00:00Elles sont insouciantes, leurs vacances se terminent, elles s'apprêtent à prendre le train.
00:08Mais ces deux jeunes en ont décidé autrement. Les voici.
00:15Pendant que l'un s'éloigne, le jeune en blanc va s'arranger pour croiser le chemin de la mère
00:20de famine.
00:25Il arrache violemment le collier en or de sa victime et s'enfuit.
00:34La mère et la fille sont sous le choc, hébétés.
00:41Térible image, on voit la petite fille partir, revenir, on va y revenir, David Leroux, les agressions au collier, c
00:46'est légion maintenant.
00:48Alors moi j'ai exercé à Marseille de 2001 à 2008, et déjà à l'époque, une des premières choses
00:53qu'on déconseillait aux personnes,
00:56les résidents marseillais comme les touristes. Pas de chaîne en or apparente, les amis, que nous soyons en Marseille.
01:01Pas de chaîne apparente parce qu'il y avait ce principe d'arrachage, que ce soit à pied ou des
01:05individus à scooter en deux.
01:06C'était un grand classique, notamment sur le Vieux-Port à l'époque.
01:08Mais rien n'a changé. L'or apparent à Marseille, c'est à proscrire, je le dis très sérieusement, pour
01:14éviter ce genre d'agression.
01:15Pas de bijoux, pas de signes extérieurs de richesse, en plus avec le cours de l'or.
01:19Alors regardez, on poursuit parce que cette femme, évidemment, on l'a retrouvée, elle revient sur ce qu'on a
01:24aperçu.
01:25Et le choc à la fois qu'elle, mais aussi sa petite fille, ont subi. C'est assez poignant comme
01:30témoignage.
01:32Il me prend au cou, pensant qu'il voulait m'étrangler.
01:36Et j'ai essayé de me maîtriser. Du coup, ma fille est partie en courant.
01:42J'ai serré mon sac contre moi, pensant qu'il en voulait à mon sac.
01:49Et d'un coup, j'entends le claque de ma chaîne, qui était là, qui faisait partie de moi.
01:57Je suis tombée au sol et je me suis relevée en hurlant.
02:02Et ma fille, m'entendant crier, elle est revenue vers moi en me disant que je la sentais culpabiliser le
02:23fait de m'avoir laissée par terre
02:25et de m'entendre hurler et de s'être enfui de cette situation.
02:32Et elle me dit, maman, maman, j'ai cru qu'il voulait me prendre. C'est pour ça que je
02:36suis partie.
02:38Docteur Vallée, on sent en fait tout le désarroi de cette femme qui culpabilise énormément.
02:44C'est ça, les dégâts sont terribles sur cette famille parce qu'en fait, elle a l'impression
02:50qu'elle a un peu laissé tomber sa fille ou qu'elle l'a mise dans une situation de danger.
02:55Oui, effectivement, il y a plusieurs mouvements et chez cette femme et chez cet enfant qui entrent aussi en collision.
03:02C'est-à-dire que la première réaction, c'est effectivement, je pense, cette peur intense au moment de l
03:07'agression
03:08qui est associée à la chute avec tout ce que ça peut...
03:10Et puis ça fait mal, on voit qu'elle tombe vraiment de toute sa hauteur.
03:13Tout à fait. Et immédiatement, on l'entend tout à fait, l'angoisse, la culpabilité par rapport à avoir failli
03:20à ses missions de mère, à savoir protéger cet enfant.
03:23Et dans le même temps, elle est très fine, cette mère, puisqu'elle perçoit tout de suite la culpabilité de
03:28sa fille
03:28qui, elle aussi, je pense, a été à la fois mobilisée par l'angoisse et donc elle a fui,
03:33qui est un réflexe tout à fait naturel, mais entendant sa mère criée,
03:36effectivement, s'est sentie à la fois devoir protéger sa mère alors que ce n'est pas son rôle
03:40et devoir revenir et devoir même se justifier.
03:43Je trouve ça extrêmement touchant comment cet enfant a besoin de se justifier en disant
03:46« J'ai eu peur pour moi, donc je suis parti, mais je suis quand même revenu. »
03:49Oui, elle est obligée de faire une montre de loyauté envers sa maman.
03:52Ça, c'est très présent chez les enfants.
03:54On poursuit avec une autre partie du témoignage.
03:58L'agression a duré quelques secondes, vous l'avez vu, mais les effets, encore une fois,
04:02sur la psyché de cette femme, et elle l'explique très bien, sont dévastateurs.
04:07Cette agression n'a duré qu'une seconde et 17 centièmes, mais ses effets sont dévastateurs.
04:13Il a brisé des rêves d'une petite fille.
04:16Il a brisé la confiance aussi que j'avais moi en moi.
04:21Ma fille a reparlé de lui il n'y a pas très longtemps.
04:27Elle s'est mise à marcher un petit peu en rembondissant sur ses baskets,
04:30en me disant « Il marchait comme ça, maman ? Il marchait comme ça ? »
04:38Donc là, je lui ai dit « De qui tu parles ? »
04:41Parce qu'on ne parlait plus de lui du tout.
04:43Et elle me dit « Le monsieur qui t'a enlevé le courrier, il marchait comme ça. »
04:47Je lui ai dit « Oui, ma beauté, il marchait comme ça. »
04:49C'est vrai, tu as raison, il marchait comme ça.
04:51Aujourd'hui, moi, j'ai peur de tout le monde.
04:55Vous avez peur de quoi ?
04:57J'ai peur de chaque individu qui s'approche de moi.
05:01Je sursaute énormément.
05:03Je vois un mec avec un jogging blanc.
05:05J'en ai peur alors que j'ai l'habitude de les voir.
05:09Pour moi, je ne faisais pas de différence à un mec en jogging ou à un mec en costard.
05:14Et aujourd'hui, un gars en jogging, je vais le dévisager, je vais prendre mes distances.
05:20J'ai peur.
05:21J'ai peur, j'ai...
05:23Donc, voilà.
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