
07:16Sous-titrage Société Radio-Canada
07:18Sous-titrage Société Radio-Canada
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