00:00...en Bourgogne, ICI Matin.
00:02Journée spéciale sur ICI Bourgogne consacrée à l'état de nos vignes après un été caniculaire.
00:08Un été qui est venu rappeler l'urgence de se préparer au dérèglement climatique.
00:11Cette année, cette sécheresse est venue amputer de 40 à 50% la récolte de raisins.
00:16Nos viticulteurs et nos chercheurs vont donc devoir trouver des solutions pour s'adapter.
00:20C'est le cas au domaine de l'Institut de la Vigne et du Vin.
00:23Marcel Nélacôte, votre invitée Anne-Laure Labalette est professeure en sciences de la vigne dans cet établissement.
00:27Dans cet établissement universitaire. Bonjour Marie-Hélène Adrien.
00:31Bonjour.
00:31Alors cet institut forme les futurs spécialistes de la vigne sur le campus de l'université.
00:37Est-ce qu'ils sont nombreux ? Combien ils sont ?
00:39Oui exactement, nous formons les acteurs de la filière de demain.
00:43Ils sont 180, 200 selon les années.
00:48Alors dans les cours, l'apprentissage, le programme qui est dispensé à ces étudiants,
00:52est-ce que l'action vis-à-vis du changement climatique, c'est quelque chose qui est désormais intégré dans
00:58la tête de tout le monde ?
01:00Exactement, complètement intégré dans la tête de tout le monde.
01:04Et puis nous faisons également bénéficier à nos étudiants des avancées de la recherche,
01:09parce qu'il y a une grosse mobilisation des acteurs de la recherche, de laboratoires et de terrains,
01:14pour se préparer finalement à la viticulture de demain et relever les défis qui sont en train de se profiler
01:24et qui existent même déjà pour ce qui est de l'évolution climatique.
01:28Oui, ça veut dire qu'on n'enseigne peut-être plus du tout de la même façon aujourd'hui par
01:33rapport à il y a 10 ou 15 ans.
01:36Alors les fondamentaux restent les mêmes, parce que c'est un petit peu comme le médecin et l'homme,
01:43pour bien connaître l'homme...
01:45Mais les techniques évoluent.
01:46Et voilà, il faut bien connaître son fonctionnement,
01:49mais il faut aussi faire bénéficier des progrès de la science,
01:54et puis s'adapter aux changements qui surviennent.
01:57Alors l'Institut de la Vignée du Vin, il dispose, on en parle depuis 6h ce matin,
02:01d'un domaine de 3 hectares à Marsané-la-Côte.
02:03Donc, vous, qu'est-ce que vous y faites ?
02:06Quelles sont vos actions au quotidien en tant que chercheur ?
02:10Alors, au niveau de la recherche, nous n'avons pas tous les mêmes spécialités.
02:14Donc moi, je travaille plutôt sur les réponses au stress.
02:17Alors c'est plutôt les stress, je parlais de médecine.
02:20Moi, c'était plutôt stress provoqué par les champignons pathogènes.
02:26Mais effectivement, maintenant, on a également des stress hydriques, thermiques.
02:31Donc, on initie des travaux sur la combinaison de stress.
02:36Et puis la recherche, elle se fait sur le domaine expérimental de l'université,
02:40mais pas que.
02:41Elle mobilise, comme je l'ai dit tout à l'heure, les collègues du laboratoire,
02:46et puis d'autres acteurs de la filière locale, des vignerons,
02:51les chambres d'agriculture, la filière.
02:55C'est-à-dire qu'en fait, toutes vos expériences, vous compilez, en fait, si je comprends bien,
02:59les résultats, et vous donnez peut-être des informations qui vont être utiles dans le futur
03:04à nos vignerons, à nos experts.
03:07Exactement.
03:07On essaie de compiler nos expertises, un peu comme un grand puzzle.
03:11Et on essaie de trouver les pièces, petit à petit.
03:14Donc, certaines sont sous nos yeux, on les trouve facilement.
03:16D'autres sont à trouver un petit peu plus loin.
03:19Et on essaie de les assembler pour identifier des solutions
03:23qui permettront d'aider les vignerons.
03:26Et est-ce que vous diriez qu'aujourd'hui, au regard de toutes vos expérimentations,
03:31toutes vos études, vous êtes aujourd'hui en mesure, déjà,
03:34d'apporter des solutions à nos vignerons
03:36qui ont traversé encore un été très compliqué pour les années à venir,
03:41en leur disant, à partir de maintenant, dans les années qui viennent,
03:44il va falloir faire ça ou impérativement ça ?
03:46Ça reste très compliqué et on a besoin d'apprendre au quotidien.
03:51Je disais que nous n'étions pas les seuls mobilisés sur ces problématiques.
03:54et il y a des essais, par exemple, qui ont été mis en place
03:58pour tester des porte-greffes, voir quels seraient et seront
04:03ceux qui seront les plus adaptés.
04:05Eh bien, ce sont des essais qui prennent du temps.
04:08Donc, on est en train d'apprendre.
04:10On sait que le temps de la vie est assez long.
04:11Voilà, ça a été anticipé, mais on est en train d'apprendre petit à petit.
04:16Et de toute façon, on est sûr qu'il n'y aura pas de solution unique.
04:19Donc, voilà, chacun explore, exploite les différents leviers,
04:23que ce soit le choix du porte-greffe,
04:27apprendre comment la vigne fonctionne,
04:29jouer sur le sol,
04:33des biostimulants, ce genre de choses,
04:36à différents niveaux, complètement.
04:39Des solutions multiples pour l'avenir.
04:40C'est comme ça qu'on peut résumer.
04:43Merci beaucoup.
04:43Merci beaucoup.
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