00:00Europe 1, Christine Kelly et vous.
00:03Émission spéciale préoccupation des français pour la présidentielle 2027.
00:07Dernier chapitre sur les retraites, fardeau d'Emmanuel Macron.
00:11Seront-elles aussi le cauchemar du futur président ?
00:13On en parle avec Gabriel Cluzel, Arthur de Vatrigan.
00:16Votre invité Jean-Jacques Manceau, journaliste économique au magazine Capital
00:20et nos auditeurs au 01 80 20 39 21. Christine.
00:24Oui absolument, rappelez-nous pour pouvoir réagir au dossier des retraites.
00:29Est-ce que vous, retraité, vous pensez qu'on veut vraiment vous faire les poches ?
00:33Est-ce que vous êtes d'accord ou pas avec le rôle que l'on veut vous faire jouer
00:37sur cette route de la présidentielle ?
00:39D'abord Jean-Jacques Manceau, vous êtes journaliste économique au magazine Capital.
00:43Les retraites, c'est un fardeau d'Emmanuel Macron.
00:45Est-ce que ça sera aussi le cauchemar du futur président de la République ?
00:49Ça sera le futur cauchemar.
00:51Ce sera un sujet qui ne se réglera pas,
00:55ni pendant la campagne, ni par le prochain président de la République.
00:58Ça a été un fardeau pour Emmanuel Macron,
01:00mais ça a été aussi un fardeau pour tous les présidents précédents.
01:03Enfin, depuis que le système des retraites va vers un déséquilibre,
01:06il y a un problème.
01:07Alors pourquoi les retraites ?
01:08Parce que pour moi, les retraites, c'est vraiment une bombe sociale et politique
01:11parce que ça cristallise finalement beaucoup de sujets autour de ça.
01:16On a d'abord un sujet générationnel,
01:18on oppose les vieux, les boomers,
01:20dont malheureusement je fais partie,
01:22avec les jeunes, les jeunes qui payent et les boomers qui profitent.
01:25On oppose les propriétaires avec les locataires,
01:28les vieux retraités qui sont tous propriétaires,
01:31qui ont tous une maison de campagne à la mer,
01:32et puis les jeunes qui ont du mal à se loger.
01:35On oppose les libéraux et des gens un peu moins libéraux
01:39par rapport au système,
01:40retraite par capitalisation versus retraite par répartition.
01:43Alors là, c'est vraiment des choses qui s'imposent dans le discours.
01:48Est-ce qu'il faut que les gens cotisent eux-mêmes pour leur retraite ?
01:51Est-ce qu'il faut qu'il y ait de la capitalisation ou de la répartition ?
01:55Et puis, c'est un sujet sur lequel on a des acteurs
02:00qui sont des acteurs très importants dans le schéma politique français.
02:05Les retraités sont le corps électoral le plus fidèle
02:09et le plus fiable et le plus régulier.
02:12C'est des gens qui ont voté pour Emmanuel Macron,
02:16c'était clair.
02:17Je ne sais pas s'ils sont encore fidèles.
02:18Là, ils le sont un peu moins.
02:19Et donc, on voit bien dans le discours de certaines personnalités politiques,
02:24en fait, il faut à la fois proposer quelque chose
02:26pour régler ce problème des retraites
02:28et en même temps, il ne faut pas fâcher les retraités
02:31parce que c'est quand même 8 millions de...
02:33Vous savez, c'est des blocs de 8 millions,
02:348 millions d'immigrés, 8 millions de retraités,
02:36c'est à peu près équivalent.
02:38Plus les 420 milliards que ça coûte par an...
02:40Ça coûte 425 milliards, donc en plus,
02:42et ça ne va pas s'arranger.
02:44Donc, c'est vraiment un problème
02:46qui va nous accompagner encore pendant, je pense, pas mal d'années.
02:49Jean-Jacques Manceau, journaliste économique au magazine Capital.
02:53Arthur Devatrigan, Gabriel Cluzel.
02:55En démocratie, le but, c'est de séduire.
02:57Donc, c'est de mentir.
02:59Quand vous avez un bloc majoritaire qui sont des retraités,
03:03c'est compliqué de leur dire qu'on va leur piquer de l'argent.
03:05C'est ce que fait Édouard Philippe, ce que fait Édouard Attal.
03:07On regarde dans les sondages, il chute.
03:10Gabriel Attal, pardon, il chute.
03:12Après, bon, il y a un raisonnement que tout le monde a compris.
03:15Le principe de notre retraite, depuis que la retraite existe,
03:17c'est les actifs qui financent les retraités.
03:19Il y a moins d'actifs, il y a plus de retraités, donc ça ne va pas.
03:22Mais il y a un autre grand absent dans cette campagne,
03:24et qui m'étonne un peu, c'est l'intelligence artificielle.
03:27C'est-à-dire ?
03:27Parce qu'il y a moins d'actifs, on est d'accord.
03:30Mais il va y avoir encore moins d'actifs,
03:31parce que l'intelligence artificielle va remplacer un grand nombre de métiers.
03:35Des métiers qualifiés comme des métiers peu qualifiés,
03:37du métier manuel, au juge, au journaliste, même au médecin.
03:40Qui dit moins de métiers, dit moins de cotisations.
03:42Donc qui va remplacer les cotisations
03:44des métiers qui vont disparaître pour financer les retraites ?
03:46Mais non, mais je vous dis, je ne suis pas des fétistes.
03:49Qui m'a payé ma retraite du coup ?
03:50Mais Arthur, c'est toujours la corde ou le gaz.
03:53D'abord le gaz pour endormir, et après la corde.
03:57Mais qui va payer ma retraite du coup ?
03:59Le principe, c'est ce qui va enterrer les gens définitivement,
04:04ce qui va enterrer les gens définitivement,
04:05c'est que les promesses ne sont pas tenues.
04:06Or, quand vous entendez les candidats,
04:08ils ne peuvent pas tenir leurs promesses, ce n'est pas possible.
04:10Quand je pose ces questions-là de l'IA,
04:12pourquoi ce n'est pas lié avec la retraite ?
04:14Ça veut dire qu'il ne faut pas résoudre le problème.
04:16Donc on va être encore déçu dans 5 ans.
04:18Alors, Gabriel Cluzel et ensuite on a Alain qui nous appelle du Pays-Bas.
04:21Comment ça va se terminer avec l'IA ?
04:23Je pense que l'IA est à notre génération.
04:25Ce que la révolution industrielle, ou l'IA plutôt est au secteur tertiaire,
04:29ce que la révolution industrielle a été aux ouvriers.
04:31C'est-à-dire qu'on les a remplacés.
04:34Mais néanmoins, ils ont trouvé d'autres façons, d'autres activités.
04:40On ne s'est pas retrouvés avec des cohortes de gens au chômage.
04:43On nous explique même aujourd'hui,
04:44alors que la révolution industrielle date beaucoup,
04:46que finalement on manque de ces petits métiers,
04:48on est obligé de les faire venir par l'immigration.
04:50Donc je trouve que tout ce qui a trait à l'IA est un sujet intéressant,
04:54mais on peut ne poser que des hypothèses.
04:56Premier point.
04:57Deuxième point, je suis d'accord avec vous sur un point,
04:58c'est qu'il y a un vastement saut,
04:59c'est celui de la retraite par répartition
05:03qui pourrait continuer sans enfants.
05:05Bah non, ou sans cotisants.
05:06Non, ça c'est la pyramide de Ponzi,
05:08c'est Madoff, c'est tout ce qu'on veut.
05:09Ça ne colle pas.
05:10Donc il faudrait encourager tous ceux qui travaillent,
05:11pardon, je termine juste,
05:13à entrer évidemment dans une capitalisation
05:16et plus rapidement qu'on le fait aujourd'hui.
05:17Mais changer les règles du jeu
05:19et dire aux boomers,
05:21comme on dit vulgairement,
05:22ah bah non, vous avez cotisé pour votre vie,
05:24vous avez toute votre vie,
05:25vous avez été honnête,
05:26vous avez joué le jeu.
05:27Mais finalement, on va changer les règles de ce jeu.
05:29C'est extrêmement inquiétant.
05:32Et par ailleurs, je pense que ce n'est plus les boucs émissaires,
05:33c'est les boomers émissaires.
05:35On ne regarde plus l'immigration,
05:36on ne regarde plus les dépenses pléthoriques
05:38de la fonction publique,
05:40on ne regarde plus les gabegies des ministères.
05:42Regardez, l'ennemi c'est le vieux.
05:43Un bon retraité est un retraité mort.
05:45Et je ne veux pas faire de lien avec l'euthanasie,
05:48mais je ne vais pas tarder.
05:48Ça me rappelle les mutuelles qui trouvaient que l'euthanasie,
05:51c'était une bonne idée.
05:52J'y pense aussi.
05:53En filigrane, c'est là.
05:54Le même gouvernement qui vote l'euthanasie,
05:57il s'intéresse aux retraites.
05:57Je ne dis pas que c'est lié,
05:58mais il y a peut-être un inconscient.
06:00Gabriel Kuzel sur Europe 1.
06:01Trois minutes, deux auditeurs,
06:03et le mot de la fin dans un instant
06:05avec Jean-Jacques Monseau,
06:06journaliste économique au magazine Capital.
06:08D'abord Alain qui nous appelle du Pays Basque.
06:10Quel est votre regard sur le poids
06:12de ce dossier des retraites sur la présidentielle ?
06:16Oui, bonjour Kelly.
06:17Je vous remercie de me recevoir sur Europe 1.
06:20C'est un plaisir.
06:21Effectivement, je suis au Pays Basque
06:23et j'entends toutes les radios,
06:25j'écoute beaucoup.
06:26Et je trouve lamentable
06:28toutes ces discussions concernant les retraites.
06:30Pourquoi ?
06:31Quand j'ai commencé à travailler en 1976,
06:32nous étions quatre salariés,
06:34voire presque cinq,
06:36pour cotiser aux caisses de retraite.
06:38Aujourd'hui, il y en a 1,7
06:41qui cotisent pour les caisses de retraite.
06:43Alors évidemment, il y a un déséquilibre.
06:47Ce qui est simple à calculer,
06:49c'est que j'entends tout le monde
06:50qui parle, qui parle, qui parle.
06:51Enfin, parler, on parle.
06:53Il y a des solutions,
06:54on n'en trouve pas et on n'en trouve pas.
06:55Quelle serait la solution, selon vous, mon cher Alain ?
06:57De retrouver l'équilibre
06:59de quatre cotisants
07:00pour un retraité.
07:03Et ce n'est pas compliqué.
07:05Vous savez, moi,
07:05j'ai une petite entreprise à la prisonnelle.
07:08Eh bien, quand je fais une addition
07:102 plus 2 ou 100 plus 1,
07:13j'ai un résultat toujours,
07:14si vous voulez, positif.
07:16Merci beaucoup, mon cher Alain.
07:17Voilà, parce que je suis positif
07:18dans le sens où, moi,
07:20si j'ai deux salariés qui sont rentables,
07:22j'ai l'entreprise, je peux la garder.
07:24Si j'en ai un sur les deux
07:26qui n'est pas rentable,
07:27eh bien, je serais maintenant
07:28voulu jamais mettre la clé sous la porte.
07:30Donc, je fais un choix.
07:31Donc, le choix aujourd'hui,
07:32c'est de faire payer tout le monde,
07:34et non pas que les retraités.
07:36Parce que les gens qui sont aujourd'hui
07:38au chômage et qui ne cotisent pas
07:39aux caisses de retraite,
07:40à un moment donné,
07:41ils auront soit le minimum vieillesse,
07:43soit la retraite.
07:44Merci de nous avoir appelé, Alain,
07:46du Pays Basque,
07:47pour nous dire qu'effectivement,
07:47que ça fait 50 ans
07:48que les retraites sont un fardeau.
07:51Marie, on a terminé l'émission,
07:53mais on vous prend quand même
07:53quelques instants.
07:54Vous êtes une retraitée.
07:56Et comment vous voulez réagir ?
07:58Dites-nous tout, ma chère Marie,
07:5979 ans du Sud-Ouest.
08:00Je suis une retraitée,
08:01je suis une boumeuse.
08:04Donc, je suis née en 47.
08:06J'ai commencé à travailler à 20 ans.
08:09Donc, je pense que j'ai bien participé.
08:12Je faisais 40 heures.
08:14À l'époque, on travaillait 40 heures.
08:16On n'avait pas tous les congés
08:18qu'il y a à l'heure actuelle.
08:20J'ai connu le début des 39 heures.
08:23Pour les 39 heures,
08:25ma société avait décrété,
08:27au lieu de nous donner une demi-journée,
08:28qu'on travaillait 12 minutes
08:30de moins par jour.
08:31Comment voulez-vous travailler
08:3212 minutes de moins par jour
08:34quand vous n'avez pas de pointeuse ?
08:36Donc, vous faites 40 heures
08:38et même plus,
08:38parce que moi,
08:39j'ai fait toujours plus de 40 heures.
08:41Comme j'étais responsable d'agence,
08:43je voulais que tout,
08:46comme je partais tout soir,
08:48déquerre.
08:49Merci, ma chère Marie.
08:50Ma chère Marie,
08:50on n'a pas beaucoup de temps,
08:51on a terminé l'émission,
08:52mais j'adore votre témoignage.
08:54Vous dites, j'ai fait ma part.
08:56Jean-Jacques Monceau,
08:57on n'a pas le temps de vous entendre.
08:58Vous êtes journaliste économique,
08:59mais on vous entend régulièrement.
09:00Oui, le samedi et dimanche
09:01sur Europe 1,
09:02dans Europe 1 Matin à 8h24
09:03pour la chronique
09:04Votre argent,
09:05vos placements
09:05en partenariat avec Capital.
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