Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 29 minutes
Dans son ouvrage « Financement de la lutte contre le terrorisme au Burkina Faso : Économie politique d’une résilience nationale », dédicacé le 21 mai 2026 à Ouagadougou, Dr Youssouf Ouattara révèle comment chaque Burkinabè, par des gestes quotidiens, contribue financièrement à l’effort de guerre contre le terrorisme. Administrateur civil et spécialiste des finances publiques, il analyse les mécanismes endogènes qui ont permis de mobiliser des centaines de milliards de FCFA depuis 2023, dépassant souvent les objectifs annuels. Son étude, fondée sur dix ans de budgets étatiques et une comparaison avec d’autres pays sahéliens, plaide pour un modèle de souveraineté budgétaire comme socle de la souveraineté politique. Invité sur lefasoTV, l'homme revient en long et en large sur tous ses aspects. Suivez plutôt!

Lefaso.net

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:06Le monde est un endroit magnifique pour lequel il vaut la peine de se battre.
00:11Mesdames, Messieurs, soyez salués depuis votre position.
00:14Engagé dans une lutte sans merci contre le terrorisme,
00:17le Burkina Faso a décidé de prendre son destin en main
00:21en organisant sa résilience nationale autour de ses propres ressources.
00:25Mais quels sont les leviers actionnés par les fils et filles de ce pays
00:30pour pouvoir lutter contre le phénomène ?
00:32Pour répondre à cette question, nous recevons aujourd'hui Dr Youssef Ouattara.
00:37Il est spécialiste en développement local.
00:41Camarades, bonjour et bienvenue sur notre plateau.
00:44Bonjour, bonjour camarades. Merci pour l'invitation.
00:48Je suis très content d'être là.
00:49C'est nous qui vous remercions.
00:50Merci.
00:51D'entrée de jeu, je vous ai présenté comme spécialiste en développement local.
00:55Pour éviter d'écorcher la haute personnalité que vous êtes,
00:59est-ce que vous pouvez vous présenter en bonne et due forme pour ceux qui nous suivent ?
01:02Merci bien.
01:03Effectivement, je suis spécialiste en développement local.
01:06Mais ça, c'est juste une des dimensions de mes domaines d'expertise
01:12parce que je suis administrateur civil.
01:15J'ai exercé au niveau des collectivités territoriales comme secrétaire général.
01:19Donc, j'ai beaucoup travaillé sur les questions de décentralisation et du développement local.
01:25Mais c'est après que je suis allé me spécialiser en affaires publiques
01:29et particulièrement en politique publique aux États-Unis.
01:32Ce qui fait qu'aujourd'hui, je suis expert en politique publique.
01:36Les politiques publiques, c'est l'ensemble des mesures et des moyens que l'État met en place
01:41pour adresser, pour résoudre les problèmes des citoyens dans la société.
01:46Ces moyens, c'est aussi bien les instruments de programme, les instruments juridiques,
01:51mais aussi les moyens financiers qui sont mobilisés pour résoudre les problèmes dans la société.
01:59Moi, mon expertise, c'est comment on analyse ces mesures, comment on analyse ces moyens
02:04afin de mieux éclairer la décision publique,
02:08de telle sorte que les décisions qui sont prises soient les plus efficaces possibles.
02:14À côté de cette casquette-là aussi, vous ne le dites peut-être pas, mais vous êtes écrivain.
02:19Oui, c'est mon deuxième ouvrage que je viens de publier en mai 2026.
02:26En 2016, j'avais déjà publié « Développement économique local, principe rôle de stratégie »,
02:34effectivement, qui est dans le domaine de la décentralisation,
02:38qui présentait comment les communes, au-delà des prurrogatives classiques,
02:43comment elles peuvent créer un environnement économique favorable,
02:48comment elles peuvent accompagner les acteurs économiques pour créer de la richesse dans leur communauté
02:53et ainsi soigner aussi les ressources financières de la commune
02:58et pouvoir disposer de plus de moyens pour pouvoir conduire le développement,
03:03tout en permettant aux communautés, aux populations aussi,
03:06d'avoir des bonnes conditions d'exercice de l'activité économique.
03:11Et le deuxième ouvrage ?
03:12Et le deuxième, comme je l'ai dit, qui vient de paraître en mai 2026,
03:18porte sur le financement de la lutte contre le terrorisme
03:23et qui regarde, dont on va parler plus en détail,
03:28mais qui regarde essentiellement comment le Burkina Faso, dans son entièreté,
03:34a supporté la facture de la lutte contre le terrorisme,
03:39depuis le début jusqu'à nos jours.
03:41Une présentation qui est bien faite.
03:43À la base, c'est votre casquette d'écrivain qui nous intéresse.
03:46Mais on comprend au travers de votre présentation
03:48qu'il est difficile de dissocier le spécialiste que vous êtes
03:52pour tout ce qui est développement local, administrateur, civil,
03:57tout ce que vous venez de citer d'ailleurs,
03:58de la personnalité ou de la personne d'écrivaine.
04:01Du coup, en avril ou du moins en mai dernier,
04:05vous avez publié un ouvrage,
04:06je me permettez de lire pour ne pas me tromper,
04:09« Financement de la lutte contre le terrorisme au Burkina Faso,
04:12économie politique d'une résilience nationale ».
04:15Depuis le début, quel a été le point de départ ?
04:17Ou alors l'idée principale qui vous est venue en tête
04:20pour que vous fassiez, vous mettez à la lumière du jour cette œuvre-là ?
04:24Comme je l'ai dit, moi je suis expert en politique publique.
04:27Les politiques publiques signifient que aussi bien les gouvernants
04:31que les populations, vous les éclairiez sur l'action publique.
04:36Vous leur donnez les clés pour pouvoir mieux comprendre l'action publique,
04:40pour pouvoir mieux comprendre les enjeux de la société.
04:43Donc je le fais aussi bien dans le milieu professionnel,
04:46je le fais en tant qu'enseignant pour transmettre mon savoir
04:50aux agents publics, particulièrement au cadre de l'administration,
04:54voilà comment ils regardent l'action publique dans son développement,
04:59mais aussi comment le citoyen peut mieux comprendre cette action publique.
05:03Donc je me rends compte qu'au-delà de ces cadres professionnels,
05:07il manquait un élément qui est de mettre ces informations vraiment structurées
05:15dans un support de documents pour permettre son accès à un public beaucoup plus large
05:22et qui donne aussi beaucoup plus de recul,
05:25beaucoup plus de profondeur dans les analyses.
05:30Et j'ai pu le faire en français, mais aussi en anglais,
05:34parce que cet ouvrage est paru en français et en anglais également.
05:38Merci.
05:39Vous traitez principalement du terrorisme et des mécanismes qui sont développés
05:44par les Burkinabés, on le dirait, pour pouvoir lutter contre ce phénomène-là.
05:48Est-ce que c'est spécialement le cas du Burkina Faso que vous abordez dans ce livre
05:52ou alors les autres pays de la sous-région sont concernés par cette œuvre-là ?
05:57Oui, c'est spécialement le cas du Burkina que moi j'observe,
06:00mais de temps en temps je fais une comparaison avec d'autres pays.
06:05Parce que le Burkina Faso n'est pas le premier pays à faire face à ce type de défis sécuritaires,
06:11que ce soit sous forme de terrorisme, sous forme de rébellion ou d'autres types de conflits.
06:17Les États dans le monde ont souvent été confrontés à ce type de difficultés
06:21et chaque État a développé un mécanisme, au-delà des moyens militaires,
06:27des mécanismes en termes de moyens financiers pour pouvoir venir à bout de ces conflits.
06:33C'est pour ça que dans le livre, vous avez tout un chapitre consacré,
06:37par exemple, au cas du Népal avec les tigres tamouls.
06:43Dans le même chapitre, vous avez le cas de la Colombie avec les rebelles des Farc
06:48et bien sûr le cas du Burkina.
06:51Mais aussi, à travers tout le livre, je regarde aussi comment d'autres pays voisins,
06:57notamment le Mali, mais aussi le Tchad et les anciens pays du G5 Sahel,
07:03comment chacun a consacré des efforts financiers,
07:06comment chacun a mobilisé les ressources financières pour adresser la lutte.
07:12Et ça, ça me permet maintenant d'avoir une bonne lecture,
07:16une bonne présentation de la situation spécifique de Burkina.
07:19– Tous ces pays que vous avez cités, sont-ils des pays que vous avez déjà visités
07:24ou alors que vous avez étudiés du bout des doigts ?
07:26– Non, c'est des thématiques que moi j'observe.
07:29Ce n'est pas aujourd'hui que je les observe.
07:31Par exemple, si vous prenez le cas du quart que moi j'ai évoqué dans le livre,
07:35ça c'est, je pense que depuis 2002 ou 2003,
07:39et voilà, le pays avait donc découvert le pétrole
07:43et avait commencé à avoir beaucoup de ressources dans le domaine.
07:46Mais avec en même temps des défis sécuritaires,
07:48comment le pays a mobilisé les ressources financières pour adresser le problème.
07:54Et comme je l'ai dit aussi, le Népal, la Colombie et le Mali
08:01qui étaient beaucoup plus en avance sur nous.
08:04Donc moi je suis un observateur aussi de la dynamique
08:09en termes de gouvernance, en termes de présence de l'État,
08:12en termes de l'action publique de manière générale.
08:15– Merci. Vous le disiez tout à l'heure, vous êtes un observateur.
08:19À côté de là, vous êtes aussi un acteur de la finance publique.
08:21– Lorsqu'on porte ces deux casquettes en même temps,
08:26comment on fait pour rédiger une œuvre et pouvoir dissocier le fait
08:30qu'ici c'est l'observateur qui parle et ici c'est l'acteur de la finance publique ?
08:34– C'est bien sûr le nexus, c'est la meilleure position
08:37pour être au carrefour des deux dimensions.
08:41La dimension d'un acteur professionnel du domaine des finances publiques
08:45et la dimension aussi d'un observateur avisé sur les questions de l'État
08:51et sur les questions de sécurité de manière générale.
08:55Je pense que c'est ce nexus-là qui m'a permis d'être vraiment inspiré
09:01pour rédiger ce livre.
09:03Parce qu'au niveau de l'observation,
09:06j'ai été acteur sur les questions de sécurité
09:09beaucoup plus sur les questions de lutte contre l'extrémisme violent
09:13donc dans une dimension beaucoup plus communautaire.
09:17Donc là également, c'est dans l'action qu'on observe,
09:20c'est dans l'action que les faits surgissent
09:24et c'est dans l'action que les interrogations aussi surgissent
09:27et ça donne justement cette envie avec les outils qu'on a
09:32d'aider d'autres acteurs à comprendre la situation
09:37qu'ils n'auraient pas compris sans un certain nombre de clés.
09:41Parce que moi j'ai la chance d'avoir été formé
09:44pour comprendre cette action publique,
09:46d'avoir été formé pour comprendre les finances publiques,
09:49comment elles s'opèrent sur le terrain
09:50et comme je l'ai dit aussi, pour voir l'action publique
09:53parce que je suis administrateur civil, j'étais préfet,
09:56j'étais secrétaire général de mairie
09:58donc c'est mon travail aussi de comment l'État fonctionne
10:02et comment l'État doit s'affirmer.
10:04Donc toutes ces dimensions m'ont permis
10:06de créer ce carrefour-là
10:09et de pouvoir produire ce livre
10:11et d'aider les lecteurs à s'éclairer
10:14sur comment le Burkina va financer la lutte.
10:18Comme quoi l'expérience vaut mieux que la science.
10:21Quelle a été la méthodologie adaptée
10:23pour la rédaction de cette œuvre-là ?
10:26Alors au départ, quand je rédigeais ce livre,
10:31vous savez que dans une autre carrière
10:32j'ai été un acteur aussi de la société civile
10:36particulièrement en matière de promotion
10:38de la bonne gouvernance,
10:39de la gouvernance des finances publiques.
10:42Donc dans ce cadre-là, pendant des années,
10:45on a observé beaucoup comment l'action publique est financée,
10:49et comment les finances publiques sont gérées,
10:51notamment en termes de transparence,
10:53en termes de bonne gestion.
10:56Alors, on dit que les finances publiques,
11:00c'est transversal.
11:01Les finances publiques s'apportent sur l'ensemble
11:03des actions de l'État.
11:05Et les finances publiques, c'est le reflet,
11:08ou le budget plutôt, le budget particulièrement de l'État,
11:11c'est le reflet des ambitions d'un État.
11:13Mais c'est le reflet aussi des défis
11:16et des enjeux d'un État.
11:17Quand vous regardez la structure d'un budget,
11:21est-ce que tel secteur est beaucoup plus élevé
11:24par rapport à tel autre secteur ?
11:27Pourquoi cette année, tel secteur a beaucoup plus de crédit
11:30par rapport à tel autre secteur,
11:31ou bien par rapport aux années antérieures ?
11:33Tout cela est déterminé par les ambitions de l'État,
11:37mais aussi par les enjeux de l'Etat.
11:40Et chez nous, le principal enjeu, c'est la question sécuritaire.
11:46Donc, aussi bien la lutte se met sur le plan militaire,
11:50sur d'autres aspects,
11:53mais moi, je me suis rendu compte que la lutte,
11:57elle est également financière.
11:59La lutte, elle est également budgétaire,
12:01parce que, comme on le dit,
12:04c'est l'énergie de la guerre.
12:06L'argent, c'est l'énergie de la guerre.
12:08Ça veut dire que vous allez observer
12:10toute cette dynamique militaire
12:12en termes d'équipement sur le terrain,
12:14mais derrière, il y a les finances,
12:17derrière, il y a les capacités financières
12:19pour pouvoir financer cette action.
12:22Et donc, c'est ça qu'il faut regarder
12:24pour mieux comprendre
12:25pourquoi on est dans telle direction,
12:28pourquoi on a tel niveau de résultat,
12:30pourquoi on a tel enjeu sur le terrain.
12:35Donc, c'est ce danger particulièrement
12:37qui m'a motivé.
12:38Mais comme je l'ai dit,
12:39je suis dans le domaine des finances publiques,
12:41de l'action publique.
12:42Donc, j'ai toute la ressource
12:44sur les questions budgétaires,
12:46que ce soit le budget de l'État,
12:48le budget des collectivités.
12:50J'ai un ensemble de documents.
12:53Annuellement, Dieu merci,
12:54notre État publie régulièrement
12:56la documentation sur le budget de l'État.
13:00Donc, il a fallu regarder
13:02cette documentation budgétaire
13:04en partant des chiffres de l'État.
13:07Parce qu'en la matière,
13:10suivant les angles d'analyse,
13:11suivant les centres d'intérêt,
13:13les chiffres peuvent souvent différer.
13:16Donc, moi, je parle des chiffres
13:17que l'État a publiés
13:20sur le budget en général,
13:22mais aussi particulièrement
13:24sur les questions sécuritaires.
13:26Parce que, vous savez,
13:27dans ce domaine,
13:28il y a plusieurs départements.
13:29Vous avez le département
13:32de la défense lui-même,
13:34vous avez le département
13:35des ministères de la sécurité,
13:36mais vous avez d'autres départements
13:38qui, voilà, par exemple,
13:40avant, on avait les Forestiers,
13:42qui est aussi un secteur de la sécurité,
13:43vous avez la garde de sécurité pénitentiaire,
13:46ainsi de suite.
13:47Donc, mais l'État,
13:49à travers le ministère de l'Économie
13:50et des Finances,
13:51a pris le soin chaque année
13:53de développer ce qu'on appelle
13:55le budget citoyen.
13:56Ça veut dire qu'il traite
13:58les informations budgétaires,
13:59particulièrement du secteur
14:01de la sécurité.
14:02Donc, partout où il y a
14:03des fonctions de sécurité,
14:05ils collectent ces informations,
14:06ils les agrègent
14:07pour pouvoir publier
14:08dans le budget citoyen.
14:11Donc, ce sont ces informations
14:14de l'État
14:14que moi, j'ai utilisées
14:16pour illustrer les efforts
14:18que l'État et les Burkinabés
14:20ont consentis
14:21en matière de défense
14:22de sécurité.
14:23En dehors de ça,
14:24comme je le dis,
14:25je suis un acteur
14:26de l'action publique.
14:28Donc, je regarde également,
14:30il y a d'autres mécanismes
14:32que les gens ne voient pas,
14:34que les gens n'observent pas.
14:36Voilà.
14:36Par exemple,
14:37les collectivités
14:38ont beaucoup financé la lutte.
14:40Les communes
14:40ont beaucoup financé la lutte,
14:42mais les gens
14:43ne perçoivent pas ça.
14:44Parce que notre État
14:46est organisé
14:47sous forme décentralisée.
14:50Donc, il y a des sujets,
14:51il y a des problèmes.
14:53Les problèmes commencent
14:54toujours à la base.
14:55Et quand ça commence
14:56à la base,
14:57même quand c'est
14:57la prérogative de l'État
14:58et non de la commune,
15:00la commune va toujours
15:01prendre en charge
15:02en attendant que l'État arrive.
15:04Voilà.
15:05C'est pour ça que vous avez vu
15:06lorsque il y a
15:07des déplacés internes
15:08dans des localités,
15:09lorsque ces déplacés
15:11sont accueillis
15:12dans des localités,
15:13c'est le maire d'abord
15:14qui est devant les choses.
15:15Ce sont les élus locaux
15:17qui sont devant les choses
15:18avant que l'État arrive,
15:20avant que d'autres partenaires
15:21n'arrivent.
15:22Donc, pour pouvoir gérer,
15:24il faut des moyens.
15:26Il faut des moyens.
15:26Et dans ce sens,
15:27moi, dans le livre,
15:29j'ai essayé de voir
15:30les formes de contribution
15:32que les communes
15:34ont pu mettre en place
15:36pour financer
15:38l'action de l'État.
15:39Vous avez vu,
15:39les communes ont construit
15:40des clôtures de brigades,
15:42des clôtures de commissariats.
15:45Ils ont construit
15:46même des commissariats.
15:47Ils ont équipé,
15:49par exemple,
15:49si vous prenez la question
15:50des VDP,
15:51au début,
15:51la charge,
15:52c'était sur les communes.
15:53Voilà.
15:54Donc,
15:54j'ai regardé cette dimension
15:56d'un autre acteur d'État
15:58qui n'est pas l'État central,
15:59mais l'État décentralisé
16:01qui a aussi contribué.
16:02Au-delà de ça,
16:04j'observe,
16:05en fonction des textes
16:07qui sont pris,
16:09d'autres acteurs
16:10que le citoyen lambda
16:13ne peut pas percevoir
16:15systématiquement.
16:15voilà.
16:16C'est là où on observe
16:17que les gens
16:19ont fait des contributions
16:19volontaires.
16:20Il y a des acteurs
16:22qui ont organisé,
16:23qui ont coordonné.
16:24Souvent,
16:25ça n'a pas été coordonné.
16:27Mais,
16:27en tant qu'analyse
16:29des politiques,
16:30en tant qu'analyse
16:32des moyens
16:34déployés
16:34pour adresser
16:35une action publique,
16:36je vais beaucoup
16:37en profondeur.
16:38j'observe que,
16:40même dans les communautés,
16:42les gens organisent
16:43des prières
16:44dans toutes les confessions
16:45religieuses.
16:46Par exemple,
16:47si vous prenez
16:47sur les musulmans,
16:48les gens immolent
16:49des chabots,
16:50des bœufs,
16:51des moutons
16:51pour protéger
16:53la communauté,
16:54pour,
16:54ainsi de suite,
16:55dans les églises,
16:56les gens prient.
16:58Au niveau des religions
16:59traditionnelles,
16:59les gens immolent
17:01des animaux
17:02pour pouvoir
17:03protéger
17:04la communauté,
17:04c'est aussi
17:05de la lutte.
17:06C'est la lutte
17:07contre le terrorisme
17:08et ça a un coût.
17:10C'est un coût
17:11parce que,
17:11et c'est des gens
17:12qui ont financé
17:13sans demander l'État.
17:14C'est des gens
17:15qui ont financé
17:16sans forcément
17:17demander quoi que ce soit
17:18à quelqu'un.
17:19Donc,
17:19c'est tout ça
17:20qui fait
17:20le financement
17:22de la lutte.
17:23Donc,
17:24moi,
17:24j'ai observé
17:25les mécanismes
17:26institutionnels,
17:27les mécanismes
17:29semi-institutionnels,
17:30comme aujourd'hui
17:31le Fonds de soutien
17:31patriotique,
17:32les mécanismes
17:33communautaires,
17:34les mécanismes
17:35exclusivement
17:36communautaires
17:37et même
17:37individuels
17:39que les gens
17:40ont mis en place
17:42pour pouvoir
17:43financer la lutte,
17:44pour pouvoir
17:44permettre au Burkina
17:46de tenir
17:46tel que nous tenons.
17:48Parce que,
17:48quand on prend
17:48un acteur extérieur,
17:50s'il regarde simplement
17:51le budget
17:52de l'État du Burkina
17:53en son temps,
17:54il va se dire
17:55que ce pays-là
17:55ne peut pas tenir.
17:57Au regard des défis
17:58qui sont devant,
17:59il ne peut pas tenir.
18:00Donc,
18:01mais si vous
18:02vous cantonnez
18:03seulement au budget
18:03de l'État,
18:04vous n'allez pas
18:04comprendre comment
18:05les Burkinabés
18:06ont financé la lutte.
18:07Mais si vous regardez
18:08dans la communauté
18:09tous ces mécanismes,
18:10vous vous rendez compte
18:11que c'est l'ensemble
18:13des Burkinabés
18:13qui ont supporté
18:15le financement
18:16de la lutte
18:16au-delà de l'État,
18:18au-delà
18:19des collectivités.
18:20Voilà comment
18:21j'ai regardé
18:23les mécanismes
18:25de financement
18:25et aboutir
18:26justement
18:27à la structure
18:27du livre
18:28et pouvoir
18:29le développer.
18:30Et pour ce travail-là,
18:32vous avez fait
18:33une observation
18:34des 10 budgets
18:36en arrière
18:37ou du moins
18:38les 10 années
18:39en arrière,
18:40vous avez évalué,
18:42étudié
18:42tous les budgets.
18:43quelles sont
18:44les tendances
18:45qui se sont dégagées
18:46après cela ?
18:47Vous savez,
18:48on est passé
18:49d'un budget
18:50autour de 2017-2017
18:54de moins de
18:5510 000 euros
18:57au secteur
18:58de la défense
18:59et de la sécurité
18:59à plus de
19:0110 000 euros
19:02surtout en 2024.
19:05Voilà.
19:06Donc,
19:07pour donner
19:07une idée
19:08de la progression.
19:10Mais comme je l'ai dit,
19:11un budget
19:13il traduit
19:14les ambitions
19:15d'un État.
19:16Un budget
19:16il traduit
19:17les enjeux
19:18d'un État.
19:19Voilà.
19:20Parce que si on n'avait pas
19:21la crise sécuritaire,
19:22peut-être que
19:23la structure
19:24de notre budget
19:24serait différente.
19:26Voilà.
19:27Pour revenir
19:27justement
19:28par rapport
19:28à toute la méthodologie,
19:30avant de regarder ça,
19:31moi j'ai regardé
19:32l'effet générateur
19:33de la facture.
19:35C'est-à-dire ?
19:35Ça veut dire que
19:36quand vous regardez
19:37une dépense,
19:38vous devez regarder
19:39qu'est-ce qui a créé
19:40la dépense
19:40ou qu'est-ce qui a fait
19:42que l'amplitude
19:43de la dépense
19:44est telle qu'elle est.
19:45Si j'arrive
19:46chez vous
19:47et je casse
19:50votre chaise,
19:51vous allez la remplacer.
19:53Mais qu'est-ce qui a causé
19:55cette dépense supplémentaire ?
19:56C'est moi
19:57qui l'aurai créé.
19:59Même si vous êtes
20:00consentant,
20:01c'est moi
20:01qui l'aurai créé.
20:02Donc c'est un acteur
20:03qui a...
20:04Il y a une situation
20:05qui crée la facture
20:07qu'on appelle
20:08le fait générateur
20:09de la dépense
20:10ou le fait générateur
20:11de l'impôt
20:12ou de la recette.
20:13C'est parce que
20:14vous menez une activité économique
20:15que du coup,
20:16vous devez payer
20:17un impôt,
20:17vous devez payer
20:18tel montant
20:18qui est...
20:19Donc c'est votre activité
20:20qui est le fait générateur.
20:21Et dans notre cas,
20:23le fait générateur,
20:24il faut se le dire,
20:25c'est l'intervention
20:26en Libye.
20:28S'il n'y avait pas
20:29eu d'intervention
20:30en Libye,
20:31nous,
20:31on ne serait pas
20:32à ce niveau
20:33d'info abitif
20:34pour les citoyens.
20:35Donc l'argent
20:36que les citoyens
20:36consacrent aujourd'hui
20:38pour la défense,
20:39peut-être que cet argent
20:40aurait servi
20:40à d'autres secteurs
20:41de développement.
20:43Voilà.
20:43Donc la facture,
20:45c'est d'abord
20:47une action externe.
20:49Voilà.
20:50Ensuite,
20:51il y a nous-mêmes
20:51à l'interne.
20:53Est-ce que
20:53dans la conduite
20:54de la lutte
20:55dès le départ,
20:57on a vraiment
20:58pris
20:58les mesures
21:00fortes
21:01qu'il fallait
21:01pour vraiment
21:02jubiler la crise
21:03parce que
21:04c'est comme
21:05votre vélo.
21:07S'il y a
21:07une petite panne,
21:09si vous ne mettez
21:10pas suffisamment
21:11de moyens
21:11tout de suite
21:12pour fixer la panne,
21:13donc demain,
21:14vous allez dépenser
21:15beaucoup plus.
21:16Exactement.
21:17Voilà.
21:17Et c'est ce qui
21:18nous est arrivé
21:19qu'aujourd'hui,
21:20à un certain moment,
21:21on a dû consacrer
21:22près de 29%
21:23de notre budget
21:24à la défense
21:25de la secrétaire
21:26parce que
21:26tout le monde
21:27est d'accord
21:27aujourd'hui
21:28que les moyens
21:28militaires
21:29dont on dispose
21:30aujourd'hui
21:31touchent les gars
21:32par ailleurs.
21:32Si on les avait
21:33au début,
21:34la situation
21:35aurait été
21:36certainement différente.
21:37Exactement.
21:38Voilà.
21:38Donc,
21:39le fait
21:39d'avoir
21:40frérée peut-être
21:41à faire
21:42cet effort budgétaire
21:43a éventuellement
21:45conduit à ce que
21:46la facture
21:47soit beaucoup plus
21:47lourde
21:48à un certain moment.
21:49Donc,
21:49on est passé
21:50de 2017
21:52à environ
21:52200 milliards
21:53à presque
21:57en 2024
21:58mais à partir
22:00de 2025
22:012026
22:01on sent que
22:02le budget
22:03de la défense
22:03de la sécurité
22:04est en train
22:04de baisser
22:05pour 2026
22:06autour de
22:10et donc
22:11sûrement
22:12qu'il y a
22:13un certain nombre
22:14d'ambitions
22:14d'objectifs
22:16qui ont été
22:16atteints
22:17en termes
22:17de capacitation
22:19mais
22:20le budget
22:21va probablement
22:22rester dans
22:23certaines proportions
22:24parce qu'on se rend
22:26compte que
22:26l'enjeu
22:27ce n'est pas
22:27cette crise
22:28sécuritaire
22:28simplement.
22:29L'enjeu
22:30c'est de
22:30se préserver
22:31aussi
22:32des futures crises
22:33et là
22:34il faut être puissant
22:35il faut être
22:36duchéatif
22:37et ça va
22:38nécessiter
22:39forcément
22:40des investissements
22:42toujours
22:42dans ce secteur.
22:43Je rappelle
22:44que vous avez
22:45essayé de faire
22:46le parallèle
22:47avec certains états
22:48vous avez
22:48étudié profondément
22:50aussi le cas
22:50du terrorisme
22:51au Burkina Faso
22:52est-ce que
22:53les mécanismes
22:54déployés
22:54par les populations
22:56ou du moins
22:56les fils et filles
22:57du Burkina Faso
22:58sont
22:58on le dirait
23:00atypiques
23:00par rapport
23:02aux autres mécanismes
23:03qui ont été déployés
23:04par les autres pays
23:04pour lutter contre ce phénomène ?
23:06Vous voulez parler
23:07des mécanismes
23:08de financement
23:09ou des mécanismes
23:10de lutte ?
23:11Déjà
23:12quelle est la différence
23:12entre les deux ?
23:13Parce que
23:13les mécanismes
23:14de financement
23:15nous on a
23:15les BDP
23:16il y a d'autres pays
23:17qui n'ont pas
23:17les BDP
23:18donc c'est atypique
23:21même si dans
23:22la plupart des états
23:23qui ont été confrontés
23:24à ces situations
23:25d'une manière
23:26ou d'une autre
23:26des espaces
23:27ont été créés
23:29pour que
23:30le civil
23:31le citoyen civil
23:31puisse intervenir
23:33dans le cadre là
23:34donc on a
23:34des mécanismes
23:36communautaires
23:37en termes
23:38d'action
23:38militaire
23:39sur le terrain
23:39mais aussi
23:40on a des mécanismes
23:42atypiques
23:42en termes
23:43de financement
23:44de l'action
23:45parce qu'il y a
23:46des gens
23:46qui ne sont pas
23:47sur le terrain
23:47du combat
23:48mais qui
23:49financent
23:50qui supportent
23:51financièrement
23:52par leur effort
23:53budgétaire
23:53et la lutte
23:55donc c'est pour ça
23:55que je demande
23:56est-ce que
23:57le caractère
23:58atypique
23:59c'est juste
23:59l'engagement
24:01militaire
24:01ou bien c'est juste
24:02les mécanismes
24:03de financement
24:04par rapport
24:04aux autres états
24:05on partira
24:05alors pour la lutte
24:06pour la lutte
24:08moi j'ai un chapitre
24:10dans mon livre
24:10qui est consacré
24:11justement
24:12à l'initiative
24:13VDP
24:14du Burkina
24:15mais je démontre
24:16que
24:18cette
24:18l'initiative
24:19la possibilité
24:21que les citoyens
24:22interviennent
24:22dans une lutte
24:23accompagne l'état
24:24à restaurer
24:25son autorité
24:27ça n'a pas commencé
24:28par le Burkina
24:30regardez
24:31toutes les luttes
24:31ça n'a pas commencé
24:32par le Burkina
24:33on a le cas
24:34de la guerre mondiale
24:35oui
24:36les tirailleurs
24:37nos parents
24:38nos grands-parents
24:39sont allés combattre
24:40c'était même
24:40par des volontaires
24:41exactement
24:41n'est-ce pas
24:42vous avez le cas
24:44de la Syrie
24:47de l'Irak
24:48de la Syrie
24:49particulièrement
24:49où vous avez
24:51les YPG
24:52les groupes turcs
24:54qui ont été appelés
24:55c'était pas
24:56des groupes militaires
24:58voilà
24:59vous avez
25:01beaucoup
25:01d'autres
25:02vous avez même
25:03en Ukraine
25:03aujourd'hui
25:04il y a des civils
25:05qui sont appréhendés
25:06dans la rue
25:07pour aller combattre
25:08exactement
25:08donc
25:09le cas de Burkina
25:11n'est pas
25:11un cas
25:12atypique
25:13il y a beaucoup
25:13d'exemples
25:14si vous prenez
25:15même le cas
25:15des Etats-Unis
25:17il y a ce qu'on appelle
25:18aux Etats-Unis
25:19le second amendement
25:20parce que
25:21quand vous regardez
25:23les films
25:23c'était comme ça
25:25les Etats-Unis
25:26où vous avez
25:27un campement
25:28des bandits
25:29arrivent un jour
25:30ils saccagent tout
25:32ils pillent tout
25:33ils tuent
25:34ils volent
25:34et ils s'en vont
25:35et quand le shérif
25:36arrive c'est tard
25:38c'était la même chose
25:39que nous
25:40deux ou trois
25:41quatre personnes
25:42arrivent sur moto
25:43ils déguerbissent
25:44tout un village
25:44ils tuent
25:45ils pillent
25:46ils emportent
25:47ce qu'ils veulent
25:47lorsque l'Etat
25:48arrive avec
25:49les FDS
25:49c'est déjà tard
25:50qu'est-ce qu'ils ont décidé
25:52aux Etats-Unis
25:53à un moment
25:53ils ont décidé
25:54d'amender la constitution
25:56de changer la constitution
25:57une disposition
25:58de la constitution
25:59qui dit que désormais
26:01tout citoyen
26:01a le droit
26:02de porter une arme
26:03pour se défendre
26:04c'est ça qu'on appelle
26:05le second amendement
26:06et aux Etats-Unis
26:07n'importe quel politicien
26:11qui s'attaque
26:12à ce droit là
26:12votre avenir politique
26:14est en jeu
26:14exactement
26:15voilà
26:16donc c'est une forme
26:17de
26:18qui crée
26:19les moyens juridiques
26:21qui donne les moyens juridiques
26:22aux citoyens
26:23de pouvoir se défendre
26:24et c'est comme ça
26:25l'Etat américain
26:26a pu se pacifier
26:28parce que
26:29l'Etat lui-même
26:30n'avait pas
26:31les moyens
26:31d'être présent
26:32partout
26:33voilà
26:34donc au Burkina aussi
26:35on a dû
26:36s'inverser
26:38d'abord
26:38moi je demande
26:39que ce soit
26:40les citoyens
26:41qui ont imposé
26:41à l'Etat
26:42de prendre une loi VDP
26:43parce que
26:43sur le terrain
26:44les gens combattaient déjà
26:46voilà
26:46les gens avaient
26:47des formes
26:48d'engagement
26:50qui étaient déjà là
26:51heureusement que
26:52l'Etat est venu
26:54encadrer
26:54et mettre ça
26:55dans un mécanisme
26:56parce que
26:57vous avez le cas
26:58de la Centrafrique
26:59où vous avez
27:00les anti-balakas
27:02qui se sont érigés
27:03pour
27:04barrer la route
27:05à Séléka
27:07Séléka
27:07qui avait pris le pouvoir
27:08et qui en abusait
27:09mais après
27:10les anti-balakas
27:11eux-mêmes sont devenus
27:12un problème
27:12quand Séléka est parti
27:13parce qu'il n'y a pas
27:14de cadre juridique
27:15qui les forçait
27:17à respecter
27:18certaines normes
27:19dans les opérations
27:20donc
27:20le cas du Burkina
27:22est un cas atypique
27:24mais on ne l'a pas
27:25copié quelque part
27:26c'est venu
27:27des communautés
27:27ce sont les citoyens
27:29qui se sont engagés
27:32et après
27:33l'Etat
27:34a pris des normes
27:35a pris des textes
27:36pour pouvoir
27:37encadrer cette action
27:38donc
27:38c'est une formule
27:40atypique
27:41en tout cas
27:42en termes
27:43de lutte contre
27:43le terrorisme
27:44et je pense
27:46que beaucoup
27:47de gens savent
27:47aujourd'hui
27:48que sans
27:49l'intervention
27:50sans l'engagement
27:51des citoyens
27:52à travers
27:53la formule
27:53VDP
27:54peut-être que
27:55le Burkina
27:56ne serait pas
27:56dans sa forme
27:57en termes
27:57Merci
28:00Concrètement
28:00comment chaque Burkinabé
28:02arrive à financer
28:04cette lutte là
28:05je prends un cas
28:06pour ma grand-mère
28:07par exemple
28:08dans un village reculé
28:09qui vend du Dolo
28:10quelle peut être
28:11sa contribution
28:12en ce sens
28:13
28:14l'activité
28:15qu'elle mène
28:16est juste
28:16une activité
28:17qui lui permettra
28:18juste de se nourrir
28:19et de nourrir
28:20peut-être
28:21les petits-enfants
28:21qui sont restés
28:22avec elle
28:22Ce qui est intéressant
28:24au Burkina
28:24aujourd'hui
28:25dans le financement
28:27de la lutte
28:27tout le monde
28:28participe
28:30Développé
28:30Et même
28:31les terroristes
28:32participe
28:32Ah oui
28:33Même les terroristes
28:34participe
28:35au financement
28:36de la lutte
28:37Beaucoup d'acteurs
28:38participent
28:39justement
28:39sans le savoir
28:40ou sans le voulant
28:42Vous parlez de votre
28:43grand-mère
28:44Peut-être qu'elle n'a pas
28:45de numéro de téléphone
28:47Sinon
28:48si elle a un numéro
28:51de téléphone
28:52et qu'elle met des unités
28:53c'est qu'elle participe
28:54Si vous pouvez l'appeler
28:55c'est que son téléphone fonctionne
28:57et de temps en temps
28:57elle a un numéro
28:59pour vous biper au moins
28:59ça veut dire qu'elle participe
29:01Si elle a un cabaret
29:05dans la commune
29:06il y a ce qu'on appelle
29:07la taxe sur le débit
29:08de boisson
29:09Donc tous les cabarets
29:11contribuent
29:11toute activité économique
29:13et contribuent
29:14à travers une taxe
29:15au niveau communal
29:16Et comme je l'ai dit
29:17les communes aussi
29:18contribuent à la lutte
29:19en termes de financement
29:21d'actions
29:21non létales
29:23notamment
29:24payer des moteurs
29:25et autres
29:26Donc de ce fait
29:27elle contribue
29:28Et si votre grand moment
29:30il y a
29:31tout ce qu'elle va payer
29:33au marché
29:33elle contribue
29:34parce que
29:34ceux qui vendent
29:36au marché
29:36peut-être qu'ils ont payé
29:38la TVA
29:39peut-être qu'ils ont payé
29:40la contribution
29:41des moyennes entreprises
29:42peut-être qu'ils ont payé
29:45ils ont même payé
29:46la douane
29:46parce que la marchandise
29:47qui se vend
29:48au marché
29:49c'est que celui
29:50qui l'a importé
29:51a dû payer la douane
29:52quelque part
29:53et a répercuté
29:54les frais de douane
29:55sur le prix
29:56de la marchandise
29:57qui se répercutent
29:58jusqu'au dernier consommateur
30:00donc
30:00tous les citoyens
30:02ont contribué
30:03à financer
30:04la lutte
30:05contre le terrorisme
30:06que ce soit
30:06à travers
30:07l'instrument budgétaire
30:08l'instrument communautaire
30:09les populations
30:10ont contribué
30:11les terroristes
30:12ont aussi
30:13contribué
30:13parce qu'ils
30:14perdent des crédits
30:15de télécommunication
30:17ils perdent
30:18la boisson
30:18ils boivent
30:19la boisson
30:20quelque part
30:20donc
30:21ils contribuent aussi
30:23à la lutte
30:24contre
30:24le terrorisme
30:26et même
30:27vous savez
30:28il y a certains partenaires
30:29je me rappelle encore
30:30quand le premier ministre
30:33Joachim Apollinaire
30:34de Tembler
30:35est arrivé
30:35l'état avait entrepris
30:37d'aller voir
30:38certains partenaires
30:39pour demander leur appui
30:40pour financer
30:42l'action des VDP
30:43beaucoup de partenaires
30:44ont refusé
30:45mais moi je demande
30:46dans le livre
30:47que
30:48d'une manière
30:49ou d'une autre
30:50ils ont payé
30:51ils ont payé
30:52peut-être qu'ils ne savent
30:52même pas qu'ils ont payé
30:53mais
30:55ils ont payé
30:56et cela est à découvrir
30:58alors dans le livre
30:59c'est à découvrir
30:59dans le livre
31:00merci
31:02transparence
31:03redevabilité
31:03voilà deux mots
31:04que vous avez utilisés
31:05au cours de la dédicace
31:07pour inviter
31:09les politiques
31:09burkinabés
31:10à observer
31:11ces deux valeurs là
31:13déjà
31:14quelle peut être
31:15la portée
31:15de ces deux éléments
31:16que vous évoquez
31:18dans votre livre
31:18pour ce qui est
31:19de la pérennité
31:20de la lutte
31:21contre le terrorisme
31:22vous savez quand on parle
31:23de transparence
31:24il y a plusieurs dimensions
31:25la transparence
31:26c'est la dimension
31:27information d'abord
31:28ça veut dire que
31:29l'argent qui rentre
31:30que ce soit
31:31en termes de recettes
31:33du budget
31:34ou d'autres formes
31:36on doit informer
31:37il faut qu'il y ait
31:38des mécanismes
31:39que le citoyen sache
31:40quelle a été
31:41sa contribution
31:41vous savez
31:42c'est un élément
31:43de satisfaction
31:44personnelle
31:44chez un citoyen
31:45de savoir que
31:47voilà
31:47j'ai contribué
31:48à temps
31:49voilà
31:50ou nous
31:50en termes
31:51de communauté
31:52nous avons
31:53contribué
31:54à telle hauteur
31:55que ce soit
31:56au niveau du budget
31:57ou au niveau
31:58d'autres mécanismes
31:59donc d'abord
32:00c'est l'information
32:01la transparence
32:02le premier élément
32:03c'est l'information
32:03le deuxième élément
32:05c'est les instruments
32:06de gouvernance
32:07voilà
32:08les mécanismes
32:08que vous mettez en place
32:09est-ce que ces mécanismes
32:11sont inclusifs
32:12est-ce que ça permet
32:13aux citoyens
32:14de s'informer
32:15de ce qui se passe
32:17sur le terrain
32:18et ces mécanismes
32:19de gouvernance
32:20incluent aussi
32:21les cas
32:23de gestion
32:24d'irrégularité
32:25ça veut dire
32:26est-ce qu'il y a
32:27des dispositifs
32:28de contrôle
32:29est-ce que ces ressources
32:30sont soumis
32:31au contrôle
32:31des institutions
32:32qui sont chargées
32:33de contrôler
32:35l'action publique
32:36qui sont chargées
32:36de contrôler
32:37les finances publiques
32:38et après
32:38quand l'utilisation
32:40est faite
32:40qu'est-ce qu'on en a fait
32:42qu'est-ce qu'on a fait
32:42on a vu
32:43avec le fonds
32:44de soutien patriotique
32:45avec Fasso Mebo
32:47que ce qui a galvanisé
32:49ce qui a fouetté
32:50la propension
32:52des citoyens
32:53à contribuer
32:53ce sont ces éléments
32:54de transparence
32:55et de redevabilité
32:57parce que
32:57régulièrement
32:58les informations
32:59sont données
33:00au moins trimestriellement
33:01sur combien
33:02les populations
33:04ont contribué
33:05sur également
33:08les dépenses
33:09qui sont faites
33:10avec le conseil
33:11de gestion
33:12qui a été mis en place
33:13donc les citoyens
33:15leur engagement
33:16moi je pense
33:17c'est beaucoup plus
33:17la transparence
33:18et la redevabilité
33:19qui a déterminé ça
33:20vous avez vu
33:21souvent
33:22le gouvernement
33:22appelle les acteurs
33:24la société civile
33:25pour aller montrer
33:26sur le terrain
33:26ce que
33:27leurs contributions
33:28ont permis de faire
33:30ça c'est une bonne chose
33:32pour le fonds
33:34de soutien patriotique
33:34et également
33:35pour Fasso Mebo
33:38mais pour moi
33:40ce sont
33:43ces critères
33:44de bon gouvernance
33:45qui s'appliquent
33:45en principe
33:46sur l'ensemble
33:47des ressources
33:47de l'Etat
33:48et quand j'étais
33:49dans la suite civile
33:50sur les questions
33:51de bon gouvernance
33:52c'est ce que
33:52nous on travaille
33:54à faire connaître
33:55aux gouvernants
33:56que le budget lui-même
33:57l'ensemble
33:58des ressources
33:59de l'Etat
34:00régulièrement
34:01il faut les mécanismes
34:02par exemple
34:02est-ce qu'en ligne
34:03je peux aller savoir
34:05en matière de douane
34:06combien ont été reçues
34:08tel type de taxes
34:09ça rapporte combien
34:10donc le budget
34:12en lui-même
34:13on doit avoir
34:14ces informations
34:15heureusement
34:15aujourd'hui
34:15si vous demandez
34:16le budget
34:16l'Etat va vous donner
34:18le budget
34:19parce que
34:20vous allez noter
34:21sur le plan international
34:22sur ce plan
34:22le Bokner
34:23est l'un des premiers
34:24en termes
34:26de disponibilité
34:27de l'information
34:28de manière générale
34:29que ce soit
34:30l'information statistique
34:31l'information budgétaire
34:33de manière générale
34:34on a cette information
34:35quand j'étais
34:35dans l'association civile
34:36nous on recevait
34:37régulièrement le budget
34:38avant son adoption
34:41qu'on en avisait
34:42et on va également
34:44voir le parlement
34:46pour dire au parlement
34:47voilà le gouvernement
34:48a décidé
34:48de telle allocation
34:50telle allocation
34:50nous nous pensons
34:51que vous devez
34:52les interpeller
34:53sur tel aspect
34:54parce qu'il y a
34:54tel enjeu
34:55ou tel enjeu
34:56donc ça nous permettrait
34:57de jouer pleinement
34:58ce rôle
34:58donc sur le plan
35:00du budget de l'Etat
35:01également il faut
35:02ces mécanismes
35:03de transparence
35:04et pour ça
35:05il faut apporter
35:07beaucoup plus
35:07la touche technologique
35:08voilà
35:09de telle sorte
35:10à soustraire
35:11certaines prérogatives
35:13de l'initiative
35:14personnelle
35:15de l'initiative
35:16des individus
35:18de l'agent public
35:19de telle sorte
35:20que la technologie
35:21elle-même
35:22puisse faire
35:22certaines choses
35:24et préserver
35:26les finances
35:27l'intégrité
35:28des finances publiques
35:29et l'intégrité
35:30de l'action publique
35:31mais vous savez
35:32pourquoi l'information
35:33est nécessaire
35:34lorsque tout le monde
35:36sait ce qui se passe
35:38parce qu'à un certain moment
35:41je pense qu'il avait été
35:42prévu de mettre en place
35:43un système d'information
35:45sur le marché public
35:46si moi
35:47de là où je suis
35:49j'ai une plateforme
35:50pour savoir
35:50dans tel ministère
35:51tel ministère
35:52un stylo a été payé
35:53à tel montant
35:55donc ça veut dire
35:56que ceux qui vont
35:57être chargés
35:58de cette dépense publique
35:59puisqu'ils savent
36:00que tous les citoyens
36:01regardent
36:01ils vont faire attention
36:03il va faire attention
36:04donc c'est pour ça
36:06il faut créer
36:07ce mécanisme
36:07pour donner
36:08la possibilité
36:09aux citoyens
36:10de regarder
36:11là où on peut regarder
36:12parce que l'action publique
36:14aussi
36:14il y a des domaines
36:15réservés
36:16voilà
36:17c'est pas
36:18leur nature
36:19il y a des domaines
36:20qui sont réservés
36:21toutes les informations
36:22mais il y a déjà
36:23la loi
36:23051
36:25qui réglemente
36:26l'accès
36:27à l'information
36:28donc s'il y a
36:30cette transparence
36:31et cette redevabilité
36:32sur l'ensemble
36:33des ressources
36:33je pense que c'est ça
36:34qui va fouetter
36:35le civisme
36:36du citoyen
36:37et vous savez
36:38en ce moment
36:39ça permet aux citoyens
36:40de mieux comprendre
36:41même
36:42l'action publique
36:43parce que souvent
36:44s'il n'est pas au courant
36:46il pense qu'il donne
36:47beaucoup plus
36:47qu'en réalité
36:48ce qu'il donne
36:49et il devient
36:50beaucoup plus exigeant
36:51par rapport
36:52à lui-même
36:53sa capacité
36:53de contribuer
36:54ou la capacité
36:55de l'état
36:56mais s'il sait
36:57ce qui est mobilisé
36:58il sait
37:00comment ça a été
37:01utilisé
37:01ce que ça a permis
37:02de faire
37:03bon il sait
37:04que ce sont ses limites
37:04et que s'il faut
37:05avoir plus
37:06il faut contribuer
37:07plus
37:07il faut faire
37:08plus d'efforts
37:09merci
37:10parlant de souveraineté
37:12vous disiez
37:13une phrase
37:14qui a d'ailleurs
37:15choqué l'assistance
37:16pendant votre dédicace
37:18la souveraineté politique
37:20ne passe pas
37:21sans souveraineté budgétaire
37:23je me pose la question
37:24de savoir
37:25est-ce que cela
37:26n'est pas en contradiction
37:27avec une idée
37:29que vous venez
37:29de développer
37:30et celle-là
37:30qui est la suivante
37:31le fait que vous dites
37:33que si l'on observe
37:35le budget de l'état
37:36on ne peut pas
37:36comprendre
37:37les mécanismes
37:38qui permettent
37:39aux populations
37:40de lutter contre le terrorisme
37:41est-ce que vous pouvez
37:42mieux nous écrire
37:42sur ce sujet
37:43oui
37:44quand on parle
37:44de souveraineté
37:45on parle
37:46de la capacité
37:48d'un acteur
37:49à pouvoir
37:50contrôler ses choix
37:51à pouvoir opérer
37:52ses choix
37:53avec le moins
37:54d'influence
37:56extérieure
37:56possible
37:57et dans notre cas
37:58quand on parle
37:59de souveraineté budgétaire
38:00c'est le citoyen
38:01parce que
38:03le budget
38:04ce sont les citoyens
38:05qui contribuent
38:05à travers les impôts
38:06à travers les taxes
38:08qu'ils paient
38:08la souveraineté aussi
38:10c'est les gouvernants
38:10parce que ce sont
38:11les gouvernants
38:12qui décident
38:13des choix budgétaires
38:14qui décident
38:15de créer un impôt
38:16sur tel acteur
38:17sur telle catégorie
38:18d'acteur
38:19ou de créer
38:20une subvention
38:21d'accorder une subvention
38:22à tel secteur
38:23également
38:24donc c'est aux gouvernants
38:25de faire ces choix
38:27mais pour que
38:28l'ensemble
38:29de ces acteurs
38:30aient vraiment
38:31la latitude
38:33de décider
38:34et de recevoir
38:35effectivement
38:36ce qu'ils envisagent
38:37de leurs ressources
38:39c'est qu'il faut
38:40qu'ils soient
38:40moins à l'abri
38:41des acteurs
38:42vous parlez
38:43de souveraineté politique
38:45par exemple
38:45vous utilisez
38:47un président
38:47il est venu
38:49avec un programme
38:50il vous a défini
38:51le programme
38:52mais tout son programme
38:53est basé
38:54sur des financements
38:55extérieurs
38:56sur des financements
38:57de partenaires
38:58à la fin
38:59lorsqu'il va vouloir
39:01mettre en œuvre
39:01son programme
39:02à un certain moment
39:03il a fait peut-être
39:04des engagements
39:04à la communauté
39:06à la nation
39:07par exemple
39:08sur les questions
39:09d'homosexualité
39:09sur certaines questions
39:11voilà ce que je vais décider
39:12il veut prendre une loi
39:14pour encadrer
39:15ou pour définir
39:17ses règles
39:18de vie en communauté
39:19qui traduit
39:20la volonté
39:21de la communauté nationale
39:22un partenaire
39:23va dire
39:24si tu fais ça
39:25je vais couper
39:25telle aide
39:26voilà
39:27si vous prenez
39:29telle loi
39:30si vous prenez
39:30telle mesure
39:31je vais couper
39:32l'aide
39:33donc vous allez voir
39:34votre président
39:35élu
39:36il va changer
39:37de détective
39:38il va changer
39:39de politique
39:39ou il va
39:41galvauder
39:42un peu
39:42ses engagements
39:43qu'il avait pris
39:44auprès de la communauté
39:45donc il n'y a pas
39:46de souveraineté
39:47mais il accepte
39:48parce qu'il a besoin
39:49de cet argent
39:49il a besoin
39:50de cet argent
39:51pour pouvoir
39:51mener un certain
39:53nombre d'actions
39:54donc si on veut
39:55être à l'abri
39:56de ce type
39:57d'influence
39:57ça veut dire
39:58qu'il faut que
39:59le citoyen à la base
40:00accepte faire
40:01l'effort
40:01et être civique
40:02en termes
40:03de contribution
40:04de taxes
40:04que chacun
40:05remplisse ses obligations
40:07fiscales
40:07et que les gouvernants
40:09également
40:09puissent gérer
40:11mieux
40:11l'argent
40:12que les communautés
40:14les contribuables
40:15ont apporté
40:16et c'est ça
40:16qui va nous permettre
40:17de nous garder
40:19à l'abri
40:20des interventions
40:22ou des influence
40:23extérieures
40:24vous avez vu
40:24avec les crises
40:25qu'on a vécues
40:27récemment
40:28la préparation
40:29dans tous les partenaires
40:32bilatéraux
40:33ont coupé
40:33leurs appuis budgétaires
40:34il y a d'autres formes
40:35d'aide humanitaire
40:36qui ont continué
40:37mais les appuis budgétaires
40:38ont été coupés
40:40voilà
40:40tout simplement
40:41parce qu'il y a
40:42des actions
40:43qui se sont passées
40:43mais ce sont des Burkinabés
40:45quelque soit
40:46ce qui s'est passé
40:47c'est la contradiction
40:48interne
40:49des Burkinabés
40:50et c'est à eux
40:51de trouver la formule
40:52c'est pas un acteur
40:54extérieur
40:54d'imposer
40:55la conduite
40:56à tenir
40:57c'est la contradiction
40:58interne
40:59des Burkinabés
41:00donc
41:00les partenaires
41:02ont coupé
41:03leurs appuis budgétaires
41:04l'état
41:05a fonctionné
41:06sans ces appuis budgétaires
41:07en développant
41:08plus de rigueur
41:10vous avez vu
41:10qu'il y a eu
41:12beaucoup plus d'arbitrats
41:13pour diminuer
41:14un peu le train
41:15de vie de l'état
41:16et faire des économies
41:17qui ont été
41:18renvoyées
41:19à l'investissement
41:21donc il y a des choix
41:22aujourd'hui
41:23que nous-mêmes
41:23on peut assumer
41:25vous savez
41:26la rhétorique classique
41:27aujourd'hui
41:27c'est sur fond propre
41:29sans demander
41:30l'appui de quelqu'un
41:31donc il y a des choix
41:32qu'on peut assumer
41:33et personne
41:34n'a la possibilité
41:35d'influencer
41:37ces choix politiques
41:38ces choix de société
41:39ces choix économiques
41:43parce qu'il ne nous tient pas
41:44il y a le ministre
41:45Basseleman
41:46qui a expliqué
41:48au Niger
41:49qu'il y a un partenaire
41:50qui est venu le voir
41:51pour lui dire
41:52que
41:54c'est quoi
41:55de la révolution
41:57même
41:58le manifeste
41:59de la révolution
42:00et qu'il y a
42:01telle disposition
42:01telle disposition
42:02que telle partenaire
42:03dit qu'il ne lui prépare
42:04donc
42:05un état décide
42:07d'organiser
42:07son mode de vie
42:08d'organiser
42:09son système économique
42:10et politique
42:11c'est un autre acteur
42:12acteur
42:13donc externe
42:14qui vient dire
42:15non vous devez
42:15supprimer ça
42:16donc
42:17pourquoi il le fait
42:18pourquoi il prend
42:19cette initiative
42:20parce qu'il sait
42:21qu'il vous tient
42:23il vous tient
42:24par le financement
42:24mais maintenant
42:25si vous lui enlevez ça
42:26il ne peut plus
42:29vous contrôler
42:30donc c'est pour ça
42:31je dis il n'y a pas
42:32de souveraineté politique
42:33il n'y a pas
42:34de souveraineté
42:35même militaire
42:37sans souveraineté budgétaire
42:39donc on doit être prêt
42:41on doit être engagé
42:43pour pouvoir soutenir
42:44l'effort budgétaire
42:46l'effort de contribution
42:47c'est ça qui va nous permettre
42:49d'assumer nos choix
42:50et que nos dirigeants
42:52nos gouvernants aussi
42:53ils puissent faire les choix
42:54qui reflètent
42:55effectivement
42:56nos aspirations
42:58sinon autrement dit
42:59ils vont faire des choix
43:00souvent
43:00qui répondent
43:01beaucoup plus
43:02aux orientations
43:03aux désirs
43:04d'autres acteurs
43:05et qui ne sont pas
43:06forcément
43:07les choix
43:07de la population
43:09donc la souveraineté
43:10politique
43:11se maintient
43:12se développe
43:14par la souveraineté budgétaire
43:16et il y a d'ailleurs
43:17Sekou Touré
43:18qui disait
43:18que si vous apprenez
43:19que l'Occident m'applaudit
43:20c'est que je vous ai trahi
43:22exactement
43:22pour illustrer votre point
43:24exactement
43:24vous insistez aussi
43:25sur un fait
43:26le respect
43:27du droit
43:28dans la société
43:29est-ce que cela
43:31n'est pas en contradiction
43:32je reviens encore
43:33là-dessus
43:33avec le fait que
43:35certaines grandes puissances
43:36n'hésitent pas
43:37à bafouer les règles
43:39du droit
43:39lorsqu'il s'agit
43:40de leur propre défense
43:41pourquoi est-ce que nous aussi
43:42on ne ferait pas pareil
43:43moi je ne pense même pas
43:44que chez nous
43:45c'est de ça
43:46parce que
43:48certaines puissances
43:49surtout occidentales
43:52moi je suis arrivé
43:54à la conclusion
43:54que
43:55ce qui se passe
43:56chez nous
43:57et toutes
43:59ces contradictions
44:00toutes ces difficultés
44:02à l'international
44:03ce n'est pas le problème
44:04du coup d'état
44:06ce n'est pas le problème
44:07du fait que
44:08c'est un militaire
44:08qui l'a fait
44:09le problème
44:10c'est le choix
44:11des gouvernants
44:11et moi je suis convaincu
44:13que même un président élu
44:14il y a des choix
44:16si vous les faites
44:16vous aurez la même adversité
44:18vous allez faire face
44:20à la même difficulté
44:21et de la même manière
44:23un militaire
44:25aux affaires
44:25si vous abandonnez
44:27certains choix
44:29et donc
44:30vous faites des choix
44:31qui arrangent
44:32des partenaires extérieurs
44:33vous serez à l'abri
44:35de cette adversité
44:36donc la question
44:38ce n'est pas typiquement
44:38le coup d'état
44:40ou que c'est un militaire
44:41qui est aux affaires
44:41pour moi
44:42la question
44:43l'enjeu
44:44c'est beaucoup plus
44:44le choix
44:45et même
44:47sur les questions
44:47de droit
44:48si vous faites
44:49leur affaire
44:49vous allez voir
44:50il y a beaucoup
44:50de questions
44:52qui ne vont pas
44:53plus constituer
44:54des problèmes
44:54des préoccupations
44:55des droits
44:56mais si vous ne faites
44:57pas leur affaire
44:59ils vont créer
45:00des problèmes
45:00même où il n'y a pas
45:01de problème
45:01de droit
45:02vous êtes journaliste
45:03vous avez vu le cas
45:04tout de suite
45:04des journalistes
45:05qui ont décidé
45:06d'aller à l'immersion
45:07patriotique
45:07volontairement
45:08mais ça a été présenté
45:10comme si c'est
45:11une coercition
45:12pour aller faire
45:14une formation
45:15militaire
45:15et présenter tel
45:17ça veut dire
45:17que c'est un problème
45:18de droit
45:19ce que moi
45:20je pense
45:20c'est que l'action
45:21publique
45:22généralement
45:23s'inscrit
45:24dans un cadre
45:26juridique
45:26vous avez vu
45:27le cas
45:27des VDP
45:28la réalité
45:29c'est que
45:31les citoyens
45:31dans certaines localités
45:33ont commencé
45:34à combattre
45:35sans l'état
45:36sans cadre juridique
45:37les gens
45:38se sont mobilisés
45:39ils ont cherché
45:41les armes
45:41ils ont cherché
45:42les moyens
45:43et ils ont cherché
45:45donc les munitions
45:46et ils ont commencé
45:47à se défendre
45:48ça c'est la réalité
45:50maintenant
45:50où est-ce qu'ils ont eu
45:51l'argent
45:51qui a donné l'argent
45:52qui a comment
45:53vous ne maîtrisez pas ça
45:55donc pour un état
45:56tous ces éléments
45:57doivent être maîtrisés
45:58pour éviter
45:59qu'un acteur
46:01un jour
46:02prend le monopole
46:04d'un certain nombre
46:05d'actions
46:05et finalement
46:06limite
46:09l'autorité
46:10de l'état
46:10sur l'ensemble
46:11du territoire
46:11ou un certain nombre
46:13de matières
46:13donc c'est pour ça
46:14que la première
46:15la loi a été prise
46:16pour instituer
46:17les VDP
46:18et ramener
46:20l'action
46:20de l'engagement
46:21communautaire
46:22dans un cadre
46:24juridique
46:24et réglementaire
46:26donc c'est un exemple
46:28d'application
46:29de droit
46:29où on utilise
46:31le droit
46:31pour encadrer
46:32une action
46:33au lieu de la laisser
46:34parce que ça va
46:35conduire à des débordements
46:37et c'est pas bien
46:38pour l'état
46:39l'autre aspect
46:40que je peux ajouter
46:41également c'est
46:42dans le demande
46:42de finances
46:43vous avez vu
46:43sous le président
46:44Damiba
46:45il y a eu
46:46une initiative
46:46de contribution
46:48de contribution
46:49communautaire
46:49des gens ont contribué
46:51et en son temps
46:52les autorités
46:53avaient ouvert
46:54un compte trésor
46:55à cet effet
46:55pour recevoir
46:57les contributions
46:58des citoyens
46:58voilà
46:59seulement
47:00le compte trésor
47:02a été ouvert
47:02ça c'est la légalité
47:04mais il n'y a pas eu
47:05un cadre juridique
47:06pour encadrer ce fonds
47:08comment on l'utilise
47:09pourquoi on l'utilise
47:10quel type de dépenses
47:12est éligible
47:13qui doit ordonner
47:14qui doit
47:15donc il n'y a pas eu
47:16un instrument
47:17pour encadrer
47:18cette ressource
47:19même si c'était logé
47:21au trésor
47:22donc voilà
47:23des situations
47:24où le défaut
47:24du cadre juridique
47:26peut à un certain moment
47:29conduire à des détourements
47:31d'autorité
47:31et de pouvoir
47:33et à des abus
47:35et qui vont desservir
47:37la mission publique
47:38qui vont desservir
47:41le bien des citoyens
47:43merci
47:43nous sommes en train
47:45de tirer vers la fin
47:46de notre entretien
47:47est-ce qu'il y a un élément
47:48qu'on devait aborder
47:49au cours de cet entretien
47:51et qui malheureusement
47:52n'a pas encore été abordé
47:53si moi dans le livre
47:55il y a une partie
47:56où j'aborde
47:57l'économie de guerre
48:00vous savez
48:02en toute situation
48:03après la douleur
48:05il faut transformer
48:06la douleur
48:07en opportunité
48:08il faut transformer
48:09le problème
48:10en opportunité
48:11et c'est le cas
48:12que nous devons
48:15développer
48:15c'est vrai
48:16que nous avons
48:17été saignés
48:18sur le plan
48:19humain
48:20nous avons été saignés
48:21sur le plan
48:22financier
48:23sur beaucoup
48:23d'autres aspects
48:24c'est à nous
48:25de développer
48:26des mécanismes
48:27qui nous permettent
48:28de transformer
48:29ça en opportunité
48:30en développant
48:31l'économie de guerre
48:33voilà
48:33tous ces équipements
48:35qu'on a payé
48:36la plupart
48:36de ces équipements
48:37on les a payés
48:38de l'extérieur
48:38alors ça doit
48:40nous donner
48:41la
48:42on va dire
48:43l'inspiration
48:44de créer
48:45une industrie
48:45de guerre
48:46les gens vont vous dire
48:47qu'au temps
48:48du capitaine
48:49Thomas Sankara
48:50le Burkina
48:51fabriquait
48:51des munitions
48:53voilà
48:54le Burkina
48:54avait des entreprises
48:55d'état
48:56qui finançaient
48:57qui fabriquaient
48:58des munitions
48:59avec les programmes
49:01d'ajustement
49:02sur terre
49:02toutes ces entités
49:04ont disparu
49:04et quand vous prenez
49:06les munitions
49:06c'est énorme
49:07en termes de consommation
49:08en termes de ressources
49:10et il y a un certain
49:11minimum d'équipements
49:13où vous prenez
49:14le secteur
49:14des drones
49:15aujourd'hui
49:15qui constitue
49:17un élément
49:18clé
49:18dans les formes
49:19de guerre
49:20des formes
49:20modernes
49:20de guerre
49:21que nous voyons
49:22aujourd'hui
49:23parce que
49:24toujours par rapport
49:25à cette question
49:25des drones
49:26ne serait que
49:27l'opération
49:27des drones
49:29nos militaires
49:30aujourd'hui
49:31ont une science
49:31d'utilisation
49:32des drones
49:33que beaucoup
49:34de militaires
49:36dans d'autres
49:36pays n'ont pas
49:37tout simplement
49:38par la pratique
49:38parce que la pratique
49:40les a donné
49:42du savoir
49:43l'expérience
49:45est source
49:45de savoir
49:46donc aujourd'hui
49:47dans l'opérationnalisation
49:48des drones
49:49je pense que
49:49c'est une science
49:50aujourd'hui
49:50que le Burkina
49:52doit pouvoir
49:52structurer
49:53et pouvoir
49:54la vendre
49:55éventuellement
49:56un jour
49:57à des acteurs
49:58je me rappelle
49:59une fois
49:59quand j'étais encore
50:00au SIFOE
50:00on est allé rencontrer
50:02une fois
50:03les autorités
50:04du ministère
50:04de la défense
50:05pour discuter
50:06de leur accompagnement
50:07pour certaines
50:08de nos activités
50:09et une autorité
50:11nous disait
50:12qu'ils ont voyagé
50:14dans un pays
50:15et ça c'était
50:16au début
50:17de 2000
50:18en 2023
50:20et que
50:21les officiers
50:22de ce pays
50:23lors du forum
50:24les gens leur demandent
50:25est-ce que les frappes
50:26qu'on voit au Burkina
50:27les frappes de drone
50:27est-ce que c'est réel
50:29vous voyez que
50:30nous nos militaires
50:31sont déjà
50:31étaient dans une réalité
50:33que les autres
50:34ne pouvaient même pas
50:35imaginer
50:35exactement
50:36voilà
50:36donc pour moi
50:38ça fait de la science
50:39que nous devons
50:40chercher à structurer
50:42et à vendre
50:43l'expertise
50:44et même en termes
50:46de fabrication
50:46des drones
50:47moi je suis sûr
50:48qu'aujourd'hui
50:49on a l'expertise
50:50même quand on n'a pas
50:51l'expertise sur le plat
50:52on a des Burkinabés
50:53qui sont dans
50:54des structures
50:55internationales
50:56on peut créer
50:57des mécanismes
50:58même s'ils vont
50:58passer un salaire
50:59ou ils vont former
51:00des informaticiens
51:02des acteurs locaux
51:03pour créer cette industrie
51:05dans le domaine
51:06des drones
51:07parce que
51:07nous on a le retour
51:08de terrain
51:09que d'autres n'ont pas
51:11même ceux qui fabriquent
51:13il y a des retours
51:14de terrain
51:14que forcément
51:15ils n'ont pas
51:16et moi je pense que
51:17ça c'est également
51:19une bonne opportunité
51:21pour créer
51:22effectivement
51:22cette industrie
51:24cette économie
51:25de guerre
51:26et c'est ça
51:27qui va nous permettre
51:28justement de faciliter
51:29la reconstruction
51:30et de consolider
51:31tous les acquis
51:33que nous aurons eus
51:35et d'être
51:36à la pointe
51:36de l'innovation
51:37parce qu'on se rend compte
51:39que les enjeux
51:40aujourd'hui
51:40c'est vraiment
51:41l'innovation
51:42l'innovation technologique
51:43et dès lors
51:44que vous êtes déjà
51:46engagé
51:46dans ce créneau
51:48vous gardez
51:49un certain
51:50leadership
51:51dans ce secteur
51:52moi je pense que
51:52c'est une question
51:54qu'on n'a pas abordé
51:55que je pense
51:55qui est très importante
51:56et voilà qui est faite
51:57merci aussi
51:58de n'avoir pas
51:59tout développé
52:00et de permettre
52:00aux uns et aux autres
52:02de découvrir
52:03déjà le reste
52:04de ce qu'il y a
52:05à savoir
52:05au travers de votre livre
52:06qui se trouve déjà
52:07dans quelle librairie
52:09elle se trouve
52:09à la librairie
52:10Mercury
52:12ceux qui ne sont pas
52:12au Burkina
52:13peuvent aller
52:14en ligne
52:15ils peuvent avoir
52:16le document
52:17il suffit
52:18qu'ils googlent
52:19mon nom
52:19et puis le titre
52:20du document
52:21ils peuvent l'avoir
52:22en français
52:23et en anglais
52:24également
52:24au prix de ?
52:26localement
52:27il est au prix
52:27de 10 000 francs
52:28merci à vous
52:29nous sommes au terme
52:30de notre entretien
52:31la coutume ici
52:32c'est de permettre
52:33à l'invité
52:35de donner le mot
52:36de fin
52:37avec une phrase
52:38un mot
52:39une citation
52:40ou un proverbe
52:41qui vient de chez lui
52:42déjà vous êtes Ouattara
52:44est-ce que vous pouvez
52:44décliner votre identité
52:46ou du moins votre ethnie
52:47et en même temps
52:48vous passer le mot
52:49si vous voulez
52:49en langue locale
52:52merci
52:52bon moi
52:55je suis hybride
52:56moi je suis
52:57c'est une fois
52:58mais je suis
52:58du là aussi
52:59voilà
53:00je suis du là
53:01parce que
53:01moi
53:01elle vient du nord
53:02de la Côte d'Ivoire
53:03et elle est détenue du là
53:06donc je peux parler
53:06en du là
53:07comme je peux parler
53:08en c'est une fois
53:09mais j'ai préféré
53:11la langue de ma maman
53:13et
53:13ce moment on dit
53:15que
53:19ce qui veut dire en français
53:20ce qui veut dire que
53:21la démarche du chat
53:23est différente
53:25de la manière
53:26par laquelle
53:27elle bondit
53:28sur sa proie
53:30ça veut dire
53:31que les gens
53:32peuvent avoir regardé
53:33le Burkina
53:34comme un pays pauvre
53:35comme un pays
53:37incapable
53:37qu'il faut accompagner
53:39mais face au défi
53:41ce que le Burkina
53:43est en train
53:43de démontrer
53:44c'est totalement différent
53:46de l'image
53:48et du regard
53:50que les gens
53:51avaient sur le Burkina
53:52donc la démarche du chat
53:54est différente
53:56de la manière
53:58dont elle bondit
54:00sur la proie
54:01merci

Recommandations