00:00Gabonaises, Gabonais, mes chers compatriotes, camarades militantes, camarades militants.
00:09Il y a longtemps que je ne me suis pas adressé directement à vous.
00:13Depuis le 30 août 2023, beaucoup de choses se sont passées.
00:19J'ai observé, j'ai écouté, et le plus souvent, j'ai gardé le silence.
00:25Ce silence n'était ni de l'indifférence, ni de l'amertume.
00:30Il était un choix, celui du recul, celui du temps.
00:35J'ai exercé pendant 14 années la plus haute charge de l'État.
00:40Je sais donc ce que représente la parole de l'ancien président de la République.
00:46Aujourd'hui pourtant, je dois parler.
00:50Et je le fais sans colère.
00:52Je le fais sans esprit de revanche.
00:56Je le fais sans nostalgie du pouvoir.
01:00Ce qui m'oblige est précis.
01:04Devant une procédure ouverte à l'étranger,
01:09dans le dossier des biens dit mal acquis,
01:13la République gabonaise a formulé des observations mettant en cause le président Omar Bongo en Nima.
01:20Je ne discuterai pas ici du fond de ce dossier.
01:24Il est entre les mains de juridiciens saisies.
01:27C'est devant elle et devant elle seulement que les faits doivent être établis, contestés, prouvés ou écartés.
01:35Ce n'est pas le rôle d'un discours.
01:38Ce n'est pas davantage le mien.
01:40Mais il est une chose dont je veux parler.
01:43Elle ne relève d'aucun tribunal.
01:45Les termes employés et ceux qui disent de nous,
01:49je veux parler de ceux-là comme ancien président de la République,
01:54comme président du Parti démocratique gabonais
01:57et enfin comme fils d'Omar Bongo en Nima.
02:02Le 30 août 2023,
02:04mon exercice du pouvoir a été brutalement interrompu dans les conditions que vous connaissez.
02:10Ceux qui ont pris la responsabilité de cette rupture
02:14ont expliqué aux Gabonais
02:16qu'il fallait restaurer les institutions,
02:20restaurer la démocratie
02:21et restaurer certaines valeurs de la République.
02:25Plus de trois années ont passé.
02:28Je n'entends pas aujourd'hui
02:30dresser le bilan de cette période.
02:33Ce n'est ni le moment
02:34ni l'objet de ma prise de parole.
02:37Les Gabonais observent,
02:39ils jugent
02:40et l'histoire jugera.
02:43Mais lorsqu'un ancien président de la République
02:45voit la République gabonaise elle-même
02:47prendre position
02:49dans une affaire,
02:51dans une procédure judiciaire à l'étranger,
02:54il est en droit de s'interroger.
02:56Car les termes employés
02:58portent gravement atteinte
02:59à la mémoire d'un autre
03:01ancien président de la République.
03:03Alors, je pose cette question.
03:07Est-ce ainsi
03:08que nous voulons restaurer la République ?
03:11La République peut passer,
03:14peut interroger son passé,
03:16elle peut reconnaître ses erreurs,
03:18elle peut juger les actes
03:20des hommes qui l'ont servi.
03:22Mais elle doit aussi
03:24respecter son histoire.
03:27Et elle doit respecter
03:29ceux qui l'ont incarné.
03:30Ce principe ne concerne pas seulement
03:34Omar Bunguandimba,
03:35il concerne tous les anciens présidents
03:38de la République,
03:39donc il me concerne,
03:41il concernera un jour
03:42ceux qui exercent
03:44aujourd'hui le pouvoir.
03:46Parce que les hommes passent,
03:48les fonctions passent,
03:50les régimes passent,
03:51la République demeure.
03:54Il y a des faits que même
03:55les changements politiques
03:57le peuvent effacer.
03:59Je me souviens de juin 2009.
04:02Je me souviens du palais présidentiel
04:04ouvert aux Gabonais
04:06et aux Gabonais
04:07venus se recueillir.
04:09Je me souviens
04:10de l'émotion de notre pays.
04:13Je me souviens aussi
04:14de ceux venus de l'étranger,
04:17des chefs d'État,
04:18présents et anciens,
04:20des délications étrangères,
04:22des personnalités
04:23venues d'Afrique
04:24et du reste du monde.
04:26Cette présence,
04:28disait la place
04:29qu'Omar Bongo
04:30en Jimba
04:31avait occupé
04:32au Gabon,
04:34en Afrique,
04:36dans le monde.
04:38Cette stature
04:39s'était construite
04:40pendant plus de 40 années
04:43dans l'exercice du pouvoir,
04:45dans les relations internationales,
04:47dans les médiations
04:48et les crises
04:49auxquelles
04:49il avait contribué
04:52à trouver des solutions.
04:54Reconnaître cette stature
04:55n'oblige personne
04:57à approuver
04:58tout ce que
04:59Omar Bongo
05:00en Jimba
05:00a fait.
05:02Je ne demande
05:02cela à personne.
05:05Son bilan
05:05appartient
05:06à l'histoire.
05:08Il peut être
05:09discuté
05:10et critiqué.
05:11Ses erreurs
05:12peuvent être reconnues,
05:14mais une chose
05:16ne paraît
05:17essentielle.
05:19un homme
05:20ne se résume
05:21pas
05:22à un dossier.
05:23Et plus de
05:24quatre décennies
05:25de l'histoire
05:26d'un pays
05:27ne peuvent
05:28être réduites
05:29à quelques pages
05:30d'observation
05:31judiciaire.
05:32C'est pourquoi
05:33je le dis
05:34comme ancien président
05:35de la République,
05:37nous pouvons juger
05:38nos prédécesseurs,
05:39nous pouvons
05:40discuter
05:41leur héritage,
05:42nous pouvons
05:43condamner
05:43leurs erreurs,
05:45mais nous n'avons
05:46pas le droit
05:47de les effacer.
05:50Mais cette histoire
05:51est aussi
05:51celle
05:52d'une famille
05:53politique,
05:54le Parti
05:55démocratique
05:56gabonais,
05:57fondé
05:57par Omar
05:58Bongondinga.
06:00Camarades
06:01militantes,
06:02camarades
06:03militants,
06:04vous n'avez
06:05pas à avoir
06:06honte de votre
06:06histoire,
06:07regardez-la
06:08avec lucidité,
06:10reconnaissez
06:11ce qui doit
06:11l'être,
06:13interrogez
06:13ce qui doit
06:14l'être,
06:15corrigez
06:16ce qui doit
06:16l'être,
06:17mais ne laissez
06:18personne
06:19vous demander
06:20de renier
06:21ce que vous
06:21avez été.
06:23Un parti
06:24qui veut
06:25préparer
06:26son avenir
06:27doit avoir
06:28le courage
06:28à assumer
06:29son passé.
06:31Malgré
06:31les divergences
06:32du moment,
06:33le Parti
06:34démocratique
06:34gabonais
06:35a parlé
06:36d'une même
06:37voix.
06:37Je veux
06:38saluer
06:39cette unanimité
06:39et montre
06:41que ceux
06:41qui nous rassemblent
06:43restent plus forts
06:44que ceux
06:45qui peuvent
06:46nous séparer.
06:48Je veux
06:48y voir
06:49un signe
06:49d'apaisement
06:50et un chemin
06:51pour l'avenir.
06:53Je veux
06:53d'ailleurs
06:54sur ce point
06:55vous faire
06:55une promesse.
06:57Depuis
06:57plusieurs mois,
06:58je me suis
06:59principalement
07:00exprimé
07:01par écrit
07:01ou par
07:02l'intermédiaire
07:03sur ceux
07:04à qui j'ai confié
07:05la responsabilité
07:06de porter
07:07ma parole.
07:08J'ai entendu
07:09ceux d'entre vous
07:10qui souhaitaient
07:12m'entendre
07:13directement.
07:14J'ai compris
07:15cette attente.
07:16Aujourd'hui,
07:17je prends la parole
07:18dans une circonstance
07:20particulière,
07:21la défense
07:22de la mémoire
07:22du président
07:23Omar Bongo
07:24en IMA.
07:25Je ne veux pas
07:26mélanger le sujet,
07:27mais très bientôt,
07:28Inchallah,
07:30je m'adresserai
07:30à nouveau
07:31directement à vous.
07:33Cette fois,
07:34nous parlerons
07:35du Parti
07:35du Parti
07:36gabonais.
07:37Nous parlerons
07:38de son organisation,
07:39de son unité
07:40et de son avenir
07:42dans le nouveau
07:43contexte politique
07:44de notre pays.
07:45Je vous dirai
07:46directement
07:47ce que je crois
07:48nécessaire
07:49pour préparer
07:50la prochaine étape
07:51de notre histoire
07:51commune.
07:54Enfin,
07:55permettez-moi
07:56maintenant
07:57de parler
07:57simplement,
07:59simplement
08:00comme un fils.
08:02Omar Bongo
08:03en IMA
08:04était mon père.
08:07Et ici,
08:08les mots
08:08deviennent
08:08plus difficiles.
08:09comme dans
08:10toutes les familles,
08:12il y a eu
08:12entre nous
08:13des joies,
08:14des épreuves,
08:15des désaccords,
08:16des blessures aussi.
08:19Notre famille
08:20n'est pas différente
08:21des autres familles.
08:22Elle a connu
08:23des rapprochements
08:24et des éloignements.
08:27Mais,
08:28ce n'est pas
08:29devant les Gabonais
08:30que nous devons
08:31réaliser cela.
08:32Chacun
08:33entretient
08:34avec la mémoire
08:35de son père
08:35une relation
08:36qui appartient
08:37à sa conscience.
08:39Moi,
08:40j'ai choisi
08:41de parler
08:42parce qu'il
08:43était mon père,
08:44parce que
08:45je l'ai aimé,
08:46parce que
08:46je l'ai connu,
08:48autrement que
08:49comme président
08:49de la République.
08:51C'est parce
08:51qu'un fils
08:53peut accepter
08:54que l'on juge
08:55l'action politique
08:56de son père
08:57sans accepter
08:58que l'on
08:59bafoue
09:00sa mémoire.
09:02Mais,
09:03Omar Bongo
09:03en IMA
09:04n'appartient
09:06plus seulement
09:06à ses enfants.
09:08Il appartient
09:09désormais
09:09à l'histoire
09:10du Gabon.
09:11C'est pourquoi
09:12je veux terminer
09:13en m'adressant
09:14à vous tous.
09:16Chers compatriotes,
09:17je ne vous demande
09:18pas d'aimer
09:19Omar Bongo
09:19en IMA.
09:20Je ne vous demande
09:21pas d'avoir
09:22de partager
09:23le regard
09:23d'un fils
09:24sur son père.
09:26Je vous demande
09:27simplement
09:28de ne jamais
09:29laisser
09:30nos désaccords
09:30politiques
09:31nous conduire
09:32à détruire
09:33notre mémoire
09:34collective.
09:36Un pays
09:37a besoin
09:38de vérité.
09:39Un pays
09:40a besoin
09:41de justice.
09:42Un pays
09:43a besoin
09:44de démocratie.
09:46Mais un pays
09:47a aussi besoin
09:49de mémoire.
09:50Il a besoin
09:51de respect.
09:52Et il aura
09:53toujours besoin
09:53de réconciliation.
09:55Nous devons
09:56apprendre
09:57à regarder
09:58toute notre histoire
09:59sans effacer
10:01personne,
10:02sans sanctifier
10:03personne,
10:04sans diaboliser
10:05personne.
10:07Omar Bongo
10:08en IMA appartient
10:10à cette histoire.
10:12J'y appartiens
10:13désormais
10:14moi aussi.
10:15Et ceux
10:15qui dirigent
10:16aujourd'hui
10:16notre pays
10:17y appartiendront
10:19demain.
10:20Nous sommes
10:21tous
10:21que de passage.
10:23alors préservons
10:25ce qui doit
10:26nous survivre,
10:28la dignité
10:28de nos institutions,
10:30la vérité
10:31de notre histoire,
10:33la mémoire
10:33de ceux
10:34qui nous ont
10:34précédés
10:35et par-dessus
10:36tout
10:36notre pays.
10:38Car
10:39les hommes
10:40passent,
10:41les pouvoirs
10:41passent,
10:42les querelles
10:43passent,
10:43le Gabon
10:44demeure éternel.
10:46prenez-nous
10:47en soin
10:48que Dieu
10:49protège
10:50le Gabon.
10:51Je vous remercie.
10:54Merci.
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