00:00On va parler de Charles Sapin dans une seconde, mais je vais vous citer un message que j'ai reçu
00:04d'une jeune femme que je ne connais pas,
00:06qui travaille dans le logement social et qui me demande de ne pas divulguer où elle travaille et ni évidemment
00:12son nom.
00:12Je ne sais pas comment elle a son portal.
00:14Elle dit, je vous ai écouté dans la première heure, je travaille dans le logement social depuis près de dix
00:19ans.
00:20Voilà ce qu'elle dit, je ne peux pas vérifier ce qu'elle dit, ce n'est qu'un témoignage,
00:23je ne peux pas vérifier.
00:24Mais je vais vous le dire quand même.
00:25Tout d'abord, il y a des quotas d'attribution, donc ils ne mettent pas qui ils veulent dans les
00:29logements sociaux.
00:30Les prioritaires sont les demandes d'asile, ensuite les personnes qui sortent de prison.
00:35Quatre dossiers sur dix présentent des faux documents.
00:38Il faut savoir que les personnes ne parlent pas français en majorité, donc elles sont aidées par des associations.
00:44Lorsque le personnel découvre ces faux, très facile à déceler, je vais voir ma chef qui me dit que ce
00:51n'est pas notre problème, mais celui de la justice.
00:54Si les gens ne sont pas contents, ils n'ont qu'à porter plainte.
00:57Enfin, il faut savoir que chaque candidat a le droit de refuser trois logements avant d'accepter.
01:02Donc bien évidemment, il ne choisit pas les logements dans lesquels il n'y a pas sa communauté.
01:06Enfin, deux logements sur cinq sont rendus entièrement détruits, cassés jusqu'au lavabo, les murs, les portes.
01:11Cela nécessite de grosses réparations avant d'être mis sur le marché.
01:15Je passe l'exemple d'une jeune femme sous asile politique, car son mari aurait été tué, femme de 23
01:21ans, avec six enfants, qui ne sont forcément pas tous à elle, étant donné les âges rapprochés inférieurs à neuf
01:27mois,
01:28qui touche 3800 euros nets d'aide de l'État, qui n'a pas d'emploi et qui en plus,
01:32après attribution de son logement, dit qu'elle ne paiera pas son loyer de 250 euros.
01:36Ce sont des exemples réels de terrain d'une personne qui travaille dans le logement social.
01:40Merci de garder la confidentialité de ce que je vous dis.
01:44C'est effrayant.
01:45C'est effrayant.
01:47Ce pays est effrayant.
01:49C'est ça la réalité.
01:50Et les journalistes ne font pas leur job.
01:52Justement, il faudrait vérifier.
01:54Bien évidemment, si c'est le cas...
01:56Parce que c'est la force de l'authenticité, ce qu'elle dit.
01:59Et dès que vous parlez à un prof, il vous raconte son quotidien.
02:03Dès que vous parlez à un logement, c'est effrayant ce pays.
02:07Effrayant, vous entendez ?
02:08Vous parlez à un flic.
02:09Tous les gens qui sont en contact de la réalité.
02:11Parlez à un flic ce qui vit sur le terrain.
02:13Parlez à un prof ce qui vit sur le terrain.
02:15Parlez manifestement à quelqu'un du logement social.
02:18Parlez à un médecin.
02:19C'est effrayant ce qui est devenu ce pays.
02:21Et personne n'ose le dire.
02:25Personne.
02:25L'espace médiatique est aveugle.
02:28Ne veut pas dire les choses.
02:30On n'a qu'une chose à dire, les journalistes.
02:32La vérité.
02:33Rapportez la vérité.
02:34Ce qui se passe sur le terrain.
02:36Mais les gens ont peur.
02:37Dès qu'on fait une interview, on se filme les baskets.
02:40Oui, bien sûr.
02:40Les gens ont peur.
02:42Ils ont la trouille de dire ce qui se passe.
02:44Donc maintenant, tu as des témoignages de baskets.
02:47Et de pieds.
02:48Et de souliers.
02:49Trouvez ça bien ?
02:50Alors effectivement.
02:51Et je ne sais pas comment on peut s'en sortir.
02:53Je m'assure, je ne sais pas comment on va s'en sortir.
02:55Avec un truc qui s'appelle la volonté.
02:56Et à côté de ça, vous avez 300 personnes, nantis, privilégiées, qui écrivent une tribune.
03:03Parce qu'un éditorialiste fait une tribune de deux minutes ou un édito de deux minutes sur une antenne de
03:08France Inter.
03:09Mais enfin ces gens.
03:10Vous voulez que je vous parle d'eux ?
03:12Vous voulez que je vous dise où ils habitent ?
03:15Vraiment, ils n'ont pas honte.
03:17Franchement, ils n'ont pas honte.
03:18C'est parti.
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