Passer au playerPasser au contenu principal
Chaque dimanche, Pierre de Vilno reçoit un invité politique dans #LeGrandRDV, en partenariat avec Europe 1 et Les Echos.

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00Bonjour à tous et bienvenue sur le plateau du grand rendez-vous Europe 1 CNews Les Echos.
00:04Bonjour Jean-Pierre Farandou.
00:05Bonjour.
00:06Merci d'être avec nous. Vous êtes le ministre du Travail et des Solidarités.
00:09Pour ceux qui vous connaissent moins, je rappelle que vous avez fait l'essentiel de votre carrière dans le rail
00:13jusqu'à devenir le patron de la SNCF avant de devenir ministre.
00:17Dans votre intitulé de portefeuille, je remarque qu'il y a à la fois travail et solidarité.
00:21Pour certains, ça pourrait paraître antinomique, pour d'autres, complémentaires.
00:24On en parlera dans cette émission, au même titre que du budget, des retraites,
00:29de la question de savoir s'il faut, oui ou non, remettre les Français au travail,
00:32comme le disent certains candidats à la présidentielle, avant de parler des solidarités.
00:37Justement, et puis en cette période chahutée par les discours politiques en vue de la présidentielle,
00:41quel diagnostic posez-vous vous-même, vous qui êtes issu de la société civile, comme on dit,
00:47et quel camp soutenez-vous pour succéder à Emmanuel Macron ?
00:50Pour vous interroger ce matin, Stéphane Dupont des Echos.
00:52Bonjour Stéphane.
00:53Bonjour.
00:53Et Mathieu Bocoté.
00:54Bonjour Mathieu.
00:54Bonjour.
00:55Le JDD titre ce matin, il a coulé la France, avec Emmanuel Macron représenté sur son jet ski.
01:00On va en débattre dans un instant, mais il est vrai que les Français sont inquiets.
01:04Jean-Pierre Farandou, d'abord en ce qui concerne leur pouvoir d'achat.
01:07On va venir dans un instant au carburant, mais leur santé, également, Europe 1,
01:13vous en parlaient ce matin, au 1er janvier, le dentiste ne sera remboursé qu'à hauteur de 50% pour
01:18les soins courants.
01:20Jean-Pierre Farandou, c'est le retour des sans-dents ?
01:22Non, il faut comprendre d'où ça vient.
01:24Ça vient, effectivement, qu'il faut absolument rétablir les comptes de la sécurité sociale, qui est un bien commun.
01:28Vous savez, c'est une des grandes œuvres du Conseil national de la résistance.
01:31À l'après-guerre, la France et tous les partenaires politiques, d'ailleurs, et sociaux, se dotent d'un système
01:36de protection dont on dit qu'il est un des meilleurs du monde.
01:38Et je pense que c'est vrai.
01:39Qu'on arbitre sur différents soins.
01:41Enfin, les dents, c'est quand même le progrès, la modernité.
01:44Là, je faisais référence à cette phrase de François Hollande, malheureuse, qui a été citée, rapportée par un livre.
01:52Ça a fait référence aussi au progrès qu'on a connu dans les soins buccodentaires.
01:58C'est quand même très particulier, les dents.
02:00C'est le sourire, c'est la façon, vous qui êtes chef d'entreprise, c'est aussi une façon d
02:04'être en société.
02:05C'est très important.
02:06Pourquoi tout d'un coup se dire, tiens, le dentiste, allez hop, on rabote ?
02:10Surtout par un décret adopté un peu en catimini durant les vacances d'été.
02:15Ce n'est pas tout d'un coup, je vous dis, c'est ça le sujet.
02:17C'est qu'il faut faire attention à ce que cette sécurité sociale, elle s'est compte équilibrée.
02:21Parce que contrairement à un budget d'un État qui peut se permettre d'avoir un déficit, ça dépend son
02:24montant.
02:25La sécurité sociale, normalement, elle est équilibrée.
02:27C'est assurantiel, comme on dit.
02:29C'est-à-dire que les cotisations que vous payez sont censées couvrir les prestations que vous recevez.
02:33Ce n'est plus le cas, d'ailleurs.
02:34Depuis longtemps, oui.
02:35Depuis longtemps.
02:35Mais vous voyez, l'argument que vous avancez en disant que l'État peut avoir un déficit, c'est la
02:38sécurité sociale.
02:39Les Français, ils vous écoutent, ils disent, mais qu'est-ce qu'ils nous racontent ?
02:42Nous, c'est nos soins dentaires.
02:43Je vais vous expliquer.
02:44Oui, mais quand même, c'est de l'argent tout ça.
02:46On parle d'argent, on est bien d'accord.
02:48Il faut assumer les sujets d'argent.
02:49Il n'y a pas d'argent magique, quand même, à un moment donné.
02:52Il y en a eu pendant longtemps, pendant 10 ans, là, dernièrement.
02:54Je ne sais pas, mais moi, depuis que je suis là, je peux vous lire, il n'y en a
02:57plus.
02:57Il faut d'ailleurs aussi que les Français le comprennent, peut-être, mais ce n'est pas leur faute aux
03:00Français.
03:00Franchement, les Français, je ne leur en veux pas du tout.
03:03Les politiques, par contre, qui, pendant des décennies, ont fait semblant qu'il y avait de l'argent alors qu
03:06'il n'y en avait pas,
03:07ça s'appelle du déficit qui s'accumulait.
03:08Ça fait 3 500 milliards d'euros de dette, maintenant.
03:11Ça, c'est ça, le sujet.
03:12Ce qui est vrai pour l'État et vrai aussi pour la sécurité sociale.
03:15Donc, il est normal de rechercher à faire des économies.
03:17Une des manières de faire des économies, c'est effectivement de demander à chacun de participer,
03:21à hauteur de ce qu'il peut faire aussi.
03:22Vous savez, il y a quand même, je crois, 18 millions de personnes qui n'ont pas de reste à
03:25charge.
03:25Il faut que les autres, petit à petit, peut-être participent davantage à leur frais de santé.
03:29Après tout, on s'achète bien un abonnement de téléphone.
03:31Enfin, on accepte d'avoir des défenses personnelles.
03:33Donc, vous dites que les Français peuvent s'acheter un téléphone, le duo iPhone, qui coûte 2300 euros.
03:37Par contre, ils attendent de la mutuelle et de la sécu de rembourser les dents.
03:40Et donc, ce n'est pas normal ?
03:41Non, ce que je dis, à partir du moment...
03:43Ce que vous voulez dire, c'est qu'il faut responsabiliser les Français.
03:44Ils n'ont pas été assez responsabilisés jusqu'à présent.
03:46Il y a l'impression que tout était gratuit ou que tout était remboursé, c'est ça ?
03:49Oui, je pense qu'il y a de ça.
03:50Je pense qu'effectivement, on a fait croire au français.
03:52Le mot gratuit, mais rien n'est gratuit.
03:54Quand on dit que c'est gratuit, il y a quelqu'un qui paye.
03:56Je vous dis, c'est raisonnement économique faux.
03:58C'est la collectivité, on est quand même suffisamment pour le donner.
03:59Oui, mais la collectivité qui la finance, c'est les contribuables.
04:02C'est qui la collectivité ?
04:03Mais de ce point de vue, est-ce qu'on doit s'apprendre ?
04:04Donc, à un moment donné, quelqu'un paye.
04:05Donc, il faut avoir ce courage de dire ça aux Français
04:07et ensuite de voir comment on fait pour rétablir les comptes.
04:09Sinon, elle va s'arrêter.
04:10Vous savez que quand il y a du déficit,
04:12vous avez un organisme qui s'appelle la COSSE et l'emprunte.
04:14Elle a du mal à emprunter.
04:15Elle a encore le risque de banque route, il n'est pas nul.
04:17Donc, à un moment donné, il faut regarder les choses en face
04:19et avoir le courage de prendre des décisions.
04:22Alors, c'est pas facile, elles ne sont pas populaires,
04:23mais il faut savoir les prendre.
04:24Est-ce qu'on doit s'attendre à voir un soin déremboursé
04:27ou en partie déremboursé et un autre ?
04:29Tout simplement parce que l'État n'aurait plus les moyens,
04:31ou au sens large de l'État, d'assurer de tels soins.
04:34Donc, de prochains soins déremboursés au fil du temps ?
04:37Encore, moi j'aime bien regarder ce qui se passe ailleurs.
04:39Par exemple, vous avez la Belgique qui est juste à côté.
04:41C'est un pays qui n'est pas très éloigné,
04:42qu'on appelle le reste à charge des citoyens belges
04:44et bien supérieur en matière de santé.
04:46Il fallait jusqu'à 1 000 euros.
04:47Et nous, à 140 euros, vous avez vu, c'est un débat national.
04:50Voilà, donc c'est 1 000 euros en Belgique.
04:51C'est important le procès, c'est pour savoir dans votre esprit,
04:54est-ce qu'inévitablement, pour équilibrer les comptes publics,
04:56pour éviter la faillite, pour éviter une espèce d'effondrement des systèmes sociaux ?
04:59Tôt ou tard, il faudra transférer une plus grande part aux citoyens, morceau par morceau.
05:04Moi, j'ai l'image d'un service public.
05:05Alors, ce que je connais bien, excusez-moi, on s'appuie sur l'expérience,
05:08c'est les transports en commun.
05:09Ça a été ma vie professionnelle, les transports en commun.
05:11Vous savez que quand vous achetez un ticket de bus,
05:13vous payez une partie, mais ça coûte beaucoup plus cher, en fait.
05:16Vous le savez bien.
05:17Mais la santé, c'est un peu pareil.
05:18On pourrait le considérer comme un large service public
05:20où la collectivité prend une part énorme.
05:22Et puis, vous avez un petit ticket de bus,
05:23où vous avez un petit peu de ticket santé.
05:25Et après, vous avez deux manières de le faire.
05:27Où vous mutualisez ce reste à charge,
05:29ça s'appelle prendre une mutuelle,
05:30parce que vous mutualisez les risques,
05:31ou alors vous avez un reste à charge individuel.
05:33Je pense que ces mécanismes-là, effectivement,
05:35il faudra de plus en plus les mettre en œuvre.
05:36Ça sera, en tout cas,
05:38si on veut conserver une santé de grande qualité,
05:40donc qui coûte cher,
05:41avec le vissement de la population,
05:42il me paraît logique de réfléchir
05:43à comment chaque citoyen peut participer
05:46à ces prestations.
05:48Ça va pénaliser plutôt les ménages modestes,
05:50vous en conviendrez,
05:51puisque les gens qui gagnent correctement leur vie
05:52de payer un peu plus de reste à charge,
05:54ça ne change rien pour eux.
05:55Mais pour les gens qui ont peu d'argent,
05:57et qui aujourd'hui sont pressurés,
05:58parce qu'il y a les carburants,
05:59il y a l'inflation,
06:00la vie est difficile.
06:01Pour ces gens-là,
06:02cette mesure,
06:02elle va être quand même difficile.
06:04Mais les gens modestes,
06:04ils sont exemptés du reste à charge.
06:06Vous avez 18 millions de Français
06:07qui sont exemptés,
06:07donc c'est pris en charge,
06:08si j'ose dire.
06:09C'est pris en considération, pardon.
06:10Vous voyez, donc,
06:11effectivement, vous avez raison,
06:12il faut faire attention.
06:13Il y a déjà une espèce de protection importante,
06:15les femmes enceintes,
06:16en fonction de votre pouvoir d'achat, etc.
06:17Donc voilà,
06:18il faut trouver cet équilibre
06:19entre une protection sociale
06:20des plus démunis,
06:21et là, je souscris à ça,
06:22ministre des Solidarités.
06:23Donc j'ai ce sens de la solidarité,
06:25bien sûr,
06:26par rapport aux plus démunis,
06:27mais de notre côté,
06:28faire appel à la capacité de chacun
06:30à participer à un système
06:31de très haute qualité
06:32ne paraît pas déraisonnable
06:33compte tenu de ce contexte
06:34très pesant de déficit
06:36et de dettes publiques.
06:37Stéphane Dupont parlait des carburants,
06:38en effet,
06:39c'est le grand sujet du moment
06:40avec la flambée des prix.
06:42Psychologiquement,
06:42certains Français ne font plus le plein,
06:44ils font un tiers,
06:46un quart du plein.
06:46Ils donnent un billet de 20 euros
06:48pour remplir la voiture.
06:50Il n'y a pas d'aide supplémentaire
06:51à annoncer le gouvernement.
06:52Est-ce que vous avez l'impression
06:52d'abandonner là encore les Français ?
06:55Les Français,
06:56on a mis en place
06:57des aides dédiées,
06:58des aides focussées,
07:00ciblées,
07:00à la fois sur les entreprises,
07:02parce qu'il faut d'abord
07:02protéger les entreprises quand même.
07:04La richesse,
07:05ça vient des entreprises.
07:06Donc il faut d'abord
07:07penser aux entreprises,
07:08en plus après penser aux salariés
07:09ou penser aux deux.
07:10Les entreprises les plus touchées,
07:11donc les transports,
07:12la pêche,
07:13l'agriculture,
07:14on s'en aide
07:14et continueront à être aidés.
07:16Donc là-dessus,
07:17on continue.
07:18Vous baissez la taxe sur l'essence
07:19et dans ce cas-là,
07:20vous adressez à tout le monde.
07:21On va parler tout à l'heure
07:22de la défaite sociale,
07:22c'est pareil,
07:23c'est universel.
07:24Alors je termine et je vous réponds.
07:26Donc on aide les entreprises
07:27qui sont les plus impactées
07:28parce que c'est celles
07:28qui consomment le plus,
07:29avec des réductions
07:30pour aller jusqu'à 25 centimes
07:32au litre, etc.
07:33Ensuite,
07:34les salariés modestes,
07:36gros rouleurs,
07:37on a un système,
07:37on le continue.
07:39Vous avez choisi d'aider certains.
07:41C'est ce que je disais.
07:42Je vous laisse continuer
07:44si vous voulez.
07:45Mais la question c'est
07:46pourquoi est-ce que vous avez choisi
07:48certains Français
07:49plutôt que s'adresser
07:50à tous les Français ?
07:50Oui, mais on en revient
07:51à ce qu'on disait.
07:51C'est quand même un problème aussi.
07:53Vous savez que l'argent,
07:53on ne l'a pas.
07:54Quand on demande des aides à l'État,
07:55ce n'est pas comme on pique sous
07:56si on avait des tas de lingots d'or,
07:58on en prend les deux ou trois
07:59pour les donner.
07:59On n'a rien.
08:01Quand on nous demande de l'argent,
08:02on l'empreinte.
08:03On n'a rien.
08:03On dépense 1 700 milliards
08:04chaque année,
08:05Jean-Pierre Farando.
08:06Pourquoi est-ce qu'on ne réduirait
08:08pas cette dépense
08:08plutôt que s'attaquer
08:09à toutes les recettes ?
08:10Là, vous vous adressez à moi,
08:11ministre, depuis que je suis là,
08:11je crois que j'ai gagné
08:123 milliards et demi de dépenses.
08:13J'ai fait passer une loi
08:14de lutte contre la fraude sociale,
08:16ça fait gagner 1 milliard et demi.
08:17J'ai incité les partenaires sociaux
08:19à négocier un accord
08:20sur les ruptures conventionnelles,
08:21ça fait gagner 1 milliard aux UNEDIC.
08:24Je me suis battu au niveau européen
08:25pour revenir sur un règlement
08:26qui va faire gagner
08:27800 millions d'euros
08:28à l'État français.
08:29Et en plus, dans mon budget,
08:30je suis exemplaire.
08:31Cette année, j'ai accepté
08:32de participer à l'effort
08:33parce que l'État doit montrer
08:38L'État n'est plus en moyen
08:39de fournir des aides.
08:41Il le fait parce que
08:41les circonstances l'exigent.
08:42Mais ce que je comprends,
08:43selon votre logique,
08:45l'État n'a plus les moyens.
08:46Cette politique d'aide,
08:47on la maintient presque
08:47à bout de souffle.
08:48En tout cas, il faut
08:49qu'elle soit ciblée.
08:50Les aides générales,
08:52sans aucune limite,
08:54tous azimuts et quoi qu'il se passe,
08:56je pense que ça, c'est terminé.
08:57Vous dites que c'est terminé,
08:58mais pour beaucoup de Français,
08:59la situation est très difficile.
09:01Est-ce que vous ne craignez pas
09:02qu'il y ait de nouveau
09:04une forme d'éruption sociale,
09:06un nouveau mouvement
09:07des gilets jaunes ?
09:07Il y a certains leaders politiques,
09:09je pense à Fabien Roussel,
09:10hier à la fête de l'UMA,
09:11vous y étiez,
09:11qui appellent les gens
09:13à descendre dans la rue
09:14et de nouveau
09:14à bloquer les ronds-points.
09:15Est-ce que vous craignez
09:16un mouvement de cette...
09:18Sachant que les prix
09:18des carburants aujourd'hui
09:19sont beaucoup plus élevés
09:20qu'à l'époque des gilets jaunes.
09:21Est-ce que vous craignez
09:22ce genre de mouvement ?
09:23D'abord, je veux dire
09:23que je comprends les Français.
09:24Je veux dire, là encore,
09:25je pense être resté
09:26encore un peu connecté.
09:27Encore moins de deux ans,
09:28j'étais en entreprise,
09:29je voyais des cheminots
09:37un vécu,
09:37un vécu de la vraie vie,
09:39j'allais dire,
09:39pas que d'être
09:40dans la vie politique pure
09:41où le sujet de la connexion
09:42ou déconnexion peut se poser.
09:44Et je veille à continuer d'ailleurs,
09:45je vais souvent sur le terrain,
09:46j'ai mon petit point de chute
09:48dans le sud
09:48où je rencontre des gens
09:50dans une petite ville
09:51qui me rappellent aussi
09:51aux réalités du quotidien.
09:53Donc je comprends les Français,
09:53c'est dur pour les Français.
09:55C'est dur.
09:55On ne va pas dire le contraire.
09:56Quand les gens le disent...
09:58Mais on ne peut plus vous aider.
10:00C'est-à-dire,
10:03les aider de la manière,
10:04comme on disait,
10:05la plus large,
10:05la plus ouverte,
10:06la plus sans limite,
10:08ce n'est pas possible.
10:08On n'a pas l'argent.
10:10Est-ce qu'il n'y a pas
10:10une forme de modèle social
10:11qui ne fonctionne plus
10:12tout simplement ?
10:13C'est-à-dire,
10:13on a dépensé beaucoup plus
10:15quand on en avait les moyens,
10:16on a poussé ça très très loin,
10:17arrive le moment
10:18où la dette nous écrase,
10:19où le déficit nous écrase.
10:20Donc finalement,
10:21on cherche à sauver les gens
10:22un peu sur le mode
10:23du cadeau de sauvetage,
10:24mais le modèle lui-même
10:25ne fonctionne plus.
10:26Oui, je pense qu'effectivement,
10:27on est au bout d'un système.
10:28On parlait de la sécurité sociale
10:29pour démarrer,
10:30elle a plus de 80 ans.
10:31Elle a été créée en 1945.
10:32Quelques chiffres
10:33pour vous dire
10:33pourquoi ça a changé.
10:351945,
10:36est-ce que vous avez une idée
10:37des cotisations sociales ?
10:39A combien s'est levée
10:40les cotisations sociales
10:41pour les salariés ?
10:414%,
10:4220% maintenant.
10:43Les cotisations patronales,
10:4512%,
10:4640% maintenant.
10:47Et vous rajoutez la CSG.
10:49Donc on voit bien que...
10:50Et en plus,
10:50les cotisations,
10:51elles ne suffisent pas.
10:51Vous voyez bien que le problème,
10:52effectivement,
10:52on est au bout d'un système.
10:53Il faut des réformes,
10:54bien évidemment.
10:55Il faudra des réformes
10:56pour les retraites,
10:57il faudra des réformes
10:57pour la santé,
10:58et on en a évoqué quelques-unes.
10:59On a des réformes certainement
11:00pour notre système d'aide.
11:01Oui, il faut des réformes,
11:02c'est sûr.
11:03Justement,
11:03les retraites,
11:04on va en parler dans un instant.
11:05Jean-Pierre Farando,
11:06ministre du Travail
11:07et l'invité du Grand Rendez-vous.
11:08A tout de suite.
11:11Retour sur le plateau
11:12du Grand Rendez-vous
11:12européen CNews,
11:13les échos avec le ministre
11:15du Travail et des Solidarités,
11:16Jean-Pierre Farando.
11:17Et c'est Stéphane Dupont
11:18qui vous pose la question suivante.
11:20Oui, je crois qu'hier,
11:21à la fête de l'Humanité,
11:21vous avez débattu avec Sophie Minet,
11:28face à la hausse du prix
11:29des carburants et de l'inflation,
11:31réclame une hausse du SMIC
11:32et un gel du prix des carburants.
11:34Est-ce que c'est une idée
11:35qui, selon vous,
11:36est recevable,
11:36avec l'idée que le travail
11:38ne paie plus en France
11:38et qu'avec un SMIC,
11:39on n'arrive pas à vivre ?
11:40Qu'est-ce que vous répondez
11:41à Mme Binet ?
11:41D'abord, sur le principe,
11:43discuter avec les partenaires sociaux,
11:44c'est une bonne chose,
11:44qu'ils soient syndicats
11:45ou patronats,
11:46parce que dans les partenaires sociaux,
11:47il ne faut pas oublier
11:48qu'il y a aussi
11:48les régions patronaux
11:49qui sont très attentifs
11:50au développement des entreprises.
11:58En gros, créer la richesse
11:59avant de la partager.
11:59Je suis pour le partage,
12:00mais je suis aussi
12:01très pour la création.
12:03Voilà, donc je ne l'oublie jamais,
12:04il faut mettre les choses
12:04dans le bon ordre.
12:06D'où le SMIC ?
12:06Là, c'est la réponse au SMIC.
12:07On a en France une loi
12:08qui fait que le SMIC
12:10est indexé
12:10quand l'inflation dépasse 2%.
12:12Très bien,
12:12c'est quand même
12:13une forme de protection.
12:14Il y a peu de pays qui ont ça.
12:15Donc on a une forme de protection
12:16des salaires les plus bas,
12:18dont actes,
12:19de là à l'augmenter.
12:20Vous voyez bien
12:20que les entreprises disent
12:21que ce n'est pas possible.
12:21C'est des entreprises
12:22qui paient les salaires.
12:23Dans leur compte d'exploitation,
12:24dans l'équilibre général,
12:26est-ce qu'elles peuvent le faire ?
12:27Si jamais elles le faisaient,
12:28de toute manière,
12:28elles le répercuteraient
12:29sur le prix de leurs produits,
12:30ce qui alimenterait l'inflation.
12:32Donc ce n'est pas si simple.
12:33Et de la même manière,
12:33ce n'est pas le ministre du Travail
12:34qui fixe les salaires
12:35dans toutes les entreprises de France.
12:37C'est ce qu'on appelle
12:37la négociation annuelle obligatoire.
12:39Moi, j'en ai fait beaucoup
12:40quand j'étais chef d'entreprise.
12:42Il faut laisser aux entreprises
12:43le choix de négocier vers le SMIC.
12:44Et le gel des prix des carburants,
12:45la deuxième mesure qu'elles réclament
12:46et que réclament notamment
12:48la France insoumise.
12:48On en a déjà parlé sur ce plateau.
12:50Oui, on en a parlé tout à l'heure.
12:51On a échangé là-dessus.
12:52Oui, il y a des aides ciblées
12:53pour les entreprises,
12:55je le redis,
12:55pour leur permettre
12:55de continuer leur activité
12:57et pour les salariés
12:58les plus modestes gros rouleurs.
12:59Mais on ne peut pas généraliser
13:01d'une manière très extensive
13:02un système d'aide structurelle.
13:04Non, mais là,
13:04ce serait les compagnies pétrolières
13:05qui paieraient.
13:06Pour le coup,
13:06s'il y avait un gel des prix des carburants,
13:08ce ne serait pas l'État.
13:08C'est leur argument.
13:10C'est toute la discussion
13:11qu'on a notamment
13:11avec le premier d'entre eux.
13:13Moi, je vois que le groupe Total
13:14tient parole,
13:15maintient le prix des carburants
13:16au-dessous des seuils de 2 euros.
13:18C'est leur manière à eux
13:19de participer à l'effort.
13:20Ça me semble une bonne manière
13:21d'avancer.
13:22Mais ce que vous dites
13:23me semble absolument essentiel,
13:24c'est-à-dire,
13:25vous vous rappelez par exemple
13:26que ce sont les entreprises
13:27qui paient les salaires,
13:28qu'on ne peut pas décréter l'État
13:29une hausse des salaires artificiels
13:30comme cela.
13:31Des raisonnements économiques
13:32et élémentaires,
13:33mais qui me semblent manquer
13:33peut-être une partie de la gauche
13:35et des syndicats,
13:35vous parlez des partenaires sociaux,
13:37qui croient qu'il suffirait
13:37que l'État décrète
13:38pour que la société
13:39s'adapte immédiatement.
13:41Est-ce qu'il n'y a pas
13:41une forme de raisonnement
13:42économique élémentaire
13:43qui manque quelquefois à gauche ?
13:45À gauche et parfois ailleurs.
13:49On le sait,
13:50c'est un problème
13:51qu'on a de manière assez générale.
13:53C'est que les raisonnements économiques
13:55effectivement de base
13:55ne sont pas toujours installés.
13:57Qu'est-ce que c'est qu'un amortissement ?
13:58Qu'est-ce que c'est qu'un bilan ?
14:00Qu'est-ce que c'est qu'une dette,
14:00un déficit, des taux ?
14:02Tout ça, c'est peut-être
14:03des notions économiques
14:04peu maîtrisées
14:06dans la classe politique
14:07et c'est embêtant
14:08parce qu'elle vous rattrape l'économie.
14:09C'est terrible.
14:09L'économie, on peut la négliger.
14:11Vous voulez dire
14:11que les politiques
14:11sont nulles en économie ?
14:12Vous vous retrouvez par exemple
14:14avec des partenaires politiques
14:15qui comprennent à ce que vous dites ?
14:17C'est intéressant
14:18pour les Français de savoir ça.
14:19Je dis en tout cas
14:20que ce sujet de l'économie
14:22au sens qu'il est une science.
14:23L'économie,
14:24ce n'est pas un dogme.
14:25C'est une science
14:26et n'est pas la compétence
14:28la plus installée.
14:29C'est la façon jolie de le dire.
14:32Oui, parce qu'il faut
14:32être nuancé dans le propos.
14:34C'est vrai que le fait
14:35de prendre des chefs d'entreprise
14:36comme moi,
14:36forcément, ça ramène
14:38dans le monde politique
14:38des gens qui savent ce que c'est
14:39puisque ça a été notre vie
14:41pendant des années.
14:42Je ne suis pas tout seul d'ailleurs.
14:43J'ai le ministre Papin aussi
14:44qui vient de la grande distribution.
14:46Vous le savez.
14:46Nous, on essaie d'amener
14:47cette vision économique
14:48parce qu'elle est essentielle.
14:50Je le redis,
14:51tourner le dos à l'économie,
14:52ça tient quelques années
14:52mais elle vous rattrape inéluctablement
14:54et on est sanctionné
14:54par les marchés financiers.
14:56On a un certain nombre
14:59monde extérieur,
15:00notamment le monde qui vous finance,
15:01traduit la performance économique.
15:02Et un autre sujet,
15:03Jean-Pierre Farandou,
15:04c'est la TVA sociale
15:05que met sur la table.
15:06François Hollande,
15:06après avoir été défavorable
15:08en 2012
15:08lorsqu'il a accédé au pouvoir,
15:10qu'est-ce que vous pensez
15:10de cette idée ?
15:12Moi, je me méfie beaucoup
15:13des magiques.
15:14C'est-à-dire que tout à coup,
15:16il y a des gens qui disent
15:17c'est simple,
15:17on n'a qu'à baisser les cotisations.
15:19C'est la différence
15:19entre le salaire brut
15:20et le salaire net.
15:21Génial.
15:21On a trouvé la martingale.
15:23D'abord, moi, je dis
15:24avant de baisser les cotisations,
15:26la première chose à faire,
15:27c'est de rétablir les comptes
15:28de ces grands systèmes
15:29parce que ces cotisations,
15:29elles financent les retraites,
15:31elles financent la santé.
15:32On en a déjà beaucoup parlé.
15:33Faisons en sorte déjà
15:34que ça soit rétabli
15:35parce que c'est une drôle d'idée
15:36de baisser les recettes
15:38d'un système
15:38qui est déjà en déficit.
15:39Vous voyez,
15:40il y a un petit problème là.
15:41Donc vous êtes pour plus d'impôts,
15:42vous,
15:43alors que les Français
15:44sont déjà ponctionnés au maximum.
15:45Non, non, moi,
15:45vous avez dit
15:46que c'est une idée bizarre
15:47de baisser les recettes.
15:50Vous avez la sécurité sociale
15:52qui est en déficit.
15:54va arranger son déficit.
15:56Et vous-même,
15:57vous m'avez dit
15:57que ce n'est quand même pas normal
15:58de baisser le reste à charge
15:59pour les dentistes.
16:00Vous êtes en contradiction.
16:01Non, je ne suis pas en contradiction.
16:02C'est juste qu'au lieu
16:03de regarder dans la dépense
16:05et de mieux l'aiguiller,
16:06je me demande
16:06si on ne peut pas
16:07mieux aiguiller la dépense
16:08plutôt que de prendre
16:09encore vos Français.
16:09Mais c'est une différence
16:10de point de vue,
16:11Jean-Pierre Farando.
16:11Quand on le fait sur les dentistes,
16:12vous m'avez dit
16:12que ce n'est pas normal.
16:13Vous avez démarré comme ça.
16:14Là, vous reflétez
16:15une petite contradiction
16:15qui n'aide pas les Français.
16:16Vous savez bien que nous,
16:17Jean-Pierre Farando.
16:18Non, mais bon,
16:19pour vous dire
16:19que ce n'est pas si simple.
16:20En revenant à la TVA sociale,
16:21voilà des gens qui,
16:22avant même de rétablir
16:23les comptes de la santé
16:24et des retraites,
16:25qui sont les deux éléments
16:26principaux de la protection sociale...
16:27Ça serait un truc à somme nul.
16:28C'est qu'on augmenterait la TVA,
16:30on baissait les cotisations sociales.
16:31Donc, c'est ça l'idée.
16:33De combien on peut l'augmenter,
16:34la TVA ?
16:34Deux points.
16:35Et encore...
16:36François Hollande dit 24%.
16:38Oui, 20 à 24.
16:39C'est audacieux.
16:40Parce que là, pour le coup,
16:40les économistes disent
16:41« Ouais, il y a peut-être
16:42une petite marge de manœuvre
16:43en France,
16:44allez, deux points
16:44par rapport aux autres pays européens. »
16:45Sauf les produits
16:46de première nécessité
16:47et l'énergie.
16:48On affine.
16:48Deux points de TVA,
16:49ça vous fait deux points
16:50de cotisation en moins.
16:51À peu près.
16:52Bon, les salariés gagnent deux points.
16:54Deux points.
16:55Est-ce que ça répond au problème ?
16:56Moi, je ne sais pas.
16:56Les gens qui se prennent...
16:57C'est quelque chose.
16:58Mais est-ce que c'est
16:59à la hauteur des attentes ?
17:00Je ne le crois pas.
17:01Je ne le crois pas.
17:02Et la TVA ?
17:03C'est de faire payer
17:03les importations,
17:04c'est de faire payer aussi
17:06que toute la protection sociale
17:07ne repose pas seulement
17:08sur le travail,
17:09sur les entreprises,
17:10sur les salariés.
17:10Ah, mais ça, on peut en parler.
17:11C'est aussi ça l'idée
17:12de la TVA sociale.
17:13Il y a des arguments en faveur.
17:14Oui, mais il y a la modalité,
17:16il y a la discussion.
17:17Je termine sur la TVA.
17:18Comme dirait l'autre,
17:19ça augmente les prix quand même.
17:20Donc vous reprenez
17:21un peu d'une main
17:21par l'inflation,
17:23par les prises
17:23que vous avez données,
17:24par la réduction des cotisations.
17:25Voilà.
17:26Donc on peut en débattre.
17:27Alors maintenant sur le principe.
17:28Est-ce qu'on ne demande
17:29pas trop au travail ?
17:30Oui.
17:31Ayons le débat.
17:36Le financement
17:36à la sécurité sociale en 1945,
17:38tout était sur le travail.
17:39Parce qu'on pouvait.
17:40On pouvait, très bien.
17:41Je vous l'ai expliqué.
17:42Vous avez vu comment
17:43les cotisations sont déformées.
17:44On rajoute la CLG en 1991.
17:46Et ça ne suffit toujours pas
17:47puisqu'on est en déficit.
17:48Est-ce qu'il est normal
17:49de demander au travail,
17:50les entreprises ou les salariés,
17:52de tout prendre sur leurs épaules ?
17:53En tout cas,
17:54le constat montre
17:54que c'est difficile.
17:56Dans la mesure où on fait ce constat,
17:57est-ce qu'on n'aurait pas,
17:58à moyen terme,
17:59surtout la présidentielle
18:00s'en vient dans quelques mois,
18:02exiger des réformes
18:02mais beaucoup plus considérables
18:04que le rafistolage d'un modèle
18:05qui par lui-même ne fonctionne plus ?
18:07C'est-à-dire que le fait
18:08que le commun est mortel,
18:09lorsqu'il travaille,
18:10l'essentiel de ce qu'il gagne
18:11sera récupéré par l'État
18:12ou par je ne sais quel organisme
18:13pour mon instance.
18:14Est-ce qu'il n'y a pas
18:14un modèle à réformer fondamentalement
18:16bien au-delà du rafistolage
18:18légitime qu'on peut faire ?
18:19C'est la discussion
18:20qu'on a commencé à avoir.
18:21J'ai utilisé le mot réforme,
18:22les réformes importantes.
18:23Moi, je pense que, par exemple,
18:25le travail,
18:26qu'est-ce qu'il doit payer ?
18:26C'est ce qui est lié au travail.
18:27Donc, c'est quoi ?
18:28C'est les retraites.
18:29Les retraites, c'est la contrepartie
18:30du travail.
18:31C'est aussi le chômage.
18:32Le chômage, c'est un risque
18:33lié au travail.
18:34Et vous avez les accidents du travail,
18:36les maladies professionnelles.
18:37Très bien.
18:37C'est vrai qu'il y a un système
18:38assurantiel avec des cotisations.
18:39C'est logique.
18:40Après, les autres prestations,
18:41elles sont pour tout le monde, au fond.
18:43La santé, elle est pour tout le monde.
18:45Tout ce qui est perte d'autonomie
18:49en fin de parcours,
18:50c'est pour tout le monde.
18:51Les familles, c'est pour tout le monde.
18:53Donc, que ces objets-là,
18:55on réfléchisse à un financement
18:57de nature différente,
18:57qui s'adosserait davantage
18:58à la fiscalité,
18:59parce qu'il faut bien trouver
19:00aussi des ressources,
19:01je pense que c'est une réflexion
19:03qui mériterait d'être posée.
19:04Vous parliez tout à l'heure,
19:05vous avez mentionné les retraités,
19:07parce que c'est aussi ça
19:07qui est en filigrane
19:08dans le débat sur la TVA sociale,
19:09faire peut-être contribuer plus
19:11les gens qui ne travaillent pas
19:12ou qui sont aujourd'hui inactifs
19:13par rapport à ceux qui travaillent.
19:15Le gouvernement,
19:16votre collègue David Amiel Vanrody,
19:18a dit,
19:18pour boucler le budget,
19:19cette année,
19:20le budget 2027,
19:24contribue à hauteur de 6 milliards.
19:25Il a mis sur la table 3 mesures,
19:27la désindexation
19:28ou la suppression
19:29de l'abattement de 10%
19:30pour frais professionnels
19:31non bénéficient les retraités.
19:32Ou les deux.
19:33Ou un mix des deux.
19:34Quelle est la solution
19:35qui a votre faveur ?
19:36Est-ce que c'est déjà une bonne idée
19:37de faire contribuer les retraités ?
19:38Et si oui,
19:39comment il faut les faire contribuer ?
19:41Ce n'est pas une bonne idée,
19:43mais ça peut être une nécessité.
19:45C'est-à-dire qu'à partir du moment
19:45où vous êtes dans le budget d'économie...
19:47Donc vous êtes favorable.
19:47Oui, oui, oui.
19:48Je pense qu'il faut effectivement...
19:50Il n'est pas anormal,
19:50il n'est pas illogique
19:51de faire appel à l'effort des retraités.
19:53Alors il faut déterminer
19:54quel retraité
19:54et quelle nature d'effort
19:56au nom de la solidarité générale.
19:57Quel retraité selon vous,
19:58Jean-Pierre Farand ?
19:58À quel partit ?
19:59De quel seuil ?
20:00Je ne m'avancerai pas sur les seuils.
20:01Non, parce qu'il y a un seuil
20:02qui circulait
20:03ces dernières semaines
20:04de 2 000 euros.
20:05Je ne m'avance pas sur les seuils
20:05parce que vous allez voir
20:06qu'il y a un process
20:07qui est en place.
20:07Donc voilà,
20:08il faut laisser faire le process
20:09et on verra bien
20:09qu'est-ce qu'il en va.
20:10Vous voulez dire le process
20:10qui va apparaître dans le budget ?
20:12Il y a un process,
20:12je ne sais pas si vous l'avez vu,
20:14le Premier ministre
20:15a demandé,
20:16a mis en place
20:17une concertation
20:17avec les groupes politiques
20:18de l'Assemblée
20:19et du Sénat
20:20qui souhaiteront discuter avec nous
20:21pour justement
20:22évaluer les plus et les moins
20:23des différents dispositifs
20:24et donc laissons le temps
20:25de cette concertation se faire
20:26et je pense que le Premier ministre
20:27arbitreera.
20:28Donc des indexations,
20:30abattement pour préférence professionnelle
20:31ou les deux ?
20:32Alors moi,
20:32des indexations d'abord,
20:33je n'aime pas.
20:34Il faut que ce soit très clair
20:35parce que parfois
20:35ces termes-là,
20:36les Français s'y perdent,
20:37aucune retraite
20:38ne sera réduite l'année prochaine.
20:39On parle en fait de réévaluation
20:40et de combien on réévalue
20:42parce que les gens craignent
20:43qu'ils perdent leur retraite.
20:44Non !
20:45Quand on parle,
20:46il y a autre retraite.
20:48Mais c'est quand même important
20:49parce que parfois
20:49il y a un peu de connu.
20:50Il y a des retraites
20:51qui ne suivent pas l'inflation
20:52ce qui est quand même
20:52une perte de 2% d'inflation.
20:54Donc ça fait quand même
20:54une perte de pouvoir d'achat.
20:55Il y a une perte de 2%.
20:56Mais vous avez vu,
20:56c'est pas sur les salaires aussi,
20:57on vient de l'avoir.
20:58Et moi d'ailleurs là-dessus,
20:59Ne noyez pas le point
21:00sans Jean-Pierre Farando,
21:01on parle des retraites,
21:02on ne parle pas des salaires.
21:03Vous allez voir pourquoi
21:03je fais le lien les deux.
21:04Parce que moi j'ai une idée.
21:05Je vais la mettre au débat
21:06parce que je ferai partie
21:07de ces réunions avec les groupes.
21:08Donc je pense qu'il faut sortir du cadre.
21:10On est enfermé dans un cadre.
21:12Vous savez parfois là aussi
21:12c'est l'expérience de l'entreprise.
21:14Sortir du cadre,
21:15avoir des idées neuves.
21:16Moi je voudrais en fait
21:17ce que je mets au débat.
21:18Je ne serais peut-être pas suivi
21:19mais on a le droit de débattre.
21:21C'est de traiter justement
21:22l'évaluation des retraites,
21:23la revalorisation des retraites
21:24comme les salaires
21:25par une négociation annuelle
21:31On pourrait s'en inspirer
21:34mais la responsabilité
21:34resterait à l'État.
21:35Il est normal que l'État
21:36prenne ses responsabilités
21:37sur des équilibres aussi importants.
21:39Il est de dire
21:40chaque année on discute,
21:41on vous écoute,
21:41vous avez les paramètres,
21:42vous avez l'équilibre,
21:43vous avez les trajectoires,
21:44vous avez la démographie,
21:45vous avez tout un tas d'éléments,
21:46vous avez le pouvoir d'achat,
21:47vous avez tout ça,
21:48vous avez l'inflation.
21:49Qu'est-ce qui paraîtrait normal de faire ?
21:50L'État prendra ses responsabilités.
21:52On continue la discussion
21:53avec Jean-Pierre Farandou
21:54dans un instant sur Europe 1.
21:57Retour sur le plateau
21:58du grand rendez-vous
21:58Europe 1 CNews Les Echos
21:59avec le ministre du Travail
22:01et des Solidarités.
22:02Jean-Pierre Farandou
22:03en parlait des retraites
22:04à l'instant.
22:05Il y a un grand débat
22:06sur l'âge de départ
22:07à la retraite.
22:08La réforme a été suspendue
22:11comme vous le savez
22:11parce qu'il y a eu
22:12des arbitrages à faire
22:13notamment avec
22:14certains partis de gauche
22:15et les socialistes.
22:17Aujourd'hui,
22:19il y a ce débat-là
22:20de est-ce que les Français
22:21doivent travailler
22:22plus longtemps
22:23comme dans certains
22:24pays européens,
22:25pays européens
22:25qui vont jusqu'à 67 ans,
22:2768 ans même.
22:28Et d'autres qui disent
22:30non, au contraire,
22:31il faut dégraisser le mammouth
22:32au niveau de la dépense publique
22:33plutôt que de faire travailler
22:34les gens plus longtemps.
22:35C'est par exemple
22:36l'argument de Marine Le Pen.
22:37Elle l'a redit au MEDEF
22:38d'ailleurs devant les autres
22:39candidats à la présidentielle.
22:40Elle qui voudrait
22:44une retraite
22:45plutôt à 62 ans.
22:46Bruno Retailleau, lui,
22:47propose de travailler
22:49chaque jour
22:50une demi-heure de plus.
22:52Est-ce que c'est une bonne piste
22:53selon vous ?
22:54Travailler davantage
22:55tous les jours ?
22:56Travailler davantage
22:56une demi-heure par jour
22:57pour gagner en croissance,
22:58pour gagner en compétitivité.
22:59Ça fait 38 heures.
23:00Ça fait 38 heures.
23:01Il faut travailler plus
23:02pour gagner plus.
23:03Et il paye combien ?
23:05Je ne sais pas.
23:06Le travail doit payer.
23:07C'est son argument aussi.
23:08M. Retailleau,
23:09il la paye cette heure ?
23:10Il ne la paye pas ?
23:11Il fait quoi ?
23:11Vous pensez que c'est gratuit ?
23:12Je ne sais pas.
23:12Non, non.
23:13Si il dit qu'on gagne plus,
23:14théoriquement,
23:15c'est qu'il les paye davantage.
23:16D'accord.
23:17Je dis ça parce que moi,
23:18je ne suis pas M. Retailleau.
23:18Je voudrais comprendre
23:19la proposition complète
23:21de M. Retailleau.
23:23Je les suis toutes,
23:24bien évidemment,
23:25mais parfois,
23:25elles sont rapides
23:26et j'ai besoin de les préciser.
23:27C'est presque un vieux slogan de droite.
23:30Travailler plus pour gagner plus.
23:31Ça a été les heures suples.
23:32Vous travaillerez davantage ?
23:33C'était le slogan de Nicolas Sarkozy.
23:35On a fait beaucoup sur les heures suples.
23:36Alors, la question de travailler plus,
23:38c'est fondamental.
23:38On ne travaille pas suffisamment
23:40dans ce pays.
23:41Là-dessus, vous êtes d'accord ?
23:42Ah oui, sur là-dessus,
23:42je suis quand même en d'accord.
23:43Donc, on n'aurait jamais dû suspendre
23:45la réforme des retraites, selon vous ?
23:47Ça, par contre,
23:47je suis d'accord qu'il fallait le faire.
23:49Ah oui, alors vous allez nous expliquer
23:50parce que c'est paradoxal.
23:51C'est un peu contradictoire,
23:52là, quand même,
23:53votre histoire.
23:54On y va par étapes ou pas ?
23:55Bon, alors, le travail,
23:56après la suspension de la réforme.
23:57Ah, je commencerai d'abord
23:58pourquoi est-ce que c'était intéressant
24:00de la suspension ?
24:01Oui.
24:01OK, très bien.
24:03La suspension,
24:04il y a une raison de fond,
24:06c'est que, quand même,
24:07vous avez quand même
24:08énormément de Français
24:09qui, on parlait d'adhésion des Français,
24:11qui n'adhéraient pas à cette idée-là
24:12et on ne s'est pas posé la question
24:13pourquoi.
24:14Pourquoi c'était si compliqué que ça
24:15pour les Français
24:15à l'idée de travailler deux ans de plus ?
24:18Il fallait le travailler
24:19et je l'ai travaillé.
24:20J'ai lancé une conférence sociale
24:22qui s'appelle
24:22Travail-Emploi-Retraite
24:23où on s'est dit
24:24avant de parler des retraites,
24:25on va parler des retraites.
24:26Parlons de ces 40 ans,
24:27ces 42 ans dans l'entreprise
24:28et là-dessus,
24:29il y a des choses à faire.
24:30Conditions de travail,
24:31rémunération,
24:31relations au management,
24:33la place des femmes,
24:33la place des jeunes,
24:34la place des seniors.
24:35Il y a énormément de choses à faire
24:36qui vont permettre
24:37de travailler davantage.
24:38Je pense aux femmes,
24:39je pense aux jeunes,
24:40je pense aux seniors.
24:41Et plus on travaille,
24:42plus effectivement,
24:42par les cotisations,
24:43on arrange le système.
24:44Donc déjà,
24:45n'oublions pas cette partie-là.
24:46La partie amante,
24:46elle est fondamentale.
24:47Plus on aura des Français au travail,
24:49plus on allègera quand même
24:50le sujet financier,
24:51l'enjeu financier.
24:52Et ça,
24:52on est passé un peu vite.
24:53Deuxièmement,
24:54oui,
24:54il y a un enjeu politique.
24:55Alors après,
24:55on peut le critiquer,
24:56bien évidemment.
24:57C'est le Premier ministre,
24:58en fait,
24:58je pense qu'il ne sera pas gêné
24:59que je lui attribue,
25:00à penser que la stabilité
25:02valait cet effort.
25:04La stabilité,
25:04ça veut dire l'équilibre politique
25:06parce que sinon,
25:07ça valait censure.
25:08Ça valait censure.
25:09C'était simplement
25:11pour faire voter le budget.
25:12C'était censuré.
25:13Vous savez que l'absence de budget,
25:14c'est 15 milliards d'euros
25:15de dépenses supplémentaires
25:16pour le pays.
25:16C'est quand même tous les marchés.
25:17Et on était l'année dernière.
25:19Imaginez d'ailleurs,
25:19maintenant,
25:19on parlera peut-être du budget
25:20pour l'année prochaine.
25:21C'est un choix politique
25:23qui peut être critiqué.
25:24La réforme est suspendue aujourd'hui.
25:26Imaginez que pour un candidat
25:28à la présidentielle,
25:28pour le prochain président de la République,
25:30le prochain chef du gouvernement,
25:31redire aux Français,
25:33on a suspendu
25:33puis maintenant,
25:34on remet le truc en route.
25:36Ça va être très difficile.
25:37Les gens ont dans l'idée
25:38qu'on va s'arrêter
25:39à 62 ans et 9 mois.
25:42Est-ce que c'est possible
25:43aujourd'hui de réenclencher
25:44une hausse de la durée
25:45de l'âge légal ?
25:48En tout cas,
25:49il faut être factuel.
25:49C'est-à-dire que s'il ne se passe rien,
25:50s'il n'y a pas de nouvelle réforme,
25:52la réforme redémarre
25:53au 1er janvier 2028.
25:54C'est carré,
25:55c'est dit,
25:55c'est écrit,
25:56donc c'est ce qui se passera.
25:57Après,
25:57est-ce qu'il se passe quelque chose,
25:58ça ne dépend pas de Jean-Pierre Farrandou.
25:59Est-ce qu'il y a une réforme nouvelle
26:00et laquelle ?
26:01Il me semble avoir entendu,
26:03pour le coup,
26:03que la plupart des candidats
26:04arrivent avec des propositions
26:06autour d'une réforme des retraites.
26:07Voilà,
26:07donc on verra bien.
26:09Est-ce que ce n'est pas un mauvais signal
26:10qui a été envoyé cette suspension ?
26:11C'est ça que je voulais dire.
26:13C'est un signal
26:14qui est de dire
26:14sur un sujet aussi sensible
26:16où les Français,
26:17deux ans après,
26:17étaient encore en résistance totale.
26:19Ce n'est pas complètement stupide
26:21de se dire
26:22est-ce qu'il ne faut pas la retravailler
26:23et rajouter des éléments.
26:24Vous savez,
26:25c'est le fameux conclave.
26:26Ça a failli marcher
26:26quand même le conclave.
26:27Moi, je ne jette pas la pierre.
26:28François Bayrou a eu cette idée,
26:29bonne idée de dire
26:31est-ce qu'on ne pourrait pas demander
26:31aux partenaires sociaux
26:32de travailler sur la pénibilité
26:34et l'usure au travail ?
26:35Parce qu'ils restaient du conclave
26:35parce qu'ils ont claqué la porte
26:36les uns après les autres.
26:37Il en restait plus beaucoup de monde.
26:38Il en restait deux
26:39et non des moindres.
26:39Vous avez le MEDEF et la CFDT,
26:41la principale organisation patronale
26:42d'un côté,
26:43le principal syndicat salarié de l'autre.
26:44Ça a du sens.
26:45Ça entraîne toute la dynamique.
26:47Et on voit bien
26:48qu'au fond,
26:48là aussi,
26:48c'est du bon sens.
26:49La contrepartie
26:50à demander aux gens
26:51de travailler davantage,
26:52c'est de prendre en compte
26:53certains métiers
26:54qui par nature
26:55présentent une usure physique importante.
26:56C'est du bon sens ça aussi.
26:58Après,
26:58il faut trouver les curseurs
26:58et il faut trouver les mécanismes.
26:59Ils ont été à ça d'aboutir.
27:01Franchement,
27:01s'ils avaient abouti,
27:02ça aurait été une autre histoire.
27:03Dans les histoires,
27:04on passe très souvent
27:04à ça d'aboutir
27:05et finalement,
27:06ça ne compte pas.
27:07Oui,
27:08mais il y a un retour d'expérience
27:08à faire.
27:09C'est plutôt le MEDEF
27:10pour l'occurrence.
27:11Parfois,
27:12ça mène à des guerres.
27:13C'est plutôt le MEDEF
27:13qui n'a pas voulu toper.
27:14Je ne sais pas,
27:15je ne pense pas.
27:15Vous avez généralement
27:16quand il y a des sujets comme ça...
27:17Alors attendez,
27:18parce qu'il y avait l'autre partie
27:18qui était intéressante aussi.
27:19C'était pourquoi
27:20est-ce que les Français
27:20doivent travailler plus
27:21et est-ce que par exemple,
27:22du coup,
27:22cette idée de travailler
27:23une demi-heure de plus par jour
27:25comme le propose Bruno Retailleau,
27:26évidemment avec des heures payées,
27:28est-ce que c'est une bonne solution ?
27:30Jean-Pierre Farandou.
27:31Moi,
27:31je vous le dirais
27:31quand j'aurai entendu
27:32des partenaires sociaux
27:33patronaux et syndicaux
27:34sur le sujet
27:34parce que sur des sujets de travail,
27:36la primauté de ma méthode
27:37et je m'en porte bien,
27:38c'est de faire travailler
27:39les partenaires sociaux.
27:40Qu'est-ce que vous en pensez ?
27:41Comment vous voyez les choses ?
27:41La vraie vie,
27:43elle sera dans les entreprises.
27:44Vous avez dit
27:45il y a 2-3 minutes,
27:45les Français ne travaillent pas assez.
27:47Globalement.
27:48Globalement.
27:48Donc,
27:49ils doivent travailler plus.
27:50Avec une quantité
27:51de travail supérieure,
27:52je pensais particulièrement
27:53aux jeunes, aux seniors,
27:54aux femmes qui sont
27:54beaucoup à temps partiel.
27:56Ok,
27:56donc,
27:57à la lumière de cela,
27:58la demi-heure de plus
27:59demandée par le candidat LR,
28:01par Bruno Retailleau,
28:02c'est rationnel.
28:03Dans les modalités,
28:04on verra,
28:04mais ça se défend l'idée
28:05qu'une demi-heure de plus par jour,
28:07X heures de plus par semaine,
28:08ça se défend.
28:09C'est une réforme importante,
28:11quand même.
28:11On ne parle pas,
28:11c'est pas léger,
28:12le temps de travail.
28:13Et franchement,
28:14une réforme importante
28:15dans ce pays,
28:15confère ce qu'on vient de dire
28:16sur les retraites,
28:17il faut qu'elles soient
28:17acceptables et acceptées.
28:19Sinon,
28:19on est en France.
28:20Et moi,
28:20je recommanderais...
28:22Sinon,
28:22on est en France ?
28:23On sait comment ça réagit.
28:24Vous êtes en Belgique
28:24pour une réplique tchèque ?
28:25Il y a des réactions,
28:26on le sait bien quand même.
28:27C'est un pays réactif.
28:29La France,
28:30c'est un pays réactif.
28:30C'est-à-dire ?
28:31Ça réagit socialement.
28:32Il y a des réactions sociales.
28:33vous avez peur de la réaction ?
28:34On se plie...
28:35Non,
28:35parce que la réaction sociale,
28:36elle veut dire
28:36qu'on n'ait pas peur,
28:37mais elle signifie
28:37que les Français n'adhèrent pas.
28:38Les Français,
28:39une bonne réforme sociale,
28:40c'est un pays récentratif,
28:40tout ce qui se passe au Parlement.
28:41Une bonne réforme sociale,
28:42quand vous avez des millions de personnes,
28:43ça commence à être des Français.
28:44Quand vous avez
28:45une réforme sociale
28:47touchant le quotidien des Français,
28:48et là,
28:49on est au cœur de ça,
28:50elle doit d'abord passer
28:51par la démocratie sociale.
28:52La démocratie sociale,
28:53c'est la rue,
28:54Jean-Pierre Farandou,
28:55et la rue,
28:56elle s'est...
28:56Attendez,
28:57la démocratie sociale,
28:58vous dites,
28:58il y a des textes
28:59qui sont adoptés au Parlement.
29:01Ça ne plaît pas aux Français.
29:02Les Français sont dans la rue,
29:03puis finalement,
29:04on retire le texte.
29:05C'est ça l'idée ?
29:05C'est ce que vous êtes en train de dire ?
29:07Moi, ça n'aurait pas été le premier.
29:09Je sais bien.
29:09Chirac a fait des choses là-dessus.
29:11Je sais bien,
29:11mais est-ce qu'on doit continuer comme ça ?
29:13Ou est-ce qu'on doit...
29:16La rue n'est pas la démocratie,
29:17c'est là où je voulais vous reprendre.
29:17C'est la contradiction de la démocratie,
29:20quand même.
29:20Vous ne faites pas dire ce que je n'ai pas dit.
29:22La démocratie,
29:22c'est la discussion
29:23d'une capacité de convergence.
29:24Vous dites que globalement,
29:25on ne travaille pas assez en France,
29:27donc la logique,
29:27c'est que les seigneurs
29:28travaillent plus longtemps,
29:29plus jeunes les jeunes.
29:30Oui, et je m'y emploie
29:30avec des plans
29:31pour accélérer le travail des seigneurs,
29:33idem sur les jeunes,
29:34qui démarrent trop tard
29:34dans la vie active.
29:36Donc, il faudra repousser
29:37l'âge de la retraite.
29:38Ah, mais moi, là-dessus,
29:39si c'est ça votre question,
29:40vous ne l'avez pas posé.
29:40Oui, je vous l'ai posé.
29:42On vous l'a posé
29:42depuis un quart d'heure.
29:44Ah, ça vous avait échappé.
29:45Oui, oui, vous m'aviez entendu.
29:47Non, non, alors je vous pose la question
29:48si vous ne l'aviez pas entendu.
29:50Est-ce qu'il faudra repousser
29:53l'âge de départ ?
29:54Je pense que oui.
29:55Je pense que oui.
29:56À quel âge ?
29:56Ah, ça, je ne vous le dirai pas,
29:58mais je pense que oui.
29:58Il y a beaucoup de choses
29:59que vous ne dites pas aujourd'hui.
30:00Mais parce que je veux laisser
30:01les partenaires sociaux travailler.
30:02Franchement, c'est important.
30:03C'est important, c'est important.
30:05Mais nous, on a besoin aussi
30:06de votre avis
30:06qui avait été chef d'entreprise.
30:08Vous avez l'avis de principe,
30:09c'est déjà pas mal.
30:10Les 62 ans que propose Marine Le Pen
30:13ou que propose Jean-Luc Mélenchon,
30:14c'est irréaliste.
30:15Au fond de moi, je pense que c'est irréaliste.
30:16D'un point de vue financier,
30:17ce n'est pas possible.
30:18On ne peut pas se terminer.
30:19Vous connaissez, là encore,
30:20je vous ai parlé de 1945.
30:22D'ailleurs, à quel âge
30:23était le départ-entrée de 1945 ?
30:2565 ans.
30:26On n'aurait touché à rien,
30:27on se porterait mieux, au passage.
30:29Est-ce que vous connaissez
30:30la durée de vie à 1945
30:32quand on avait 65 ans ?
30:3310 ans.
30:34Maintenant, c'est plus de 20 ans.
30:35Ça nous ramène à notre conversation
30:37de 17 minutes.
30:38C'est un modèle social décalé
30:40sur la réalité d'aujourd'hui.
30:42On va rester 30 ans à la retraite.
30:43Ça ne marche pas.
30:44C'est juste du bon sens
30:45puisque la retraite,
30:46c'est une forme de rente.
30:47Vous vous organisez par l'État
30:49qui vous permet de vivre sans travailler.
30:50Tant mieux.
30:52Mais avoir la perspective
30:53qu'on va encore plus allonger ce temps,
30:55alors pour le coup...
30:56Très concrètement,
30:57les gens ne travaillent pas suffisamment
30:58donc ils doivent travailler davantage.
31:00Par ailleurs, la mystique
31:01de le Conseil national de la Résistance
31:02a dit 1945
31:03a dit peut-être qu'on est plus contemporain,
31:04de cette époque.
31:05Peut-être que tout simplement,
31:06aujourd'hui, on constate
31:07que les gens vivent plus longtemps,
31:09ne travaillent pas suffisamment,
31:10les finances de l'État font faillite.
31:12Globalement, c'est le portrait.
31:14Les finances de l'État
31:15ne font pas faillite.
31:16Elles sont en difficulté.
31:17Une difficulté comme ça,
31:18on appelle ça
31:18être au seuil de la mort,
31:19aux soins palliatifs.
31:20La faillite, c'est un terme précis
31:21quand même,
31:22en droit des entreprises.
31:23Oui, d'accord.
31:23Mais quand François Fillon
31:24dit qu'on est en faillite,
31:25ça fait longtemps.
31:26D'accord.
31:26Mais on peut redresser.
31:27En grande difficulté ?
31:27Comme une entreprise.
31:28En très, très grande difficulté ?
31:29On peut redresser l'État.
31:30On peut redresser l'État,
31:31j'en suis convaincu.
31:32Vous dites que c'est du bon sens,
31:33mais...
31:33Me semble-t-il,
31:34on peut le contester,
31:35mais c'est mon opinion.
31:35Quand Mme Borne a proposé
31:37cette retraite de passer
31:37de 62 à 64 ans,
31:38il y avait 80% des actifs en France,
31:41selon les sondages,
31:42qui étaient contre cette réforme.
31:43Oui, d'où la suspension.
31:44Parce qu'on n'a pas assez
31:45expliqué le travail.
31:46Je vous ai donné la réponse,
31:47vous n'avez pas écouté.
31:48Je pense qu'on en a quand même
31:49beaucoup parlé.
31:49On en a parlé pendant...
31:50Non, non, non, non, non, non.
31:51On n'a pas parlé des retraites,
31:54mais pas avant.
31:55Les Français sont informés.
31:56On a parlé des retraites,
31:57mais pas des 40 ans avant.
31:58C'est fondamental.
31:59On ne s'est pas posé la question,
32:00justement,
32:01pourquoi 80 quelques pourcents
32:02des Français,
32:02c'était si horrible que ça
32:04de faire deux ans de plus ?
32:05Peut-être parce qu'ils ne se faisaient
32:06pas dans leur travail.
32:07Pourquoi ils ne se faisaient pas
32:07dans leur travail ?
32:08Peut-être.
32:09Ça avait le coup d'en discuter.
32:10Cette discussion n'a pas eu lieu.
32:12Et moi, je suis très fier
32:12d'avoir permis aux partenaires sociaux,
32:14je redis patronat et syndicats,
32:15pendant dix mois,
32:16d'avoir pu aborder ce sujet.
32:17Et vous savez,
32:18je fais référence à la conférence
32:19Travail en plan retraite,
32:21dont le rapport final
32:23va être présenté très, très prochainement.
32:25Il y aura des choses
32:26très intéressantes dans ce rapport.
32:27On en revient à ce qu'on disait
32:28tout à l'heure.
32:29David Amiel a annoncé
32:306 milliards de dépenses,
32:33pardon, d'économies,
32:34et notamment sur les retraités.
32:36Il ne s'en cache pas.
32:37Vous avez aujourd'hui
32:38donc un débat
32:38qu'on vient d'avoir sur la retraite.
32:40Il faut travailler, selon vous,
32:41plus longtemps.
32:42On ne saura pas jusqu'à quel âge.
32:43Et puis, une fois qu'on est
32:44à la retraite,
32:45on vous dit, bah tiens,
32:46vous allez rendre un petit peu d'argent
32:47puisque vous en avez trop.
32:48Comprenez, il y a quand même
32:49quelque chose aujourd'hui
32:50dans la tête de nos seniors.
32:52Ils se disent,
32:53l'emploi et l'habilité des seniors,
32:55c'est compliqué.
32:55Et on pourra peut-être en parler.
32:58La retraite, finalement,
32:59me demande de travailler plus longtemps.
33:01Si je peux travailler,
33:02si je ne suis pas au chemin,
33:02si on ne me fout pas dehors
33:03à l'âge de 55 ans.
33:04Une fois que je suis à la retraite,
33:06je paye.
33:07Et puis, on me dit,
33:08bah tiens, finalement,
33:09ça va peut-être avoir
33:09une désindexation sur ma retraite.
33:11Ça fait quand même beaucoup de choses.
33:12Vous comprenez qu'aujourd'hui,
33:13j'entends la nécessité de participer
33:16à la collectivité.
33:18Mais quand on est aujourd'hui retraités,
33:20je me mets à la place
33:21de ceux qui nous regardent
33:22et qui nous écoutent.
33:24C'est un peu terrifiant.
33:26On a tous de la famille retraités.
33:28On le saura un jour.
33:30C'est une opération un peu vérité
33:32qui est en train de se faire.
33:33C'est ce qu'on évoque.
33:34Il faut expliquer aux Français les enjeux.
33:36On peut très bien leur mentir,
33:37leur dire tout va bien,
33:38Madame la Marquise,
33:39et repousser la boule.
33:40Je pense qu'il faut avoir le courage,
33:41maintenant,
33:42de mettre ces sujets sur la table.
33:43Je pense qu'il y a beaucoup de Français
33:45qui sont capables de faire solidarité.
33:46Il faut que tout le monde participe
33:47à l'effort.
33:48C'est très important.
33:49On rappelle aussi que la finalité du budget,
33:50c'est de faire plus.
33:51Plus pour l'armée,
33:52plus pour la sécurité,
33:53plus pour la justice,
33:53plus pour l'école,
33:55plus pour la formation écologique.
33:55qui arrive le 30 septembre,
33:57qui arrive le 30 septembre.
33:57A tout de suite.
33:58Retour sur le plateau du grand rendez-vous
34:00Europe 1.
34:00C'est News,
34:01les échos avec le ministre du Travail
34:02et des Solidarités,
34:03Jean-Pierre Farrandou.
34:04On devrait connaître la copie du budget
34:05le 30 septembre prochain.
34:07Plusieurs parties ont déjà prévenu.
34:08Jean-Luc Mélenchon veut censurer le budget.
34:10Le PS ne sait pas encore,
34:11mais penche plutôt pour la censure.
34:13Le RN se réserve cette possibilité.
34:15Il semble difficile,
34:16voire impossible,
34:17de faire voter un budget.
34:17La petite musique qui monte,
34:18en revanche,
34:20c'est cette dissolution
34:21avant même le budget.
34:23Vous y croyez, vous ?
34:26Moi, j'ai des opinions
34:27sur ce que je maîtrise.
34:28La dissolution,
34:28c'est le président de la République
34:29qui la décide.
34:30Donc, voilà,
34:31je ne sais pas du tout
34:31ce qu'il a l'intention de faire.
34:32Souhaitable ou pas ?
34:35Non, ce qui est souhaitable,
34:36c'est la stabilité.
34:36Ce qui est souhaitable,
34:37c'est que d'abord,
34:37c'est qu'on arrive à donner
34:38un budget à ce pays.
34:39Parce que j'entends
34:40certaines personnes
34:41très légèrement expliquer
34:42qu'une loi spéciale,
34:43c'est facile.
34:44Non, parce que la particularité,
34:45dans ce cas-là,
34:46on est parti de 10 mois.
34:47Comme il y a des élections au milieu,
34:49voilà.
34:49Ça veut dire, par exemple,
34:50tout ce qui est prévu,
34:51tiens, pour les armées,
34:526,4 milliards de plus,
34:53pour la police,
34:55pour la gendarmerie,
34:56pour l'agriculture,
34:58tiens, le milliard sur l'agriculture,
34:59ben, on ne le fait pas.
35:00Il y a une crise de type
35:01Ormou, il faut envoyer
35:02les militaires à l'autre bout du monde,
35:03on ne peut pas.
35:04Tout le fonctionnement
35:05de l'État que je connais bien,
35:06où en fait l'État abonde
35:07des écosystèmes
35:07de formation, d'emploi,
35:09on ne peut pas.
35:10Non, mais c'est terrible.
35:11Et pendant ce temps-là,
35:11vous avez tout qui les rapes.
35:13Donc, je ne vous dis pas
35:14les marchés financiers.
35:15Quand ils regardent ça,
35:16les marchés financiers,
35:17c'est terrible.
35:17Enfin, je pense que les gens,
35:18là, pour le coup,
35:19on parlait de légèreté,
35:20c'est presque de l'inconscience, là.
35:21Là, on est à deux doigts
35:21de l'inconscience.
35:22Si on a en soi
35:23l'intérêt général du pays,
35:24on doit refuser
35:25une loi spéciale.
35:27Voilà, il faut qu'il se passe
35:27quelque chose,
35:28il faut qu'il y ait un budget.
35:28Et comment on fait voter le budget ?
35:30Ah, ce n'est pas simple.
35:31Après ce que vient de dire Pierre,
35:32c'est-à-dire que les oppositions
35:33veulent censurer,
35:34on ne voit pas comment
35:34ça faisait possible.
35:35Il ne faut pas faire des alliances.
35:36Ce n'est pas simple.
35:37Mais vous savez,
35:38moi, j'ai toujours froid
35:38à la discussion.
35:39Avec tout le monde ?
35:41Il faut discuter.
35:42Même les extrêmes ?
35:43À huit mois d'une élection présidentielle,
35:45vous pensez que les partis d'opposition
35:46vont vous faire cette fleur ?
35:48Il y a le vote,
35:49il ne faut jamais l'exclure
35:50et débattre par les amendements.
35:51On a réussi l'année dernière,
35:52quand même,
35:52sur le PNFSS.
35:55Est-ce qu'il va y avoir
35:55des consultations
35:56avec les partenaires sociaux ?
35:57En lâchant la réforme des retraites,
35:59on en parlait.
36:01Vous ne seriez pas bons en sport.
36:02Vous parlez perdant
36:03avant d'engager le match.
36:04Moi, je ne pars jamais perdant
36:05avant d'engager le match.
36:06C'est toujours à espoir
36:06qu'on y arrive.
36:07Je m'engage avec ce mental
36:08de discussion et de capacité
36:09de trouver les compromis.
36:10Est-ce que les ordonnances,
36:10ça peut être une solution ?
36:11C'est la troisième option
36:12qui n'a jamais été utilisée
36:13et qui est possible ?
36:14Oui, vous avez tout dit.
36:16Ça n'a jamais été utilisé.
36:17C'est possible.
36:17On verra bien le moment venu.
36:18Ce n'est pas tout de suite.
36:19Si on devait être aux ordonnances,
36:20on se retrouverait en janvier
36:21l'année prochaine.
36:21On n'en est pas là.
36:22La priorité, c'est la discussion.
36:23C'est la recherche de compromis
36:24et la recherche d'équilibre.
36:26Vous avez été hier
36:27à la fête de l'humanité.
36:28Vous avez dialogué
36:29avec plusieurs personnes
36:30dont Sophie Binet
36:31de la CFDT.
36:32Qu'est-ce que vous en retenez ?
36:33La CGT.
36:33La CGT, pardon.
36:35Excusez-moi, en effet.
36:36Vous avez raison de me reprendre.
36:38Qu'est-ce que j'en retiens ?
36:39En général, comme ça ?
36:41Oui.
36:43J'en retiens évidemment
36:44qu'on a des propositions
36:47avec Mme Binet,
36:47mais ça, ce n'est pas anormal.
36:50Elle a une vision de la société
36:51qui est la sienne.
36:52C'est important d'avoir
36:53un débat avec les partenaires sociaux.
36:56Une vision de la société
36:56qui est la sienne, c'est-à-dire ?
36:58On connaît ses opinions,
37:00Mme Binet.
37:01Par rapport aux entreprises,
37:02elle est tout à fait favorable.
37:03L'augmentation du SMIC,
37:05ADN à O imposée par l'État.
37:06Vous avez une vision
37:08communisante un peu,
37:09gauche radicale ?
37:11Je n'ai pas là pour commenter
37:13les orientations de Mme Binet.
37:15Je pense que tout le monde
37:16les connaît, la CGT.
37:17On voit où est-ce qu'elle est située.
37:18Je trouve la capacité
37:19à échanger sur ces sujets
37:20et à exprimer
37:21des points de vue différents
37:21est déjà importante.
37:23Déjà, on s'écoute,
37:24on se respecte.
37:24C'est tellement important.
37:25Le pays est tellement
37:26face à des difficultés
37:27que le pire,
37:28c'est qu'en plus,
37:28on ne se parle pas.
37:29Parce que ça va finir
37:30en guerre civile
37:30à force de ne pas se parler.
37:31Déjà, on se parle.
37:32On craigne ça ?
37:33Faire attention.
37:34Le retour des gilets jaunes ?
37:35Il faut faire attention.
37:36En tout cas,
37:38encourager le non-dialogue,
37:39voire les oppositions,
37:39voire les affrontements,
37:40il ne faut pas rajouter ça
37:41par-dessus des difficultés.
37:43Déjà, se comprendre.
37:44Il y a des petits points
37:44d'intersection de temps en temps.
37:45Ce n'est pas impossible.
37:46Il y a le court terme,
37:47il y a le long terme.
37:48Par exemple,
37:49je vais vous donner
37:49un point de convergence.
37:51Moi, j'ai appris
37:51que dans certaines villes,
37:52les maires s'attaquaient
37:53aux bourses du travail.
37:54Les bourses du travail,
37:55c'est utile.
37:56C'est des lieux
37:57où les syndicats se réunissent
37:58pour faire leur travail
37:59de syndicalistes.
38:00Moi, je respecte le syndicalisme.
38:01Je ne suis pas d'accord.
38:02Et donc, je vais lancer une mission
38:03pour faire le point
38:04sur ces bourses du travail
38:04parce que je trouve
38:05qu'il faut des lieux de dialogue.
38:07Pour que les dialogues existent,
38:08il faut des lieux de dialogue.
38:09Vous ne les citez pas,
38:10c'est des mairies RN.
38:11C'est souvent des mairies RN,
38:13effectivement.
38:13Et ce qui prouve d'ailleurs
38:14que le RN n'a pas
38:15les mêmes conceptions que moi
38:16en matière de dialogue social
38:17et de démocratie sociale.
38:19Dans le débat actuel
38:20sur la campagne présidentielle,
38:22il y a une mesure
38:22qui a été mise sur la table
38:24par Édouard Philippe,
38:25mais qui est aussi, je crois,
38:26une des mesures
38:26que préconise Gabriel Attal,
38:28c'est de réduire
38:29la durée d'indemnisation
38:30du chômage,
38:30de la ramener à un an,
38:32donc de la raccourcir beaucoup.
38:34Pour vous,
38:34c'est une bonne idée ?
38:36Moi, je vais vous répondre
38:37avec mon vécu.
38:37C'est pareil.
38:38Moi, je viens de faire
38:38une réforme sur le chômage
38:39parce que tout le monde
38:40en parle, là encore.
38:41Une réforme ne vaut
38:41que c'est l'acceptable
38:42et acceptée.
38:43Et des réformes
38:44qui sont restées en l'air
38:45ou qui ont fait beaucoup de bruit
38:46sans qu'elles aboutissent,
38:47il y en a plein des armoires.
38:49Bon, moi, j'en ai fait une.
38:50J'ai fait gagner
38:50un milliard d'euros
38:51à une édic,
38:52c'est qu'un parent.
38:53Ça commence à être considérable
38:54quand même,
38:54c'est pas des petits sous.
38:55Bon, et comment j'ai fait ?
38:57Ma méthode Farandou,
38:58j'ai demandé,
38:59et je leur ai écrit
38:59aux partenaires sociaux
39:00en disant
39:01c'est en déséquilibre,
39:02il faut trouver l'argent.
39:03Ils l'ont fait.
39:03Ils se sont mis autour de la table,
39:04ils l'ont trouvé.
39:05Voilà.
39:05Donc, je pense que
39:06c'est ce sujet-là, là encore,
39:08attention aux déclarations.
39:10Il y a des réalités sociales
39:11qui sont derrière.
39:12C'est une déclaration,
39:13mais une proposition.
39:14Réduire la durée du chômage
39:15pour favoriser le retour à l'emploi,
39:17bonne ou mauvaise idée ?
39:18Au moment où le chômage
39:20a plutôt tendance à augmenter,
39:22on est sur un sujet sensible.
39:23Je préférerais, moi,
39:24à me concentrer
39:25sur comment réduire le chômage.
39:26Vous voyez ?
39:27Ça, c'est important.
39:28Ce qui renvoie à l'économique,
39:29d'ailleurs,
39:29parce que le facteur 1 du chômage,
39:31c'est le développement économique
39:32ou l'absence de développement économique.
39:33Est-ce que ce n'est pas
39:34réduire les aides ?
39:34Justement, c'est la question de Stéphane.
39:36Est-ce qu'aujourd'hui,
39:37au lieu de 18 mois,
39:37on fait un an ?
39:38Est-ce que, par exemple,
39:39je recevais l'autre jour
39:40un chef d'entreprise
39:41qui me disait
39:41« Moi, je trouve que
39:43pour les moins de 30 ans,
39:45le chômage, c'est 3 mois.
39:46Parce que sinon,
39:47on reste, on végète,
39:49on ne va pas chercher du boulot,
39:51on reste devant Netflix.
39:52Qu'est-ce que vous en pensez,
39:53par exemple ? »
39:53Moi, je pense que
39:54c'est une partie du débat.
39:55Mais moi, le débat qui m'intéresse,
39:56c'est l'insertion,
39:57c'est la formation,
39:58c'est comment on donne
39:58des compétences aux gens.
39:59Parce que le marché du travail,
40:01ça serait trop simple
40:01si vous aviez une offre d'emploi,
40:03une demande d'emploi,
40:04ça matche.
40:04Non, ça, oui,
40:05mais on ne fait pas tout ça.
40:06Il faut amener,
40:07il faut accompagner les gens,
40:08il faut leur donner des formations,
40:09il faut leur donner des compétences.
40:10Ça, ça coûte de l'argent aussi.
40:11Ça coûte de l'argent.
40:11C'est ce qu'on fait avec France Travail.
40:13On a une superbe agence.
40:14Certains aussi veulent s'attaquer aux agences,
40:15je ne sais pas lesquelles d'ailleurs.
40:16Oui, mais peut-être pas France Travail.
40:17Ah ben France Travail,
40:18je ne recommande pas qu'on s'attaque.
40:18Vous ne reconnaîtrez que
40:19dans les 770 agences,
40:20il y en a peut-être certaines...
40:21Moi, je vous parle de celles que je connais.
40:22France Travail, c'est une agence
40:23qui marche très bien.
40:25Effectivement, c'est le métier qu'elle fait.
40:26Donc voilà, dans le chômage,
40:27c'est une réalité complexe.
40:28Là encore, je me méfie du caractère
40:29parfois un peu simplifié des propositions.
40:31Moi, je suis une personne posée, réfléchie,
40:34qui regarde les sujets dans tous les bouts.
40:35Et c'est systémique tout ça en plus.
40:37Vous prenez un élément,
40:38vous ne parlez pas du reste.
40:39Moi, ce qui m'intéresse,
40:40c'est l'ensemble et la vision d'ensemble.
40:41Quand vous voyez la course à la présidentielle,
40:42est-ce qu'il y a un candidat
40:43qui vous intéresse,
40:45que vous écoutez davantage qu'un autre ?
40:47Je vais vous dire ce qui ne m'intéresse pas.
40:48Ça, c'est clair.
40:49Allez-y.
40:49Madame Le Pen, M. Mélenchon.
40:51Pourquoi ?
40:51Je ne souhaite pas qu'il soit président de la République
40:53pour des questions de valeur
40:54et d'impact économique.
40:55Pour les deux, c'est très mauvais.
41:03L'antisémitisme des uns,
41:05des propos focalisant sur l'immigration de l'autre.
41:09Vous mettez ça sur le même étagère ?
41:13Vous mettez l'antisémitisme et des propos,
41:15des réflexions sur l'immigration sur le même étagère.
41:17J'ouvre ces débats.
41:18En tout cas, moi, j'ai du mal à m'y reconnaître.
41:20L'antisémitisme, c'est un délit.
41:22Oui, c'est un délit.
41:23Le fait de parler d'immigration,
41:24c'est pas un délit.
41:26Non, c'est pas un délit.
41:28Mais je ne parle pas, je ne parle pas,
41:29je ne parle pas, je ne parle pas,
41:30je parle d'hôpitalien.
41:31Non, mais on parle librement,
41:31je parle d'opinion et de valeurs.
41:32Je ne suis pas juge,
41:33je ne suis pas sur le domaine de la justice.
41:34Moi, je suis sur le domaine des valeurs.
41:35Je suis républicain, je suis européen.
41:37Mais Mélenchon plus Le Pen en matière d'électeur,
41:39ça fait à peu près 45% des gens.
41:40Est-ce que 45% des Français
41:42sont tentés par l'antirépublicanisme ?
41:43Je suis européen,
41:43mais il me semble que Mme Le Pen
41:44a une drôle manière d'être européenne
41:46et M. Mélenchon, pareil.
41:48Moi, je suis pour m'opposer à M. Poutine.
41:50Je ne suis pas sûr qu'on REN
41:52en soit d'accord.
41:53Vous êtes républicain.
41:54Donc, vraiment, en termes
41:56de valeurs fondamentales politiques,
41:58je ne suis pas de ce moment-là.
41:59Et les programmes économiques,
42:01des retraites, je ne sais pas,
42:03sauf si tout à coup,
42:03vous changez quand même d'avis,
42:04vous trouvez ça très bien
42:05de partir à 60 ans, 62 ans.
42:07Je n'avais pas compris
42:07que c'était votre position.
42:09Attendez, nous, on n'a pas de position,
42:10on n'est pas responsable politique.
42:11Non, mais d'accord,
42:12si vous êtes cohérent,
42:14vous comprendrez bien
42:14que je ne souhaite pas
42:15que Mme Le Pen soit président de la France.
42:17Je ne suis pas responsable politique
42:17et je vous pose des questions.
42:18Non, mais je vous réponds,
42:19je ne souhaite pas
42:19que Mme Le Pen soit président de la France.
42:21Je ne souhaite pas
42:21que M. Mélenchon soit président de la France.
42:23Je voudrais comprendre votre raisonnement.
42:24Environ, Mélenchon,
42:25c'est quoi, 13-14 %
42:26dans les sondages quelques fois,
42:27Le Pen, plus de 30,
42:29disons 45 %.
42:30Il en reste 55 %.
42:3245 % des Français
42:33seraient tentés
42:34par un vote anti-républicain.
42:35Vous êtes devant un peuple factieux.
42:37Non, je ne dis pas ça.
42:38Je pense qu'ils sont tentés
42:39par un vote dégagiste.
42:40Moi, je vais vous dire
42:40ce que je pense.
42:41OK, mais qui est à voter
42:43pour des anti-républicains?
42:46Il faut qu'on dire...
42:47Moi, je respecte les Français.
42:48Même les anti-républicains?
42:51Je suis votre raisonnement.
42:53Non, mais l'essentiel,
42:54par exemple,
42:55l'électorat de Mme Le Pen,
42:56c'est 35 % à peu près.
42:57Oui, ça fait moins, oui.
42:59Il y a deux ans,
43:00la plupart sont républicains,
43:02bien évidemment.
43:03Mais leurs représentants
43:04ne sont pas.
43:05Leur motivation profonde,
43:07vous allez dire?
43:08Leur motivation profonde,
43:09c'est un mécontentement
43:10qui s'exprime
43:10par rapport à ce qui se passe
43:11dans leur pays.
43:12Ils en ont le droit, ça.
43:13Notamment l'immigration?
43:14Ça peut être une des composantes.
43:15Pour moi,
43:16ce n'est pas le bouc émissaire
43:16de tous nos...
43:18de tous nos problèmes.
43:19En fait, c'est un peu lié à ça.
43:20Moi, je ne désespère pas
43:21de dialoguer avec ces gens-là.
43:22Et je dialogue avec ces gens-là.
43:24Ils sont 35 %.
43:25Et avec leurs représentants?
43:27Leur représentant,
43:27moi, je suis ministre de la France.
43:29Donc moi,
43:29quelqu'un qui représente les Français,
43:31je lui parle.
43:32Parce qu'il représente les Français.
43:33Mais dans une circonscription des députés,
43:35il n'y a pas que des gens
43:36du Rassemblement National
43:37à la circonscription.
43:37Et même ceux du Rassemblement National,
43:39c'est des Français comme les autres.
43:40Il faut que je m'en occupe.
43:41Que dire des territoires?
43:42Le Rassemblement National
43:43est très implanté dans les territoires.
43:44Mais moi, je me soucie de ces territoires.
43:46Bien évidemment.
43:47Donc c'est une opposition.
43:48Si c'est une suggestion
43:48de votre question,
43:49il faut être très net.
43:50Je suis contre les idées,
43:52voire les valeurs,
43:52portées aussi bien d'ailleurs
43:54par LFI
43:55que le Rassemblement National.
43:56Mais après,
43:56il y a des Français
43:58qui se retrouvent dans ces idées-là.
43:59Et vous les respectez.
44:00Mais je les respecte.
44:01Une dernière question,
44:01Jean-Pierre Ferrandou.
44:02Est-ce que vous êtes suffisamment payé?
44:05Vous êtes taquin, là.
44:07Non, puisque le Premier ministre
44:09veut baisser les salaires
44:10des millions.
44:10Non, mais il faut le prendre
44:12comme vous le reliez.
44:15On va demander des efforts aux Français.
44:17Mais il n'est pas normal
44:18qu'on montre l'exemple.
44:19Voilà, donc je sais bien.
44:20Je crois que c'est 400 000 euros d'économie.
44:21Ce n'est pas ça
44:22qui va sauver la France.
44:22465 000.
44:23465 000.
44:23Ce n'est pas un peu dévago ?
44:25Non, parce que c'est symbolique.
44:26Dire, écoutez,
44:27on demande des efforts aux Français,
44:28on se les applique à nous-mêmes,
44:30à titre personnel.
44:31Vous dites oui.
44:32Mais c'est les salaires,
44:32Vous n'êtes pas là pour l'argent, en fait.
44:34Vous êtes là pour donner un coup de main.
44:36Comment est-ce que vous diriez ça ?
44:37Oui, je pense que je sois modestement et humblement.
44:40C'est pour ça que j'ai dit oui.
44:41Parce que vous savez,
44:41moi j'avais une retraite sympathique
44:42qui se dessinait.
44:43J'aurais pu vaquer à d'autres occupations.
44:46J'essaye d'être le plus utile possible
44:49à mon pays,
44:49dans des circonstances difficiles.
44:50Merci.
44:51Et de poser les bases
44:51d'un redressement du pays
44:52parce qu'on peut redresser ce pays.
44:54Ah, on croirait même
44:55que vous êtes en campagne.
44:57Presque.
44:58J'ai aimé des convictions
44:59et que j'ai envie d'animer.
45:00Un autre candidat à la présidentielle.
45:02Merci beaucoup Jean-Pierre Farandou.
45:03Très bon dimanche à tous.
Commentaires

Recommandations