00:00Toujours avec France Guyane, aujourd'hui on rencontre Andy Badami,
00:04qui est administrateur de la musique enregistrée en Guyane.
00:06Merci d'être là.
00:08Super, merci à toi et bonjour à la Guyane.
00:11Andy Badami, administrateur de la musique enregistrée au sein de l'agence Le Choumcom.
00:16Vous avez publié et aussi restitué à l'Assemblée nationale,
00:19devant les députés de la Guyane et d'autres personnages importants,
00:23la première étude d'envergure sur la manière dont est consommée la musique dans les Antilles Guyane,
00:28« À quoi ressemble le paysage musical et artistique aux Antilles Guyane en 2026 ? »
00:34Déjà, je tiens quand même à remercier la Fédérape,
00:38Léla Bello qui a cru en moi, qui a cru en ce projet.
00:42Ça fait un an maintenant, suite au premier état généraux de la musique,
00:45il y a eu pas mal de concertations, beaucoup d'échanges.
00:48On s'est dit que c'était le bon moment pour annoncer que cette étude Zayel est disponible.
00:54Et aujourd'hui, je trouve qu'il nous manquait des chiffres.
00:58Pour faire une mise à jour, un état des lieux de comment le public,
01:02comment la population écoute et consomme la musique,
01:05il y a différents supports.
01:07Et je trouve que là, on a une très belle base pour mieux appréhender le marché,
01:11notre marché à nous, les ultramarins.
01:13Donc je pense qu'il n'y a que de bonnes choses qui arrivent.
01:15Et merci encore pour ce moment.
01:17Tu disais justement, lors de la restitution, la première que vous avez faite aux locaux de Spotify France,
01:22qu'on a un tournant dans l'histoire de la musique antigo-guyanaise
01:28et de sa place qu'elle prend dans le paysage français.
01:30Est-ce que tu peux un peu développer ce point de vue ?
01:33Les chiffres, on va dire, l'année 2025, ça a été un record pour les Antiguanes et même la Réunion.
01:41Car il y a eu plus de 25 certifications durant cette année.
01:44C'est énorme.
01:45D'ailleurs, là, on est en train de voir pour donner les chiffres de 2024.
01:48Mais je crois qu'apparemment, on n'avait qu'entre 5 et 8 certifications.
01:53Là, c'est 4, 5 fois plus.
01:55Et là, c'est énorme ce qui se passe.
01:56Donc je crois que c'est vraiment le moment aux acteurs, aux actrices, aux structures
02:01de se saisir de ces chiffres, de ce qui se passe.
02:06Parce que maintenant, on est dans une phase de structuration.
02:10Il y en a sur quelque chose de concret aussi.
02:12Les artistes, je pense qu'on peut les nommer.
02:14Tu pourras lui faire mieux que moi, mais je sais qu'il y a Meryl.
02:16Oui, Meryl, il y a Nken, il y a Maureen, Shannon.
02:24Il y a énormément d'artistes qu'il y a 2-3 ans, on n'aurait jamais imaginé autant de
02:30disques d'or.
02:301-2-1, Ibuway, Bambi, même nous, on perd la tête tellement il y a des artistes qui ont des
02:38certifications.
02:39Parce que c'est quand même important de le dire, c'est 15 millions de streams premium pour être certifiés.
02:44Et c'est quand même un très beau score qu'il y ait autant de certifications.
02:50Donc oui, première restitution dans les locaux de Spotify France.
02:53Je trouvais que c'était un moment assez fort.
02:55Parce qu'ils sont arrivés en 2021, ils se sont rendus disponibles en 2021 dans notre zone.
02:59Oui, parce que jusqu'à cette période-là, Spotify n'était pas disponible aux Antigüen.
03:05C'est ça.
03:06Et ça a fait beaucoup de scandales.
03:07C'est quelque chose qui était quand même assez grave au niveau de la manière dont on pouvait juste se
03:12projeter.
03:13Ah, totalement.
03:15En fait, il n'y aurait jamais pu avoir d'études sur la manière dont est consommée la musique,
03:20si la musique n'est pas consommée sur les plateformes de streaming, en fait.
03:23Exact.
03:24Donc c'est là aussi que oui, je pense que Spotify, tu as raison de les mettre en avant.
03:28Et par rapport à ce que tu as pu faire avec eux jusqu'à maintenant,
03:34est-ce qu'il y a un point précis sur lequel tu veux attirer l'attention ?
03:37Quelque chose que le commun des mortels, on va dire, ne sait pas sur la manière dont tu as consommé
03:43la musique aux Antigüen ?
03:45On va dire que les gens, enfin, ce n'est pas de leur faute, c'est juste des consommateurs.
03:51Je pense qu'ils n'ont pas conscience qu'un stream peut changer la vie d'un artiste.
03:56C'est-à-dire que c'est un abonnement à 9,99€.
04:00Tu écoutes la musique dans le monde entier, tout le catalogue disponible.
04:06Et à l'époque, voilà, il fallait 15€ ou 20€ pour acheter un album de 18 titres ou 20 titres.
04:12Aujourd'hui, avec 20€, tu écoutes tous les albums du monde entier.
04:16C'est vrai que c'est un coût, parce qu'à l'année, dans l'étude, on a analysé que
04:21c'est quand même 220€ à l'année,
04:24être abonné à une plateforme de streaming.
04:26Du coup, c'est quand même moins un coût, mais voilà, on veut sensibiliser les structures, les institutions,
04:30pour peut-être adapter un forfait pour nous, les ultramarins, car il y a quand même 40% de vie
04:35chère chez nous.
04:37Beaucoup de jeunes aussi, donc.
04:39Ouais, surtout en Guyane, 47% de la population en moins de 25 ans.
04:43En fait, c'est ça, c'est qu'est-ce qu'on en fait de cette jeunesse ?
04:47Qu'est-ce qu'on en fait ?
04:48Mais je suis très confiant, parce qu'avoir les institutions comme le CNM,
04:53donc le Centre National de la Musique et le SNEP,
04:55qui est le syndicat national des éditeurs phonographiques,
04:59ils ont validé l'étude, ils voient que c'est fiable,
05:02ils nous encouragent pour la suite, et je pense que...
05:05Ouais, je veux pas trop me prononcer, mais on a un bel horizon devant nous.
05:12Et pour les artistes, ceux pour qui aussi tu fais cette étude,
05:17qu'est-ce que ça change maintenant d'avoir ces résultats, concrètement ?
05:20Très bonne question.
05:23On va dire, à l'époque, on se disait,
05:27de toute façon, ça sert à rien de mettre les sons sur les plateformes,
05:29les gars, ils écoutent sur du YouTube, sur du Syncland.
05:32Aujourd'hui, on sait que, certes, la plateforme vidéo la plus utilisée, c'est YouTube,
05:38mais juste derrière, c'est Spotify.
05:41Et juste derrière, en plus, c'est Apple Music.
05:43Donc, qui l'aurait cru qu'on aurait autant consommé la musique via ces plateformes ?
05:49Ça permet juste de se saisir de quelles plateformes est plus utilisées,
05:53en Guyane, en Martinique, en Guadeloupe.
05:56Par exemple, en Guadeloupe, on sait que c'est plus Apple Music.
05:59Tu vois, il y a différents...
06:01Ça dépend vraiment des régions,
06:03et ça permet de mettre en avant une stratégie digitale sur Apple Music,
06:08sur Deezer ou sur Spotify.
06:09Donc, pour les artistes, c'est un outil, et même les producteurs,
06:13c'est un outil essentiel pour la promotion de leur musique.
06:18Donc, pour moi, c'est connaître son marché.
06:22Il faut connaître son marché,
06:24où est-ce que les gens écoutent quoi, écoutent où.
06:27C'est un peu comme les community managers qui doivent poster à 18h,
06:31ou tu vois, c'est des outils statistiques
06:33qui permettent de mieux, en tout cas, annoncer un projet.
06:37Qui peuvent permettre à des artistes qui, justement, sont émergents,
06:40ou qui sont aussi au début de leur carrière,
06:43de se développer,
06:44et d'appuyer, d'utiliser les bons leviers pour la renoncer.
06:49Ouais, c'est ça.
06:50C'est qu'aujourd'hui, je pense que le streaming,
06:53ça va faire 10 ans que le SNEP a inclus le streaming
06:57dans sa comptabilisation pour avoir un disque d'or.
07:00À l'époque, ça n'existait pas.
07:02Et même, il y a le freemium qui a été pris en compte.
07:04Je ne vais pas trop rentrer dans les détails,
07:05mais, en gros, un stream premium est égal à 7 streams freemium.
07:10OK.
07:11Donc, les choses sont en train de changer,
07:13les habitudes de consommation aussi.
07:15Et je pense que ça donne envie aussi à la filière
07:18de se professionnaliser, tout simplement.
07:20Il y a des chiffres sur nous.
07:23Spotify qui nous accueille dans leurs locaux.
07:26Ensuite, il y a l'Assemblée nationale.
07:28En fait, on se dit que ça y est, quoi.
07:31En fait, on est légitime.
07:33C'est du concret, ce qu'on propose.
07:34Il y a de plus en plus de projets,
07:36d'artistes qui mettent sur les plateformes,
07:39qui font des clips,
07:41des producteurs, même des compositeurs qui font des projets.
07:43Donc, en fait, la filière, elle est riche, elle est là.
07:46Mais qu'est-ce qu'on en fait ?
07:47Où sont les outils ?
07:48Comment les orienter ?
07:50C'est là que le travail de structuration dont tu parlais se construit.
07:54Tu mentionnais l'Assemblée nationale,
07:58et donc, indirectement, les députés.
08:01S'il y avait une chose que les élus du territoire guanais,
08:06et peut-être aussi les autres ultramarins,
08:09voire au niveau national,
08:10devaient retenir des résultats de cette étude,
08:14ce serait quoi pour toi ?
08:17S'il devait s'appuyer sur cette étude pour prendre des décisions,
08:20ça devrait être lesquelles ?
08:22C'est une bonne question.
08:23Là, j'ai tellement de chiffres dans la tête.
08:26Et ce qui m'a le plus marqué,
08:29c'est qu'on écoute les langues créoles.
08:32Alors qu'il faut savoir que la langue créole,
08:34c'est la troisième langue la plus écoutée chez nous.
08:38Et c'est exceptionnel,
08:39parce que même en France Hexagonale,
08:41aucune langue régionale n'atteint ce classement.
08:44Et tu vois, quand on produit de la musique,
08:46on peut se dire,
08:47mince, est-ce que je dois chanter en français ?
08:49Est-ce que je dois chanter en créole ?
08:50Si je t'entends en créole, je serais peut-être pénalisé.
08:52Ben non.
08:54Aujourd'hui, c'est totalement faux.
08:56Donc c'est une des stats qui m'a fait plaisir de t'analyser,
08:59donc sur plus de...
09:01Ouais, sur plus de mille réponses.
09:03Chaque personne en a analysé,
09:05ils ont voté quoi, ils ont coché quoi.
09:07Et on se rend compte que la langue créole,
09:08les langues créoles sont troisièmes, quoi.
09:10Donc il y a le français en premier, l'anglais,
09:12et en troisième position, le créole.
09:14Ok. Et dans trois ans, dans cinq ans,
09:17je voudrais que cette étude,
09:18elle serve à quoi ?
09:20Elle est apportée quoi
09:21dans le paysage de la musique aux Antiguènes ?
09:24Eh bien, en cinq ans,
09:25j'espère qu'on en aura deux,
09:27voire trois déjà d'études.
09:28Parce que le but, c'est que tous les deux ans,
09:30parce que j'avoue,
09:31on a fait ça en totale indépendance avec Fédéra.
09:33On n'avait pas de subvention,
09:35c'était vraiment compliqué.
09:37d'où le fait qu'on a fait un parti pris
09:40pour choisir les Antilles,
09:42où on était plus proche.
09:43J'espère qu'on pourra inclure
09:44La Réunion, Mayotte
09:46et les autres territoires ultramarins.
09:48Donc ouais, en cinq ans,
09:49je pense que, encore une fois,
09:51je n'aimerais pas trop m'avancer,
09:52mais beaucoup d'acteurs et d'actrices
09:55vont se saisir de cette étude,
09:57de ces chiffres.
09:58Je pense qu'après,
09:59j'espère que le CNM pourra poursuivre,
10:01parce qu'ils ont plus de moyens.
10:02mais que nous,
10:03on veut vraiment se positionner
10:05comme des acteurs
10:07qui se soucient de ces territoires-là,
10:09de la consommation, du marché.
10:11Donc dans cinq ans,
10:14je pense que les artistes,
10:17les compositeurs,
10:18toute la chaîne de la filière musicale
10:20va progresser avec cette étude.
10:22Ok.
10:23Si je devais te laisser conclure,
10:25te donner le mot de la fin,
10:26et peut-être aussi parler aux artistes
10:29ou aux jeunes,
10:31ceux qui hésitent,
10:31ceux qui ont envie de s'engager aussi
10:33dans le développement de la musique,
10:34en dehors du milieu artistique pur,
10:38tu voudrais dire quoi,
10:39pour finir ?
10:41Franchement,
10:42aujourd'hui,
10:43il y a beaucoup d'outils.
10:45Il faut s'en saisir,
10:46il faut s'enseigner.
10:49On vit quand même
10:49dans le monde d'Internet.
10:51Maintenant, il y a l'IA.
10:53Je pense qu'aujourd'hui,
10:56la filière a les outils nécessaires
10:58pour comprendre,
11:00pour déjà savoir c'est quoi la SACEM,
11:02le rôle...
11:03Enfin, ouais,
11:04toutes les institutions,
11:05il y a moyen de les connaître.
11:10Donc, en une phrase ?
11:11En une phrase, en gros,
11:14la formation est à votre portée,
11:15en fait.
11:16La formation est là,
11:17et il y a des gens compétents.
11:20Enfin, moi, je sais que je suis là pour eux.
11:24S'ils ont besoin d'un renseignement,
11:25s'ils ont besoin de compléter leurs acquis,
11:28voilà,
11:30vous n'êtes pas seuls.
11:31Je pense, voilà,
11:32vous n'êtes pas seuls,
11:32vous n'êtes plus seuls
11:35et structurons ensemble
11:36cette filière musicale aux Antiguan.
11:38OK.
11:40C'était un super mot de la fin,
11:41je te remercie.
11:42Ça a pris le temps de t'être déplacé.
11:44Merci à toi,
11:45pour ce moment.
11:46Et on se dit à la prochaine,
11:47j'espère.
11:48Merci France Gunn pour ce moment.
11:49C'était Andy Badami pour cette interview.
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