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Édouard Philippe a expliqué jeudi 17 septembre, lors d'un discours aux Ponts-de-Cé, dans le Maine-et-Loire, vouloir "doter la France d'une véritable politique de sécurité climatique", avec plusieurs propositions, notamment la création d'un "fonds unique d'adaptation au changement climatique" de 2 milliards d'euros par an.
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TVTranscription
00:00:00Mesdames les présidentes, madame la présidente du conseil régional, madame la présidente du conseil départemental,
00:00:04mesdames et messieurs les parlementaires, les élus, mesdames et messieurs et surtout chers amis.
00:00:13S'il avait résidé à l'Irée cette année, Dubélé n'aurait peut-être pas célébré la douce orange vide.
00:00:20Car cette année, à l'Irée comme à Angers, comme au Pont de Cé où nous nous trouvons aujourd'hui,
00:00:25deux phénomènes climatiques extrêmes se sont succédés avec une intensité et une durée peu communes.
00:00:33Il suffit de regarder les photos avant-après, elles sont éloquentes si on se place ici au Pont de Cé
00:00:38ou en aval
00:00:39sous les ponts de Montjean-sur-Loire ou de Loire-Auxence ou d'Ancenis pour en saisir l'ampleur.
00:00:44D'abord le trop-plein, puis la pénurie.
00:00:48Ceux qui avaient la Loire à leur pied en février pouvaient presque la traverser à pied six mois plus tard.
00:00:54J'exagère à peine en disant cela.
00:00:57Ces phénomènes frappent la France entière en tout point de son territoire.
00:01:01À Saint-Martin-Zuby, à Breil-sur-Roya, dans les Alpes-Maritimes, à Arc, dans le Pas-de-Calais,
00:01:07mais aussi à Mayotte en décembre 2024 après le passage du cyclone Chido
00:01:12ou à la Réunion en février 2025 après le cyclone Garance.
00:01:16Et puis il y a eu les feux.
00:01:18Des feux de plus en plus au nord, en forêt de Fontainebleau cet été, dans les Ardennes et ici même,
00:01:24en Anjou, où des milliers d'hectares sont partis en fumée il y a trois ans.
00:01:28Des feux de plus en plus intenses, à tel point qu'on les a appelés les méga-feux,
00:01:32comme en Gironde, comparables à ceux qui prévalent parfois au Canada
00:01:35et qui demandent aux pompiers des trésors de courage et d'endurance.
00:01:39Plus de 120 000 hectares, Christophe l'a dit, sont ainsi partis en fumée cet été,
00:01:43ce qui fait de 2026 l'année la plus dévastatrice du siècle.
00:01:51Des catastrophes qui laissent des séquelles profondes, durables sur les territoires,
00:01:56sur les écosystèmes, sur les biens, sur chacun d'entre nous,
00:02:00y compris parfois sur le plan psychologique.
00:02:03Ce que nous retiendrons de cet été, ce sont aussi les intérieurs surchauffés,
00:02:08les nuits sans sommeil, les cours ou les examens qu'il a fallu reporter,
00:02:12les transports perturbés, la grande souffrance des tout-petits et des plus âgés.
00:02:17Nous avons eu tous, je crois, le sentiment de vivre quelque chose
00:02:20qui dépassait de loin le cadre de ce que nous avions connu.
00:02:25Et je crois, mes chers amis, qu'il arrive qu'il y ait des moments
00:02:28où nous nous disons que nous changeons d'air, des moments de bascule,
00:02:32des moments où nous nous rendons compte que le monde d'après
00:02:34ne va pas être exactement comme le monde d'avant, et il n'est pas impossible.
00:02:37Que l'été que nous venons de passer, avec son intensité, avec sa dureté,
00:02:41avec la longueur et la répétition des événements de canicule,
00:02:46constitue un de ces moments de transition, un de ces moments de bascule.
00:02:52Les phénomènes que nous avons connus cet été vont se répéter.
00:02:55Ils vont devenir plus intenses.
00:02:58On dit souvent que l'été que nous venons de passer
00:03:00sera peut-être beaucoup plus clément
00:03:02que les 15 ou les 20 étés qui suivront.
00:03:05Sans doute.
00:03:07Je ne dis pas cela pour affoler,
00:03:09je ne dis pas cela pour le plaisir d'inquiéter.
00:03:11Je dis cela parce que c'est probablement la réalité,
00:03:14la nouvelle réalité, celle à laquelle nous devons faire face,
00:03:17et qu'il vaut mieux s'y préparer
00:03:19en la regardant dans les yeux.
00:03:22Je ne souhaite pas que nous laissions à nos enfants
00:03:25une France désarmée,
00:03:27sans protection contre les dangers climatiques
00:03:30qui les concerneront directement.
00:03:33Notre climat,
00:03:34le climat dans lequel grandissent mes enfants,
00:03:36n'a déjà plus grand-chose à voir
00:03:37avec celui que moi j'ai connu en Normandie
00:03:39au début des années 70,
00:03:41quand j'ai grandi.
00:03:42Nos paysages changent,
00:03:43et le rythme auquel ils changent est parfois effrayant.
00:03:47Je donne quelques exemples,
00:03:49mais chacun, chez lui, est capable d'en citer et de nombreux.
00:03:53En Dordogne,
00:03:54certaines espèces de chênes sont en voie de disparition.
00:03:58Dans une génération,
00:03:59il n'y aura plus de sapins dans les forêts de Haute-Garonne.
00:04:03De façon presque plus légère,
00:04:06je voudrais vous dire que
00:04:07les surfaces viticoles de Normandie et de Bretagne
00:04:11ont respectivement augmenté
00:04:13de 74 et de 78% dans les cinq dernières années.
00:04:18Alors, je reconnais qu'on partait de loin en la matière,
00:04:21mais chacun mesure,
00:04:23chacun mesure très bien
00:04:24ce que cette nouveauté veut dire
00:04:26sur la transformation du climat.
00:04:28Le temps où le grand Fernand Brodel
00:04:32pouvait évoquer dans l'identité de la France
00:04:36cette cassure, je le cite,
00:04:37cette cassure essentielle que nul Français n'ignore
00:04:40entre le Nord et le Midi
00:04:42et que signale à elle seule avec éclat
00:04:45les limites septentrionales
00:04:46des plantes caractéristiques du Midi,
00:04:48la vigne, l'olivier, le châtaignier, le mûrier,
00:04:52puis ce visiteur tardif
00:04:54que sera le maïs importé d'Amérique.
00:04:57Aujourd'hui, cette cassure est moins nette
00:05:00et elle remonte sensiblement vers le Nord.
00:05:02Notre climat se transforme.
00:05:04Certains font encore mine de ne pas le voir
00:05:07ou de douter du rôle de l'homme
00:05:09dans cette évolution.
00:05:11Les climato-sceptiques s'expriment peut-être
00:05:13avec moins de virulence depuis cet été,
00:05:15mais ils n'ont pas complètement disparu.
00:05:18Les autres,
00:05:19et c'est l'immense majorité d'entre nous,
00:05:21se posent la question éternelle,
00:05:23la seule question qui vaille en politique,
00:05:25que faire ?
00:05:27La réponse tient en deux mots,
00:05:30atténuation et adaptation.
00:05:33Atténuation du phénomène
00:05:34et adaptation aux conséquences du phénomène.
00:05:38Je ne vais pas parler aujourd'hui
00:05:39de ce vaste chantier de l'atténuation.
00:05:42J'y reviendrai au cours de la campagne.
00:05:44Je veux juste dire que nous avons nos responsabilités
00:05:46à prendre dans ce combat pour l'atténuation
00:05:49et que nous tiendrons évidemment
00:05:50les engagements de l'accord de Paris
00:05:52car la France doit continuer
00:05:54à faire baisser ses émissions de gaz à effet de serre.
00:05:57Mais dans le combat de l'atténuation,
00:05:59l'essentiel ne dépend plus de nous.
00:06:01Ou en tout cas plus significativement de nous.
00:06:04Nous ne représentons plus guère
00:06:06que 1% des émissions de gaz à effet de serre
00:06:08dans le monde tel qu'il est aujourd'hui.
00:06:09Le combat pour l'atténuation dépend
00:06:11en très grande partie du reste du monde,
00:06:13notamment de la Chine et des Etats-Unis.
00:06:16Nous avons notre rôle à jouer,
00:06:18mais la solution au problème ne dépend pas,
00:06:20ne dépend plus de nous.
00:06:21En revanche,
00:06:23l'adaptation aux conséquences du phénomène,
00:06:25elle, dépend totalement de nous.
00:06:29Et la bonne nouvelle,
00:06:30c'est qu'à d'autres époques,
00:06:31dans d'autres circonstances,
00:06:33nous avons déjà su nous adapter.
00:06:36Nous avons au XIXe siècle
00:06:37planté la forêt des Landes
00:06:38pour assédir les terres et pour fixer les sols.
00:06:40Dans les Cévennes,
00:06:41nous avons reboisé l'éguale,
00:06:43construit des murets et des ouvrages de protection
00:06:45pour lutter contre l'érosion et les crues
00:06:47qui ravageaient les vallées.
00:06:48Nous avons ici élevé les grandes levées de la Loire
00:06:52pour protéger les villes
00:06:53après les crues catastrophiques du XIXe siècle,
00:06:551846, 1856, 1866,
00:06:58il y avait une forme de régularité.
00:07:00Des levées qui protègent encore,
00:07:02qui sont indispensables encore aujourd'hui.
00:07:04Nous avons construit des barrages,
00:07:06puis d'abord à Aiguzon, à Saran,
00:07:10puis dans les Alpes, dans les Pyrénées,
00:07:11pour maîtriser l'eau,
00:07:13pour produire l'électricité.
00:07:14Nous avons creusé des cadeaux,
00:07:15développé nos réseaux d'eau,
00:07:16d'assainissement,
00:07:17aménagé nos ports,
00:07:18équipé la montagne,
00:07:19transformé le littoral.
00:07:21La France n'a jamais considéré
00:07:24sa géographie comme une fatalité.
00:07:26C'est d'ailleurs une très grande leçon du gaullisme
00:07:28lorsque, en 1963,
00:07:30le général de Gaulle créé la DATAR
00:07:32pour donner à l'État les moyens
00:07:33d'organiser le territoire,
00:07:35de l'aménager comme c'est l'intérêt du pays.
00:07:37Et dans la région d'Olivier Guichard,
00:07:39la DATAR, ça rappelle forcément des souvenirs.
00:07:42Cela dit surtout une chose de nous.
00:07:45Brodel, s'inspirant du géographe
00:07:47et résistant des Fontaines,
00:07:49la résume par cette formule.
00:07:51Pour lui, la France est, je cite,
00:07:53« le résultat d'une bataille des climats
00:07:56et des végétations ».
00:07:58Cette bataille des climats et des végétations,
00:08:00nous devons la mener à notre tour.
00:08:02Ce que nous avons fait par le passé,
00:08:04en modelant la France pour livrer
00:08:06cette bataille des climats,
00:08:07nous pouvons et nous devons le refaire.
00:08:10Mais ne nous y trompons pas.
00:08:12Le défi de l'adaptation sera cette fois-ci
00:08:14d'une ampleur inédite.
00:08:17Pourquoi ? Parce que nous touchons
00:08:18aux limites planétaires.
00:08:21Parce que c'est le caractère vivable
00:08:24et pas simplement agréable
00:08:25de la France de demain qui est en jeu.
00:08:28Ce n'est plus, au fond,
00:08:31seulement une question environnementale.
00:08:32c'est en train de devenir une question de sécurité collective,
00:08:37une question de protection,
00:08:39une question régalienne.
00:08:41Et la France doit donc se doter
00:08:43d'une véritable politique de sécurité climatique.
00:08:46Et c'est pour évoquer cette nécessité de sécurité climatique
00:08:50que j'ai tenu à consacrer
00:08:51le premier volet de mon projet pour l'environnement
00:08:53à cette question de l'adaptation au changement climatique.
00:08:57Et j'aurai l'occasion, au cours de cette campagne,
00:08:59de décliner d'autres volets,
00:09:01notamment en matière d'électrification de la France
00:09:03ou d'indépendance énergétique.
00:09:05Mais à l'heure où ce terrible été s'achève,
00:09:09alors que des milliers de Français sinistrés
00:09:11affrontent mille difficultés,
00:09:12nous devons tirer les leçons de ce qui s'est passé
00:09:14et définir les orientations d'une politique
00:09:16de sécurité climatique à la hauteur du défi qui nous attend.
00:09:20Car l'enjeu est trop grave,
00:09:23trop durable,
00:09:24pour que le débat présidentiel puisse l'éluder.
00:09:30Comme peut-être beaucoup d'entre vous,
00:09:32je ne suis pas né dans l'écologie politique.
00:09:36Je n'y suis pas venu spontanément.
00:09:38Ça m'a peut-être évité d'aborder celle-ci
00:09:40sous un angle trop idéologique, je ne sais pas.
00:09:42Mais en tout cas, ce qui est vrai,
00:09:43c'est que je n'y suis pas né.
00:09:45Comme des millions de personnes de ma génération,
00:09:48cette conscience de la question écologique,
00:09:50elle m'est venue peu à peu, progressivement.
00:09:54Au gré de mes lectures, d'abord.
00:09:56Parce qu'on est souvent ce qu'on lit.
00:09:59En tout cas, moi, je crois qu'on est souvent ce qu'on lit.
00:10:01Pas seulement, mais souvent ce qu'on lit.
00:10:04Certaines de ces lectures m'ont profondément marqué.
00:10:06Comme ce livre qui s'appelle
00:10:07« Effondrement » de l'essayiste américain Jared Diamond.
00:10:11C'est un livre que certains qualifient de sombre.
00:10:14Et de fait, il est parfois très sombre.
00:10:18Et c'est un livre dans lequel
00:10:21Diamond montre comment, dans l'histoire,
00:10:23les changements climatiques ont précipité la chute
00:10:26de certaines civilisations.
00:10:28Mais dans lequel il montre surtout que
00:10:30certaines sociétés ont réussi à s'adapter
00:10:32à des transformations climatiques
00:10:33ou à des enjeux environnementaux,
00:10:35se préparer,
00:10:37s'adapter à ces changements,
00:10:38et poursuivre leur développement.
00:10:40Et il écrit, on est en 2005,
00:10:43il écrit
00:10:43« Ainsi, du fait même que nous suivons
00:10:47de plus en plus cette voie non durable,
00:10:49les problèmes mondiaux d'environnement
00:10:51seront bel et bien résolus
00:10:53du vivant de nos enfants. »
00:10:55La seule question est de savoir
00:10:56si la solution ne sera pas trop désagréable
00:10:58parce que nous l'aurons choisi
00:11:00ou désagréable parce qu'elle se réglera
00:11:03sans que nous l'ayons choisi.
00:11:05Et c'est la question que pose ce livre
00:11:07qui est formidable
00:11:08et que je vous recommande très vivement.
00:11:11Cette conscience de la question écologique,
00:11:12elle m'est aussi venue des questions
00:11:14et des inquiétudes de ceux qui m'entourent,
00:11:16et notamment de mes enfants.
00:11:18Car nous mesurons tous,
00:11:20en tout cas tous ceux qui, comme moi,
00:11:21sont dans la génération des cinquantenaires
00:11:23et qui ont des enfants,
00:11:25adolescents, jeunes adultes,
00:11:26nous mesurons tous l'inquiétude
00:11:29liée à l'état de la planète
00:11:30qui est la leur.
00:11:31Elle est réelle,
00:11:33elle n'est pas feinte,
00:11:34elle n'est pas exagérée.
00:11:35Et nous devons l'entendre.
00:11:37Et nous devons lui apporter des réponses.
00:11:38Pas simplement parce que c'est toujours
00:11:40précieux d'apporter des réponses à ses enfants,
00:11:41mais parce que c'est le monde
00:11:43dans lequel ils vont vivre
00:11:43et élever leurs propres enfants.
00:11:47Ce questionnement incessant,
00:11:49il est extrêmement important
00:11:50de le saisir
00:11:51et d'y adresser des réponses claires.
00:11:54Cette conscience écologique,
00:11:55elle m'est aussi venue de mon expérience
00:11:57de maire et de maire d'une grande ville
00:11:58confrontée comme beaucoup d'autres grandes villes,
00:12:01comme beaucoup de villes,
00:12:02comme beaucoup de villages,
00:12:03comme l'ensemble du territoire de notre pays,
00:12:05aux conséquences du changement climatique.
00:12:07Et puis elle m'est venue grâce à des rencontres,
00:12:09des rencontres avec des femmes et des hommes
00:12:11engagés depuis longtemps.
00:12:12Certains sont ici présents,
00:12:14je veux les saluer,
00:12:15les remercier de leurs expertises.
00:12:16Il y a bien sûr Christophe Béchut,
00:12:19Bérangé Rabat, Anne-Cécile Violent,
00:12:21Yann Verling, Grégory Allion,
00:12:23Didier Lemaire, Jean-Marc Zoulezzy,
00:12:24Nathalie Kosciusko-Morizet
00:12:25et évidemment l'excellent président
00:12:28que je salue
00:12:28et que je suis heureux de retrouver ici.
00:12:31Tu seras toujours président pour moi.
00:12:33Je vois bien que certains,
00:12:35certains essaient de s'acheter
00:12:38un brevet d'écologie
00:12:39en se faisant prendre en photo
00:12:41auprès de populations traumatisées
00:12:42par les feux de cet été.
00:12:44Les climato-sceptiques existent encore.
00:12:46Il y a quelques années,
00:12:47ils ont organisé des débats,
00:12:49des débats politiques
00:12:51autour du thème
00:12:52réchauffement climatique,
00:12:53mytho-réalité.
00:12:55On peut faire semblant
00:12:56d'être objectif
00:12:57et de se poser la question.
00:12:58La science, elle,
00:12:59elle ne se pose pas la question.
00:13:01Elle a tranché sur cette question.
00:13:03Entre le rassemblement climato-sceptique
00:13:05d'un côté
00:13:06et la France insoumise au réel,
00:13:08de l'autre,
00:13:09entre le déni et le dogme,
00:13:11je souhaite proposer aux Français
00:13:12une stratégie précise,
00:13:14méthodique,
00:13:16ambitieuse
00:13:16de sécurité climatique.
00:13:18Elle tient en trois mots.
00:13:20Protéger,
00:13:22adapter,
00:13:23équiper.
00:13:25Le premier axe,
00:13:26c'est la protection des personnes
00:13:28et de leurs biens
00:13:28face aux risques climatiques
00:13:30avec comme première priorité
00:13:31l'avenir de notre sécurité civile.
00:13:34Et je vous propose
00:13:35de commencer par les hommes.
00:13:38Les hommes et les femmes.
00:13:40Les femmes et les hommes.
00:13:42Les humains.
00:13:46Les pompiers.
00:13:47Parce qu'ils sont
00:13:49notre première
00:13:49et parfois notre dernière ligne
00:13:51de défense
00:13:51face au changement climatique.
00:13:53Marins,
00:13:54militaires,
00:13:55professionnels,
00:13:56volontaires,
00:13:56ils ont des statuts variés,
00:13:58mais l'essentiel,
00:13:58les rassemble,
00:13:59la volonté de servir,
00:14:00de s'engager pour les autres,
00:14:01parfois au péril de leur vie.
00:14:02Je veux saluer
00:14:04à cet égard
00:14:05la mémoire
00:14:05d'Anthony Berthom
00:14:06et de Wilfried Schmitter
00:14:08décédés le 21 juillet dernier
00:14:10dans l'exercice
00:14:11de leur fonction
00:14:11à Mérignac.
00:14:12Un hommage
00:14:13leur sera rendu
00:14:14demain en Gironde.
00:14:15Et je pense que nous pouvons
00:14:16et que nous devons
00:14:17tous avoir
00:14:18une pensée émue,
00:14:20respectueuse
00:14:20pour eux,
00:14:21pour leur famille,
00:14:22pour leurs camarades,
00:14:23pour toutes celles et ceux
00:14:24en qui ils sont...
00:14:27Pour toutes celles et ceux
00:14:28qui ont bénéficié
00:14:29de leur engagement
00:14:30exceptionnel.
00:14:31Je vous propose
00:14:32d'avoir une pensée
00:14:34extrêmement émue
00:14:35et respectueuse
00:14:35pour eux aujourd'hui.
00:14:38Les risques
00:14:39vont augmenter.
00:14:41Ils vont s'intensifier.
00:14:42Les moyens
00:14:43de nos pompiers
00:14:43doivent suivre.
00:14:45Cela veut dire
00:14:45des tenues adaptées
00:14:46à des interventions
00:14:47par très forte chaleur,
00:14:49une meilleure protection respiratoire,
00:14:51des flottes
00:14:52de drones autonomes.
00:14:53Cela veut dire aussi
00:14:54plus d'embarcations,
00:14:55plus de pompes mobiles
00:14:56de grande capacité
00:14:57en cas d'inondation.
00:14:58Cela voudra dire
00:14:59forcément revoir
00:15:00le modèle de financement
00:15:03des services d'incendie
00:15:04et de secours.
00:15:05Les gens qui savent
00:15:06comment l'organisation
00:15:07des services d'incendie
00:15:08et de secours
00:15:09est financée
00:15:09savent que nous sommes
00:15:10au bout du modèle
00:15:11et qu'il va falloir
00:15:12se poser la question
00:15:12de financer autrement
00:15:14cet effort considérable
00:15:15et indispensable
00:15:16pour les Français.
00:15:18Nous avons assisté
00:15:20pendant l'été
00:15:20aux polémiques
00:15:21sur les Canadaires.
00:15:22Pourquoi sont-ils si vieux ?
00:15:24Pourquoi n'y en a-t-il pas plus ?
00:15:26Qui les a commandés ?
00:15:27Qui les a décommandés ?
00:15:28J'ai vu des responsables politiques
00:15:30qui n'ont jamais tenu
00:15:31une lance là-haut
00:15:31devenir des experts
00:15:32en Canadair.
00:15:33En revanche,
00:15:34et c'est beaucoup plus intéressant,
00:15:37j'ai vu bien avant cet été
00:15:38des entreprises françaises
00:15:40Toulouse Positive Aviation,
00:15:42Inaero,
00:15:43Kepler Revolution,
00:15:44qui proposent en France
00:15:46des solutions opérationnelles,
00:15:49des alternatives françaises
00:15:51au Canadair,
00:15:52des solutions
00:15:52dont je veux me servir
00:15:54pour construire en France
00:15:56des Canadair français.
00:15:58Nous allons avoir besoin
00:16:00de nous équiper.
00:16:01Nous ne pouvons pas dépendre
00:16:02d'un constructeur étranger
00:16:03qui lance ou relance
00:16:04ou cesse
00:16:05ou recommence
00:16:07sa production
00:16:07au gré de commandes
00:16:08qui sont mondiales
00:16:09et sur lesquelles
00:16:10nous n'avons pas prise.
00:16:11Pour cesser
00:16:12de dépendre
00:16:13de la stratégie industrielle
00:16:14d'une entreprise étrangère
00:16:16et pour ne plus attendre
00:16:18quand la France brûle
00:16:19qu'un autre pays
00:16:20veuille bien
00:16:21nous vendre des avions
00:16:22pour l'éteindre.
00:16:24Il y a, me semble-t-il,
00:16:25une autre leçon
00:16:26à tirer de ces crises.
00:16:29Notre sécurité collective,
00:16:30elle ne peut pas reposer
00:16:31exclusivement
00:16:32sur ce dont c'est le métier.
00:16:34On peut tous agir.
00:16:35On peut tous faire
00:16:36quelque chose d'utile
00:16:37à condition de savoir
00:16:38quoi,
00:16:39quand
00:16:39et comment.
00:16:41Vous m'avez peut-être
00:16:42entendu le dire,
00:16:43je suis favorable
00:16:44au rétablissement
00:16:44du service national.
00:16:46pas sous la forme
00:16:47que j'ai connue
00:16:48lorsque j'étais
00:16:49jeune adulte,
00:16:51pas sous la forme
00:16:52exclusivement militaire
00:16:53réservée
00:16:54à la majorité
00:16:55des garçons
00:16:56mais pas à tous.
00:16:58Non,
00:16:58un service national
00:17:01qui pourrait être
00:17:02militaire
00:17:02pour 50 000
00:17:03jeunes gens
00:17:04par an
00:17:04en France.
00:17:05Mais un service national
00:17:06qui pourrait prendre
00:17:07pour les autres
00:17:08jeunes français
00:17:09des formes diverses,
00:17:11sanitaires,
00:17:13civiques,
00:17:15environnementales
00:17:15par exemple.
00:17:17Je pense qu'il serait utile
00:17:18que de jeunes appelés
00:17:19puissent participer
00:17:20à des missions
00:17:21de préservation
00:17:22et de sécurisation
00:17:24de notre environnement.
00:17:26Débroussaillement,
00:17:27surveillance,
00:17:28entretien des forêts,
00:17:29sensibilisation du public.
00:17:30Ce sont des missions
00:17:31concrètes,
00:17:32des missions utiles
00:17:33et passionnantes,
00:17:34des missions qui permettront
00:17:35à des générations
00:17:36d'apprendre à servir
00:17:37et à protéger.
00:17:38Et je vais aller plus loin
00:17:39encore en m'appuyant
00:17:41sur un dispositif
00:17:41qui existe déjà
00:17:42mais qui mérite
00:17:43d'être mieux
00:17:43connu et développé,
00:17:44celui des réserves
00:17:46communales de sécurité civile.
00:17:48Ce dispositif,
00:17:49il est trop peu connu
00:17:49mais pourtant,
00:17:50les maires qui l'ont mis en place
00:17:51en ont éprouvé l'efficacité.
00:17:53Il permet de mobiliser
00:17:54des volontaires
00:17:55pour soulager
00:17:55les professionnels
00:17:56de tâches simples
00:17:57mais essentielles
00:17:59en cas de crise,
00:17:59aider à installer
00:18:00un campement,
00:18:01distribuer de la nourriture,
00:18:02appeler ou rendre visite
00:18:03à des personnes fragiles.
00:18:05Ça n'a l'air de rien
00:18:06mais lorsque ce sont
00:18:07des gens qui sont formés
00:18:08et qui savent
00:18:09comment s'organiser
00:18:09pour le faire,
00:18:11ils libèrent
00:18:12du temps,
00:18:13de l'énergie,
00:18:14de la compétence
00:18:15pour s'occuper
00:18:16des choses
00:18:17qui sont beaucoup
00:18:17plus délicates,
00:18:18beaucoup plus urgentes,
00:18:19beaucoup plus difficiles.
00:18:21Dans beaucoup
00:18:22de nos communes,
00:18:22beaucoup de citoyens
00:18:23veulent aider.
00:18:25Beaucoup l'ont fait
00:18:25pendant les crises.
00:18:26On l'a vu en Gironde,
00:18:27on a vu des agriculteurs
00:18:28du coin,
00:18:29parfois venant de loin,
00:18:30on a vu la population civile
00:18:32s'entraider.
00:18:33On a vu des exemples
00:18:34de solidarité
00:18:35absolument exceptionnels.
00:18:36C'est un magnifique
00:18:38engagement,
00:18:39un engagement humain,
00:18:40un engagement républicain.
00:18:41Il faut remercier
00:18:42toutes celles et ceux
00:18:43qui l'ont fait.
00:18:44Mais nous pouvons faire mieux,
00:18:46nous pouvons mieux faire
00:18:47connaître ces réserves,
00:18:48nous pouvons soutenir
00:18:49les maires qui les mettront
00:18:50en place
00:18:51pour qu'à terme,
00:18:52elles puissent rassembler
00:18:53plusieurs dizaines
00:18:54de milliers de citoyens
00:18:55formés,
00:18:55organisés
00:18:56et prêts
00:18:57à prêter main forte
00:18:58en cas de sinistre.
00:19:00Nous devons aussi
00:19:01développer la culture
00:19:01du risque.
00:19:04Je suis maire
00:19:05d'une ville industrielle.
00:19:06Dans l'agglomération
00:19:07du Havre,
00:19:08il y a 18 sites
00:19:09Céveso-Seuil-Haut.
00:19:11Ça veut dire
00:19:11qu'il y a un risque
00:19:12industriel.
00:19:13La présence
00:19:15d'usines,
00:19:16de sites de production
00:19:18est un risque.
00:19:19Mais il y a aussi
00:19:20une culture
00:19:21du risque industriel.
00:19:23Des organisations,
00:19:24des procédures
00:19:25qui nous permettent
00:19:26d'être peut-être,
00:19:28je l'espère,
00:19:29je le crois,
00:19:30mieux préparés
00:19:31qu'ailleurs.
00:19:31Mais cette culture
00:19:32du risque,
00:19:33cette culture
00:19:33du, au fond,
00:19:35si ça se passe mal,
00:19:37qu'est-ce que
00:19:37je dois faire
00:19:38pour me protéger,
00:19:39pour protéger
00:19:40les autres
00:19:41et pour aider
00:19:42à la résolution
00:19:43du problème ?
00:19:44Cette culture-là
00:19:45en France,
00:19:45elle me paraît
00:19:46trop faible.
00:19:47Elle me paraît
00:19:48devoir être développée.
00:19:49Et je suis certain
00:19:50que les Français
00:19:51aspirent à être actifs,
00:19:53à être des acteurs
00:19:54de cette protection civile,
00:19:55de cette lutte
00:19:56contre l'insécurité climatique,
00:19:58de ces risques
00:19:58contre lesquels
00:19:59il faut lutter.
00:20:04Je pense que nous devrons
00:20:05faire en sorte
00:20:05que chaque jeune Français,
00:20:07avant l'âge adulte,
00:20:08bénéficie enfin
00:20:09d'une véritable formation
00:20:10au geste de premier secours
00:20:11et que cela se valorise.
00:20:13Je ne crois pas
00:20:13que cela puisse s'apprendre
00:20:14très le plus jeune âge
00:20:15dans toutes les toutes petites écoles,
00:20:17mais cela doit se valoriser
00:20:18dans le cadre d'un parcours.
00:20:20Par exemple,
00:20:20dans le cadre de Parcoursup,
00:20:22il faut que,
00:20:23lors des études supérieures,
00:20:24nous ayons cette initiation
00:20:25et cette culture,
00:20:27là encore,
00:20:27du premier secours
00:20:28parce qu'il s'agit
00:20:29d'un vrai savoir-faire
00:20:30dont nous pouvons tous
00:20:31un jour avoir besoin.
00:20:33Et puis,
00:20:33troisième point,
00:20:34nous allons devoir revoir
00:20:35notre système
00:20:36de financement,
00:20:37de prévention
00:20:37et d'indemnisation.
00:20:39Vous connaissez peut-être
00:20:40ce fonds Barnier
00:20:42qui porte le nom
00:20:43de Michel Barnier
00:20:43qui est une intuition
00:20:47brillante
00:20:48lorsqu'il a été mis en œuvre.
00:20:51C'est un excellent exemple
00:20:52de ce que la politique
00:20:54peut faire
00:20:54quand elle accepte
00:20:55de regarder loin.
00:20:5830 ans avant
00:20:59les phénomènes extrêmes
00:20:59que nous connaissons,
00:21:00le fonds Barnier
00:21:01a permis d'investir
00:21:02dans la prévention
00:21:03des risques naturels.
00:21:04Ça n'est pas spectaculaire,
00:21:06on n'en parle pas
00:21:07tous les jours,
00:21:08on n'en parle pas souvent
00:21:09dans les grands médias,
00:21:10ça ne donne d'ailleurs
00:21:11plus lieu
00:21:12à des grands affrontements
00:21:13idéologiques,
00:21:14mais c'est un effort
00:21:15patient,
00:21:17constant,
00:21:18extrêmement efficace
00:21:20que nous devons développer
00:21:21en allant plus loin.
00:21:22Pas en promettant
00:21:23n'importe quoi,
00:21:24nos marges budgétaires
00:21:25sont faibles,
00:21:26je ne sais ni faire tomber
00:21:27la pluie,
00:21:27ni faire apparaître
00:21:28les milliards.
00:21:29Mais je propose
00:21:30quelque chose
00:21:31de plus raisonnable,
00:21:32mais de certain,
00:21:33doter la France
00:21:33d'un fonds unique
00:21:34d'adaptation
00:21:35aux changements climatiques,
00:21:36puissant, visible,
00:21:37qui sera en quelque sorte
00:21:38le bras armé financier
00:21:41en regroupant
00:21:42dans ce fonds unique
00:21:42le fonds Barnier,
00:21:43le fonds vert
00:21:44et en l'abondant
00:21:45pour atteindre
00:21:46un total
00:21:46de 2 milliards d'euros
00:21:47par an.
00:21:482 milliards,
00:21:49c'est une somme importante,
00:21:50c'est beaucoup
00:21:50d'argent public.
00:21:52Mais les catastrophes climatiques,
00:21:53ça coûte 5 milliards par an,
00:21:56pour l'instant.
00:21:59Et ça peut s'accroître.
00:22:00Il faut donc
00:22:02investir
00:22:02un argent
00:22:03qui nous permettra
00:22:04de limiter le risque,
00:22:05de limiter les dégâts,
00:22:07de limiter les coûts
00:22:08associés
00:22:09à la catastrophe climatique.
00:22:11Et nous ne pourrons pas,
00:22:12pour se faire saupoudrer
00:22:13les moyens,
00:22:14aider ça et là,
00:22:15un peu,
00:22:16tous ceux qui le demanderont.
00:22:17Nous devrons
00:22:18fixer des priorités,
00:22:20faire des choix,
00:22:21utiliser un argent
00:22:22d'euro public,
00:22:23là où il est
00:22:24le plus utile,
00:22:25là où véritablement
00:22:26il permet d'avoir
00:22:27un impact
00:22:27sur la protection
00:22:29contre les risques climatiques.
00:22:33Enfin,
00:22:33nous allons devoir,
00:22:34et pardon parce que
00:22:35le sujet est un peu technique,
00:22:36mais chaque Français
00:22:37le mesure,
00:22:38nous allons devoir
00:22:39revoir nos règles
00:22:41d'assurance
00:22:42du risque climatique
00:22:44pour mieux protéger
00:22:45les Français.
00:22:46Les assureurs
00:22:47le reconnaissent eux-mêmes.
00:22:49Certaines zones
00:22:50deviennent inassurables.
00:22:52Je crois que vous vous souvenez
00:22:54des déclarations
00:22:54d'un ancien président
00:22:55d'une grande compagnie
00:22:57d'assurance française,
00:22:58dont le nom commence
00:22:59par A et se termine par A,
00:23:01je ne voudrais pas la citer,
00:23:03qui disait qu'une France
00:23:03à 4 degrés supplémentaires
00:23:05était une France
00:23:05inassurable.
00:23:09Je recommande
00:23:09de toujours bien écouter
00:23:10ceux qui connaissent
00:23:11leur métier.
00:23:13Et je pense que nous mesurons
00:23:15tous ce que vivent
00:23:16un très grand nombre
00:23:17de Français aujourd'hui,
00:23:19lorsqu'ils habitent
00:23:20près de la mer
00:23:22ou près des océans,
00:23:23lorsqu'ils habitent
00:23:24dans un de ces terrains
00:23:25qui souffrent
00:23:26des retraits
00:23:27gonflements d'argile
00:23:28et qui voient donc
00:23:29leur maison
00:23:32subir d'abord
00:23:33des petites fissures,
00:23:34puis ensuite
00:23:35des dommages
00:23:36qui viennent
00:23:37considérablement
00:23:38atténuer la valeur
00:23:39de leur bien
00:23:39et parfois rendre difficile
00:23:40l'utilisation
00:23:42de leur propre maison.
00:23:43Là où ils ont mis
00:23:44toutes leurs économies,
00:23:46leur capital,
00:23:48celui qu'ils ont essayé
00:23:49d'accumuler modestement
00:23:50pour le transmettre
00:23:52à leurs enfants.
00:23:54Si on ne sait pas bien
00:23:55comment ces biens
00:23:56sont assurables,
00:23:57si on ne sait pas très bien
00:23:59compte tenu de la taille
00:24:00de la fissure,
00:24:01si on va pouvoir
00:24:01être indemnisé,
00:24:03on place
00:24:04des millions de Français
00:24:05dans une impasse sociale,
00:24:07dans une impasse
00:24:08sur les perspectives
00:24:10de leur avenir,
00:24:11sur ce dont ils disposent,
00:24:13sur ce qu'ils peuvent
00:24:13transmettre.
00:24:15Et cette impasse-là,
00:24:17elle est génératrice
00:24:19d'une anxiété,
00:24:21d'une insatisfaction,
00:24:24d'une colère
00:24:25que l'on peut
00:24:26parfaitement comprendre.
00:24:28Alors,
00:24:29pour éviter cette colère,
00:24:31pour rassurer,
00:24:32pour faire en sorte
00:24:33de garantir la sécurité
00:24:35des biens
00:24:36et des personnes,
00:24:37nous allons devoir
00:24:39adapter notre système
00:24:41d'assurance
00:24:41et trouver un nouvel équilibre
00:24:42entre responsabilités individuelles
00:24:44et responsabilités
00:24:45collectives
00:24:46et assurances collectives
00:24:47pour que chacun soit protégé.
00:24:49Et l'État devra jouer
00:24:50pleinement son rôle
00:24:51pour repenser,
00:24:52avec les assureurs,
00:24:53les collectivités,
00:24:54les constructeurs,
00:24:55notre système d'indemnisation.
00:24:59Protéger,
00:25:00donc j'ai dit,
00:25:02protéger,
00:25:02c'est aussi faire face aux risques.
00:25:04Et nous savons
00:25:05qu'il faudra aussi
00:25:06transformer
00:25:06notre manière d'habiter,
00:25:09notre manière de produire
00:25:11et donc adapter
00:25:12nos villes
00:25:13et nos compagnes.
00:25:14On l'a vécu cet été,
00:25:16la France ne pourra pas
00:25:17fonctionner avec des bâtiments
00:25:18conçus pour le climat
00:25:19du 19e ou du 20e siècle.
00:25:22Nous devons donc
00:25:23continuer à isoler nos logements,
00:25:25équiper ceux qui peuvent
00:25:25l'être en volet,
00:25:26en store,
00:25:27en brissoleil orientable,
00:25:28en protection extérieure.
00:25:29Vous allez me dire
00:25:30pourquoi est-ce qu'il dit ça ?
00:25:31Parce que dans beaucoup d'endroits,
00:25:32nous n'avons pas le droit
00:25:33de faire cela.
00:25:34Dans beaucoup d'endroits,
00:25:35des règles,
00:25:35qu'elles soient des règles
00:25:36de copropriété privée
00:25:37et parfois des règles patrimoniales
00:25:39liées à la protection
00:25:40de notre environnement
00:25:41ou en tout cas
00:25:41de notre patrimoine
00:25:42qui sont extrêmement importantes
00:25:43et qu'il ne s'agit pas
00:25:44de vider avec l'eau du bain
00:25:48mais qui nous interdisent
00:25:49ou en tout cas
00:25:50qui rendent beaucoup plus difficile
00:25:51notre capacité à nous protéger
00:25:52et à nous adapter
00:25:53à une transformation climatique.
00:25:55Nous allons devoir lever
00:25:57quelques-unes de ces règles
00:25:58et nous allons demander
00:25:59aux bailleurs sociaux
00:25:59de mettre les bouchées doubles
00:26:00pour adapter le logement social.
00:26:03Nous allons évidemment
00:26:04devoir accompagner
00:26:05l'installation de la climatisation
00:26:06lorsqu'elle est nécessaire,
00:26:07non pas pour climatiser
00:26:08tout et n'importe quoi
00:26:09comme on le voit parfois
00:26:10à l'étranger,
00:26:10mais pour permettre aux Français
00:26:12en particulier les plus fragiles
00:26:13de vivre dans des conditions
00:26:15supportables
00:26:15lorsque la température
00:26:17devient critique.
00:26:17Et nous allons devoir
00:26:18construire autrement.
00:26:19Et nous savons le faire.
00:26:21La cité Paul-Boncourt
00:26:22à Bordeaux
00:26:23offre un bon exemple
00:26:24de ce que permettent
00:26:25des logements traversants
00:26:26doublement orientés
00:26:27associés à l'inertie du bâtiment.
00:26:29On sait le faire.
00:26:30Alors évidemment
00:26:30on peut le faire
00:26:31dans les bâtiments neufs.
00:26:32Il y a tout le bâti
00:26:32existant déjà
00:26:33qu'il va falloir adapter.
00:26:35Et c'est pas facile.
00:26:37Moi je vis au Havre,
00:26:39en Normandie.
00:26:39Mais en Normandie
00:26:40quand on construit
00:26:41on essaie de mettre
00:26:42des grandes fenêtres
00:26:42plein sud
00:26:44pour avoir de la lumière
00:26:45pour récupérer de la chaleur
00:26:46parce que c'est l'hiver
00:26:48qui est difficile.
00:26:49Sauf qu'aujourd'hui
00:26:50ces bâtiments
00:26:50bien conçus à l'époque
00:26:53ils sont confrontés
00:26:54aux problèmes
00:26:54que nous connaissons tous
00:26:55d'été trop chaud
00:26:56de lumière trop vive
00:26:57et ils deviennent
00:26:58des pièges à chaleur.
00:27:01Il faut que nous adaptions
00:27:02le bâti.
00:27:03Ça va demander
00:27:03un effort considérable
00:27:05mais c'est une priorité
00:27:06si nous voulons
00:27:08nous pouvoir vivre
00:27:10décemment
00:27:11agréablement
00:27:12simplement vivre
00:27:13dans des villes
00:27:14qui n'ont pas été conçues
00:27:15pour faire face
00:27:16à ces températures.
00:27:18Nous allons devoir
00:27:18continuer à rafraîchir
00:27:19nos villes.
00:27:20Qu'est-ce que ça veut dire
00:27:21rafraîchir nos villes ?
00:27:22Ça passe par le végétal
00:27:23Christophe l'a dit
00:27:24par la plantation d'arbres
00:27:25par l'aménagement urbain
00:27:27mais ça passe aussi
00:27:30par faire revenir l'eau
00:27:32maîtrisée bien sûr
00:27:33dans nos villes.
00:27:34Ça a été fait à Rennes
00:27:35où la vilaine
00:27:36a pris la place
00:27:37d'une dalle de béton.
00:27:38Ça a été fait
00:27:38dans beaucoup d'autres
00:27:39villes de France.
00:27:40Et puis nous allons
00:27:40devoir créer
00:27:41des réseaux de froid
00:27:43parce qu'en plus
00:27:43d'être efficaces
00:27:44pour la climatisation
00:27:45ils évitent d'ajouter
00:27:46de la chaleur en ville.
00:27:48Alors le défi
00:27:48est assez nouveau
00:27:49pour nous.
00:27:49Jusqu'à présent
00:27:50on a plutôt cherché
00:27:50à développer les réseaux
00:27:51de chaud
00:27:51pour passer l'hiver.
00:27:53Et bien maintenant
00:27:54on va devoir
00:27:56construire des réseaux de froid
00:27:57pour passer l'été.
00:27:58On le fait à Angers.
00:28:00Je ne voudrais pas citer
00:28:01Angers comme la ville
00:28:02où tout est en avance.
00:28:03Enfin on le fait à Angers.
00:28:05C'est vrai.
00:28:05Où des forages
00:28:06réalisés au printemps
00:28:07vont permettre
00:28:07de capter de l'eau
00:28:08à 18 degrés
00:28:09à 180 mètres de profondeur
00:28:10pour rafraîchir
00:28:12les équipements publics
00:28:12et des logements
00:28:13en créant ce qu'on appelle
00:28:14une boucle d'eau tempérée.
00:28:16On peut dire
00:28:16un réseau de froid
00:28:17une boucle d'eau tempérée.
00:28:19Ces projets vont être appelés
00:28:20à se développer
00:28:20pour rafraîchir
00:28:22les logements sociaux
00:28:22ou les EHPAD.
00:28:23Raison pour laquelle
00:28:24je propose d'étendre
00:28:26considérablement
00:28:26le soutien du fond chaleur
00:28:28au réseau de froid
00:28:30car comme je vous le disais
00:28:31il sera important
00:28:32demain de passer
00:28:33l'été
00:28:34comme on a pris l'habitude
00:28:35de passer l'hiver.
00:28:38Le changement climatique
00:28:40il va transformer aussi
00:28:41notre façon
00:28:42de nous nourrir
00:28:43et de gérer nos ressources
00:28:44avec un secteur vital
00:28:46en première ligne
00:28:47l'agriculture.
00:28:49C'était un des thèmes
00:28:50de la journée.
00:28:51Nous devons donner
00:28:52les moyens à nos agriculteurs
00:28:53de s'adapter
00:28:54à cette transformation climatique.
00:28:55Et le premier
00:28:56de ces moyens
00:28:57c'est l'eau.
00:28:58Sur cette question
00:29:00j'aimerais que nous sortions
00:29:01du piège idéologique
00:29:02qui consiste à considérer
00:29:03qu'un agriculteur
00:29:04qui stocke l'eau en hiver
00:29:05pour irriguer
00:29:07en été
00:29:08s'approprie
00:29:09à lui seul
00:29:10une ressource
00:29:11qui ne lui appartiendrait pas.
00:29:13Ou alors j'aimerais
00:29:14qu'on m'explique
00:29:14ce que doit faire
00:29:15cet agriculteur
00:29:16pour cultiver
00:29:17et nourrir
00:29:18ceux-là même
00:29:18qui lui refusent
00:29:19la possibilité
00:29:20de s'adapter
00:29:20au changement climatique.
00:29:22Parce qu'une agriculture
00:29:23sans eau
00:29:24ce n'est pas une agriculture
00:29:26plus écologique.
00:29:27C'est une agriculture
00:29:28qui disparaît
00:29:30qui n'existe plus.
00:29:32Je veux donc être clair.
00:29:33Nous allons
00:29:34stocker l'eau
00:29:35plus qu'avant
00:29:37mieux qu'avant
00:29:38et de façon
00:29:39beaucoup plus assumée
00:29:40qu'avant.
00:29:41C'est précisément
00:29:42le rôle des retenues
00:29:43de substitution
00:29:44dont la réalisation
00:29:44est si souvent empêchée.
00:29:46Parfois par la violence
00:29:47qui est inacceptable
00:29:48parfois par la multiplication
00:29:50des recours
00:29:50qui encombrent les tribunaux.
00:29:52Les règles environnementales
00:29:53doivent être respectées
00:29:54mais elles ne doivent pas
00:29:55empêcher l'adaptation.
00:29:58Très souvent
00:29:59nous avons transformé
00:30:00la protection
00:30:00en procédure.
00:30:02La protection passe
00:30:03avant la procédure.
00:30:05Et lorsqu'un projet
00:30:06sera utile
00:30:06lorsqu'il sera soutenable
00:30:07qu'il répondra
00:30:08à un besoin identifié
00:30:09il doit pouvoir
00:30:10voir le jour.
00:30:11Cela pourrait être
00:30:12une réserve artificielle
00:30:13une retenue collinaire
00:30:14un étang accessible
00:30:16au public
00:30:16pour stocker l'eau
00:30:17pour préserver
00:30:18la biodiversité
00:30:19et offrir un lieu
00:30:20de promenade
00:30:20aux habitants.
00:30:22Stocker l'eau
00:30:22quand c'est possible
00:30:23ce n'est pas la gaspiller
00:30:24c'est encore moins
00:30:25se l'approprier
00:30:26c'est la gérer
00:30:27s'adapter
00:30:28c'est continuer
00:30:29à se nourrir
00:30:30malgré le changement climatique
00:30:31objectif
00:30:32qui me paraît
00:30:33éminemment respectable.
00:30:35Et le stockage de l'eau
00:30:35n'est pas une fin en soi.
00:30:38Derrière
00:30:39il y a un enjeu
00:30:39beaucoup plus large
00:30:41celui de la transformation
00:30:42en profondeur
00:30:43d'une partie
00:30:43de notre agriculture.
00:30:45Cela veut dire
00:30:46adapter les cultures
00:30:47mieux utiliser l'eau
00:30:48et permettre
00:30:49à nos agriculteurs
00:30:50de continuer
00:30:50à produire
00:30:51dans un climat
00:30:51qui change.
00:30:53Je voudrais vous dire
00:30:54un mot
00:30:54de ce qu'on appelle
00:30:55parfois par un terme
00:30:56un peu administratif
00:30:56et que les agriculteurs
00:30:58connaissent très bien
00:30:58les zones intermédiaires.
00:31:00Les zones intermédiaires
00:31:02c'est ces zones
00:31:04qui vont
00:31:04on va dire
00:31:05du centre ouest
00:31:06jusque
00:31:06c'est presque
00:31:07ce qu'on appelle
00:31:08parfois de façon cruelle
00:31:09la diagonale du vide.
00:31:11Ce sont des zones
00:31:12qui pendant très longtemps
00:31:13ont été essentiellement
00:31:15consacrées au pâturage
00:31:16et qui
00:31:17dans la deuxième moitié
00:31:18du XXe siècle
00:31:19et surtout dans le dernier
00:31:20quart du XXe siècle
00:31:21ont évolué
00:31:22et sur lesquelles
00:31:23on a commencé
00:31:23à cultiver
00:31:25des grandes cultures
00:31:26de céréales
00:31:27et d'autres choses.
00:31:31Avec des conditions
00:31:32de sol
00:31:33qui pouvaient donner lieu
00:31:34à la culture du céréale
00:31:34au début
00:31:35parce qu'il y avait
00:31:35encore beaucoup
00:31:35de matières organiques
00:31:37mais qui se sont
00:31:37beaucoup appauvries
00:31:38au fur et à mesure
00:31:39des années qui passent
00:31:40et avec une capacité
00:31:41à utiliser l'eau
00:31:42souvent extrêmement limitée.
00:31:45Ce faisant
00:31:46on a placé
00:31:47toute une partie
00:31:47de l'agriculture française
00:31:49celle qui est
00:31:50dans les zones intermédiaires
00:31:51face à des rendements
00:31:51qui sont toujours
00:31:53décroissants
00:31:54et dont tout indique
00:31:55compte tenu
00:31:56de la transformation
00:31:56climatique en cours
00:31:57qu'ils vont continuer
00:31:59à rester décroissants.
00:32:01Transformer
00:32:02notre agriculture
00:32:03l'adapter
00:32:03aux nouvelles conditions
00:32:05climatiques
00:32:05c'est offrir
00:32:07des perspectives
00:32:07aux agriculteurs
00:32:09qui exploitent
00:32:11dans ces territoires
00:32:12à ceux
00:32:13qui veulent s'installer
00:32:14et à qui on ne peut pas dire
00:32:16vous allez faire
00:32:16comme vos parents
00:32:17comme vos grands-parents
00:32:18le même modèle
00:32:19celui auquel vous êtes attaché
00:32:20ne vous permettra pas
00:32:22de continuer à exploiter
00:32:23dans de bonnes conditions.
00:32:25Alors évidemment
00:32:25c'est pas
00:32:26le président
00:32:27de la république
00:32:27le gouvernement
00:32:28ou un expert
00:32:29à Paris
00:32:30qui va expliquer
00:32:30aux agriculteurs
00:32:31ce qu'ils doivent planter
00:32:32et comment ils doivent travailler
00:32:35ils en sont tous
00:32:37quelle que soit d'ailleurs
00:32:38l'identité du président
00:32:39de la république
00:32:39ou des gouvernements
00:32:40totalement incapables
00:32:41ça n'est pas leur métier
00:32:43mais ils doivent pouvoir
00:32:45accompagner
00:32:46créer les conditions
00:32:46d'accompagnement
00:32:47de ces agriculteurs
00:32:48pour qu'ils sortent
00:32:49de ce piège
00:32:50de la transformation climatique
00:32:52qui est susceptible
00:32:52de les condamner.
00:32:55de la même manière
00:32:56nous allons devoir
00:32:56apprendre à ne plus
00:32:57gaspiller l'eau
00:32:59et là encore
00:33:00on a pris du retard
00:33:01aujourd'hui
00:33:01en France
00:33:02on considère
00:33:02que moins de 1%
00:33:03de l'eau
00:33:05des eaux usées
00:33:06traitées
00:33:07est réutilisée
00:33:09alors qu'en Italie
00:33:10c'est 10%
00:33:10et qu'en Espagne
00:33:11c'est 20%
00:33:13je pense que nous pouvons
00:33:14atteindre
00:33:14et que nous devons
00:33:15atteindre l'objectif
00:33:16de 10%
00:33:16des eaux usées
00:33:17traitées
00:33:18réutilisées
00:33:18pour nettoyer nos rues
00:33:19pour arroser
00:33:20un certain nombre
00:33:21d'espaces verts
00:33:21pour éteindre un incendie
00:33:23quand c'est nécessaire
00:33:24une chose est sûre
00:33:26ce n'est pas plus efficace
00:33:27de faire tout cela
00:33:28avec de l'eau potable
00:33:29on me dit parfois
00:33:30que le principe de précaution
00:33:31bloque aujourd'hui
00:33:32certains projets
00:33:34d'abord je ne crois pas
00:33:35du tout que ce soit vrai
00:33:35du point de vue juridique
00:33:37mais surtout je suis absolument
00:33:38certain que la vraie précaution
00:33:39aujourd'hui
00:33:40consiste à utiliser
00:33:41l'eau traitée
00:33:41partout où c'est possible
00:33:43plutôt que l'eau potable
00:33:45pour économiser l'eau potable
00:33:46parce que l'eau potable
00:33:48elle
00:33:49elle commence à manquer
00:33:51pas tout le temps
00:33:52pas partout
00:33:52mais cela arrive
00:33:54à Mayotte
00:33:55où j'étais récemment
00:33:56où la situation
00:33:57est particulièrement difficile
00:33:57aux Antilles
00:33:58où la distribution de l'eau
00:33:59est extrêmement perturbée
00:34:01mais pas seulement
00:34:02cet été
00:34:03on compte plus de 60 000
00:34:04de nos concitoyens
00:34:05en Aveyron
00:34:06ou dans le Haut-Rhin
00:34:07qui ont été privés
00:34:09d'eau du robinet
00:34:12des communes
00:34:12qui certaines années
00:34:13doivent restreindre
00:34:14l'usage de l'eau
00:34:15ou distribuer
00:34:16des bouteilles d'eau minérale
00:34:17à leur population
00:34:17pas simplement
00:34:18comme restriction
00:34:19dans la piscine
00:34:19ou pour nettoyer sa voiture
00:34:20non non
00:34:21des tours d'eau
00:34:22parce qu'il n'y a plus
00:34:23d'eau potable
00:34:25nous avons longtemps
00:34:26considéré l'eau potable
00:34:27comme une évidence
00:34:27la vérité c'est qu'elle
00:34:28ne l'est plus totalement
00:34:29et qu'elle le sera
00:34:30probablement de moins en moins
00:34:32sauf si nous apprenons
00:34:33à mieux la stocker
00:34:33à mieux l'économiser
00:34:34et à mieux réutiliser
00:34:35les eaux traités
00:34:38s'adapter
00:34:40ce sera aussi
00:34:41accepter
00:34:41de changer
00:34:41certains rythmes
00:34:42de vie
00:34:44on l'a tous vécu
00:34:45cet été
00:34:46quand il fait 40
00:34:47voire 42 degrés
00:34:48il n'est ni possible
00:34:50dit d'ailleurs raisonnable
00:34:51de continuer à vivre
00:34:52comme lorsqu'il fait
00:34:5320 degrés
00:34:54alors parfois
00:34:55le pic de chaleur
00:34:56ne dure pas
00:34:56et on
00:34:58on résiste
00:34:59on attend que ça passe
00:35:00mais parfois il dure
00:35:01et quand il dure
00:35:02c'est très dur
00:35:04alors bien sûr
00:35:05il faut adapter le bâti
00:35:05j'en disais un mot
00:35:06tout à l'heure
00:35:07mais on peut aussi
00:35:09et en vérité
00:35:10ce sera indispensable
00:35:11adapter
00:35:11nos façons
00:35:12d'utiliser le bâti
00:35:14nos façons de vivre
00:35:16l'été 2026
00:35:17il doit nous conduire
00:35:18à réfléchir
00:35:19à nos rythmes
00:35:21à nos rythmes
00:35:21à nos rythmes à l'école
00:35:22à nos rythmes au travail
00:35:24à nos rythmes
00:35:25dans les services publics
00:35:27sans doute faudra-t-il
00:35:29lorsque les chaleurs
00:35:30sont très intenses
00:35:32commencer
00:35:33plus tôt
00:35:35pour finir plus tôt
00:35:36dans la journée
00:35:36ou au contraire
00:35:38faire une longue pause
00:35:39dans le début
00:35:40de l'après-midi
00:35:41et
00:35:43attendre
00:35:43de finir plus tard
00:35:44lorsqu'il fait plus frais
00:35:45l'organisation
00:35:47des entreprises
00:35:48l'organisation
00:35:49de la scolarité
00:35:50l'organisation
00:35:51des services publics
00:35:52devra nécessairement
00:35:53prendre en compte
00:35:54cette transformation climatique
00:35:56et bien entendu
00:35:57ça ne peut pas
00:35:58se décider de Paris
00:35:58bien entendu
00:36:00ce ne sera pas au président
00:36:00de la république
00:36:01de décider à quelle heure
00:36:02l'école commence à Perpignan
00:36:03lorsque la température
00:36:04dépasse 38 degrés
00:36:06ça n'a aucun sens
00:36:08ni au président de la république
00:36:09ni même au ministre
00:36:10de l'éducation nationale
00:36:11mais nous devons organiser
00:36:13le cadre qui permettra
00:36:14partout en France
00:36:15dans certaines conditions
00:36:17d'adapter
00:36:18notre façon
00:36:19de faire les choses
00:36:20à une nouvelle réalité climatique
00:36:22de fait
00:36:23c'est ce qui se passe
00:36:23partout dans le monde
00:36:24alors je ne dis pas
00:36:25que tous les français
00:36:25vont vivre à leur espagnole
00:36:28ce n'est pas nécessaire
00:36:29même si c'est agréable
00:36:31mais nous devons
00:36:32à certains moments
00:36:34à certains endroits
00:36:35être prêts
00:36:37à changer notre façon
00:36:39de faire
00:36:40pour tenir compte
00:36:41des événements climatiques
00:36:44ce sont les élus locaux
00:36:46les préfets
00:36:47les partenaires sociaux
00:36:49qui vont devoir y réfléchir
00:36:50et regarder ensuite
00:36:51département par département
00:36:53en fonction des conditions
00:36:54climatiques locales
00:36:56et de l'organisation
00:36:56territoriale
00:36:57comment s'adapter
00:37:04mais je suis certain
00:37:05que si nous n'ouvrons pas
00:37:06cette discussion
00:37:07si nous ne permettons pas
00:37:09aux départements
00:37:09les plus concernés
00:37:11d'ouvrir cette réflexion
00:37:14nous passerons à côté
00:37:15de quelque chose
00:37:16et nous n'aurons pas
00:37:17suffisamment les moyens
00:37:18de nous adapter
00:37:19suffisamment vite
00:37:23ça demandera un petit peu
00:37:24de souplesse
00:37:25et un petit peu
00:37:25d'organisation
00:37:27ça ne pourra se décider
00:37:28que localement
00:37:29l'état devra rendre
00:37:30cette souplesse possible
00:37:31c'est pas toujours son fort
00:37:34il devra s'abstenir
00:37:35de décider
00:37:36mais faire en sorte
00:37:37que ceux qui vivent
00:37:39et qui prennent
00:37:40les décisions localement
00:37:40puissent le faire
00:37:42et je trouve que
00:37:45au fond c'est une question
00:37:46de bon sens
00:37:47de ne pas penser
00:37:48qu'en termes de bâti
00:37:49en termes d'investissement
00:37:50mais en termes
00:37:50de façon de vivre
00:37:52et d'adaptation
00:37:53de notre façon de vivre
00:37:54il se trouve que je trouve
00:37:55que nous manquons
00:37:56singulièrement de bon sens
00:37:57dans notre façon
00:37:58de gérer les épisodes
00:37:58qui sont appelés
00:37:59à se répéter
00:38:01avec une fréquence
00:38:02et une intensité
00:38:03de plus en plus grande
00:38:06adapter la France
00:38:08protéger
00:38:10gérer des crises
00:38:12mais c'est aussi
00:38:14organiser le pays
00:38:14penser son espace
00:38:16anticiper ses équilibres
00:38:18et l'équiper en conséquence
00:38:19et je voudrais vous en dire
00:38:20un mot
00:38:21le grand Vauban
00:38:23avait compris
00:38:23cette idée simple
00:38:24la sécurité d'un pays
00:38:26dépend de ses soldats
00:38:27c'est vrai
00:38:27mais elle dépend
00:38:28au moins autant
00:38:29de la manière
00:38:30dont un territoire
00:38:30est organisé
00:38:31protégé
00:38:32et préparé
00:38:33et d'une manière générale
00:38:35un projet
00:38:36qui tient une nation
00:38:37doit s'incarner
00:38:38dans des projets physiques
00:38:39les infrastructures
00:38:41l'équipement
00:38:42les grands travaux
00:38:42ont toujours joué
00:38:43un rôle fondamental
00:38:44parce qu'il repose
00:38:45sur l'idée
00:38:46de l'intérêt général
00:38:46du long terme
00:38:47et d'une certaine forme
00:38:48de grandeur
00:38:49propre à notre pays
00:38:50s'adapter
00:38:51au changement climatique
00:38:52va nécessiter
00:38:54d'aménager
00:38:54notre pays
00:38:55de le repenser
00:38:56de réfléchir
00:38:57aux endroits
00:38:57où l'on peut construire
00:38:58en toute sécurité
00:39:00aménager
00:39:00équipé
00:39:01on sait très bien
00:39:01le faire en France
00:39:02on sait aussi
00:39:03que ça nécessite
00:39:04trois choses
00:39:05d'abord
00:39:05des investissements
00:39:06je l'ai dit
00:39:07nos marges sont limitées
00:39:08on va devoir investir
00:39:09avec discernement
00:39:10mais cet argent
00:39:11profitera à nos territoires
00:39:12à leurs habitants
00:39:13à leurs entreprises
00:39:14à nos enfants
00:39:15et l'effort financier
00:39:16me paraît donc justifié
00:39:18il faut ensuite
00:39:18des compétences
00:39:19pour aménager
00:39:20et en premier lieu
00:39:21des ingénieurs
00:39:23nous formons
00:39:24des ingénieurs
00:39:25en France
00:39:25d'excellents ingénieurs
00:39:27nous en formons
00:39:2840 000 par an
00:39:30pour faire face
00:39:30à la transformation
00:39:31qui vient
00:39:31et je ne parle pas
00:39:33de l'intelligence artificielle
00:39:34je ne parle pas
00:39:35des transformations
00:39:36technologiques
00:39:36et industrielles
00:39:37non non
00:39:37je parle simplement
00:39:38de l'adaptation
00:39:40à la transformation
00:39:41climatique
00:39:42de nos infrastructures
00:39:44de nos bâtis
00:39:45de nos façons
00:39:46de produire
00:39:47nous allons avoir
00:39:48besoin
00:39:48de beaucoup
00:39:49d'ingénieurs
00:39:50nous en formons
00:39:5140 000
00:39:52nous nous porterions
00:39:53infiniment mieux
00:39:54si nous en formions
00:39:54100 000 par an
00:39:55peut-être
00:39:56150 000 par an
00:39:57c'est un effort
00:39:59national
00:39:59de formation
00:40:02de mobilisation
00:40:03sur ces compétences
00:40:05et sur ces vocations
00:40:05que nous devons réaliser
00:40:07de façon à ce que
00:40:08la France
00:40:09ait l'intelligence
00:40:10disponible
00:40:11pour faire face
00:40:12à ces défis
00:40:13c'est un merveilleux
00:40:14effort
00:40:15et qui ne concerne
00:40:16pas que les ingénieurs
00:40:17qui concerne
00:40:18les techniciens
00:40:19les ouvriers qualifiés
00:40:21tous ceux qui savent faire
00:40:23tous ceux qui ont la compétence
00:40:25pour innover
00:40:26pour entreprendre
00:40:31enfin il faut un état
00:40:32qui sache bien faire
00:40:33ce qu'on attend de lui
00:40:35pas au-delà
00:40:36ni plus
00:40:37ni moins
00:40:38indiquer une direction
00:40:39coordonner des efforts
00:40:40apporter de la visibilité
00:40:41et de la constance
00:40:42à l'action publique
00:40:43mais je ne crois pas
00:40:44à une adaptation efficace
00:40:45depuis Paris
00:40:47je veux à nouveau citer
00:40:48le grand Fernand Braudel
00:40:50il disait déjà
00:40:51à son époque
00:40:521000 France
00:40:54sont en place
00:40:55jadis
00:40:55hier
00:40:56aujourd'hui
00:40:57acceptons cette vérité
00:40:58cette profusion
00:40:59cette insistance
00:41:00nous avons 1000 France
00:41:02en France
00:41:03les solutions
00:41:04d'adaptation efficaces
00:41:05celles qui répondront
00:41:06le mieux au risque
00:41:07elles seront
00:41:07nécessairement
00:41:09des solutions locales
00:41:10j'engagerai donc
00:41:11la décentralisation
00:41:12de la politique d'adaptation
00:41:13avec un état central
00:41:15qui fixe le cap
00:41:15et des territoires
00:41:16qui choisiront le chemin
00:41:18et nous utiliserons
00:41:19la commande publique
00:41:21le changement
00:41:23le changement climatique
00:41:24va créer
00:41:25des besoins inconsidérables
00:41:26nous avons des entreprises
00:41:28qui savent faire
00:41:30comme souvent en France
00:41:31ça n'est pas une question
00:41:32de savoir faire
00:41:33mais c'est souvent
00:41:33une question d'échelle
00:41:34et de filière
00:41:35et trop souvent de normes
00:41:38s'adapter
00:41:39s'équiper
00:41:40c'est donc aussi simplifier
00:41:42et nous sommes
00:41:43mesdames et messieurs
00:41:44peu de gens l'ont saisi
00:41:46à la veille
00:41:46d'une petite révolution
00:41:48le 9 septembre dernier
00:41:49la commission européenne
00:41:51a présenté une proposition
00:41:53de règlement
00:41:54sur les marchés publics
00:41:56bon c'est pas
00:41:57excitant excitant
00:41:58dit comme ça
00:41:59une proposition
00:42:00de règlement
00:42:01sur les marchés publics
00:42:03pour donner une idée
00:42:04si la commission
00:42:05va au bout de son projet
00:42:06on passerait
00:42:07pour l'ensemble
00:42:09de la réglementation européenne
00:42:10en matière
00:42:11de marché public
00:42:11de 900 pages
00:42:13à 200 pages
00:42:15l'idée étant
00:42:16de concentrer
00:42:17les règles européennes
00:42:20et bien moi
00:42:20mesdames et messieurs
00:42:21je propose une chose
00:42:22très simple
00:42:24quand ce règlement
00:42:25entrera en vigueur
00:42:27et il comportera
00:42:28évidemment un certain nombre
00:42:29de garanties
00:42:29c'est l'objectif
00:42:30de ce règlement
00:42:32je propose de supprimer
00:42:33la totalité
00:42:34du code des marchés
00:42:35publics français
00:42:37les règles
00:42:37seront contenues
00:42:39dans la réglementation européenne
00:42:40on n'en ajoutera
00:42:41aucune
00:42:42si une commune
00:42:43veut se rajouter
00:42:44ses propres règles
00:42:44libre à elle de le faire
00:42:46mais je vous propose
00:42:47de considérer
00:42:48que ce qui est fixé
00:42:49comme le seuil
00:42:51par l'Union européenne
00:42:52ne doit pas être renforcé
00:42:54par la France
00:42:55et à mon avis
00:42:56par cette simple disparition
00:42:58le moment venu
00:42:59du code des marchés publics
00:43:02nous allons
00:43:02croyez moi
00:43:03s'agissant des collectivités publiques
00:43:05s'agissant parfois
00:43:06du logement social
00:43:07s'agissant de l'Etat
00:43:08libérer une énergie
00:43:09une rapidité
00:43:10une simplicité
00:43:11parfois même des prix
00:43:12extraordinaires
00:43:13j'attends donc
00:43:14avec impatience
00:43:15le règlement final
00:43:18proposé par la commission européenne
00:43:19et je prends cet engagement
00:43:21au moment où il sera publié
00:43:22de supprimer
00:43:23la totalité
00:43:24des dispositions
00:43:25applicables
00:43:26en matière
00:43:26de marché public
00:43:27contenu
00:43:28dans la réglementation nationale
00:43:32et pourquoi ?
00:43:33pas simplement
00:43:34parce que
00:43:34le code
00:43:35est un peu massif
00:43:36pas simplement
00:43:37parce que
00:43:37ce sera plus simple
00:43:38mais parce que
00:43:39l'énergie
00:43:39que nous allons gagner
00:43:40les possibilités
00:43:41que nous allons ouvrir
00:43:43dans les collectivités territoriales
00:43:44pour nous adapter
00:43:45seront infiniment supérieures
00:43:46et que nous allons donc pouvoir
00:43:48aller beaucoup plus vite
00:43:48dans l'adaptation nécessaire
00:43:50être beaucoup plus ambitieux
00:43:51être beaucoup plus inventif
00:43:52aussi
00:43:53donner des chances
00:43:53à des entreprises
00:43:54qui aujourd'hui
00:43:54ne passent pas la barre
00:43:55du code des marchés publics
00:43:58au fond je voudrais vous dire
00:43:59que l'adaptation climatique
00:44:01c'est tout le contraire
00:44:02d'une politique de renoncement
00:44:04très souvent
00:44:05lorsqu'on parle
00:44:05des conséquences
00:44:07de la transformation climatique
00:44:08on se dit
00:44:08nous allons devoir renoncer
00:44:09à ce qui fait
00:44:11notre mode de vie
00:44:13notre plaisir
00:44:14nos projets
00:44:14au fond ça va être
00:44:16chaque année
00:44:16un petit peu plus dur
00:44:17on va devoir faire
00:44:18un petit peu moins
00:44:19à chaque fois
00:44:20comme si c'était un rabot
00:44:22que chaque année
00:44:22on nous promettait
00:44:23sur nos projets
00:44:24sur nos aspirations
00:44:25sur notre liberté
00:44:27toujours un petit peu moins
00:44:28parce que c'est
00:44:29la transformation climatique
00:44:31je pense exactement
00:44:32l'inverse
00:44:33je pense que la politique
00:44:35d'adaptation
00:44:35ça n'est pas une politique
00:44:36de renoncement
00:44:37ça n'est pas une politique
00:44:39d'attrition
00:44:41l'adaptation du territoire
00:44:42c'est un esprit
00:44:43conquérant
00:44:44c'est une foi en l'avenir
00:44:45c'est une foi
00:44:46dans l'humanité
00:44:47c'est une foi
00:44:48dans la France
00:44:49c'est une foi
00:44:49dans notre capacité
00:44:50à régler les problèmes
00:44:51lorsqu'ils se posent
00:44:53alors c'est toujours mieux
00:44:54de les régler
00:44:54avant qu'ils se posent
00:44:55mais moi je considère
00:44:57que en France
00:44:59et probablement même
00:45:00pour l'humanité
00:45:01toute entière
00:45:01nous savons régler
00:45:03les problèmes
00:45:03lorsqu'ils se posent
00:45:05l'adaptation
00:45:07à la transformation climatique
00:45:08ça n'est pas
00:45:10sombre
00:45:10triste
00:45:12inéluctable
00:45:13subie
00:45:14c'est une aventure
00:45:16que nous allons
00:45:16mener ensemble
00:45:18pour faire en sorte
00:45:19de préparer
00:45:20une France
00:45:21et un monde
00:45:21vivable
00:45:23agréable
00:45:24plus agréable
00:45:25et plus vivable
00:45:26encore
00:45:26pour nos enfants
00:45:28c'est un état d'esprit
00:45:29mais c'est bien
00:45:30l'état d'esprit
00:45:30qui nous anime
00:45:31dans nos foyers
00:45:32dans nos vies personnelles
00:45:34et bien cet état d'esprit
00:45:35il faut le faire
00:45:36lever au niveau national
00:45:37et expliquer que
00:45:38cette transformation climatique
00:45:40elle est là
00:45:41on ne va pas faire
00:45:42comme si elle n'était pas là
00:45:43elle nous pose
00:45:44des défis considérables
00:45:45mais nous pouvons
00:45:46relever le défi
00:45:46nous pouvons adapter
00:45:47notre pays
00:45:48notre façon de faire
00:45:50trouver des solutions
00:45:51garantir le fait
00:45:52que nos enfants
00:45:53pourront continuer
00:45:53à apprendre
00:45:54dans les salles de classe
00:45:55même lorsqu'il fait chaud
00:45:56garantir le fait
00:45:57que nos usines
00:45:57vont pouvoir continuer
00:45:58à produire
00:45:58même lorsqu'il fait chaud
00:46:00garantir que nos villes
00:46:01vont pouvoir résister
00:46:02à l'augmentation
00:46:03du niveau des mers
00:46:04ou aux inondations
00:46:06plus fréquentes
00:46:06liées aux événements
00:46:08climatiques plus intenses
00:46:09c'est ça
00:46:11l'enjeu
00:46:12de l'adaptation
00:46:13à la transformation
00:46:14climatique
00:46:15c'est un défi
00:46:17collectif
00:46:17exceptionnel
00:46:18auquel nous devons répondre
00:46:19et moi j'ai la foi
00:46:22je sais que nous pouvons
00:46:23le faire
00:46:24je pense que
00:46:25nos parents
00:46:26nos grands-parents
00:46:26dans des conditions
00:46:27incroyablement difficiles
00:46:29ont parfois fait
00:46:29plus que ça encore
00:46:32avec parfois
00:46:32beaucoup moins que nous
00:46:33pour répondre
00:46:34à ces enjeux
00:46:36et je voudrais vous
00:46:36communiquer cette confiance
00:46:37qui est indispensable
00:46:39car on ne fait rien
00:46:40de grand sans confiance
00:46:41rien de grand sans espoir
00:46:43si nous attendons
00:46:44l'effet de la
00:46:45transformation climatique
00:46:46en nous disant
00:46:47jamais on n'y arrivera
00:46:48nous allons devenir
00:46:49un petit peuple
00:46:51nous allons devenir
00:46:52des petits hommes
00:46:54sans perspective
00:46:56sans espoir
00:46:57c'est pas ça la France
00:46:59c'est pas ça les français
00:47:01c'est beaucoup plus que ça
00:47:02la France
00:47:02c'est beaucoup plus que ça
00:47:03les français
00:47:04mesdames et messieurs
00:47:05et puis je voudrais vous dire
00:47:06autre chose aussi
00:47:07sur la transformation climatique
00:47:08et sur l'adaptation
00:47:09de notre pays
00:47:12je voudrais mettre fin
00:47:12à une mystification
00:47:13parce que depuis des années
00:47:16j'entends la gauche radicale
00:47:18expliquer explicitement
00:47:20ou implicitement
00:47:21mais souvent explicitement
00:47:22que au fond
00:47:24l'origine humaine
00:47:26du changement climatique
00:47:27et son accélération
00:47:29serait le pur produit
00:47:31du capitalisme
00:47:33que le capitalisme
00:47:36par ce qu'il suppose
00:47:38l'accumulation du capital
00:47:39serait incapable
00:47:41par nature
00:47:42de respecter les limites
00:47:44de la planète
00:47:44et que donc
00:47:46dans un syllogisme intéressant
00:47:48pour sauver le climat
00:47:49il faudrait casser le capitalisme
00:47:51et tout ce qui va avec
00:47:53l'économie de marché
00:47:55le démocratie représentative
00:47:57tout ce qui va avec
00:47:59regardons les faits
00:48:00mesdames et messieurs
00:48:00le seul système
00:48:01qui a prétendu
00:48:02constituer une alternative
00:48:03au capitalisme
00:48:04à savoir le communisme
00:48:06n'a pas été
00:48:06de bon point de vue
00:48:08un modèle de préservation
00:48:09de l'environnement
00:48:10et je ne crois pas
00:48:11que ce soit lié à l'époque
00:48:12ou lié au hasard
00:48:14car lorsque l'homme
00:48:15ne compte pas
00:48:17ou lorsqu'il ne compte plus
00:48:18dans un système politique
00:48:19lorsque la vérité du parti
00:48:20s'impose par nature
00:48:21à la liberté individuelle
00:48:23l'environnement
00:48:23finit en général
00:48:25par compter encore moins
00:48:27alors soyons clairs
00:48:28on ne réussira pas
00:48:30l'adaptation climatique
00:48:31sans l'économie de marché
00:48:32parce que nous aurons
00:48:33besoin de capitaux
00:48:34parce que nous aurons
00:48:35besoin d'investissement
00:48:36parce que nous aurons
00:48:37besoin de technologie
00:48:38d'entrepreneurs
00:48:39d'innovation
00:48:39et ça
00:48:40l'économie de marché
00:48:41est la mieux à même
00:48:43de nous les fournir
00:48:45nous devons utiliser
00:48:46l'économie de marché
00:48:47pour nous adapter
00:48:48à la transformation climatique
00:48:50mais tous ceux
00:48:50qui viendront vous voir
00:48:51sur le thème
00:48:52de la décroissance
00:48:52sur le thème
00:48:53de la fin du capitalisme
00:48:55de la fin
00:48:56de l'économie de marché
00:48:57qui vous diront
00:48:58nous allons changer
00:48:59le système économique
00:49:00de production
00:49:00parce que
00:49:00en le changeant
00:49:01en le changeant quoi
00:49:04on va mobiliser
00:49:05plus de richesses
00:49:05pour les investissements
00:49:07dont nous avons besoin
00:49:08on va mobiliser
00:49:09plus d'innovation
00:49:10pour trouver
00:49:10les solutions techniques
00:49:11dont nous allons
00:49:12avoir besoin
00:49:13on va créer
00:49:14plus de liberté individuelle
00:49:15jamais de la vie
00:49:16nous le savons bien
00:49:18se priver
00:49:19de la puissance
00:49:20de l'économie de marché
00:49:21pour adapter le pays
00:49:22c'est se condamner
00:49:23je le crois
00:49:24à la décroissance continue
00:49:25à la décroissance triste
00:49:27et à la décroissance
00:49:28désespérante
00:49:29le capitalisme
00:49:30a su
00:49:31en étant tempéré
00:49:32et régulé
00:49:33par la démocratie occidentale
00:49:34prendre en compte
00:49:35la question sociale
00:49:36et sortir de la pauvreté
00:49:37des peuples entiers
00:49:38et bien nous devons
00:49:39poursuivre sur cette voie
00:49:41l'organiser
00:49:41le réguler
00:49:42de façon
00:49:44à utiliser
00:49:44ce qu'il sait faire
00:49:46mieux que quiconque
00:49:47pour créer des richesses
00:49:48et surtout
00:49:49pour utiliser ces richesses
00:49:50dans l'adaptation
00:49:52je ne suis pas en train
00:49:53de vous dire
00:49:53que le marché
00:49:54est une fin en soi
00:49:55je suis en train
00:49:56de vous dire
00:49:56qu'il est un outil
00:49:57et un outil puissant
00:49:57et que cet outil puissant
00:49:59nous en avons besoin
00:50:01en l'organisant
00:50:03en l'orientant
00:50:04en l'utilisant
00:50:07je voudrais
00:50:08pour terminer
00:50:10car
00:50:11le réchauffement climatique
00:50:12est une réalité
00:50:14mais
00:50:16sur les bords de la Loire
00:50:17au Pont de Cé
00:50:17ce soir
00:50:18un petit vent frais
00:50:21vient rafraîchir
00:50:22celles et ceux
00:50:23qui enthousiastes
00:50:24sont venus
00:50:25sans petite laine
00:50:26je le vois bien
00:50:27je le vois bien
00:50:28mais je voudrais quand même
00:50:29vous dire un mot
00:50:30sans allonger
00:50:31indéfiniment ce discours
00:50:32un mot sur
00:50:33sur trois chantiers
00:50:34que je voudrais engager
00:50:36trois chantiers
00:50:36que je crois important
00:50:38le premier
00:50:38c'est le plan baignade
00:50:41je l'ai déjà évoqué
00:50:42et ça m'a valu
00:50:43quelques remarques
00:50:44condescendantes
00:50:45comme on dit souvent
00:50:46de la part de certains
00:50:47commentateurs parisiens
00:50:48oui un plan baignade
00:50:49alors que
00:50:50la France est confrontée
00:50:51à des défis considérables
00:50:53qu'est-ce qui vient
00:50:53de nous parler
00:50:54d'un plan baignade
00:50:56je vais vous dire
00:50:57je vois dans cette
00:50:58condescendance
00:50:58d'excellentes raisons
00:50:59de persister
00:51:01et de poursuivre
00:51:02sur ce thème
00:51:04et je le fais
00:51:04d'autant plus volontiers
00:51:05que ce plan
00:51:06s'inscrit dans le prolongement
00:51:07d'un autre plan
00:51:08du même type
00:51:09le plan piscine
00:51:10qui n'a pas été lancé
00:51:11par Édouard Philippe
00:51:12mais qui a été lancé
00:51:12en 1969
00:51:13par un homme d'état
00:51:14que j'admire beaucoup
00:51:15le président Pompidou
00:51:17j'ai compris récemment
00:51:18que les écolos
00:51:19avaient un petit peu de mal
00:51:19avec le président Pompidou
00:51:21ils ont tort
00:51:23l'idée à l'époque
00:51:24c'était d'équiper
00:51:25le territoire
00:51:25en piscine publique
00:51:27et à l'époque
00:51:28près d'un millier
00:51:28un petit peu plus
00:51:29ont été construites
00:51:30sur des formats
00:51:31standardisés
00:51:32ça n'a pas toujours été
00:51:33d'ailleurs des succès techniques
00:51:34mais ils ont été construites
00:51:35et on a
00:51:37démocratisé
00:51:38l'accès à la piscine
00:51:40pour des millions
00:51:41de français
00:51:43pour des millions
00:51:44de français
00:51:46pour l'ensemble
00:51:47des français
00:51:48pas seulement
00:51:49ceux qui sont
00:51:50propriétaires
00:51:50d'une piscine privée
00:51:51pas seulement
00:51:52ceux qui
00:51:53savent profiter
00:51:54de ce plaisir
00:51:55pour tous
00:51:56parce que profiter
00:51:58d'une baignade
00:51:58lorsqu'il fait très chaud
00:52:00devient
00:52:01pas seulement
00:52:02un plaisir
00:52:02mais une nécessité
00:52:03quelle est la situation
00:52:05aujourd'hui
00:52:06il y a beaucoup plus
00:52:07de piscines privées
00:52:08en France
00:52:08qu'il y en avait
00:52:09en 1969
00:52:09et on compte environ
00:52:11un petit peu plus
00:52:12de 4000 piscines publiques
00:52:13en France
00:52:14ça fait
00:52:16si mes calculs
00:52:16sont exacts
00:52:17pas très loin
00:52:18d'une piscine
00:52:19pour 17 000 habitants
00:52:21la moitié du parc
00:52:22des piscines publiques
00:52:22français a plus de 38 ans
00:52:23à moitié
00:52:26ça oblige parfois
00:52:27les collectivités
00:52:28à les fermer
00:52:28ça oblige forcément
00:52:30à les entretenir
00:52:31à les rénover
00:52:32ou à construire
00:52:33de nouvelles
00:52:33c'est un énorme
00:52:35effort
00:52:35d'investissement
00:52:38mais je vous le dis
00:52:39compte tenu
00:52:40de la transformation
00:52:41climatique
00:52:42compte tenu
00:52:42des épisodes
00:52:43caniculaires
00:52:43pouvoir se baigner
00:52:45ne doit être
00:52:47ni un luxe
00:52:48ni un danger
00:52:50cet été en France
00:52:51301 personnes
00:52:53sont mortes
00:52:54par noyade
00:52:55301
00:52:57c'est un chiffre
00:52:58en hausse de 14%
00:52:59par rapport
00:52:59à l'année précédente
00:53:01ce sont 300 morts
00:53:02évitables
00:53:04parce que
00:53:05l'accès
00:53:06à l'eau
00:53:07n'est pas forcément
00:53:08bien organisé
00:53:09parce que la pratique
00:53:10de la natation
00:53:11n'est pas forcément
00:53:12maîtrisée
00:53:14en période
00:53:15de canicule
00:53:16les piscines
00:53:17ou les cours d'eau
00:53:17sont des refuges
00:53:18pour les familles
00:53:19elles permettent
00:53:20à des familles
00:53:20de passer un mercredi
00:53:21un sabedi
00:53:21ou une journée
00:53:22de vacances
00:53:23à un coup modique
00:53:23et apprendre
00:53:24à nager
00:53:25à nos enfants
00:53:25me paraît
00:53:26absolument essentiel
00:53:27à l'heure
00:53:28où un élève
00:53:28sur trois
00:53:29nous dit-on
00:53:29entrant en sixième
00:53:31ne sait pas nager
00:53:31je suis donc
00:53:32totalement décidé
00:53:33à lancer ce plan
00:53:34baignade
00:53:35pour rénover
00:53:36pour construire
00:53:36de nouvelles piscines
00:53:37pour rendre
00:53:38à la baignade
00:53:39lorsque les conditions
00:53:40sanitaires le permettront
00:53:40certains cours d'eau
00:53:41comme nous l'avons fait
00:53:42pour la Seine
00:53:42et pour la Marne
00:53:43à l'occasion
00:53:44des Jeux Olympiques
00:53:45de Paris
00:53:45et il y avait
00:53:46quelque chose
00:53:46là aussi
00:53:46d'extrêmement
00:53:48réjouissant
00:53:48à dire que des cours d'eau
00:53:49qui n'étaient plus baignables
00:53:51pouvaient le devenir
00:53:52à nouveau
00:53:52parce que là aussi
00:53:53ça nous montre
00:53:54que rien n'est inéluctable
00:53:56nous pouvons adapter
00:53:58corriger
00:53:59parfois réparer
00:54:00la nature
00:54:00de façon à pouvoir
00:54:01à nouveau
00:54:02en profiter
00:54:03dans des conditions
00:54:04satisfaisantes
00:54:07et sur ce point
00:54:08je voudrais citer
00:54:09quelqu'un
00:54:09qui n'est pas là
00:54:09aujourd'hui
00:54:10mais qui avait fait
00:54:11un travail remarquable
00:54:12pour qui j'ai
00:54:12beaucoup d'estime
00:54:14qui est madame
00:54:14Roxana Maracineanu
00:54:16fut ministre des sports
00:54:18lorsque j'étais premier ministre
00:54:19et qui avait lancé
00:54:19un plan
00:54:20aisance aquatique
00:54:22pour faire en sorte
00:54:23que très tôt
00:54:24alors qu'ils sont
00:54:25encore nourrissons
00:54:26les enfants
00:54:27apprennent à se débrouiller
00:54:29avec l'eau
00:54:29pour ne pas
00:54:32multiplier
00:54:32les accidents
00:54:35dramatiques
00:54:35que j'évoquais
00:54:38encore une fois
00:54:38j'ai bien entendu
00:54:39la condescendance
00:54:41d'acteurs parisiens
00:54:43qui n'ont probablement
00:54:44aucun problème
00:54:45pour se baigner
00:54:45lorsqu'ils le souhaitent
00:54:46je les comprends
00:54:48mais les français
00:54:49ils ont le droit
00:54:49de pouvoir le faire
00:54:50et nous pouvons
00:54:51l'organiser
00:54:51avec des investissements
00:54:52publics
00:54:53avec de l'adaptation
00:54:54du territoire
00:54:54de façon à ce que
00:54:55eux aussi bénéficient
00:54:57de ce plaisir
00:54:58qui est devenu
00:54:59indispensable
00:55:00le deuxième chantier
00:55:01c'est l'adaptation
00:55:02de nos infrastructures
00:55:04c'est ce que j'appelle
00:55:05la dette grise
00:55:06c'est les années de retard
00:55:07dans l'entretien
00:55:08la modernisation
00:55:09et l'adaptation
00:55:09de nos équipements
00:55:10qui vont se voir
00:55:11beaucoup
00:55:12à cause des crises climatiques
00:55:14c'est la voie ferrée
00:55:15qui se déforme
00:55:15sous l'effet de la chaleur
00:55:16c'est normal
00:55:16que le métal
00:55:17se déforme
00:55:18sous l'effet de la chaleur
00:55:18ça je crois que
00:55:19tout le monde
00:55:20peut le comprendre
00:55:21c'est sa nature
00:55:24mais que les trains
00:55:25ne roulent plus
00:55:25parce qu'il fait chaud
00:55:27en France
00:55:29beaucoup d'entre nous
00:55:30ont beaucoup de mal
00:55:30à le comprendre
00:55:32que le système ferroviaire
00:55:34ne sache pas encaisser
00:55:35une augmentation
00:55:36de température
00:55:37ou un pic de chaleur
00:55:38pendant quelques jours
00:55:39ça beaucoup d'entre nous
00:55:40se disent
00:55:41comment en est-on arrivé là
00:55:42c'est le sol qui bouge
00:55:45et qui fait partir
00:55:46la moitié de la route
00:55:48c'est le transformateur électrique
00:55:50qui lâche
00:55:50parce qu'il fait trop chaud
00:55:52c'est le pont
00:55:52ou l'ouvrage d'art
00:55:53il y en a quand même
00:55:54plus de 40 000 en France
00:55:56un peu ancien
00:55:57qui ne supporte pas
00:55:58ou qui ne supporte plus
00:55:59les volumes d'eau
00:55:59en cas de forte pluie
00:56:01soit on continue
00:56:02comme aujourd'hui
00:56:03c'est à dire que
00:56:03grosso modo
00:56:03on attend la panne
00:56:04pour réparer
00:56:05on attend l'annulation
00:56:06des trains pour agir
00:56:08on attend la catastrophe
00:56:09et elle est souvent prévisible
00:56:10pour se demander
00:56:11ce qu'il aurait fallu faire
00:56:12soit on prend le sujet
00:56:13à bras le corps
00:56:14et on regarde
00:56:14territoire par territoire
00:56:15quelles sont les infrastructures
00:56:16dont la défaillance
00:56:17aurait les conséquences
00:56:18les plus graves
00:56:19et on construit
00:56:20un calendrier de travail
00:56:21qu'est-ce qu'il faut renforcer
00:56:22qu'est-ce qu'il faut protéger
00:56:23qu'est-ce qu'il faut déplacer
00:56:24qu'est-ce qu'il faut refroidir
00:56:25qu'est-ce qu'il faut surélever
00:56:29et surtout
00:56:29quand est-ce qu'on le fait
00:56:32parce qu'adapter
00:56:33nos infrastructures
00:56:35ça n'est pas
00:56:36dépenser
00:56:37pour faire face
00:56:38à un risque hypothétique
00:56:39le risque il est là
00:56:41c'est investir
00:56:42pour éviter des pannes
00:56:43des interruptions
00:56:44des pertes économiques
00:56:45et parfois des drames
00:56:48enfin cette logique
00:56:49d'anticipation
00:56:49c'est mon dernier point
00:56:51je vais aussi l'appliquer
00:56:52à nos montagnes
00:56:53qui font l'objet
00:56:54de mon troisième et dernier chantier
00:56:56alors j'ai bien conscience
00:56:58que parler de montagne
00:57:00en Anjou
00:57:01dont le point culminant
00:57:03la colline de la trottière
00:57:05tutoie les 216 mètres d'altitude
00:57:07peut sembler aventureux
00:57:10vous me direz que la Normandie
00:57:11ne se distingue pas
00:57:12par ses sommets enneigés
00:57:13vous n'aurez pas tort
00:57:15mais je veux être très sérieux
00:57:16quand j'étais enfant
00:57:19pour m'apprendre à rester calme
00:57:21à ne pas réagir à tout
00:57:22et n'importe quoi
00:57:25mon père me répétait
00:57:26cette phrase
00:57:26qui m'a beaucoup marqué
00:57:28il me disait
00:57:30la montagne
00:57:31ne bouge pas
00:57:34c'est un conseil
00:57:36de maîtrise de soi
00:57:39un conseil utile
00:57:42à moi lorsque j'étais enfant
00:57:44et à mon avis
00:57:45à beaucoup d'autres
00:57:47la montagne ne bouge pas
00:57:50mais la vérité
00:57:51c'est que la montagne
00:57:51bouge aujourd'hui
00:57:52la vérité c'est que
00:57:53les équilibres de la montagne
00:57:54sont en train de bouger
00:57:55et de bouger très rapidement
00:57:58le changement climatique
00:57:59s'y fait sentir
00:58:00là aussi
00:58:08parce qu'après vous avoir parlé
00:58:09autant d'eau
00:58:10vous constatez
00:58:11qu'on n'avait pas donné
00:58:12merci
00:58:18la montagne
00:58:19et ses équilibres bougent
00:58:22dans les alpages
00:58:23l'eau manque
00:58:24les pâturages s'appauvrissent
00:58:26la végétation se transforme
00:58:28certains éleveurs
00:58:29sont obligés de faire venir
00:58:30par camion-citernes
00:58:31l'eau dont ils ont besoin
00:58:34on doit acheter
00:58:35du fourrage
00:58:35dès l'été
00:58:37nous allons devoir
00:58:38en montagne aussi
00:58:39mieux stocker l'eau
00:58:40tout ce que je vous ai dit
00:58:40pour la plaine
00:58:41est vrai pour la montagne
00:58:43avec cette particularité
00:58:44qu'une bonne partie
00:58:45de l'économie de la montagne
00:58:46repose sur la neige
00:58:48et qu'elle se fait plus rare
00:58:50et que nous le savons tous
00:58:51pas partout bien entendu
00:58:53évidemment
00:58:55mais qu'elle se fait plus rare
00:58:56et que tout indique
00:58:58qu'elle peut à l'avenir
00:58:59continuer à se faire
00:59:00de plus en plus rare
00:59:03nous allons donc
00:59:05devoir faire évoluer
00:59:06un modèle français
00:59:08qui ne pourra plus dépendre
00:59:11d'une économie construite
00:59:13autour de la neige
00:59:15le modèle touristique
00:59:17doit changer
00:59:18il peut probablement perdurer
00:59:21il doit probablement s'adapter
00:59:24il va changer
00:59:25il y a d'excellents exemples
00:59:27de transition
00:59:28dans le département du Doubs
00:59:30à Métabier
00:59:31sur le Jura
00:59:33on a des stations
00:59:34qui ont compris
00:59:36qui ont compris
00:59:37par la force de l'évidence
00:59:38qu'elles ne pouvaient plus
00:59:39attirer simplement
00:59:40par la promesse
00:59:43des sports d'hiver
00:59:44fondés sur le ski
00:59:46et sur la neige
00:59:47mais bien par des activités
00:59:48qui s'inscrivent
00:59:49tout au long de l'année
00:59:49et qui ont été
00:59:50très profondément transformées
00:59:52le ski peut-être
00:59:53mais le VTT
00:59:54la randonnée
00:59:55le trail
00:59:55la luge 4 saisons
00:59:56une organisation différente
00:59:59un propos différent
01:00:01une offre différente
01:00:02mais quelque chose
01:00:03qui reste attractif
01:00:04et qui reste fondé
01:00:05sur une nature
01:00:07qui est merveilleuse
01:00:09même si elle change
01:00:10nous allons devoir
01:00:12accompagner
01:00:12ces transitions
01:00:13massif par massif
01:00:14territoire par territoire
01:00:15parce que les réponses
01:00:17ne seront évidemment pas
01:00:18les mêmes
01:00:18ni dans les Alpes
01:00:19ni dans le Jura
01:00:20ni dans les Pyrénées
01:00:21dans les Vosges
01:00:21ou dans le massif central
01:00:23et qu'on doit
01:00:24anticiper les risques
01:00:25esquivaux
01:00:26les risques estivaux
01:00:27en sécurisant
01:00:28les sentiers exposés
01:00:29aux éboulements
01:00:30en surveillant
01:00:30les infrastructures
01:00:31fragilisées par le dégel
01:00:32en protégeant
01:00:34les refuges
01:00:34et en leur garantissant
01:00:35un accès à l'eau
01:00:36nous n'allons pas pouvoir
01:00:38faire revenir la neige
01:00:40nous ne pourrons
01:00:40sans doute pas maintenir
01:00:41à tout prix
01:00:42le modèle d'hier
01:00:42mais nous pouvons
01:00:43construire un autre modèle
01:00:44pour nos montagnes
01:00:45plus diversifiées
01:00:46plus respectueux
01:00:47de leurs équilibres
01:00:47naturels
01:00:48et peut-être
01:00:49d'une certaine façon
01:00:49plus ambitieux
01:00:54mes amis
01:00:55si le présent
01:00:56se traîne
01:00:57dans les séquelles
01:00:58du malheur
01:00:58l'avenir est à bâtir
01:01:01il y faut une politique
01:01:02j'en ai une
01:01:03dont je tâche
01:01:04qu'elle soit
01:01:04à la dimension
01:01:05du sujet
01:01:06voilà ce que disait
01:01:06voilà ce qu'écrivait
01:01:07plein d'allant
01:01:08le général de Gaulle
01:01:09dans le tome 3
01:01:11de ses mémoires de guerre
01:01:12il avait intitulé
01:01:14le salut
01:01:15nous n'allons pas choisir
01:01:17le climat de 2050
01:01:20il s'imposera à nous
01:01:22mais nous pouvons choisir
01:01:23la France
01:01:24qui y fera face
01:01:26nous pouvons décider
01:01:27d'être prêts
01:01:29nous pouvons décider
01:01:30qu'un enfant
01:01:30pourra apprendre
01:01:31dans une salle de classe
01:01:32où il ne fera pas
01:01:3340 degrés
01:01:34nous pouvons décider
01:01:35qu'un train
01:01:36continuera à rouler l'été
01:01:38qu'un agriculteur
01:01:39aura de l'eau
01:01:39quand il en aura besoin
01:01:41que la chaleur
01:01:42sera moins intense
01:01:43en ville
01:01:44parce que nous
01:01:45les aurons transformés
01:01:46que la protection
01:01:47contre le risque
01:01:48de submersion marine
01:01:49ou d'inondation
01:01:50sera mieux prise en compte
01:01:51avec des ouvrages
01:01:52de type nouveau
01:01:54qu'un pompier
01:01:55disposera des moyens
01:01:56nécessaires
01:01:56pour nous protéger
01:01:57lorsque la crise
01:01:58sera là
01:01:58que nous aurons accès
01:02:00tous
01:02:00à l'eau potable
01:02:01nous pouvons décider
01:02:03de cela
01:02:03le climat
01:02:05nous ne le maîtrisons pas
01:02:07et je ne crois pas
01:02:08que nous puissions
01:02:08penser le maîtriser un jour
01:02:09en revanche
01:02:10notre réponse
01:02:12nous la maîtrisons
01:02:14cette réponse
01:02:15c'est à nous
01:02:16de la construire
01:02:18pas aux autres
01:02:19de la construire
01:02:20patiemment
01:02:22méthodiquement
01:02:23résolument
01:02:25et vite
01:02:27c'est un objet
01:02:28de sécurité
01:02:29pour notre pays
01:02:31pour nous-mêmes
01:02:32pour nos enfants
01:02:34c'est un défi
01:02:35formidable
01:02:36je sais qu'il est
01:02:39compliqué
01:02:40je sais qu'il peut faire peur
01:02:43je sais qu'il peut donner lieu
01:02:44à une forme de découragement
01:02:47et je terminerai par ces mots
01:02:50les deux péchés capitaux
01:02:51en politique
01:02:52sont la désinvolture
01:02:54et le découragement
01:02:56la désinvolture
01:02:56vis-à-vis de la transformation
01:02:57climatique
01:02:58c'est dire
01:02:59est-ce que c'est vraiment
01:03:00l'homme qui en est responsable
01:03:01et puis
01:03:01est-ce que vraiment il faut
01:03:03et le découragement
01:03:04c'est dire c'est trop tard
01:03:05c'est trop grave
01:03:06on n'y arrivera pas
01:03:08eh bien moi
01:03:09mesdames et messieurs
01:03:10je vous le dis en conscience
01:03:11sans désinvolture
01:03:12sans découragement
01:03:13nous pouvons faire face
01:03:15aux défis climatiques
01:03:16il faut simplement
01:03:17nous y mettre maintenant
01:03:18croyons en nous
01:03:19organisons la France
01:03:20de nos enfants
01:03:20je vous remercie
01:03:25je vous remercie
01:03:27merci
01:03:27merci
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