00:00Bruno Retailleau, lui, propose de travailler chaque jour une demi-heure de plus.
00:06Est-ce que c'est une bonne piste selon vous ?
00:08Travailler davantage tous les jours ?
00:10Travailler davantage une demi-heure par jour pour gagner en croissance, pour gagner en compétitivité.
00:13Ça fait 38 heures, ça fait 38 heures.
00:14Ça fait 38 heures, au lieu de 35 heures.
00:16Il faut travailler plus pour gagner plus.
00:17Et il paye combien ?
00:18Ah bah...
00:19Je ne sais pas, je le demande.
00:20Le travail doit payer, c'est son argument aussi.
00:22Bruno Retailleau, il la paye cette heure, il ne la paye pas, il fait quoi ?
00:25Vous pensez que c'est gratuit ?
00:26Je ne sais pas, non, non, mais c'est pour...
00:27S'il dit qu'on gagne plus, théoriquement, c'est qu'il les payait plus.
00:30D'accord, ok.
00:30Non, mais je dis ça parce que moi, je ne suis pas M. Retailleau,
00:32donc je voudrais comprendre là aussi la proposition complète de M. Retailleau.
00:35J'espère que vous suivez les propositions de M. Retailleau.
00:37Je les suis toutes, bien évidemment, mais parfois elles sont rapides et j'ai besoin de les préciser.
00:41Non, mais ça remonte en 2007.
00:42C'est presque un vieux slogan de droite, travailler plus pour gagner plus.
00:45Ça a été les heures suples, ça.
00:45Ça a été les heures suples.
00:46Vous travaillerez davantage ?
00:47C'était le slogan de Nicolas Sarkozy.
00:49Ça a fait beaucoup sur les heures suples.
00:50Alors, la question de travailler plus est fondamentale.
00:52On ne travaille pas suffisamment dans ce pays.
00:55Là-dessus, vous êtes d'accord ?
00:55Ah oui, sur là-dessus, je suis complètement d'accord.
00:57Donc, on n'aurait jamais dû suspendre la réforme des retraites, selon vous ?
01:01Ça, par contre, je suis d'accord qu'il fallait le faire.
01:02Vous voyez, c'est pas...
01:03Ah oui, alors vous allez nous expliquer, parce que c'est paradoxal.
01:05C'est un peu contradictoire, on l'a quand même.
01:07On y va par étapes ou pas ?
01:09Bon, le travail, après la suspension de la réforme des retraites.
01:11Ah, je commencerai d'abord.
01:12Pourquoi est-ce que c'était intéressant de la suspension ?
01:15Oui.
01:15OK, très bien.
01:17La suspension, il y a une raison de fond, c'est que, quand même,
01:21vous avez quand même énormément de Français qui...
01:24On parlait d'adhésion des Français qui n'adhéraient pas à cette idée-là.
01:26Et on ne s'est pas posé la question pourquoi.
01:27Pourquoi c'était si compliqué que ça pour les Français ?
01:29À l'idée de travailler deux ans de plus.
01:31Et moi, je trouve que ce sujet-là, il fallait le travailler, et je l'ai travaillé.
01:34J'ai lancé une conférence sociale qui s'appelle Travail-emploi-retraite,
01:37où on s'est dit, avant de parler des retraites, on va parler des retraites.
01:39Bref, parlons de ces 40 ans, ces 42 ans dans l'entreprise.
01:42Et là-dessus, il y a des choses à faire.
01:44Conditions de travail, rémunération, relations au management,
01:47la place des femmes, la place des jeunes, la place des seniors.
01:49Il y a énormément de choses à faire qui vont permettre de travailler davantage.
01:52Je pense aux femmes, je pense aux jeunes, je pense aux seniors.
01:55Et plus on travaille, plus, effectivement, par les cotisations, on arrange le système.
01:58Donc déjà, n'oublions pas cette partie-là.
02:00La partie amont, elle est fondamentale.
02:01Plus on aura des Français au travail, plus on allègera, quand même,
02:04le sujet financier et l'enjeu financier.
02:06Et ça, on est passé un peu vite.
02:07Deuxièmement, oui, il y a un enjeu politique.
02:08Alors après, on peut le critiquer, bien évidemment.
02:11C'est le Premier ministre, en fait, je pense qu'il ne sera pas gêné que je lui attribue,
02:14à penser que la stabilité valait cet effort.
02:18La stabilité, ça veut dire l'équilibre politique, parce que sinon, ça valait censure.
02:21Non, c'est pour une stabilité bien relative.
02:22Ça valait censure.
02:23C'était simplement pour faire voter le budget.
02:26C'est ça, mais c'est pour tant faire voter le budget.
02:27Vous savez que l'absence de budget, c'est 15 milliards d'euros de dépenses supplémentaires pour le pays.
02:30C'est quand même tous les marchés.
02:31Et on était l'année dernière, imaginez d'ailleurs, maintenant, on parlera peut-être du budget pour l'année prochaine.
02:35C'est un choix politique qui peut être critiqué.
02:38Mais la référence est suspendue.
02:39Sous-titrage Société Radio-Canada
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