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  • il y a 6 minutes
Tous les jours, actualité, débats et bonne humeur rythment L'Heure des pros. Ce lundi, Pascal Praud s'intéresse aux attributions des logements sociaux et dévoile le témoignage anonyme d'une personne qui y travaille.

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Transcription
00:00On va parler de Charles Sapin dans une seconde, mais je vais vous citer un message que j'ai reçu
00:04d'une jeune femme que je ne connais pas,
00:06qui travaille dans le logement social et qui me demande de ne pas divulguer où elle travaille et ni évidemment
00:12son nom.
00:12Je ne sais pas comment elle a son portal.
00:14Elle dit, je vous ai écouté dans la première heure, je travaille dans le logement social depuis près de dix
00:19ans.
00:20Voilà ce qu'elle dit, je ne peux pas vérifier ce qu'elle dit, ce n'est qu'un témoignage,
00:23je ne peux pas vérifier.
00:24Mais je vais vous le dire quand même.
00:25Tout d'abord, il y a des quotas d'attribution, donc ils ne mettent pas qui ils veulent dans les
00:29logements sociaux.
00:30Les prioritaires sont les demandes d'asile, ensuite les personnes qui sortent de prison.
00:35Quatre dossiers sur dix présentent des faux documents.
00:38Il faut savoir que les personnes ne parlent pas français en majorité, donc elles sont aidées par des associations.
00:44Lorsque le personnel découvre ces faux, très facile à déceler, je vais voir ma chef qui me dit que ce
00:51n'est pas notre problème, mais celui de la justice.
00:54Si les gens ne sont pas contents, ils n'ont qu'à porter plainte.
00:57Enfin, il faut savoir que chaque candidat a le droit de refuser trois logements avant d'accepter.
01:02Donc bien évidemment, il ne choisit pas les logements dans lesquels il n'y a pas sa communauté.
01:06Enfin, deux logements sur cinq sont rendus entièrement détruits, cassés jusqu'au lavabo, les murs, les portes.
01:11Cela nécessite de grosses réparations avant d'être mis sur le marché.
01:15Je passe l'exemple d'une jeune femme sous asile politique, car son mari aurait été tué, femme de 23
01:21ans, avec six enfants, qui ne sont forcément pas tous à elle, étant donné les âges rapprochés inférieurs à neuf
01:27mois,
01:28qui touche 3800 euros nets d'aide de l'État, qui n'a pas d'emploi et qui en plus,
01:32après attribution de son logement, dit qu'elle ne paiera pas son loyer de 250 euros.
01:36Ce sont des exemples réels de terrain d'une personne qui travaille dans le logement social.
01:40Merci de garder la confidentialité de ce que je vous dis.
01:44C'est effrayant.
01:45C'est effrayant.
01:47Ce pays est effrayant.
01:49C'est ça la réalité.
01:50Et les journalistes ne font pas leur job.
01:52Justement, il faudrait vérifier.
01:54Bien évidemment, si c'est le cas...
01:56Parce que c'est la force de l'authenticité, ce qu'elle dit.
01:59Et dès que vous parlez à un prof, il vous raconte son quotidien.
02:03Dès que vous parlez à un logement, c'est effrayant ce pays.
02:07Effrayant, vous entendez ?
02:08Vous parlez à un flic.
02:09Tous les gens qui sont en contact de la réalité.
02:11Parlez à un flic ce qui vit sur le terrain.
02:13Parlez à un prof ce qui vit sur le terrain.
02:15Parlez manifestement à quelqu'un du logement social.
02:18Parlez à un médecin.
02:19C'est effrayant ce qui est devenu ce pays.
02:21Et personne n'ose le dire.
02:25Personne.
02:25L'espace médiatique est aveugle.
02:28Ne veut pas dire les choses.
02:30On n'a qu'une chose à dire, les journalistes.
02:32La vérité.
02:33Rapportez la vérité.
02:34Ce qui se passe sur le terrain.
02:36Mais les gens ont peur.
02:37Dès qu'on fait une interview, on se filme les baskets.
02:40Oui, bien sûr.
02:40Les gens ont peur.
02:42Ils ont la trouille de dire ce qui se passe.
02:44Donc maintenant, tu as des témoignages de baskets.
02:47Et de pieds.
02:48Et de souliers.
02:49Trouvez ça bien ?
02:50Alors effectivement.
02:51Et je ne sais pas comment on peut s'en sortir.
02:53Je m'assure, je ne sais pas comment on va s'en sortir.
02:55Avec un truc qui s'appelle la volonté.
02:56Et à côté de ça, vous avez 300 personnes, nantis, privilégiées, qui écrivent une tribune.
03:03Parce qu'un éditorialiste fait une tribune de deux minutes ou un édito de deux minutes sur une antenne de
03:08France Inter.
03:09Mais enfin ces gens.
03:10Vous voulez que je vous parle d'eux ?
03:12Vous voulez que je vous dise où ils habitent ?
03:15Vraiment, ils n'ont pas honte.
03:17Franchement, ils n'ont pas honte.
03:18C'est parti.
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