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  • il y a 4 minutes
Christine Kelly revient, de 11h à 13h, sans concession, sur tous les sujets qui font l'actualité. Une émission durant laquelle VOUS avez la parole. Vous pouvez réagir en appelant le 01.80.20.39.21 (appel non surtaxé) ou sur les réseaux sociaux d'Europe 1 (Facebook , X et Instagram).

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Transcription
00:00Europe 1, Christine Kelly et vous.
00:03Émission spéciale préoccupation des français pour la présidentielle 2027.
00:07Dernier chapitre sur les retraites, fardeau d'Emmanuel Macron.
00:11Seront-elles aussi le cauchemar du futur président ?
00:13On en parle avec Gabriel Cluzel, Arthur de Vatrigan.
00:16Votre invité Jean-Jacques Manceau, journaliste économique au magazine Capital
00:20et nos auditeurs au 01 80 20 39 21. Christine.
00:24Oui absolument, rappelez-nous pour pouvoir réagir au dossier des retraites.
00:29Est-ce que vous, retraité, vous pensez qu'on veut vraiment vous faire les poches ?
00:33Est-ce que vous êtes d'accord ou pas avec le rôle que l'on veut vous faire jouer
00:37sur cette route de la présidentielle ?
00:39D'abord Jean-Jacques Manceau, vous êtes journaliste économique au magazine Capital.
00:43Les retraites, c'est un fardeau d'Emmanuel Macron.
00:45Est-ce que ça sera aussi le cauchemar du futur président de la République ?
00:49Ça sera le futur cauchemar.
00:51Ce sera un sujet qui ne se réglera pas,
00:55ni pendant la campagne, ni par le prochain président de la République.
00:58Ça a été un fardeau pour Emmanuel Macron,
01:00mais ça a été aussi un fardeau pour tous les présidents précédents.
01:03Enfin, depuis que le système des retraites va vers un déséquilibre,
01:06il y a un problème.
01:07Alors pourquoi les retraites ?
01:08Parce que pour moi, les retraites, c'est vraiment une bombe sociale et politique
01:11parce que ça cristallise finalement beaucoup de sujets autour de ça.
01:16On a d'abord un sujet générationnel,
01:18on oppose les vieux, les boomers,
01:20dont malheureusement je fais partie,
01:22avec les jeunes, les jeunes qui payent et les boomers qui profitent.
01:25On oppose les propriétaires avec les locataires,
01:28les vieux retraités qui sont tous propriétaires,
01:31qui ont tous une maison de campagne à la mer,
01:32et puis les jeunes qui ont du mal à se loger.
01:35On oppose les libéraux et des gens un peu moins libéraux
01:39par rapport au système,
01:40retraite par capitalisation versus retraite par répartition.
01:43Alors là, c'est vraiment des choses qui s'imposent dans le discours.
01:48Est-ce qu'il faut que les gens cotisent eux-mêmes pour leur retraite ?
01:51Est-ce qu'il faut qu'il y ait de la capitalisation ou de la répartition ?
01:55Et puis, c'est un sujet sur lequel on a des acteurs
02:00qui sont des acteurs très importants dans le schéma politique français.
02:05Les retraités sont le corps électoral le plus fidèle
02:09et le plus fiable et le plus régulier.
02:12C'est des gens qui ont voté pour Emmanuel Macron,
02:16c'était clair.
02:17Je ne sais pas s'ils sont encore fidèles.
02:18Là, ils le sont un peu moins.
02:19Et donc, on voit bien dans le discours de certaines personnalités politiques,
02:24en fait, il faut à la fois proposer quelque chose
02:26pour régler ce problème des retraites
02:28et en même temps, il ne faut pas fâcher les retraités
02:31parce que c'est quand même 8 millions de...
02:33Vous savez, c'est des blocs de 8 millions,
02:348 millions d'immigrés, 8 millions de retraités,
02:36c'est à peu près équivalent.
02:38Plus les 420 milliards que ça coûte par an...
02:40Ça coûte 425 milliards, donc en plus,
02:42et ça ne va pas s'arranger.
02:44Donc, c'est vraiment un problème
02:46qui va nous accompagner encore pendant, je pense, pas mal d'années.
02:49Jean-Jacques Manceau, journaliste économique au magazine Capital.
02:53Arthur Devatrigan, Gabriel Cluzel.
02:55En démocratie, le but, c'est de séduire.
02:57Donc, c'est de mentir.
02:59Quand vous avez un bloc majoritaire qui sont des retraités,
03:03c'est compliqué de leur dire qu'on va leur piquer de l'argent.
03:05C'est ce que fait Édouard Philippe, ce que fait Édouard Attal.
03:07On regarde dans les sondages, il chute.
03:10Gabriel Attal, pardon, il chute.
03:12Après, bon, il y a un raisonnement que tout le monde a compris.
03:15Le principe de notre retraite, depuis que la retraite existe,
03:17c'est les actifs qui financent les retraités.
03:19Il y a moins d'actifs, il y a plus de retraités, donc ça ne va pas.
03:22Mais il y a un autre grand absent dans cette campagne,
03:24et qui m'étonne un peu, c'est l'intelligence artificielle.
03:27C'est-à-dire ?
03:27Parce qu'il y a moins d'actifs, on est d'accord.
03:30Mais il va y avoir encore moins d'actifs,
03:31parce que l'intelligence artificielle va remplacer un grand nombre de métiers.
03:35Des métiers qualifiés comme des métiers peu qualifiés,
03:37du métier manuel, au juge, au journaliste, même au médecin.
03:40Qui dit moins de métiers, dit moins de cotisations.
03:42Donc qui va remplacer les cotisations
03:44des métiers qui vont disparaître pour financer les retraites ?
03:46Mais non, mais je vous dis, je ne suis pas des fétistes.
03:49Qui m'a payé ma retraite du coup ?
03:50Mais Arthur, c'est toujours la corde ou le gaz.
03:53D'abord le gaz pour endormir, et après la corde.
03:57Mais qui va payer ma retraite du coup ?
03:59Le principe, c'est ce qui va enterrer les gens définitivement,
04:04ce qui va enterrer les gens définitivement,
04:05c'est que les promesses ne sont pas tenues.
04:06Or, quand vous entendez les candidats,
04:08ils ne peuvent pas tenir leurs promesses, ce n'est pas possible.
04:10Quand je pose ces questions-là de l'IA,
04:12pourquoi ce n'est pas lié avec la retraite ?
04:14Ça veut dire qu'il ne faut pas résoudre le problème.
04:16Donc on va être encore déçu dans 5 ans.
04:18Alors, Gabriel Cluzel et ensuite on a Alain qui nous appelle du Pays-Bas.
04:21Comment ça va se terminer avec l'IA ?
04:23Je pense que l'IA est à notre génération.
04:25Ce que la révolution industrielle, ou l'IA plutôt est au secteur tertiaire,
04:29ce que la révolution industrielle a été aux ouvriers.
04:31C'est-à-dire qu'on les a remplacés.
04:34Mais néanmoins, ils ont trouvé d'autres façons, d'autres activités.
04:40On ne s'est pas retrouvés avec des cohortes de gens au chômage.
04:43On nous explique même aujourd'hui,
04:44alors que la révolution industrielle date beaucoup,
04:46que finalement on manque de ces petits métiers,
04:48on est obligé de les faire venir par l'immigration.
04:50Donc je trouve que tout ce qui a trait à l'IA est un sujet intéressant,
04:54mais on peut ne poser que des hypothèses.
04:56Premier point.
04:57Deuxième point, je suis d'accord avec vous sur un point,
04:58c'est qu'il y a un vastement saut,
04:59c'est celui de la retraite par répartition
05:03qui pourrait continuer sans enfants.
05:05Bah non, ou sans cotisants.
05:06Non, ça c'est la pyramide de Ponzi,
05:08c'est Madoff, c'est tout ce qu'on veut.
05:09Ça ne colle pas.
05:10Donc il faudrait encourager tous ceux qui travaillent,
05:11pardon, je termine juste,
05:13à entrer évidemment dans une capitalisation
05:16et plus rapidement qu'on le fait aujourd'hui.
05:17Mais changer les règles du jeu
05:19et dire aux boomers,
05:21comme on dit vulgairement,
05:22ah bah non, vous avez cotisé pour votre vie,
05:24vous avez toute votre vie,
05:25vous avez été honnête,
05:26vous avez joué le jeu.
05:27Mais finalement, on va changer les règles de ce jeu.
05:29C'est extrêmement inquiétant.
05:32Et par ailleurs, je pense que ce n'est plus les boucs émissaires,
05:33c'est les boomers émissaires.
05:35On ne regarde plus l'immigration,
05:36on ne regarde plus les dépenses pléthoriques
05:38de la fonction publique,
05:40on ne regarde plus les gabegies des ministères.
05:42Regardez, l'ennemi c'est le vieux.
05:43Un bon retraité est un retraité mort.
05:45Et je ne veux pas faire de lien avec l'euthanasie,
05:48mais je ne vais pas tarder.
05:48Ça me rappelle les mutuelles qui trouvaient que l'euthanasie,
05:51c'était une bonne idée.
05:52J'y pense aussi.
05:53En filigrane, c'est là.
05:54Le même gouvernement qui vote l'euthanasie,
05:57il s'intéresse aux retraites.
05:57Je ne dis pas que c'est lié,
05:58mais il y a peut-être un inconscient.
06:00Gabriel Kuzel sur Europe 1.
06:01Trois minutes, deux auditeurs,
06:03et le mot de la fin dans un instant
06:05avec Jean-Jacques Monseau,
06:06journaliste économique au magazine Capital.
06:08D'abord Alain qui nous appelle du Pays Basque.
06:10Quel est votre regard sur le poids
06:12de ce dossier des retraites sur la présidentielle ?
06:16Oui, bonjour Kelly.
06:17Je vous remercie de me recevoir sur Europe 1.
06:20C'est un plaisir.
06:21Effectivement, je suis au Pays Basque
06:23et j'entends toutes les radios,
06:25j'écoute beaucoup.
06:26Et je trouve lamentable
06:28toutes ces discussions concernant les retraites.
06:30Pourquoi ?
06:31Quand j'ai commencé à travailler en 1976,
06:32nous étions quatre salariés,
06:34voire presque cinq,
06:36pour cotiser aux caisses de retraite.
06:38Aujourd'hui, il y en a 1,7
06:41qui cotisent pour les caisses de retraite.
06:43Alors évidemment, il y a un déséquilibre.
06:47Ce qui est simple à calculer,
06:49c'est que j'entends tout le monde
06:50qui parle, qui parle, qui parle.
06:51Enfin, parler, on parle.
06:53Il y a des solutions,
06:54on n'en trouve pas et on n'en trouve pas.
06:55Quelle serait la solution, selon vous, mon cher Alain ?
06:57De retrouver l'équilibre
06:59de quatre cotisants
07:00pour un retraité.
07:03Et ce n'est pas compliqué.
07:05Vous savez, moi,
07:05j'ai une petite entreprise à la prisonnelle.
07:08Eh bien, quand je fais une addition
07:102 plus 2 ou 100 plus 1,
07:13j'ai un résultat toujours,
07:14si vous voulez, positif.
07:16Merci beaucoup, mon cher Alain.
07:17Voilà, parce que je suis positif
07:18dans le sens où, moi,
07:20si j'ai deux salariés qui sont rentables,
07:22j'ai l'entreprise, je peux la garder.
07:24Si j'en ai un sur les deux
07:26qui n'est pas rentable,
07:27eh bien, je serais maintenant
07:28voulu jamais mettre la clé sous la porte.
07:30Donc, je fais un choix.
07:31Donc, le choix aujourd'hui,
07:32c'est de faire payer tout le monde,
07:34et non pas que les retraités.
07:36Parce que les gens qui sont aujourd'hui
07:38au chômage et qui ne cotisent pas
07:39aux caisses de retraite,
07:40à un moment donné,
07:41ils auront soit le minimum vieillesse,
07:43soit la retraite.
07:44Merci de nous avoir appelé, Alain,
07:46du Pays Basque,
07:47pour nous dire qu'effectivement,
07:47que ça fait 50 ans
07:48que les retraites sont un fardeau.
07:51Marie, on a terminé l'émission,
07:53mais on vous prend quand même
07:53quelques instants.
07:54Vous êtes une retraitée.
07:56Et comment vous voulez réagir ?
07:58Dites-nous tout, ma chère Marie,
07:5979 ans du Sud-Ouest.
08:00Je suis une retraitée,
08:01je suis une boumeuse.
08:04Donc, je suis née en 47.
08:06J'ai commencé à travailler à 20 ans.
08:09Donc, je pense que j'ai bien participé.
08:12Je faisais 40 heures.
08:14À l'époque, on travaillait 40 heures.
08:16On n'avait pas tous les congés
08:18qu'il y a à l'heure actuelle.
08:20J'ai connu le début des 39 heures.
08:23Pour les 39 heures,
08:25ma société avait décrété,
08:27au lieu de nous donner une demi-journée,
08:28qu'on travaillait 12 minutes
08:30de moins par jour.
08:31Comment voulez-vous travailler
08:3212 minutes de moins par jour
08:34quand vous n'avez pas de pointeuse ?
08:36Donc, vous faites 40 heures
08:38et même plus,
08:38parce que moi,
08:39j'ai fait toujours plus de 40 heures.
08:41Comme j'étais responsable d'agence,
08:43je voulais que tout,
08:46comme je partais tout soir,
08:48déquerre.
08:49Merci, ma chère Marie.
08:50Ma chère Marie,
08:50on n'a pas beaucoup de temps,
08:51on a terminé l'émission,
08:52mais j'adore votre témoignage.
08:54Vous dites, j'ai fait ma part.
08:56Jean-Jacques Monceau,
08:57on n'a pas le temps de vous entendre.
08:58Vous êtes journaliste économique,
08:59mais on vous entend régulièrement.
09:00Oui, le samedi et dimanche
09:01sur Europe 1,
09:02dans Europe 1 Matin à 8h24
09:03pour la chronique
09:04Votre argent,
09:05vos placements
09:05en partenariat avec Capital.
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