00:00Europe 1 Soir, 18h-20h, Hélène Roué.
00:04Toujours avec mes débatteurs Éric Tecner et Vincent Roy.
00:07Alors on va continuer d'ouvrir cette page politique et je voudrais qu'on parle d'Edouard Philippe.
00:12Éric Tecner, Vincent Roy, est-ce qu'il n'est pas le temps de prendre des vacances finalement ?
00:16Cet été a été tellement chargé qu'il faudrait se réarrêter.
00:19C'est cette sortie assez lunaire d'Edouard Philippe, candidat à Horizon à la présidentielle.
00:24Il suggère de repousser l'investiture du nouveau président de la République de mai à septembre.
00:29L'objectif, ce serait de décompresser après la campagne électorale
00:32et de prendre le temps de constituer son équipe et je vous propose de l'écouter.
00:36Moi j'adorerais un système dans lequel le président est élu en mai et il prend ses fonctions en septembre.
00:41Et entre mai et septembre, il a le temps 1 de se reposer,
00:44de décompresser après une élection présidentielle qui est hyper usante, hyper fatigante.
00:49Je ne dis pas qu'il doit prendre 3 mois de vacances,
00:51mais franchement, une semaine, ça ne fait pas de mal.
00:53Deux semaines, ça ne fait pas de mal avant de repartir.
00:56Éric Tecner, je vous vois aussi les yeux au ciel.
00:58C'était dans le podcast de l'entrepreneur Pauline Légnot.
01:01Ça a été mis en ligne il y a quelques jours dans un grand entretien avec Edouard Philippe.
01:05Et c'est à la 32e minute où il sort cette sortie absolument dingue.
01:08Il dit aussi que l'idée de dire qu'un président de la République,
01:11il lui le dimanche, prend ses fonctions la semaine qui suit,
01:13il trouve que c'est assez complètement crétin.
01:15Et alors jeudi soir, évidemment, la polémique monte.
01:17Donc jeudi soir sur ses réseaux sociaux, Edouard Philippe a choisi de réagir.
01:21Et il dit découper une minute de raisonnement pour conserver quelques secondes
01:24qui lui font dire l'inverse de sa conclusion.
01:26C'est une drôle de conception du débat public.
01:28Le passage complet est en ligne, il suffit de l'écouter.
01:31Donc j'invite également les auditeurs d'Europe 1 s'ils le souhaitent.
01:33C'est à la 32e minute de ce podcast.
01:35Vous ferez votre avis.
01:36Mais en tout cas, nous, on a fait le nôtre.
01:38Éric Tecner, comment vous réagissez ?
01:40Et surtout qu'en plus, Edouard Philippe, cet été, n'était pas vraiment présent sur le terrain.
01:43Ah ben c'est certain, Edouard Philippe, c'est simple, ça fait à peu près 6 ans qu'il est
01:47en vacances.
01:47C'est-à-dire que depuis qu'il n'est plus Premier ministre, depuis qu'il n'est plus à
01:50Matignon,
01:51eh bien il est dans une stratégie du recul, vous savez, à chaque fois de cette fameuse hauteur
01:55pour essayer de montrer aux Français, eh bien qu'il va pouvoir réformer le pays.
01:58Donc il est reposé depuis très longtemps.
02:00Et j'ai même envie de dire, sur la préparation, ça fait 10 ans qu'ils sont au pouvoir.
02:04Donc ça paraît lunaire.
02:05Et effectivement, Edouard Philippe, il incarne cette stratégie de la tortue.
02:08C'est-à-dire qu'il est véritablement dans la jupéisation jusqu'au bout.
02:12C'est-à-dire qu'il ne fera rien.
02:13C'est intéressant de voir ce bloc central qui, dans une semaine, nous a quand même surpris.
02:17Il y a Bruno Le Maire qui veut envoyer les enfants à la maternelle dès l'âge de 1 an.
02:20On a maintenant Edouard Philippe qui dit qu'à l'heure, on est sur un modèle quand même
02:23où il y a une crise financière qui pointe devant.
02:25On a besoin, s'il y a un président, on a besoin de rectifier le budget tout de suite.
02:28Ben non, il n'y a pas de problème.
02:29Pendant 3-4 mois, on va continuer finalement à laisser les comptes publics dériver,
02:33à laisser une politique socialiste dériver.
02:35Ça ne pose absolument aucun problème.
02:37Ça montre à quel point, en fait, on a des hommes politiques aujourd'hui
02:39qui ne sont que dans la jouissance de l'accès au pouvoir
02:42et non dans le véritable exercice du pouvoir.
02:45Si à un moment, vous êtes préparé à cette fonction suprême,
02:48vous devez avoir envie d'être à l'Élysée le lendemain même
02:51pour mettre en place les réformes.
02:53C'est ça qui me sidère.
02:53C'est-à-dire qu'on est la seule élite politique en France
02:56qui rêve et qui se bat pour être numéro 1 président de la République.
03:00Et une fois qu'ils le sont, ils n'en font rien.
03:02Et surtout, Vincent Roy, ils sont où les conseillers en communication ?
03:05Ça paraît tellement évident quand on regarde encore les chiffres de Bercy
03:08qui sont sortis ce matin.
03:09La France est au bord de l'abîme.
03:11Et vous avez un candidat à l'élection présidentielle
03:13qui vous explique que, ouais, il faut quand même se reposer après une campagne.
03:17Ça paraît fou alors qu'il n'y a plus rien qui va dans le pays.
03:19Ben justement, je crois que les conseillers en communication sont à l'œuvre
03:23et que trop de communication tue la communication.
03:25Vous avez un exemple parfait.
03:26Là, on a dû, je ne sais pas, lui conseiller de dire ça.
03:29Mais on est totalement, on se retrouve en absurdis.
03:32Bon, alors, la vraie question, c'est que va-t-il rester d'Édouard Philippe
03:37dans deux mois, par exemple ?
03:39À mon avis, pas grand-chose.
03:40Moi, j'ai une annonce à vous faire.
03:41Moi, je crois que M. Attal va se ranger tranquillement sur le côté
03:45parce qu'on va quand même lui conseiller très fortement
03:47que M. Édouard Philippe va baisser
03:50et qu'une place au centre va se trouver béante.
03:54À vous penser.
03:55Et que là, à ce moment-là, comme par magie,
03:58on va nous sortir un homme miraculeux
04:01qui affronte les situations,
04:03qui les a affrontées,
04:05qui a la carrure,
04:06qui se présente lui-même comme une sorte de moine soldat
04:09et qui s'appelle M. Lecornu.
04:11C'est votre théorie, donc ?
04:12Je crois que le centre risque d'être occupé
04:15par quelqu'un qu'on va sortir du chapeau.
04:17Mais qu'on va sortir du chapeau, attendez, il existe déjà.
04:20Quand je dis sortir du chapeau politiquement,
04:22comme voilà, il a été Premier ministre,
04:23il va dire, j'ai affronté des situations,
04:26regardez, je suis courageux,
04:28je suis capable de négocier,
04:30je suis le meilleur.
04:31Il n'a pas totalement gouverné
04:33comme c'est le cas pour M. Édouard Philippe.
04:35Il a géré une situation de crise.
04:37Il va montrer qu'il l'a très bien gérée,
04:39il va sortir du chapeau et on va dire,
04:41tiens, voilà un candidat possible,
04:42M. Lecornu,
04:43qui, au centre, devrait, à mon sens,
04:46mettre tout le monde d'accord.
04:47Écoutez, c'est une théorie qui se tient,
04:49on vous réinvitera évidemment, Vincent Roy,
04:50pour voir si vous avez raison.
04:52Il faut bien tenter des choses.
04:53En tout cas, ce qui est sûr,
04:55c'est que Gabriel Attal, lui,
04:56il a évidemment pris le contre-pied,
04:57il dit qu'il n'a pas une minute à perdre.
04:59Éric Tecter, moi, ma question,
05:00elle est très simple.
05:01Est-ce que vous pensez que ce genre de réflexion,
05:03ça peut peser sur la campagne d'Édouard Philippe ?
05:05Est-ce que Gabriel Attal pourrait réussir
05:07à inverser la tendance en justement
05:09prenant le contre-pied de cette sortie lunaire ?
05:11Mais oui, parce qu'en fait, cette déclaration,
05:13elle s'inscrit dans une logique d'Édouard Philippe
05:15qui, en effet, n'a rien fait cet été,
05:17qui ne cesse de repousser également
05:19la publication de son programme
05:20et qui incarne finalement, pardonnez-moi,
05:22mais le retour du roi fainéant.
05:24C'est-à-dire que moi, je pensais
05:24que le roi fainéant, c'était des siècles.
05:26C'est cette époque où, finalement,
05:28une partie du peuple français en avait marre parfois
05:29de se dire que leur roi ne faisait rien,
05:32n'était qu'un joueur.
05:33C'est le retour avec Édouard Philippe, voilà.
05:35C'est-à-dire qu'on va s'attendre,
05:36si jamais il est élu,
05:37à quelque chose, mais qui va sidérer les Français
05:39où il sera bien dans ses palais dorés.
05:41Il dira, il faut prendre le temps, etc.
05:44Sauf pour les augmentations d'impôts,
05:45les augmentations de taxes.
05:46En revanche, concernant Gabriel Attal,
05:48ça ne veut pas dire qu'il a une bonne communication.
05:49On en a déjà parlé.
05:51Il nous explique qu'il va faire 1000 bistrots
05:53alors qu'il reste 222 jours
05:55d'ici l'élection présidentielle.
05:56Ça fait beaucoup de bistrots.
05:56Ça veut dire qu'il doit faire 4 bistrots par jour.
05:58Il est déjà en retard.
05:59Donc, en fait, tout ça cherche de toute façon
06:01à faire en sorte de combler le vide abyssal
06:04de la part du bloc central.
06:06Mais ça permet au moins de ne pas parler de leur échec.
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