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  • il y a 24 minutes

L'ancien premier adjoint chargé de l'éducation, de la petite enfance et des familles à la mairie de Paris entre 2017 et 2024 puis premier adjoint, Patrick Bloche, est entendu ce mardi par la commission d'enquête sénatoriale sur le périscolaire en France, après son ancienne maire Anne Hidalgo. L'actuel édile de la capitale, Emmanuel Grégoire, doit à son tour être auditionné mercredi 16 septembre.

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Transcription
00:00prend un temps conséquent et nécessite de croiser plusieurs logiciels, bases de données et documents, ce qui explique ce délai
00:05considérable.
00:06Est-ce, selon vous, M. Bloch, le fonctionnement normal d'un service public, qui plus est la ville de Paris,
00:14en fait, de ne pas être en capacité de donner rapidement, à un instant T, le nom des agents qui
00:21ont été au contact des enfants ?
00:23Je veux dire, dans n'importe quel endroit, on connaît l'identité des ADSEM, des professeurs, des instits.
00:30On ne connaît pas ceux des animateurs qui, en plus, sont dans un turnover important et qui, à un moment
00:36T, ont été au contact de leur enfant.
00:38Qui plus est, je le rappelle, on parle d'enfants de 3 ans, de 4 ans, de 5 ans.
00:41Que pensez-vous du fait qu'il n'y avait pas ces informations ?
00:45Écoutez, moi, j'assume totalement mes responsabilités.
00:50Je ne serais pas amené à dire que c'est de la faute d'administration.
00:53Si j'avais été sollicité par cette famille, en tout cas, je n'aurais pas fait cette réponse.
00:56Parce que vous avez raison de dire combien cette réponse est insatisfaisante et le mot est faible en tant que
01:04tel.
01:04Alors, à partir de là, vous le savez, c'est une vraie difficulté.
01:09Je crois que vous l'avez évoqué avec Mme la procureure de la République de Paris.
01:13C'est-à-dire la difficulté, si vous voulez, à partir du moment où on a un signalement,
01:16évidemment, d'une particulière gravité, violence verbale, physique ou sexuelle,
01:20qu'un animateur est suspendu dans la journée, que la justice et le SDGES en sont informés,
01:27que nous prévenons les représentants de parents d'élèves et que, le plus souvent, dans les cas les plus graves,
01:35il y a une information des parents via la directrice d'affaires scolaires.
01:39Et cela va jusqu'à une réunion avec les parents.
01:41Et je remercie vraiment les élus d'arrondissement, maires d'arrondissement, adjointes et agents d'affaires scolaires,
01:46de s'être investis sur le terrain dans des réunions inévitablement difficiles.
01:52Et à partir de là, vous savez, la difficulté, je l'ai dit dans mon intervention liminaire,
01:59à travers le courrier à la procureure qui a adressé la secrétaire générale de la République de Paris,
02:03le 14 octobre 2025, les informations que nous pouvons diffuser sont des interventions lacunaires,
02:11pour deux raisons, soit parce que nous devons respecter le secret de l'instruction et de l'enquête,
02:17soit parce que la brigade de protection des mineurs possède des informations qu'elle ne nous communique pas.
02:23Donc c'est vrai qu'il y a eu ce sentiment totalement légitime et totalement compréhensible,
02:28dans ces réunions d'information aux parents, que l'expression publique de l'administration,
02:36voire des élus d'arrondissement, ait pu être ressentie comme une rétention d'informations.
02:42Et cela a provoqué de l'incompréhension de la Coderre. Et ça, c'est totalement légitime.
02:46Et si vous voulez, je pense que là est né le sentiment pour beaucoup de parents qu'on leur cachait
02:51des choses.
02:53Alors justement, il y a un autre problème. En fait, lorsque la vacataire ne faisait pas l'affaire,
03:00son contrat visiblement n'était pas renouvelé. Est-ce que vous avez eu connaissance de ça ?
03:05C'est-à-dire qu'on considérait que la meilleure façon de l'écarter, c'était finalement de tout simplement
03:09ne pas renouveler son contrat. Est-ce que ça figurait justement dans son dossier ?
03:15Parce que dans le meilleur des cas, la circonscription, en fait, et j'ai ça sous les yeux,
03:18conserve une trace pour elle, agent à ne pas reprendre. Et cette information n'est même pas transmise
03:23à une autre caspe qui va l'engager.
03:26Mais ça, vous avez, alors Madame la rapporteure, effectivement, vous avez évoqué cette organisation parisienne
03:32qui, je pense, est un des éléments des difficultés auxquelles nous sommes confrontés,
03:37qui est lié au nombre d'établissements scolaires à Paris, 620 écoles.
03:41Il y a 10 circonscriptions des affaires scolaires à Paris, certaines ne concernant qu'un arrondissement,
03:48d'autres regroupant plusieurs arrondissements. Et à partir de là, comme souvent d'ailleurs,
03:55dans un processus de mise en œuvre de directives et de règles, elles peuvent être appliquées
04:00de manière différente d'une caspe à une autre. Et donc ça, c'est une difficulté de l'action publique
04:08à laquelle nous avons été, évidemment, confrontés. Et si vous voulez, cette chaîne hiérarchique
04:16que j'ai rappelée dans les réponses que je vous ai adressées, direction d'Adasco, chef et chef de caspe,
04:23je ne détaille pas les responsabilités au sein de chaque caspe, mairie d'arrondissement et, évidemment, école.
04:31Oui, M. Bloch, j'insiste là-dessus parce que c'est vrai que ce défaut de suivi et de transmission,
04:36il a des conséquences gravissimes, en fait, pour les enfants parce qu'en fait, une personne accusée
04:41d'agression sexuelle, dont une caspe s'est séparée pour cette raison, va ainsi être embauchée
04:48quelques mois plus tard par une autre caspe qui n'était pas au courant. Donc, évidemment,
04:52on parle d'un fichier national, mais il faudrait commencer, en effet, par donner l'exemple à Paris.
04:57Oui. Attendez, Mme la rapporteure, excusez-moi de vous interrompre. Vous me dites un animateur
05:05suspecté d'agression sexuelle dans une école. Comme il n'y a pas de mémoire administrative.
05:08Oui, mais Mme la rapporteure, s'il est suspecté d'agression sexuelle, il est suspendu.
05:14À partir de 2025, il y a eu le principe suspension dès lors qu'il y a une suspicion.
05:20Le principe de suspension, Mme la rapporteure, date, si j'ose dire, depuis toujours, ou tout du moins,
05:26depuis, à partir du moment où des faits sont d'une telle ravité, il y a une suspension immédiate.
05:33Donc, si vous voulez, il n'y a pas eu, évidemment, de déplacement au prétexte que chaque caspe fonctionnerait
05:40à chacune de leur côté d'animateurs qui auraient été suspectés d'agression sexuelle,
05:46pour la bonne raison qu'étant suspendu, il ne peut pas être déplacé.
05:51D'accord, j'en viens maintenant à, là encore, les signaux faibles.
05:56Bon, on en a parlé. Hélas, il n'y a pas eu, en fait, d'animateur qui ait suffisamment compris
06:02assez tôt
06:04le signaux faible chez certains enfants.
06:06Et donc, il était difficile, là encore, je le redis, comment protéger des enfants
06:11quand on n'est pas formé aux signaux faibles.
06:14Certains, d'ailleurs, avaient des comportements inadéquats, et ça a été dit aussi,
06:18je ne vais pas vous relire toutes les enquêtes que j'ai regardées,
06:22mais il y a un autre sujet qui est très important et qui est démontré également,
06:26c'est le déplacement des agents.
06:28Vous avez indiqué que le déplacement d'agents était une mauvaise habitude.
06:33Et il est vrai qu'on comprend, en fait, de la lecture des rapports,
06:37que c'est une pratique courante en cas de violence éducative ordinaire,
06:41voire de violence physique, et que le rapport d'inspection ne s'émeut pas,
06:45en revanche, du transfert d'un personnel, en l'occurrence Baudin,
06:49et les deux seules alertes qui ont été données sont tout simplement
06:54l'absence de suivi systématique pendant un an, par exemple,
06:57afin de s'assurer que le service soit correct,
07:01et ensuite, l'absence de conservation de documents,
07:04c'est-à-dire qu'aucun écrit, des entretiens de recadrage,
07:07aucun rapport circonstancié sur le changement d'école.
07:11Et donc, comment expliquez-vous, d'une part, cette pratique,
07:14et d'autre part, l'absence de tout suivi,
07:16qui se fait in fine, évidemment, au détriment de la protection de l'enfant,
07:21et dans ces conditions, le risque, comme je le disais à Mme Hidalgo,
07:25n'est pas supprimé, il est tout simplement déplacé
07:28dans d'autres arrondissements.
07:30J'entends votre question et votre intervention, Mme la rapporteure.
07:36J'ai été amené, effectivement, dans une émission télévisuelle
07:42à utiliser le terme de mauvaise habitude administrative
07:46pour le déplacement des agents.
07:48Je le dis devant vous, je le regrette.
07:51Je pense que j'ai été maladroit et donnant l'impression de minimiser,
07:59donc, évidemment, l'importance de l'affectation
08:04et de l'éventuel déplacement des agents.
08:07Donc, comme vous le savez, c'est au niveau des circonscriptions
08:10des affaires scolaires qu'est assuré le recrutement,
08:13l'affectation et, éventuellement, le déplacement des agents.
08:18Et si je vous ai dit à l'instant qu'évidemment, aucun agent suspecté
08:23d'agression sexuelle, donc, n'avait été, évidemment, déplacé
08:28puisque suspendu, donc, en l'occurrence, vous avez raison de pointer,
08:34et je le reconnais devant vous,
08:37un dysfonctionnement auquel il a été demandé de mettre fin.
08:44Je vous remercie pour ces excuses, en tout cas, vos regrets,
08:50mais il y a un autre sujet qui est très important, c'est le bâti.
08:54Le bâti.
08:55Le bâti, et c'était d'ailleurs écrit, là encore,
08:59dans les recommandations de 2015 dans le rapport de l'inspection,
09:02très, très peu de choses ont été faites en cette matière
09:04pour réduire, en fait, les risques.
09:07Et je pense, évidemment, aux endroits isolés
09:11et notamment aux sanitaires.
09:12Qui est habilité, en cas d'accident d'un enfant sur son hygiène,
09:18à l'accompagner aux sanitaires ?
09:21Est-ce qu'ils avaient, pour le coup, une, comment dire,
09:24une formation spécifique au respect de l'intimité de l'enfant ?
09:32Ce que vous évoquez, alors, il y a deux choses dans votre question.
09:36Il y a le problème du bâti en tant que tel.
09:38Ça, c'est un sujet, je pense, sur lequel vous allez revenir.
09:42Et il y a le fait de l'accompagnement des enfants.
09:47Alors, sachant que dans les écoles maternelles,
09:49vous savez que nous avons un niveau exceptionnellement élevé d'ASEM,
09:57puisque nous tangentons quasiment avec les brigades de remplacement
10:00de courte et de moyenne durée la présence d'un ou d'une,
10:04d'ailleurs, parce que ce sont très généralement des femmes
10:08qui occupent ces fonctions, nous avons une ASEM par classe
10:11qui, donc, assure auprès des enseignants sur temps scolaire,
10:16notamment la nécessité de changer des enfants de petite section
10:20qui peuvent ne pas être totalement propres
10:23au moment où ils rentrent à l'école maternelle.
10:25Mais sur l'accompagnement plus général des enfants aux sanitaires,
10:30la règle que nous avons été amenés à édicter,
10:32c'est, je le rappelle,
10:35jamais un adulte doit être seul avec un enfant.
10:41Et est-ce qu'il y a eu des contrôles, justement,
10:43pour vivre ?
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