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Grégoire Daubigny, directeur des relations institutionnelles de l'OID : «Aujourd'hui, vous avez un habitant sur 100, en France, qui est un bénéficiaire de l'asile».

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Transcription
00:00Exactement. Vous avez eu en 2025 à peu près 115 000 demandes d'asile qui ont été enregistrées.
00:06Le taux d'acceptation est d'à peu près d'un sur deux.
00:09Donc on peut objecter qu'une partie de ces demandeurs ne sont pas acceptés.
00:14Le problème, c'est que comme vous l'avez souligné, il n'y a pas d'éloignement des déboutés de
00:18droit d'asile.
00:19Vous avez un rapport très intéressant de la sénatrice Marie-Carol Chuntou qui explique que sur les six dernières années,
00:24vous n'avez que 5% des déboutés de l'asile qui ont effectivement été éloignés.
00:28Donc c'est deux fois moins que les OQTF.
00:31Ce qui fait que vous avez finalement un canal d'immigration aujourd'hui à part entière.
00:36Ces déboutés finissent bien souvent par être régularisés pour des motifs familiaux, pour des motifs économiques.
00:41Vous avez une dizaine de dispositifs de régularisation qui existent aujourd'hui en France.
00:46Vous avez, d'après les chiffres de la DGF, deux fois plus de chances d'être régularisés que de faire
00:50l'objet d'un éloignement forcé.
00:53Donc nous avons créé nous-mêmes les conditions finalement de cette impuissance.
00:56Et vous avez aujourd'hui un nombre de bénéficiaires de l'asile qui explose dans notre pays.
01:02Il y a aujourd'hui 738 bénéficiaires de l'asile.
01:04Ça a été multiplié par 3 en 10 ans.
01:07Et finalement, aujourd'hui, vous avez un habitant sur 100 en France qui est un bénéficiaire de l'asile.
01:10Donc vous me dites 5% seulement des déboutés du droit d'asile finissent par quitter le territoire.
01:15C'est bien ça ?
01:17Exactement.
01:18C'est incroyable.
01:19Mais quand on entend ça, c'est incroyable.
01:20On se dit que finalement, les demandes d'asile sont la porte pour l'immigration clandestine dans notre pays.
01:28L'une des portes, puisqu'il y en a effectivement plusieurs.
01:31D'ailleurs, une question.
01:32D'où viennent principalement les demandeurs d'asile qui viennent en France ?
01:38Alors, vous avez aujourd'hui, les Ukrainiens sont artificiellement en tête.
01:42Artificiellement, pourquoi ?
01:43Parce qu'ils étaient déjà bien souvent sur le territoire national du fait d'un autre dispositif,
01:48qui est la protection temporaire.
01:51Mais ces Ukrainiens, comme l'OFRA nous l'explique,
01:56anticipent la levée de cette protection et aujourd'hui se rabattent sur l'asile de droit commun.
02:00Donc ils sont déjà sur le territoire, mais ils deviennent en tête des demandes d'asile.
02:03Vous avez ensuite les Afghans qui ont été très longtemps en tête.
02:08Et finalement, l'asile, aujourd'hui, permet de faire émerger des diasporas étrangères entières
02:14qui n'étaient pas présentes sur le sol français.
02:16Je vous prends l'exemple des Allemands, des Afghans, pardon.
02:19Il y avait en 2006 à peu près 1 600 Afghans.
02:22Aujourd'hui, nous avons plus de 100 000 Afghans sur le territoire national.
02:25Et ça pose des problèmes vertigineux d'intégration.
02:27Vous avez un rapport du Pure Research Center qui explique, par exemple,
02:30que 99 % des Afghans soutiennent la charrière.
02:33Donc on voit qu'il y a un fossé culturel majeur pour l'intégration de ces personnes sur le territoire
02:39national.
02:41Ensuite, vous avez aussi les ressortissants de la République démocratique du Congo
02:45qui viennent en troisième position.
02:47Là aussi, on prend une guerre civile.
02:49Donc tout ça pose des défis vertigineux d'intégration.
02:52Et comme je l'ai expliqué, il n'y a pas de limite quantitative au droit d'asile.
02:57Dès lors que vous remplissez les critères, dès lors que vous démontrez faire l'objet d'un risque de persécution,
03:01vous avez droit à l'asile en France.
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