Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 2 semaines
NAPOLÉON ET L'AFRIQUE - Conférence de Michael Kazadi - Festival Napoléon 2026.

Catégorie

📚
Éducation
Transcription
00:00Tout d'abord, maintenant, cette conférence sur Napoléon et l'Afrique.
00:04Alors, je sais, on peut se dire, tiens, Napoléon, l'Afrique,
00:06mais il y a beaucoup plus de liens qu'on pourrait le croire.
00:09Et je suis tellement fier de proposer cette conférence,
00:12surtout avec une personne de qualité qui est M. Michael Kazadi,
00:17qu'on peut d'ores et déjà applaudir.
00:19Merci.
00:20Et puis enfin, après, à 18h30, vous aurez une conférence
00:25avec son Altesse, le Prince Murat lui-même, qui est juste là,
00:28qui nous fait l'honneur de sa présence.
00:31Et également, d'ailleurs, il y a un petit lien entre Michael et le Prince Murat.
00:36On fera une petite anecdote.
00:37Et puis après, bien sûr, la cérémonie du prix Napoléon.
00:41Je vous demande d'applaudir, danser déjà très fort notre conférencier d'aujourd'hui,
00:45M. Michael Kazadi.
00:46Comment est-ce que vous êtes arrivé, justement,
00:49à cette passion que vous avez pour Napoléon ?
00:53Tout à fait par hasard.
00:55J'ai à l'époque 7 ans et je suis à l'internat en France,
00:58mais mes parents vivent en Belgique.
01:00Ma mère vit en Belgique.
01:02Et un week-end sur deux, on rentre à Bruxelles.
01:05Et un week-end, mon père décide de nous amener au mémorial de la bataille de Waterloo.
01:10Et c'est lors de cette visite, la première fois, que j'entends parler de Napoléon.
01:14Et j'entends qu'il est petit, qu'il est petite taille,
01:16mais que c'était un grand général et un grand homme d'État.
01:18Et d'office, ça m'intéresse encore plus sur la personne,
01:23sur la France, qu'à l'époque, je connais assez peu.
01:26J'ai 7 ans, j'ai déjà vécu en France lors de la maternelle.
01:31Et là, j'y suis encore à l'internat.
01:34Et progressivement, tout au long de mon parcours entre la France et l'Afrique et les États-Unis,
01:39ce qui s'imprègne véritablement dans tous ces pays, c'est la culture française.
01:42Pourquoi ? Parce qu'on est, nous, le Congo, un pays colonisé par la Belgique,
01:49mais on part français.
01:51Et donc, la langue française fait que mon père décide de changer son cursus universitaire
01:56du système universitaire belge au Congo pour le système français à Brazzaville.
02:01Et de là, de rejoindre la France pour continuer ses études,
02:06d'abord à l'université de Reims, en Champagne, à Ardennes,
02:09ensuite à la Sorbonne et ensuite à l'ENA.
02:11Et je pense que c'est tout ce parcours qui fait de moi quelqu'un de particulièrement francophile
02:17et qui me fait en sorte que je m'intéresse davantage à Napoléon
02:21pour des raisons tout à fait puériles.
02:24Je pense que c'est le fait que ce soit un grand personnage de l'histoire, tout simplement,
02:27et qu'il soit de petite taille, comme je l'ai été toute ma jeunesse,
02:30qui a fait que je m'intéresse à Napoléon.
02:31Donc, c'est un peu par hasard comme ça que je me suis intéressé au sujet.
02:34En tant qu'Africain, comment est-ce que tu pourrais décrire, justement, Napoléon ?
02:39Pour moi, Napoléon, c'est celui qui introduit l'État dans le monde moderne.
02:45Pourquoi ? Parce qu'on est au début du XIXe siècle.
02:50Napoléon, lui, à la suite d'un coup d'État, prend les reines de la France
02:57et modernise l'État, mais d'une manière tout à fait fulgurante, en 15 ans.
03:01En 15 ans, il crée toutes les institutions qu'on connaît,
03:03le Conseil d'État, le Cadastre, la Légion d'honneur,
03:08tout un tas de masse de granite qui introduit véritablement la France,
03:12qui sort d'une révolution quand même assez désastreuse
03:16et d'un ancien régime monarchique de droite divin,
03:20quand même assez archaïque,
03:21et qu'il introduit la France dans la modernité.
03:23Donc, pour moi, Napoléon, c'est celui qui introduit la modernité
03:26au sommet de l'État, avec, évidemment, tous les autres États européens
03:31qu'il a combattus parfois, avec qui il était parfois allié également.
03:35Pour moi, Napoléon, c'est cet homme-là.
03:37Et c'est impressionnant parce que c'est un petit Corse, petit de taille,
03:43petit d'un point de vue social.
03:46Il vient de la petite noblesse Corse,
03:48qui arrive, qui naît en 1769, un an après que la France conquiert la Corse.
03:54Donc, c'est tout à fait étonnant.
03:56Et je pense que lui introduit véritablement le monde dans cette globalisation
04:01où l'on peut venir comme ça un peu par hasard de n'importe où
04:03et finir très haut un peu par hasard.
04:07Donc, pour toutes ces raisons symboliques,
04:09je trouve que Napoléon, c'est vraiment celui qui a introduit,
04:12qui ouvre la page de la globalisation très, très tôt.
04:16Et je pense que c'est en le faisant,
04:20à travers toutes ces masses de granite,
04:21que la France, malgré les tumultes énormes du XIXe siècle,
04:25arrive en fin du XIXe siècle à pouvoir conquérir l'Afrique
04:30avec l'Allemagne, avec l'Angleterre,
04:34et ainsi à imposer son modèle de colonisation,
04:37sa culture, sa langue,
04:38qui a fait que l'Afrique,
04:41en ce qui concerne les États de l'Afrique francophone,
04:44des États particulièrement imprégnés de la culture française,
04:48du droit français et de la langue française.
04:50Et c'est étonnant, mais c'est ces masses de granite,
04:54justement, imposées par Napoléon,
04:57qui ont permis la France de le faire
04:58et qui, aujourd'hui, prédominent l'Afrique
05:00et qui l'ont fait rentrer, en 1885,
05:03dans le concert des nations.
05:04Alors, certainement, l'Afrique,
05:05elle, existait depuis bien longtemps
05:08et les avancées africaines,
05:10d'un point de vue technologique,
05:12culturelles, spirituelles, sont énormes.
05:13Mais c'est véritablement, en 1885,
05:16par le biais de la colonisation,
05:18qu'elle entre, d'un point de vue juridique,
05:20dans le concert des nations.
05:21Et je pense qu'elle le fait, lors de la Troisième République,
05:24grâce aux acquis de la Révolution,
05:26grâce aux masses de granite de Napoléon.
05:29Et aujourd'hui, c'est étonnant,
05:30l'Afrique, aujourd'hui, d'un point de vue juridique,
05:32le droit civil et tout un tas d'autres institutions
05:34et d'influence française,
05:36lui permettent, aujourd'hui, d'exister.
05:38Et c'est Napoléon, c'est l'œuvre de Napoléon, quelque part.
05:40Alors, question un peu difficile.
05:43Tu es prêt ?
05:44OK.
05:45Est-ce que tu penses que...
05:47Donc, tu parles de Napoléon un peu à portée,
05:49le système un peu de la colonisation, etc.
05:52Qu'est-ce que tu penses, par exemple,
05:54toi, par rapport à ton pays, par rapport au Congo,
05:57est-ce que tu penses que la colonisation
05:59a été une bonne chose
06:02ou une mauvaise chose ?
06:05C'est difficile.
06:07Je n'ai toujours pas, honnêtement, d'avis précis.
06:11Sur la colonisation.
06:13Mais je ne pense pas que ce soit le plus important.
06:15Je pense que c'est un fait.
06:17Aujourd'hui, l'Afrique a été colonisée par l'Europe
06:21et qu'il ne sert pas à grand-chose
06:23d'avoir ce regard rétroactif pour voir
06:25bon, est-ce que c'était bien ou pas bien ?
06:27Je pense que la question, c'est qu'est-ce qu'on en fait ?
06:29Je pense que c'est plutôt ça, la question.
06:31Et par rapport à ce qu'est-ce qu'on en fait,
06:33moi, je pense qu'aujourd'hui,
06:34pour le meilleur et pour le pire,
06:36on a, nous les Africains,
06:37notamment les Africains d'État francophone,
06:41un socle commun avec la France
06:43qui est non négligeable
06:44et qui nous permet aujourd'hui,
06:46au regard du déficit qu'on a d'un point de vue technologique,
06:49d'un point de vue gouvernance,
06:51à avoir un allié de poids,
06:52parce que la France est quand même
06:54une puissance mondiale,
06:56à avoir un allié de poids au sein des concerts des nations.
06:59Donc moi, je préfère le regarder dans ce sens-là,
07:00d'un point de vue beaucoup plus positif,
07:03plutôt que de me ressasser le passé.
07:06Pourquoi ? Parce que je ne pense pas que ça sert à grand-chose.
07:08Et parce que j'ai la chance, en tant que jeune,
07:10d'avoir cette distance
07:12et cette perspective plus large
07:14quant aux événements du passé,
07:15qui certes ont été brutales.
07:17On parle de l'esclavage,
07:18on parle de la colonisation.
07:19Napoléon a participé à l'abolition de l'esclavage
07:22en tant que révolutionnaire,
07:23l'a rétabli et l'a ensuite aboli
07:25lors des 100 jours.
07:26Donc c'est tout un tas d'événements
07:28quand même assez blessants.
07:28Mais moi, heureusement, je n'ai pas connu ça.
07:30Et donc il ne s'agit pas de mettre ça de côté,
07:33mais d'avoir un œil beaucoup plus large
07:35et beaucoup plus distancé avec ses fractures
07:39et beaucoup plus positif aussi, je pense.
07:41Je pense que ça ne sert pas à grand-chose
07:43que de se recentrer toujours sur le passé.
07:45Je pense qu'il faut voir de l'avant.
07:47C'est ma chance en tant que jeune.
07:48Je ne suis pas marqué par tout ça.
07:49Et on devrait profiter de cette distance
07:51et de cette vue un peu moins émotionnée sur la chose.
07:54Donc est-ce que c'est une bonne chose ou une mauvaise chose ?
07:56Je ne sais pas.
07:57Ce que je sais, c'est qu'on doit faire avec et avancer.
07:59Ça, ça, je sais.
08:00Je le dis.
08:02Vous êtes d'accord ou pas avec moi ?
08:03Bravo.
08:04Merci.
08:05Alors, est-ce qu'il y a eu...
08:07Alors, bien sûr, il y a eu Bokassa
08:10qui s'est pris un petit peu pour Napoléon, l'empereur.
08:14Quelle est, d'après toi, l'influence de Napoléon sur l'Afrique,
08:19sur les Africains en général ?
08:23Elle est énorme.
08:24Moi, je pense que, d'abord, d'un point de vue fondamental,
08:27on a du mal à le voir parce qu'il s'agit d'une influence tacite,
08:30mais quand même assez forte, d'un point de vue juridique.
08:33Encore une fois, le droit civil, d'un point de vue culturel,
08:36d'un point de vue linguistique.
08:38Et demain, dans 25 ans, 2050, à peu près un être humain sur quatre sera africain.
08:43Et il y a de fortes chances que beaucoup de ces Africains parlent français.
08:47Donc l'influence, elle est énorme.
08:48Ça, c'est un fait.
08:50Et ensuite, d'un point de vue un peu plus personnel,
08:52moi, je connais beaucoup de passionnés de l'empereur
08:54et de l'épopée napoléonienne.
08:56Je pense, par exemple, à mon beau-père,
08:59qui est un grand connaisseur, un grand admirateur de l'empereur
09:02et qui est pourtant plutôt affilié à la culture belge,
09:07mais qui est un grand amateur de Napoléon.
09:10J'en connais d'autres.
09:11Je ne suis pas sûr que l'on ait une connaissance assez profonde de l'empereur.
09:17Pourquoi ? Parce que Napoléon 1 et 3 ont été, par les régimes successifs,
09:24assez mis à l'ombre, et pour des raisons que l'on connaît,
09:27qui sont quand même assez dommages,
09:28parce que pour le meilleur et pour le pire,
09:30ils ont quand même participé à la grandeur de la France.
09:32Et je pense que s'ils ont été mis à l'ombre en France,
09:35c'est tout à fait normal qu'en Afrique, on n'ait pas une idée précise.
09:39Et d'où, justement, l'intérêt de réfléchir sur les liens improbables,
09:43mais certains, entre Napoléon et l'Afrique.
09:44C'est pour, justement, se commémorer et se rappeler de tous ces liens qui existent.
09:50Je pense que c'est important.
09:52Malheureusement, c'est quand même assez difficile,
09:54mais je pense que c'est important et que c'est réel.
09:56Tu as beaucoup contribué à créer des sortes de sociétés
10:01un petit peu napoléoniennes en Afrique.
10:03On te doit, d'ailleurs, rue Napoléon, rue Bonaparte au Congo.
10:07C'est grâce à lui, je pense qu'on peut l'applaudir pour ça.
10:11Justement, qu'est-ce que tu cherches à faire
10:15en amenant, justement, l'histoire napoléonienne,
10:18en amenant Napoléon un peu plus dans les têtes et les cœurs des Africains ?
10:24Et justement, comment est-ce qu'ils réagissent lorsqu'on leur parle de Napoléon ?
10:28Ce que je cherche à faire, je ne sais pas,
10:31mais ce que je sais, c'est que ça s'inscrit, en fait,
10:34dans ma volonté de créer des mélanges et créer des ponts.
10:41Pourquoi ? Je ne sais pas.
10:42Je pense que c'est le fruit de ma vie.
10:43J'ai vécu dans huit pays sur trois continents.
10:46Et c'est automatique.
10:47J'aime créer des ponts, créer des liens parce que je les vois, je les ressens
10:51et parce que ça a une valeur économique et sociale réelle.
10:54Je pense que quand on le fait, on voit que des synergies peuvent être créées,
10:58souvent même quand on ne les imagine pas.
11:00Ensuite, est-ce que j'ai un objectif particulier ? Non.
11:02Je pense que c'est juste par amour pour Napoléon.
11:05Je suis particulièrement francophile.
11:07J'aime beaucoup la France.
11:08Et je pense que celui qui représente et qui symbolise quand même la grandeur française,
11:16c'est Napoléon, pour des raisons historiques assez évidentes.
11:19Et donc, c'est dans ce sens-là que Napoléon est mis en avant.
11:23Moi, j'ai appris de beaucoup de choses de toi, dans ton livre,
11:27dans un livre extraordinaire que je t'invite vraiment à voir.
11:29C'est que Napoléon avait des généraux.
11:33D'ailleurs, c'était le premier dans l'armée à avoir des généraux
11:37qui étaient de couleur noire.
11:39Est-ce que tu peux nous en parler, s'il te plaît ?
11:41Napoléon, et c'est justement ça qui est intéressant
11:44quand on voit la manière dont il participe,
11:47de manière indirecte en tant que soldat,
11:49à l'abolition de l'esclavage lors de la Révolution,
11:54et ensuite la manière dont il rétablit l'esclavage
11:57et dont il l'abolit encore une fois,
11:58c'est que Napoléon est, au-delà de tout ce qui peut être supposé sur la personne,
12:04un grand pragmatique.
12:06Et pour des raisons pragmatiques,
12:08quand il voit du génie dans un Toussaint l'ouverture,
12:11il le nomme capitaine général de Saint-Domingue,
12:14parce qu'il croit en ses qualités militaires.
12:16Non-obstant, sa couleur de peau,
12:18qui est à l'époque une couleur de peau en tant que noir,
12:21qui peut être assez repoussante dans certaines classes sociales françaises.
12:25Mais il lui croit avant tout en ce pragmatisme,
12:29et c'est dans ce sens-là qu'il le nomme.
12:31Il y a Alexandre Dumas également,
12:33que Napoléon considère presque comme un ami,
12:37et qui lui est un grand général français,
12:41qui ensuite engendra Alexandre Dumas fils,
12:44qui a un impact incroyable sur la vie littéraire française,
12:47les Trois Mousquetaires, le Comte de Monte Cristo,
12:50et autres.
12:51Je pense que cela démontre qu'on a affaire avec Napoléon
12:56à un grand pragmatique,
12:58et aussi, hélas, à un grand opportuniste.
13:01Et certes, au mauvais sens du terme,
13:03qui sait parfois,
13:04qui en fait un peu trop parfois,
13:07pour des raisons tactiques.
13:10Il en démontre dans plein d'autres occasions,
13:13quand on voit son épopée en Égypte,
13:15et comment il se fait presque musulman,
13:17pour des raisons politiques.
13:20Je ne crois pas que c'était véritablement sincère,
13:23mais c'est encore une fois
13:26l'opportuniste Napoléon qui se révèle.
13:29Et il dit ensuite que,
13:32s'il était à Jérusalem,
13:34il aurait rétabli le temple de Salomon.
13:36Bon, on voit à travers Napoléon
13:39un certain opportunisme,
13:40déjà à l'époque,
13:41qu'on voit encore plus aujourd'hui en politique,
13:43mais qui déjà, chez lui,
13:44était assez prédominant.
13:45Donc, je pense que Napoléon,
13:51ce sont les tares de Napoléon,
13:52des tares inexcusables,
13:53que ce soit le rétablissement de l'esclavage,
13:55que ce soit cet opportunisme,
13:57qui d'un point de vue symbolique,
13:58n'a pas participé à l'édification du débat public.
14:02Donc, oui, ce sont des tares
14:04qui sont inexcusables,
14:05et c'est dommage.
14:07Mais au-delà de ça,
14:08je pense qu'il y a pas mal de choses positives
14:10qu'on peut retenir,
14:10et dont on peut se servir aujourd'hui.
14:13Il y a, par exemple,
14:15ce qu'on pense tout de suite à Napoléon
14:17quand tu parles justement
14:18de donner la chance, etc.,
14:20c'est la méritocratie,
14:21puisque c'était le premier self-made man,
14:25qui n'était pas le fils d'un grand roi, etc.,
14:28parce qu'à l'époque,
14:29il fallait être le fils d'un roi,
14:31enfin, le fils d'un comte,
14:33le fils d'un noble,
14:34pour pouvoir accéder.
14:35Et donc, il va voir ces généraux
14:39qui n'ont pas à la base
14:40vraiment un grand CV,
14:41mais qui ont envie.
14:43Est-ce que tu peux nous parler,
14:44par exemple,
14:45de ces autres généraux
14:46de couleur noire,
14:48ou qui ont des origines africaines,
14:50ou des origines noires,
14:52que Napoléon a pu justement honorer
14:54et donner des fonctions importantes ?
14:57Et pourquoi est-ce qu'il l'aurait fait ?
14:59Est-ce qu'il n'y a que la méritocratie ?
15:01Ou est-ce qu'il y avait peut-être
15:02un instinct politique ?
15:03Je pense qu'il n'y a que la méritocratie.
15:05Pourquoi ?
15:05Parce que d'abord,
15:06Napoléon est un grand pragmatique
15:08et qui croit en la méritocratie
15:10et qui en fait même
15:11la légitimité de son empire.
15:15Napoléon, contrairement à l'ancien régime
15:17qui est fait sur une légitimité
15:19de droit divin,
15:20par le sang,
15:21par une noblesse de sang,
15:22Napoléon, lui, non,
15:23il croit en la méritocratie
15:26et on le voit sur tant d'exemples,
15:27qu'il s'agisse de ces généraux-là
15:28ou de tant d'autres exemples.
15:30Il a autour de lui
15:32des personnes venant d'horizons divers,
15:34qu'il s'agisse d'anciens nobles,
15:37qu'il s'agisse d'un Joachim Murat
15:41qui finit par être l'un des plus grands
15:43maréchaux de France.
15:45Il croit en la méritocratie
15:46et c'est intéressant
15:47parce que c'est grâce à lui
15:49que la France s'inscrit
15:51dans ces principes de méritocratie
15:54et que toute l'Europe le suit.
15:55Et aujourd'hui, si,
15:57contrairement à l'époque,
15:58notamment de l'Ancien Régime,
16:00on avait une idée assez consanguine
16:04de la chose publique
16:05où il fallait faire partie
16:06d'un cercle précis,
16:08Napoléon, lui, met tout ça de côté,
16:10au grand détriment, justement,
16:11de la noblesse de l'époque.
16:13Et ça, c'est intéressant.
16:14Il ouvre la voie pour tout le monde.
16:17Pour tout le monde,
16:17qu'il s'agisse
16:20la petite noblesse corse
16:21comme lui
16:22ou d'un murat
16:24qui ne vient pas forcément
16:26d'origine particulièrement haute.
16:29Et ça, c'est très intéressant.
16:30Et je pense que c'est très, très bon
16:32pour la France
16:32et pour le monde entier.
16:33La méritocratie
16:35au lieu de, justement,
16:37cette entre-soi
16:39qui, à l'époque,
16:40était prédominant
16:41et qui semble aujourd'hui
16:42revenir de manière un peu plus tacite,
16:44mais qui semble revenir aussi.
16:45Est-ce que dans l'Afrique francophone,
16:48est-ce que, justement,
16:49dans les écoles
16:50ou est-ce que, toi, tu sais,
16:51c'est au Congo, par exemple,
16:53on enseigne, justement,
16:55il y a un chapitre sur Napoléon
16:56dans les livres d'histoire ?
16:58Non, malheureusement.
16:59Eh bien, s'il n'y en a pas en France,
17:00déjà, je vois mal
17:01comment il y en aura en Afrique.
17:02Et c'est dommage
17:04parce qu'il ne s'agit pas
17:06de vouloir rétablir l'Empire
17:08ou un quelconque esprit de monarchie.
17:11Il s'agit tout simplement
17:12d'avoir une perspective moderne
17:15sur le passé.
17:16Et c'est important
17:17parce que, d'abord,
17:17d'un point de vue intellectuel,
17:18pour se projeter vers l'avant,
17:20il faut savoir d'où l'on vient.
17:21Et je pense que c'est très fort dommage
17:23que l'on ait plus cette culture-là
17:24dans l'éducation nationale.
17:26C'est le cas,
17:26on sait bien en France,
17:27mais également en Afrique.
17:30et c'est fort dommage aussi,
17:31parce que dans un monde
17:33où les choses sont encore plus dynamiques,
17:35on est dans un monde
17:36de la globalisation,
17:37les choses sont extrêmement dynamiques,
17:38un peu d'ancrage intellectuel,
17:40historique, culturel,
17:41ne ferait pas de mal.
17:42Au contraire,
17:43ça nous permettrait
17:44de nous recentrer
17:45sur ce qui est important.
17:46Et c'est fort dommage
17:48que ce ne soit pas le cas.
17:49Donc non,
17:49ce n'est pas le cas en Afrique,
17:50malheureusement.
17:51Napoléon est mis à l'ombre
17:53un peu comme en France,
17:54voire un peu plus.
17:56Comment on peut faire justement ?
17:58Et qu'est-ce que tu aimerais dire
17:59aux jeunes enfants,
18:00par exemple africains,
18:01que ce sont au Congo
18:02ou dans d'autres pays africains ?
18:05Tu pourrais leur dire
18:08que l'apprentissage de la vie
18:10un petit peu de Napoléon
18:11pourrait leur faire bénéficier ?
18:13D'abord,
18:14de voir que l'histoire est complexe.
18:17Elle a ses hauts et ses bas.
18:18Elle a ses hauts lors de la révolution
18:20et qu'on abolit l'abolition de l'escavage.
18:23Elle a ses bas lors de...
18:26du rétablissement de l'escavage.
18:27Elle a ses hauts lors de l'abolition
18:29encore de l'escavage,
18:30lors des 100 jours.
18:31Elle a ses hauts
18:33lors de l'élaboration
18:35de toutes ces masses de granit.
18:37Et elle a ses bas
18:38lors de tout un tas d'autres faits.
18:40Donc c'est important de voir
18:41que l'histoire n'est pas une ligne rectiligne.
18:44C'est une sinusoïde
18:45remplie de hauts et de bas.
18:48Et c'est important
18:49parce qu'on a souvent une idée
18:50assez utopique de l'action politique
18:52où il faut que tout aille dans un sens.
18:53Mais non, non, non, il faut comprendre
18:55que tout ne va pas dans un sens.
18:57Et donc d'abord,
18:57d'un point de vue global,
18:58c'est important.
18:59Et ensuite, par rapport à la France,
19:00pourquoi c'est important ?
19:01En tant que francophile,
19:02je pense que c'est important
19:03parce que le monde de demain,
19:062050,
19:07c'est 9 milliards d'habitants
19:09et à peu près
19:09un peu plus de 2 milliards d'Africains.
19:11Donc on a à peu près
19:12un être humain sur 4
19:13qui est africain.
19:14L'Afrique d'aujourd'hui
19:15et l'Afrique en réalité
19:17du fin du 19e siècle
19:20à partir de la conférence de Berlin
19:21est à près de 50% francophone.
19:27Il y a de fortes chances
19:29que beaucoup de gens demain
19:32parlent français.
19:33Je suis issu d'un pays,
19:35je viens d'un pays
19:35qui est le plus grand pays francophone
19:38en termes de locuteur.
19:39On a près de 100 millions d'habitants
19:41au Congo
19:42et ce sont presque tous
19:44des locuteurs français.
19:46Donc je pense qu'il est important
19:48aujourd'hui,
19:49d'abord d'un point de vue général
19:50comme je viens de l'expliquer,
19:51mais aussi d'un point de vue français
19:53de capitaliser sur cette démographie
19:56qui aujourd'hui est une opportunité
19:58parce qu'elle est jeune
19:59mais qui demain peut être
20:00une bombe à retardement
20:01si on ne lui inculque pas
20:02les principes et les valeurs
20:03d'histoire et autres
20:05nécessaires pour qu'elle puisse se construire.
20:07Et donc c'est extrêmement important
20:08et intéressant
20:09et je suis très navré de voir
20:10qu'on ne se penche pas assez
20:12sur ce sujet-là.
20:13Quand je vois depuis plusieurs décennies
20:16l'action politique de l'Occident
20:20et plus précisément de la France
20:22à l'égard de l'Afrique,
20:23je suis déçu de voir
20:24qu'il s'agit d'un message
20:26à connotation culturelle,
20:28certes intéressant,
20:29mais pas à la mesure
20:31des problématiques actuelles en Afrique.
20:34On a des problématiques
20:35d'ordre économique,
20:36des problématiques d'ordre politique,
20:38de gouvernance
20:38qui devraient être taclées
20:40maintenant,
20:41mais qui ne le sont pas.
20:43Pourquoi ?
20:44Je ne sais pas,
20:44mais la conséquence,
20:45c'est que l'Afrique aujourd'hui
20:47se tourne vers
20:49plusieurs nouvelles puissances,
20:51la Turquie,
20:52la Chine,
20:53la Russie
20:53pour son offre sécuritaire
20:54et militaire,
20:55la Turquie,
20:56la Chine pour son offre commerciale,
20:59notamment,
21:00au détriment de la France
21:01et de son héritage.
21:03Et au détriment aussi
21:04du pragmatisme.
21:05Je pense que ce socle commun
21:07est une chance incroyable
21:08pour l'Afrique
21:09et pour la France,
21:10notamment face
21:10à ce rouleau compresseur
21:11que sont les puissances américaines
21:14dont je fais partie,
21:15je suis américain
21:16et fier de l'être,
21:18et de la Chine.
21:19Je pense qu'il y a
21:20de forts risques
21:21et on le voit aujourd'hui
21:22que la France
21:23et plusieurs autres nations
21:24se voient
21:24entre le marco
21:26et l'enclume
21:28par rapport
21:28à ces grandes puissances
21:29et ces grands enjeux.
21:30C'est une chance inuit
21:32que d'avoir ce socle commun
21:33que peu de pays ont.
21:34l'Angleterre là
21:34avec le Commonwealth,
21:37la France là
21:38avec la francophonie,
21:39l'Organisation internationale
21:40de la francophonie
21:41et la francophonie
21:42au sens large.
21:42Et c'est dommage
21:43que la France
21:45ne puise pas
21:47sur ce potentiel
21:48qui est une chance inuit
21:50et que l'Afrique aussi
21:51ne voit pas la France
21:53comme un potentiel partenaire.
21:54Pourquoi ?
21:54Parce que la France,
21:56elle, d'abord par la langue,
21:58c'est plus pragmatique,
22:00mais la France
22:01a démontré
22:02depuis bien longtemps
22:03de la déclaration
22:03des droits de l'homme
22:04et autres
22:05qu'elle a un avis particulier
22:08et assez prononcé
22:09sur les droits humains.
22:11Et ça, je pense
22:11que c'est non négligeable.
22:13Ce n'est pas seulement
22:14parce que je suis francophile
22:15que je le dis,
22:16mais c'est l'effet
22:17qui nous le démontre.
22:17Donc pour toutes ces raisons,
22:19c'est important
22:20et je pense qu'on devrait
22:21un peu plus étudier la question.
22:24Alors je vous propose,
22:25il va continuer encore,
22:26mais peut-être
22:26est-ce qu'il y a déjà
22:28quelques questions
22:29qu'on pourrait avoir
22:32du public ?
22:35Oui, monsieur.
22:36Ah, votre exemple.
22:37Allez-y, monsieur.
22:38Pierre, merci beaucoup.
22:39On avance,
22:39on partage la totalité
22:40de ce que tu viens de dire.
22:41C'est très bon.
22:43Le ton libre,
22:45on peut le trouver.
22:46Mais est-ce que tu peux
22:46nous en parler ?
22:47Trois minutes.
22:48Oui, il est disponible
22:50sur Amazon,
22:53en physique et en e-book.
22:55En gros,
22:56c'est une autobiographie,
22:59c'est un essai
22:59sur ma personne
23:01et sur un peu
23:02les 23, 25 premiers années
23:04de ma vie.
23:05Pourquoi je l'ai fait ?
23:06Parce qu'il m'est venu
23:08à l'esprit
23:08à travers une réflexion
23:10toute simple.
23:10C'était le constat
23:12que la mondialisation
23:13dans les termes actuels
23:16et la manière
23:17dont on en parle
23:18est assez déconnectée
23:19de la réalité.
23:20Souvent, on parle
23:20de cette mondialisation
23:21heureuse,
23:22de toutes ces nouvelles
23:23technologies
23:24et de tous ces bienfaits,
23:25mais on ne parle pas
23:27assez des effets
23:29assez négatifs
23:32de cette mondialisation.
23:34Et je pense
23:34que personnellement
23:36qu'il était important
23:36de démontrer
23:37d'un point de vue particulier
23:39qui est le mien,
23:40évidemment,
23:40et qui n'est pas le seul,
23:43que la mondialisation
23:44est un peu plus large,
23:45un peu plus complexe.
23:46Et donc,
23:47je parle dans la première partie
23:48qui est la partie
23:49autobiographique
23:50de mon parcours
23:50et dans la deuxième partie,
23:52c'est plutôt un essai
23:53où je me base
23:54sur mon parcours
23:54et j'essaie de donner
23:55une idée plus large
23:56de ce qu'est la mondialisation,
23:58de ses bienfaits,
23:59parce qu'il y en a
24:00également des bienfaits,
24:01mais aussi
24:02de ses effets négatifs,
24:03notamment sur la vie sociale.
24:05Moi, je trouve
24:06qu'aujourd'hui,
24:07on a certes
24:08beaucoup plus
24:09d'opportunités
24:10d'un point de vue économique,
24:11financière,
24:12technologique,
24:12mais qu'on a
24:14une sphère sociale
24:15au sein
24:15de toutes les communautés
24:17en Afrique,
24:18en Asie,
24:18en Afrique ou autre,
24:19qui sont de plus en plus
24:21détruits
24:21au profit,
24:22justement,
24:23de cette mondialisation
24:24qui ne fait que croître.
24:25Je pense que
24:26ça en vaut la peine
24:27de se poser la question.
24:28Et donc,
24:29ce sont toutes ces questions-là
24:31que je me pose,
24:32sur lesquelles
24:33je n'ai pas forcément
24:34un avis.
24:35Je me pose les questions
24:36et j'essaye d'y répondre,
24:37mais c'est en gros
24:38cette autobiographie
24:40et essais
24:40qu'est mon livre
24:41qui a été publié
24:42à quelques années.
24:44Évidemment,
24:45certaines choses
24:45qui ont changé
24:46entre-temps,
24:47ce n'est pas mauvais
24:48d'évoluer
24:48et de réfléchir,
24:49mais c'est en gros
24:51ce que comporte mon livre.
24:53Merci beaucoup.
24:54Oui, monsieur.
24:55Du coup,
24:56on a parlé
24:56de Napoléon Ier,
24:57mais notamment
24:57Napoléon III
24:58en 1853.
25:00Il a fait
25:00les premières banques,
25:02il a invité
25:02les premières banques
25:03en Afrique,
25:04notamment au Sénégal.
25:05Il me semble
25:05que c'est le 21 décembre
25:06de 1853
25:08avec du coup
25:09ce qui va devenir
25:09le CFA.
25:11Vous,
25:11vous pensez quoi de ça ?
25:12Parce que c'est encore
25:13un héritage
25:14qu'on a du second empire
25:15à la réaction en Afrique.
25:17Vous en pensez quoi
25:17vous personnellement
25:18du CFA ?
25:19Enfin,
25:20c'est l'actrice
25:20du point de vue
25:21économique
25:21et politique.
25:22Et politique.
25:24Merci.
25:25J'ai un avis
25:28qui peut être
25:29surprenant,
25:30notamment pour
25:31l'Afrique
25:32et les Africains.
25:34Je ne suis pas sûr
25:36que le franc CFA
25:37soit forcément
25:37bien ou mauvais,
25:38mais je suis sûr
25:40que sa stabilité
25:41est avérée.
25:43Depuis 2020,
25:44il y a eu,
25:45je pense,
25:466 ou 7 coups d'État
25:46en Afrique.
25:48Il y a,
25:49depuis ces dernières décennies,
25:51encore plus de coups d'État
25:52qui ont eu lieu.
25:53Ce n'est qu'un exemple
25:54qui démontre
25:54de l'instabilité politique
25:56en Afrique.
25:57quand on regarde
25:58par exemple
26:00le pays
26:00d'où je viens,
26:01le Congo,
26:02on a vécu
26:04lors de
26:05la deuxième guerre
26:06du Congo,
26:08fin 90,
26:09début 2000,
26:10une hyperinflation
26:11sans précédent.
26:12Je parle de
26:13plusieurs centaines
26:14de pourcents
26:15d'inflation.
26:15Au Zimbabwe,
26:16jusqu'à
26:17vers les années
26:182008,
26:192010,
26:20une hyperinflation
26:21en milliers
26:22de pourcents.
26:24Le franc CFA
26:25n'est pas parfait,
26:25mais je pense
26:26qu'au regard
26:27de ces exemples,
26:29apporte
26:30une certaine
26:30stabilité.
26:32Ensuite,
26:33est-ce que la question
26:33se pose
26:34sur son effectivité,
26:37son actualité,
26:38sa nécessité,
26:39bien sûr ?
26:39Moi,
26:39je pense que
26:40les Africains
26:41ont le droit,
26:42voire le devoir
26:43d'aspirer
26:43à leur
26:46autodétermination,
26:47à leur gouvernance,
26:48à leur indépendance,
26:49à leur autonomie.
26:50Et la question
26:51du franc CFA
26:51se pose
26:52parce que ça,
26:54évidemment,
26:55dans sa
26:55pratique,
26:56un impact réel
26:57sur les économies,
26:58sur la politique.
27:00Mais je ne suis pas sûr
27:01que l'on ait trouvé
27:03aujourd'hui
27:04ce qu'il faut
27:05pour remplacer.
27:08Et je pense
27:09que la question
27:09se pose.
27:10Je pense que
27:11dans un monde idéal,
27:12pour moi,
27:12en tant qu'Africain,
27:13je préférerais
27:14qu'il n'y ait pas
27:15de franc CFA,
27:16mais qu'il y ait
27:17une monnaie
27:18qui est autonome
27:20et qui permet
27:22aux Africains
27:22de se développer
27:23comme il le souhaite.
27:24Mais la question
27:25est un peu plus complexe
27:26et je comprends
27:28ceux qui sont pour
27:29comme je comprends
27:29ceux qui sont contre.
27:31Donc la question
27:32est trop complexe,
27:33à mon avis,
27:34pour avoir un avis
27:35déterminé.
27:36Est-ce que c'est bien
27:37ou c'est pas bien ?
27:38Je pense qu'il faut
27:38y aller avec beaucoup
27:39de nuances.
27:40Je reconnais
27:41ses effets positifs.
27:42Je reconnais
27:42les revendications
27:44africaines à ce sujet.
27:46Mais je ne suis pas
27:47spécialiste non plus.
27:48Je suis un entrepreneur.
27:49C'est avec beaucoup
27:50d'humilité
27:51que je m'exprime
27:51sur ces sujets
27:52d'ordre historique,
27:54politique et économique.
27:55Et donc,
27:56j'essaye de ne pas avoir
27:57à mon jeune âge
27:58d'avis un peu trop déterminés.
28:00J'ai encore le temps
28:01de vivre et d'apprendre.
28:03Oui, et c'est normal
28:04parce que Napoléon,
28:05comme je l'ai dit plus tôt,
28:06est à mon avis
28:08et peut-être même
28:09objectivement
28:09le précurseur
28:10de l'État moderne.
28:12Donc, c'est normal
28:13que tout ce qui suit
28:14Napoléon
28:15est toujours comparé
28:16à Napoléon
28:17et pas à un autre personnage
28:19qui l'a précédé.
28:20Mais c'est intéressant
28:21et c'est encore plus intéressant
28:22que Napoléon IV
28:24meure en Afrique du Sud
28:25justement tué
28:26par les Zoulous,
28:27je crois bien.
28:27Oui, par les Zoulous.
28:29Et avec honneur
28:30et bravoure
28:30puisque je pense
28:32que ce qui a été mentionné
28:33c'est le fait
28:34qu'il n'ait pas été tué
28:37par son dos.
28:38Je pense qu'il a fait face
28:39aux Zoulous
28:40lors de sa mort
28:40et donc ça aussi
28:41c'est Napoléonien,
28:42la bravoure
28:43et jusqu'à la mort.
28:44Et donc,
28:45non, c'est des anecdotes
28:45intéressantes
28:46mais qui démontrent
28:47encore une fois
28:47comme je le dis
28:50la globalité de Napoléon.
28:51Je pense que Napoléon
28:52il appartient à tout le monde,
28:54pas seulement à la France.
28:55Je pense qu'il a un impact
28:56tellement grand
28:57d'un point de vue juridique,
28:58d'un point de vue politique
29:00qu'il n'est pas du tout
29:02inapproprié
29:03d'y voir des comparaisons
29:05avec un chaque à Zoulous
29:06ou avec d'autres
29:06parce que c'est le véritable
29:08précurseur de l'État moderne.
29:10On l'a vu
29:10dans la manière
29:11dont il a organisé son armée,
29:14son pragmatisme.
29:15Je pense souvent
29:17à la manière
29:18dont il rebouche chemin,
29:19il s'apprête
29:20à traverser
29:21pour conquérir
29:24l'Angleterre
29:25et il rebouche chemin
29:25pour aller
29:26à Austerlitz.
29:28Cette habileté
29:29dans l'armée
29:31est tout à fait
29:32époustouflante
29:33quand on voit
29:33la manière
29:34dont il développe
29:36le code civil
29:37et qui est aujourd'hui
29:39à 40-45%
29:41je pense toujours
29:41le même
29:43que celui de l'époque.
29:45L'impact de Napoléon
29:46est quand même énorme
29:47et donc c'est étonnant
29:48mais c'est normal je crois.
29:50Quel est l'héritage
29:51justement aujourd'hui
29:53de Napoléon
29:54en Afrique ?
29:56Est-ce qu'il y a
29:57cette base
29:57par exemple
29:58du code civil ?
29:59Est-ce qu'il y a
30:00cette légion d'honneur ?
30:02Est-ce qu'il y a
30:03ces universités ?
30:05Je sais la réponse
30:06mais je vais t'entendre dire.
30:09Les universités
30:09est-ce qu'il y a
30:10justement
30:10cette hiérarchie
30:12dans le monde militaire ?
30:15Et puis est-ce qu'il y a eu
30:16en dehors de Bocassa
30:18d'autres chefs d'État
30:20qui eux aussi
30:21ont eu le complexe napoléonien
30:23se sont pris pour Napoléon
30:24à un moment ?
30:26Cet héritage
30:27oui il est là
30:27encore une fois
30:28il n'est pas assez
30:29mis en exergue
30:30puisqu'on a tellement
30:32mis Napoléon
30:33à l'ombre
30:34qu'aujourd'hui
30:34on ne se rend pas compte
30:35que l'impact juridique
30:38sur la formation
30:39de ces États africains
30:40à travers le droit civil
30:42s'imprègne particulièrement
30:44de Napoléon.
30:44On ne se rend pas compte
30:45mais voilà
30:46une influence est réelle
30:47et toujours d'actualité
30:49en Afrique.
30:49Il y en a d'autres
30:50d'un point de vue linguistique.
30:51Je pense que le rayonnement
30:53de la France
30:54dans la modernité
30:55comme en longtemps
30:56c'est Napoléon
30:56qui le met en exergue.
30:59D'un point de vue politique
31:01moi je pense que
31:03le gaullisme
31:04est une sorte
31:05de bonapartisme
31:08moderne
31:08et quand on regarde
31:10la 5ème république
31:12du général de Gaulle
31:13et plusieurs constitutions
31:15actuelles en Afrique
31:16notamment celle de mon pays
31:17qui n'est pas
31:17un pays colonisé
31:19par la France
31:19on voit pas mal
31:21de similitudes
31:21on voit ce régime
31:22semi-présidentiel
31:24semi-parlementaire
31:26au Congo
31:27on le voit
31:28dans plein d'autres pays
31:29qu'il s'agisse
31:31du Sénégal
31:32par exemple
31:33qui est une
31:33ancienne
31:35grande colonie
31:35française
31:36où il y a un président
31:37et un premier ministre
31:38également
31:39et ce conflit
31:40entre
31:42le régime parlementaire
31:43et présidentiel
31:44tout un tas
31:45d'exemples
31:46qui montrent
31:47l'influence
31:48du gaullisme
31:49mais qui est
31:50un bonapartisme
31:52moderne
31:53donc je pense que
31:54les liens
31:55entre Napoléon
31:56et l'Afrique
31:56sont
31:57paraissent improbables
31:58mais sont certains
32:00mais sont tellement
32:01lointains
32:02et tellement profonds
32:03qu'il faut
32:04et c'est pour ça
32:04que je te remercie David
32:06plus
32:07d'événements
32:08dans ce genre
32:10pour justement
32:11éveiller
32:12les gens
32:13sur l'impact
32:14et l'influence
32:15et les synergies
32:16qui peuvent être créées
32:17je pense que
32:18très souvent
32:18on pense que
32:21Napoléon
32:21appartient
32:22à un clan
32:23ou à une idée précise
32:25mais aujourd'hui
32:26on se rend compte
32:26que non
32:26il peut y avoir
32:27des Africains
32:27comme moi
32:28qui d'abord
32:30non seulement
32:30reconnaissent
32:32sa bravoure
32:33et tout ce qu'il a fait
32:34mais qui y voient
32:35des liens
32:36et de potentielles synergies
32:37plus de 200 ans
32:38après son épopée
32:40est-ce que tu sais
32:41si Napoléon
32:42avait
32:43l'idée
32:43ou la pensée
32:45d'aller peut-être
32:46un jour
32:47en Afrique noire
32:49pour peut-être
32:50établir
32:52une partie
32:53de son empire
32:54aussi là-bas
32:54on l'a vu
32:55bon avec l'Egypte
32:56bon c'était pas vraiment
32:56son idée à la base
32:58mais est-ce que tu sais
32:59si ça faisait partie
33:01de ces projets
33:02je pense pas
33:03parce que l'Afrique
33:04de l'époque
33:04dans les grandes capitales
33:07d'Europe
33:07n'est pas forcément
33:08vu comme
33:10un continent
33:12c'est pas l'Afrique
33:13d'aujourd'hui
33:13qui est vue
33:13comme le continent
33:14de demain
33:14on y va surtout
33:16dans les voyages
33:19commerciaux
33:19pour les Indes
33:20notamment
33:21et on s'y arrête
33:22notamment dans ses côtes
33:23mais l'Afrique
33:24en elle-même
33:24n'est pas très importante
33:25à l'époque
33:26et quand il va en Afrique
33:27en Egypte
33:28à l'époque
33:28il ne fait pas
33:29vraiment face
33:30aux Africains
33:31mais aux Ottomans
33:33qui à l'époque
33:34contrôlent l'Egypte
33:35donc je ne crois pas
33:37que Napoléon
33:37avait un avis particulier
33:40sur l'Afrique
33:40d'ailleurs
33:41on l'y envoie
33:42par le directoire
33:42à cause de son influence
33:44grandissante
33:45au sein de la révolution
33:47pour un peu l'écarter
33:48c'est pour ça
33:49que Napoléon
33:50est envoyé
33:51en Afrique
33:52en Egypte
33:53donc non
33:53je ne pense pas
33:54qu'il aurait pu
33:56développer un intérêt particulier
33:57ce qui est intéressant
33:58c'est que son oeuvre
33:59est tellement profonde
34:00qu'aujourd'hui
34:01on voit
34:02que ce qu'il a fait
34:03à l'époque
34:04a un impact aujourd'hui
34:05mais est-ce que Napoléon
34:06à l'époque
34:06aurait eu cette envie ?
34:07Non
34:08Napoléon III
34:09oui
34:10non seulement à Dakar
34:11mais également en Algérie
34:13et aujourd'hui
34:14on voit l'impact
34:15de l'influence
34:17de Napoléon
34:18et de la France
34:19sur les relations
34:20entre la France
34:22d'Algérie
34:22et la France
34:22et l'Afrique
34:23donc lui oui
34:24mais encore une fois
34:26il vient un peu plus tard
34:26au sein du XIXe siècle
34:28mais Napoléon Ier
34:29je ne crois pas
34:30encore une fois
34:31l'Afrique
34:31est dans un tel obscurantisme
34:34d'un point de vue moderne
34:35parce qu'encore une fois
34:37l'Afrique vient de loin
34:38et ses avancées
34:39et son impact sur le monde
34:41depuis toujours
34:42est évident
34:43d'un point de vue culturel
34:44et donc l'Afrique
34:45ne commence pas
34:45à partir de 1885
34:47loin de là
34:48mais d'un point de vue moderne
34:50d'un point de vue technologique
34:51elle est si loin à l'époque
34:52que je ne vois pas
34:53les élites de l'époque
34:55se poser
34:56un intérêt particulier
34:57sur l'Afrique
34:59mais je pense
35:00que c'est une question
35:01qui en vaut la peine
35:03d'être creusé
35:03un peu plus
35:04ce qui est sûr
35:05c'est que
35:06Napoléon à l'époque
35:06n'a pas d'avis particulier
35:07sur l'Afrique
35:09c'est son impact
35:10en France
35:11qui fait que la France
35:12de la Troisième République
35:15influence l'Afrique
35:17absolument
35:17et Napoléon
35:18pour revenir sur ce que
35:19vous venez de dire
35:21avait une vision
35:22que l'on n'a plus aujourd'hui
35:23en politique
35:24ou même
35:24dans la vie en général
35:27portée sur le long terme
35:28on l'a vu à travers
35:29la vente de la Lusiane
35:31où lui-même se prononce
35:32en disant
35:32qu'il vient de créer
35:34le plus grand adversaire
35:36d'un point de vue maritime
35:37notamment
35:39à l'Angleterre
35:40il a des propos sur la Chine
35:41qui sont extrêmement intéressants
35:43et qui peuvent aussi
35:44aujourd'hui
35:46être étudiés
35:47je pense que
35:48ce qui est intéressant
35:48avec Napoléon
35:49c'est sa volonté
35:50et son obsession
35:52pour le long terme
35:52qu'on n'a plus aujourd'hui
35:53on n'a plus tellement aujourd'hui
35:55et particulièrement
35:58sur l'Europe en effet
36:00parce que c'est son époque
36:02mais ce qui est intéressant
36:03c'est justement
36:05le livre de Luc Sarkozy
36:07sur les lectures de Napoléon
36:08il était profondément épris
36:11de lecture
36:11et de la Rome antique
36:13et c'est justement
36:14ce regard sur l'histoire
36:17qui l'a permis
36:18de regarder si loin ensuite
36:19et d'avoir un impact
36:20comme on le constate aujourd'hui
36:22et je pense que
36:24ce que Napoléon
36:25nous a appris
36:25en dehors de ses hauts et ses bas
36:27c'est que l'histoire
36:28c'est bien
36:29c'est pas mauvais
36:30aujourd'hui
36:31on est une obsession
36:32sur l'actualité
36:33mais l'histoire
36:34n'est pas du tout mauvaise
36:35elle nous aide
36:35à mieux comprendre les choses
36:38et donc
36:38comme lui l'a fait
36:40à l'égard de la Rome antique
36:42moi je pense
36:42qu'on devrait peut-être
36:43la faire à l'égard
36:43de son épopée
36:44et d'autres
36:45d'autres pentes de l'histoire
36:46je pense que c'est intéressant
36:48on devrait peut-être
36:49y prêter attention
36:50si Napoléon
36:51pouvait revenir aujourd'hui
36:53et qu'il allait en Afrique
36:56qu'est-ce que tu penses
36:57qu'il aurait changé
36:58aujourd'hui ?
36:59en véritable pragmatique
37:01j'attends le d'acoust
37:02je pense que Napoléon
37:04aurait
37:06pour le meilleur
37:07et pour le pire
37:10il aurait déconnecté
37:13je pense l'Afrique
37:14de ses pratiques culturelles
37:18de ses rites ancestraux
37:20qui ont
37:22très souvent
37:22hélas
37:23un impact
37:26assez ralentissant
37:26sur le développement
37:28je pense
37:28qu'il s'en serait débarrassé
37:30et je dis
37:31pour le meilleur
37:31et pour le pire
37:32parce qu'il y aura
37:32certainement des côtés
37:33positifs
37:33à ce genre d'action
37:34et certainement
37:35des côtés négatifs
37:37mais je pense
37:37que ce que Napoléon
37:38aurait fait
37:39en grand pragmatique
37:40en grand opportuniste
37:41c'est qu'il se serait
37:42débarrassé de tout ça
37:43et on en aurait constaté
37:45les effets positifs
37:46ou négatifs
37:47si tu rencontrerais
37:48Napoléon aujourd'hui
37:50qu'aimerais-tu lui dire
37:51en tant qu'Africain
37:53si tu me permets
37:54pourquoi tu fais tout ça
37:55c'est la question
37:56que je lui poserais
37:59je ne comprends pas
38:00en Napoléon
38:01son obsession
38:02pour son travail
38:02je trouve que c'est
38:03un travail passionnant
38:04mais je ne comprends pas
38:06comment un être humain
38:08peut se dédier
38:09avec une telle volonté
38:10je trouve que c'est
38:12impressionnant
38:12mais c'est même
38:13peut-être effrayant
38:13je trouve qu'il avait
38:15l'Europe
38:17d'un point de vue
38:19géographique
38:19du Portugal
38:21à Vladivostok
38:22est même plus grande
38:24que l'Afrique
38:25et donc je ne crois pas
38:25que ce soit
38:26sa taille physique
38:28mais je pense
38:30que c'est plutôt
38:32l'intérêt
38:34pour l'Europe
38:36qui a fait
38:37qu'il n'y ait pas
38:38d'intérêt
38:38pour l'Afrique
38:39plutôt que sa taille physique
38:41parce que l'Europe
38:43est passionnante
38:46le vieux continent
38:46m'intéresse beaucoup
38:47je le trouve
38:48extrêmement intéressant
38:48je pense qu'il y avait
38:49tellement de choses
38:50à faire ici
38:51que peut-être
38:53l'intérêt
38:54qui aurait pu se porter
38:55sur l'Afrique
38:55ou sur d'autres
38:56contrées du monde
38:57ne s'est pas fait
38:58mais aujourd'hui
38:59ce que l'on peut constater
39:00c'est que
39:01le 21ème siècle
39:02c'est le siècle
39:03de l'Afrique
39:03d'un point de vue
39:04démographique
39:05et c'est intéressant
39:06pour la France
39:07parce que quand on regarde
39:07en France
39:08quand on regarde
39:09l'Afrique francophone
39:10et même l'Afrique en général
39:11et la France
39:12on voit que
39:13les deux sont
39:15plutôt complémentaires
39:16face aux enjeux
39:16pourquoi ?
39:17parce qu'on est face
39:18en France
39:18à une démographie
39:19qui est quand même
39:20assez décroissante
39:20c'est inquiétant
39:21c'est inquiétant
39:22d'un point de vue
39:23des retraites
39:24c'est un sujet d'actualité
39:25d'un point de vue
39:27de la grande transmission
39:28on voit que
39:29dans 20, 25, 30 ans
39:32pratiquement
39:33toute une génération
39:34en l'occurrence
39:34de boomers
39:36ne sera plus
39:37des nôtres
39:37et il faut se poser
39:39des questions
39:39sur le transfert
39:42de tout ce patrimoine
39:44il sera fait à qui ?
39:45comment ?
39:46quelle inégalité
39:46est-ce que cela aura ?
39:48et on a en Afrique
39:49une démographie
39:50qui est extrêmement jeune
39:51pas assez développée
39:53mais qui pourrait
39:53bénéficier
39:54de cette richesse
39:55de ce vivier intellectuel
39:57qu'est la France
39:57et c'est dommage
39:59qu'il n'y ait pas
40:00assez d'accent
40:01sur ce point-là
40:02moi quand je vois
40:03qu'en France
40:05une bonne partie
40:06de ces ingénieurs
40:07de polytechnique
40:07ou d'ailleurs
40:09finissent par être
40:10attirés
40:11par les géants
40:12de la Silicon Valley
40:13comme Google
40:14et autres
40:15je trouve que c'est dommage
40:15je pense que
40:16la France
40:17aurait dû
40:18leur offrir
40:19des opportunités
40:20ici
40:20ou alors
40:21dans ces sphères
40:23d'influence
40:23notamment en Afrique
40:24francophone
40:24donc c'est tout un tas
40:26de questions
40:26à l'époque
40:26on ne se posait pas
40:27la question
40:27mais aujourd'hui
40:28je pense que
40:29c'est la question
40:29la plus importante
40:30pour des raisons
40:31démographiques
40:31pour des raisons
40:32politiques
40:32pour des raisons
40:33géopolitiques
40:34encore une fois
40:34par rapport
40:35à ce rouleau
40:36compresseur
40:36qu'est les Etats-Unis
40:38et la Chine
40:38dans lequel
40:39beaucoup de pays
40:40risquent d'être
40:41brouillés
40:42et mis à l'ombre
40:43ce sont tout un tas
40:44de questions
40:45qui sont importantes
40:45mais qui malheureusement
40:46n'ont pas l'air
40:48de susciter
40:48beaucoup d'intérêt
40:50au sommet
40:51des Etats européens
40:52Quel conseil
40:53tu donnerais
40:54justement
40:54à l'Afrique
40:57toi qui connais
40:58justement maintenant
40:59bien l'histoire
40:59de Napoléon
41:00où il pourrait
41:01s'influencer
41:02justement
41:03de Napoléon
41:04pour aller grandir
41:06vers peut-être
41:06quelque chose
41:07de plus grand
41:07de différent
41:09comme Napoléon
41:10d'être extrêmement
41:11pragmatique
41:12et par là
41:13je veux dire
41:13par exemple
41:14on a en Afrique
41:17une histoire
41:18certes
41:20faite de haut
41:21et de bas
41:22esclavage
41:23colonisation
41:23et plein d'autres choses
41:25mais je pense
41:26qu'aujourd'hui
41:28ce qu'il nous faut
41:29pour survivre
41:30dans ce monde
41:31de la mondialisation
41:32c'est d'être
41:33extrêmement pragmatique
41:35et cela impose
41:36par exemple
41:36d'avoir un regard
41:37un peu plus distant
41:38avec les traumatismes
41:39du passé
41:40quand je vois
41:41aujourd'hui
41:41ce mouvement
41:42qui consiste
41:43à vouloir
41:44rapatrier
41:44par exemple
41:45des œuvres d'art
41:45africaines
41:46je pense que c'est
41:47très bien
41:47c'est une question
41:48importante
41:49d'abord parce que
41:50ces œuvres ne sont pas
41:51ces objets
41:51ne sont pas des œuvres
41:52d'art en Afrique
41:52mais des véritables
41:54objets qui font partie
41:55du culte
41:56des rites africains
41:57et de la culture africaine
41:59donc c'est de l'art
41:59en Europe
42:00mais ce sont des objets
42:01vivants
42:02qui sont extrêmement
42:03importants pour les cultures
42:04africaines
42:04et donc pour son développement
42:05pour qu'elle puisse
42:06avoir son identité
42:07et être fière
42:07donc je pense
42:08que j'entends
42:08l'importance
42:09pour cette question
42:10mais je ne comprends pas
42:11pourquoi il y a
42:13une telle pression
42:14là-dessus
42:14alors qu'on a
42:15des problèmes
42:17liés à la malnutrition
42:19liés au logement
42:20qui sont extrêmement graves
42:21je pense qu'il y a
42:22de la part de certains
42:23africains
42:24pas mal d'opportunisme
42:26et d'instrumentalisation
42:28de l'affaire
42:28à des fins personnelles
42:29je trouve que c'est dommage
42:30parce que les problématiques
42:31sont réelles
42:32je ne vois pas pourquoi
42:33on va se poser autant
42:34de questions sur de telles choses
42:35pendant qu'on a autant
42:37de gens qui meurent de faim
42:38je ne comprends pas
42:39entre des œuvres d'art
42:40et de la nourriture
42:41et un toit
42:42je suis convaincu
42:43que les africains
42:43choisiront
42:44la nourriture et un toit
42:46je comprends que
42:47sur le long terme
42:48il faut
42:48pour s'imprégner
42:49de sa propre identité
42:50afin de pouvoir
42:52déterminer son avenir
42:54avoir ses œuvres d'art
42:55et maîtriser
42:57son narratif
42:58d'un point de vue culturel
42:59je l'entends
42:59je le comprends
43:00et je le veux même
43:01mais je pense qu'il faut
43:02avoir une bonne balance
43:03entre les deux
43:04donc beaucoup plus
43:06de pragmatisme
43:06je pense
43:08et c'est la chance
43:09justement du temps
43:10qui fait qu'aujourd'hui
43:11des jeunes comme moi
43:12n'aient pas
43:13justement
43:14ces traumatismes
43:15que mes parents
43:16mes grands-parents
43:17ou autres
43:18ont pu avoir
43:19on est aujourd'hui
43:20beaucoup plus décomplexés
43:21l'Afrique est beaucoup
43:22plus décomplexée
43:22on sait ce qu'on veut
43:23et contrairement à l'époque
43:24on a une offre
43:25aujourd'hui
43:26je le disais plutôt
43:27d'un point de vue commercial
43:28d'un point de vue politique
43:29venant des pays de l'Est
43:30qu'il s'agisse de la Chine
43:31qu'il s'agisse de la Turquie
43:32ou de l'Inde
43:33qui est extrêmement intéressante
43:35et je pense qu'on devrait
43:36saisir cette opportunité
43:37ce moment
43:38qui est inédit
43:38qui nous permet
43:39de nous imposer
43:41dans un partenariat
43:41gagnant-gagnant
43:42avec la France
43:43ou avec une autre nation
43:45et qu'on devrait
43:47plutôt capitaliser
43:47sur ça
43:48donc le pragmatisme
43:48je pense
43:49que c'est extrêmement important
43:51et je pense
43:53que la France
43:53également
43:54devrait considérer
43:56l'Afrique
43:57comme un partenaire
43:59pour un partenaire
44:00gagnant-gagnant
44:01pas dans un esprit
44:03de dominant-dominé
44:05comme on l'a vu
44:06à l'époque
44:06l'Afrique
44:07aujourd'hui
44:08comme on le sait tous
44:10a officiellement
44:12ces institutions écrites
44:13mais fait face
44:15à des us et coutumes
44:16fortement imprégnés
44:18de la culture africaine
44:19donc on a par exemple
44:21contrairement
44:21au code civil
44:22ou à la notion même
44:24du code civil
44:25au principe même
44:26du code civil
44:28un respect particulier
44:30pour le chef
44:31ça émane particulièrement
44:35de la tradition africaine
44:36et on a souvent
44:37ce genre de distinction
44:40entre ce qui est écrit
44:41et la réalité
44:42ce qui nous amène
44:44justement
44:44à devoir considérer
44:46cette histoire africaine
44:47je pense qu'on ne la considère
44:49pas assez
44:50et que c'est ça
44:51justement le problème
44:51que les nouvelles puissances
44:53arrivent à le faire
44:53qu'il s'agisse de la Turquie
44:55de l'Inde
44:56de la Chine
44:56ou autre
44:56ils arrivent
44:57contrairement
44:58aujourd'hui aux occidentaux
45:00qui avaient beaucoup d'habileté
45:01à l'époque
45:01à s'adapter
45:02et moi je pense
45:03que c'est ce que la France
45:04doit faire à l'égard de l'Afrique
45:06par rapport à sa survie
45:07je pense qu'on fait face
45:09à un rouleau compresseur terrible
45:10et par rapport
45:11aux aspirations de l'Afrique
45:12je pense que l'Afrique
45:14aujourd'hui
45:14veut
45:16une relation
45:17avec la France
45:18et avec le monde
45:18qui est beaucoup plus
45:20équitable
45:21et équilibré
45:21et cela demande
45:22beaucoup de flexibilité
45:24et d'adaptation
45:24qu'est-ce qu'il y a
45:26toi qui a beaucoup lu
45:27sur Napoléon
45:28qui connaît bien
45:29l'Afrique
45:30qu'est-ce qu'il y a
45:31d'Africain
45:33chez Napoléon
45:37la foi
45:38je pense que Napoléon
45:39était
45:40quelqu'un
45:41qui jouait
45:41tous les jours
45:44qui menait sa vie
45:46en jetant des dés
45:46et en
45:47en espérant
45:48que ça tourne bien
45:49et ça a parfois
45:50bien tourné
45:51on parle de
45:51l'Austerlix
45:52s'il y en a
45:52et toutes ses batailles
45:53et parfois mal tourné
45:54on parle de Waterloo
45:55ou autre
45:56il a gagné Waterloo
45:58vous êtes d'accord
45:59ou pas ?
46:01dans notre utopie
46:02dans cette salle
46:02je pense qu'il a gagné
46:03Waterloo
46:03mais dans la réalité
46:05là c'est un peu plus difficile
46:06c'est différent
46:07mais je pense que
46:08c'est quelqu'un
46:08qui était pris
46:09et c'est intéressant
46:11c'est le propre même
46:13de Napoléon
46:13c'est cette contradiction
46:14il est extrêmement pragmatique
46:16extrêmement réaliste
46:17mais il sait avoir foi
46:19et espérer en quelque chose
46:20et y aller
46:20et ça c'est très africain aussi
46:22je pense que
46:24les africains en général
46:26sans vouloir
46:27généraliser
46:27ont un attrait
46:32pour la spiritualité
46:33et pour la foi
46:35qui à mon avis
46:36est peut-être
46:37la plus grande
46:39similarité
46:39entre eux
46:40et Napoléon
46:40écoutez
46:41je pense qu'on peut
46:41réapplaudir
46:43notre cher
46:44Michael Kazadi
46:46qui est une fierté
46:47pour l'Afrique
46:49et pour tout ce qu'il fait
46:50merci beaucoup
46:51je sais que c'est un sujet
46:53Napoléon et l'Afrique
46:54on peut se dire
46:54ça va pas ensemble
46:55mais finalement
46:56ça va ensemble
46:57puisque l'héritage
46:58de Napoléon
46:59est universel
47:00je pense que c'est important
47:02et justement
47:03c'est de rapprocher
47:04les gens
47:04et c'est ce que tu fais
47:06tout le temps
47:06et je t'en remercie
47:08et pour ça
47:10et pour ta vision
47:12comme tu dis
47:13de l'histoire
47:14avec un regard positif
47:16parce que c'est fait
47:17on peut pas en revenir
47:18et on ne peut
47:19qu'avancer là-dessus
47:20donc c'est vraiment
47:21un honneur
47:21merci pour tout ce
47:22que tu nous as apporté
47:23je vous invite
47:24à voir son livre
47:24vous pourrez lui parler après
47:26et maintenant
47:27mesdames et messieurs
47:28alors c'est un lien parfait
47:29parce que
47:30nous allons avoir maintenant
47:31la conférence
47:32vient mon cher
47:32votre attest
47:33s'il vous plaît
47:34venez
47:34le prince Murat
47:35s'il vous plaît
47:36mesdames et messieurs
47:42alors c'est un enchaînement
47:43extraordinaire
47:44parce qu'en fait
47:45ce qui se passe
47:46c'est que moi
47:47j'ai eu l'immense honneur
47:48de rencontrer le prince Murat
47:49et un jour
47:51je suis en train
47:52de dîner
47:53avec un groupe
47:53de personnes
47:54après
47:54un groupe
47:55de personnes
47:56de pays d'Afrique
47:58et on parle ensemble
47:59et il me dit
48:00mais tu sais
48:01moi je suis grand fan
48:02de Napoléon
48:03donc je lui ai créé
48:03le festival
48:04moi aussi
48:05je suis grand fan
48:05et il me dit
48:06mais tu sais
48:06il y a quelqu'un
48:07que je regarde toujours
48:08sur les youtube
48:09et je suis grand fan
48:11de lui
48:12votre attest
48:13un honneur
48:14mets-toi à côté
48:15de ton cher ami
48:17et il me dit
48:19mais tu sais
48:19il y a quelqu'un
48:20je suis grand fan
48:21de lui
48:21c'est le prince Murat
48:24et je rêve
48:25de le rencontrer
48:26alors on était en train
48:28de fumer un bon cigare
48:29déjà
48:29déjà pour commencer
48:31donc là je sors
48:32le portable
48:32et j'envoie un message
48:35au prince Murat
48:36et comme tous les grands
48:38ils sont toujours disponibles
48:40et ils disent toujours oui
48:41plus ils sont grands
48:42plus ils disent oui
48:43donc je contacte
48:44je lui dis
48:45voilà j'ai quelqu'un
48:45donc je lui explique
48:47le Congo etc
48:48il me dit
48:49mais bien sûr
48:49ils se sont vus
48:51on a organisé
48:52un rendez-vous
48:53ils sont restés
48:54je suis resté une petite heure
48:56il était 19h
48:57puis après je suis rentré
48:58et j'apprends le lendemain
49:00qu'ils sont restés
49:01à parler
49:02jusqu'à 5h du matin
49:03et ils ont parlé
49:05toute la soirée
49:05et on a organisé
49:06une très belle rencontre
49:08à la boutique Napoléon
49:09d'ailleurs
49:09on va sortir la vidéo bientôt
49:11justement sur ces liens
49:13extraordinaires
49:14que Napoléon
49:16voilà
49:17nous unit
49:18voilà
49:18est-ce que tu aurais
49:19un mot à dire
49:20à Mickaël
49:20avant qu'il te laisse
49:21la scène
49:23ah bah merci
49:24avant tout
49:24parce que j'ai trouvé
49:25j'ai trouvé
49:25j'ai trouvé
49:27une réflexion
49:27sur l'opportunité
49:29qu'il y aurait
49:30un petit peu
49:30à redévelopper
49:32l'opportunité
49:32pour la France
49:33à redévelopper
49:34ces liens avec l'Afrique
49:35et la francophonie
49:36ça me paraît essentiel
49:37c'est une opportunité
49:40de croissance pour nous
49:41qui est gigantesque
49:42l'Afrique n'a pas besoin
49:43de nous
49:43elle n'a plus besoin
49:43de nous
49:43c'est terminé
49:44alors en revanche
49:45nous on pourrait avoir
49:46besoin de l'Afrique
49:46et ça c'est quelque chose
49:47qu'on a un peu de mal
49:48à comprendre
49:49et la francophonie
49:50comme tu le dis
49:51très justement
49:51on va être 800 millions
49:53de locuteurs
49:54francophones
49:55en 2050
49:56c'est une zone
49:57de croissance
49:57de 7%
49:58la francophonie
49:59la France
50:00elle est à 0,5%
50:01donc c'est complètement
50:02idiot
50:03de ne pas profiter
50:05de ça
50:05et de s'atteler à ça
50:06voilà
50:07je suis tout à fait
50:08d'accord avec toi
50:08je te remercie
50:09merci
50:10merci

Recommandations