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Retrouvez le replay de Hammett Week-end sur BFMTV.
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00:00Faut-il s'attendre à un grand retour des gilets jaunes ?
00:03Une date circule sur les réseaux sociaux, c'est le 17 octobre.
00:06Les appels à manifester se multiplient en cause.
00:08La vie chère, le prix des carburants, du gaz qui explose.
00:12Et au même moment, un gouvernement qui rappelle l'impérieuse nécessité d'adopter un budget
00:17alors que les prévisions de croissance ont été revues à la baisse.
00:20Je vous propose d'écouter Jordan Bardella qui dénonce l'impuissance du gouvernement
00:24face à la baisse du pouvoir d'achat.
00:25Il réclame à nouveau une baisse de la fiscalité sur le carburant.
00:30C'est surtout un aveu d'échec et d'impuissance de la part du gouvernement
00:33qui est un bras d'honneur aux millions de Français qui travaillent
00:37et qui ont besoin de leur véhicule.
00:39Et nous continuons de réclamer une baisse de la fiscalité
00:42comme l'ont fait tous les pays européens autour de nous, tous nos partenaires européens.
00:46Je vous rappelle qu'il y a 60% de taxes sur les carburants
00:49et que si nous abaissons la TVA de 20% à 5,5%
00:53et que nous annulons les hausses de fiscalité qui ont été mises en œuvre
00:57sur le dernier mandat d'Emmanuel Macron,
00:59notamment par Édouard Philippe,
01:00eh bien c'est 20 euros que nous rendons immédiatement
01:02pour un plein de 40 litres à nos compatriotes.
01:05Pour en parler autour de la table, Thierry Paul Vallette,
01:08ancien membre du mouvement des Gilets jaunes.
01:10Bonjour et bienvenue.
01:11Gaëtan Mélin du service Société et Économie de BFM TV
01:16et Antoine Oberdorff, journaliste politique à l'Opinion.
01:20Bonjour à tous les trois.
01:22Antoine Oberdorff, j'ai commencé par vous.
01:24Est-ce que c'est pas un peu simpliste cette vision de Jordan Bardella
01:29qui dit « finalement le gouvernement a les moyens, mais il ne le fait pas »
01:32et donc il fait un bras d'honneur aux Français ?
01:34C'est simpliste et pas qu'un peu.
01:35C'est-à-dire que Jordan Bardella, il faudrait qu'il présente la facture aussi,
01:37qu'il nous dise de combien de recettes fiscales il veut priver le budget de l'État.
01:43parce qu'effectivement que le gouvernement soit à court de marge de manœuvre,
01:47qu'il n'ait que des mauvaises nouvelles à annoncer aux Français,
01:50qu'il cherche au fond qui c'est qui va trinquer,
01:53est-ce que ce sont des niches fiscales pour les plus fortunés,
01:56des retraités, les automobilistes,
01:58ça qu'il soit à court de marge de manœuvre, on en convient tous.
02:01Simplement, on ne peut pas à la fois se prévaloir,
02:03comme on entend le faire visiblement Jordan Bardella
02:05qui est censé être la jambe libérale de Marine Le Pen,
02:08ou peut-être la jambe un peu plus faible en ce moment,
02:11on ne peut pas se prévaloir de la bonne gestion des comptes publics,
02:13et en même temps, priver l'État dans un moment
02:16où on ne parvient même pas à atteindre notre cible,
02:19la cible qu'on s'était fixée, pas celle de la Commission européenne,
02:22de 5% de déficit, le priver encore un petit peu plus de recettes fiscales.
02:26Thierry Paul Vallette, c'est l'idée que l'État s'en mettrait plein les poches ?
02:29Oui, ça c'est une idée qui est assez populiste,
02:32et puis il faut comprendre que là on est quand même...
02:35Vous ne partagez pas cette idée ?
02:36Non, pas du tout, et moi je vais vous faire un aveu,
02:39je ne suis plus un militant, maintenant j'analyse les mouvements sociaux,
02:41je suis passé à autre chose.
02:42Mais moi je ne suis pas pour un retour du mouvement des Gilets jaunes,
02:45je n'ai certainement pas envie de revivre ce qu'on a vécu en novembre 2018,
02:50on a vu le carnage que ça a été,
02:52et l'impasse politique, sociale et citoyenne que ça a été.
02:55Je n'ai pas envie de le revivre.
02:56Et si vraiment ce mouvement devait revenir,
03:00ce serait dramatique, pire, voire même des morts.
03:03Moi je ne veux pas ça.
03:04Il y a une élection présidentielle qui...
03:05Pourquoi ça serait encore pire selon vous ?
03:07Parce qu'aujourd'hui la société s'est cristallisée encore plus qu'il y a 8 ans.
03:13On le voit sur les réseaux sociaux,
03:14on l'a vu d'un point de vue,
03:15on le voit au niveau des partis,
03:17on le voit au niveau des gens qui sont désabusés.
03:19Il y a une colère qui est sociale,
03:21une colère citoyenne qui est réelle.
03:22Et Thierry Paul-Vollette,
03:23comment est-ce que vous expliquez évidemment là ?
03:25La colère sociale ne suit pas une progression linéaire
03:27en fonction des prix à la pompe.
03:28Mais néanmoins quand on regarde les prix à la pompe
03:30tels qu'ils étaient affichés au début du mouvement des Gilets jaunes,
03:33on était sur 1,60.
03:36Le liste de sang-clos, aujourd'hui on est à 2,20 euros.
03:38Comment se fait-il qu'avec des sommets comme ça qui sont atteints à la pompe,
03:42il n'y ait pas cette étincelle ?
03:43C'est très simple.
03:44La grille de lecture n'est pas la même.
03:46A l'époque du mouvement des Gilets jaunes,
03:48ça a été l'étincelle.
03:49Mais c'est un mouvement qui venait aussi de loin la crise des territoires.
03:52C'est un mouvement qui était aussi focalisé sur la personne d'Emmanuel Macron.
03:55Emmanuel Macron, dans un an, il n'est plus là, il va partir.
03:58On est dans une situation géopolitique qui est complètement différente.
04:01On a vu le conflit avec l'Ukraine, le conflit avec l'Iran aussi.
04:05Et puis j'ai envie de vous dire, les Français, ils en sont conscients.
04:07Pour autant, les Français, même s'ils sont en colère,
04:10ils ne veulent pas que la France soit à feu et à sac comme elle l'a été en 2018.
04:14Et pourtant, j'ai une part de responsabilité, j'y étais.
04:16Même si j'incarnais la France, j'ai envie de dire, paradigme du mouvement des Gilets jaunes.
04:19Aujourd'hui, vous n'êtes plus Gilets jaunes ?
04:20Ah non, pas du tout.
04:22J'ai été militant pendant plusieurs années.
04:24Oui, j'ai appris beaucoup.
04:25Il y a encore beaucoup à apprendre.
04:26Mais simplement, aujourd'hui, maintenant, mon énergie, je la mets ailleurs.
04:30Je la mets dans les analyses et pas que.
04:33Et puis, ça a été très dur, le mouvement des Gilets jaunes.
04:35On en a tous bavé physiquement et pas que.
04:38Que ce soit du côté des manifestants et du côté aussi des policiers.
04:41Bon, sauf qu'entre eux, il y a eu la violence et puis il y a eu les casseurs.
04:44Et puis quand on parle du mouvement des Gilets jaunes, les Gilets jaunes, j'ai envie de vous dire,
04:47mais lesquels Gilets jaunes ?
04:48Ceux de la première heure qui étaient sur les ronds-points à la fleur au fusil ?
04:51Ou ceux qui, une semaine après, venaient prendre des coudres ?
04:54Et moi, quand je vois les appels sur les réseaux sociaux, on descend dans la rue,
04:57on va tous en découdre aux armes citoyens, à la police, etc.
05:02Non, on n'est pas d'une révolte citoyenne.
05:04Là, on est dans une insurrection.
05:06Ça n'a jamais été mes idéaux.
05:07Et moi, en tant que militant, je n'ai jamais combattu comme ça.
05:09Quel crédit donner à ces appels à manifester ?
05:12Il y a une date, effectivement, qui ressort, le 17 octobre, sur plusieurs plateformes.
05:18Antoine Oberdorff, là-dessus ?
05:19Par définition, de toute manière, les services territoriaux sont toujours très attentifs
05:24à tout ce qui peut se passer sur les réseaux sociaux, y compris parce qu'il y a ces mouvements
05:28spontanés
05:29qui sont susceptibles de passer sous les radars et, à un moment donné, de surgir.
05:32Néanmoins, rappelons que l'année dernière, à peu près à la même période...
05:35Bloquons tout.
05:36Bloquons tout.
05:37Le moment du 10 septembre, on a joué à se faire peur, beaucoup.
05:41On nous a agité ce chiffon rouge d'une mobilisation qui n'a pas eu lieu.
05:45C'était en réalité un pétard mouillé.
05:47Donc là, cette fois-ci, il y a une colère sourde dans le pays.
05:50C'est indéniable.
05:51Et comment pourrait-il en être autrement, au vu des prix du carburant,
05:54des Français qui, mais littéralement, se saignent en allant à la pompe ?
05:57Roland Lescure donne un choufre, d'ailleurs, à ce sujet.
06:00On attend un pic d'inflation à 3% d'ici la fin de l'année, Gaëtan Mélenchon.
06:04Oui, tout à fait.
06:05Effectivement, c'est une inflation qui est revue à la hausse,
06:07avec, pour l'ensemble de 2026, une estimation à 2,1%.
06:11Ce qui fait néanmoins de la France le pays où l'inflation est la moins forte.
06:15Je tiens quand même à le signaler.
06:18D'ailleurs, la Banque Centrale Européenne a pris une décision hier
06:21d'augmenter son taux de refinancement de 25 points de base
06:26pour limiter l'inflation dans les autres pays européens.
06:28Mais c'est une très mauvaise nouvelle pour la France.
06:31Parce que lorsque vous jouez sur les taux d'intérêt au niveau européen,
06:35vous bloquez encore plus la croissance, les emprunts
06:39et la capacité d'investir des entreprises.
06:42Donc c'est vraiment une très mauvaise nouvelle.
06:44Ça, c'est pour l'inflation.
06:45Mais effectivement, vous l'avez dit, une inflation attendue à 3% à la fin d'année.
06:49Pourquoi ? Parce qu'il y a les prix des carburants qui vont continuer à progresser.
06:53Mais pas que. Il y a le gaz aussi.
06:55On attend une hausse de 6,3% pour 6 millions de ménages à partir du premier recogre.
07:00C'est-à-dire tous ceux qui ne sont pas avec un contrat à prix fixe,
07:04qui cuisinent au gaz, qui se chauffent au gaz.
07:07Et au fur et à mesure qu'on va entrer dans l'hiver,
07:11espérons juste que l'hiver ne soit pas trop rigoureux,
07:13eh bien c'est un coût supplémentaire pour ces ménages.
07:17À cela, vous rajoutez l'augmentation du prix des mutuelles,
07:20avec la décision du gouvernement de faire un transfert des charges de la sécurité sociale vers les mutuelles.
07:26Et puis les assurances aussi qui vont bel et bien augmenter.
07:28Pourquoi ? Parce qu'il y a eu la canicule et qu'il faut faire face à des dépenses très
07:32importantes.
07:33Donc oui, on s'attend vraiment à une forte hausse de l'inflation,
07:37même si encore une fois, même si effectivement dans les produits frais aujourd'hui,
07:41les légumes, on voit bien une forte hausse.
07:44Mais ça, c'est dû vraiment à la canicule, c'est conjoncturel.
07:47Mais pour le moment, les prix alimentaires dans la grande distribution n'ont pas progressé.
07:52Pourquoi ? Parce que là, pour le coup, le gouvernement a eu raison de tenir tête aux industriels
07:56et de ne pas rouvrir les négociations.
07:59Vous le savez, les négociations, elles ont lieu une fois par an.
08:01Elles vont débuter à la fin de l'année.
08:03Et donc, il faut s'attendre qu'à partir du 1er mars,
08:05il y ait de nouvelles augmentations sur les prises alimentaires
08:08parce que ces industriels, ils vont répercuter la hausse du coût des transferts
08:12et d'un certain nombre de matières premières.
08:13Si on prend la question des carburants,
08:15on accueille sur le plateau Mélanie Vogel, sénatrice écologiste des Français de l'étranger.
08:18Merci de nous avoir rejoints.
08:20Que peut faire le gouvernement ?
08:22Les prix du carburant, ils sont directement liés à la situation en Iran, à la guerre en Iran.
08:26Est-ce que réellement, le gouvernement a une marge de manœuvre ?
08:30Est-ce que réellement, vous pensez, vous, comme Jordan Bardella, on l'a entendu à l'instant,
08:33que le gouvernement s'en met plein les poches ?
08:36Alors, il y a des choses que le gouvernement peut faire pour faire baisser le prix des carburants.
08:41C'est, à mon sens déjà, travailler sur les marges,
08:44puisque une partie importante de l'augmentation du prix du carburant à la pompe,
08:48ce n'est pas seulement l'augmentation du coût du pétrole,
08:51mais c'est aussi l'augmentation des marges.
08:52Des marges des raffineurs.
08:53Alors, attention, soyons précis, parce qu'il n'y a pas de marge chez les distributeurs.
08:56Oui, et là-dessus, on peut taxer ces marges, on peut aussi et surtout...
09:00A condition qu'il y ait une décision européenne, parce que...
09:02Non, non, mais juste pour préciser, parce que c'est important de dire,
09:04on raffine très peu en France, donc on ne peut pas agir sur les marges des raffineurs en France.
09:09C'est au niveau européen, c'est une décision européenne.
09:11Et la France est dans l'Union européenne, et il y a des députés européens.
09:14Si les députés européens ne se mettent pas d'accord, ils font une décision européenne.
09:18Il y a un impact sur ce que...
09:20Néla Niveau-Gel.
09:21Mais je vous remercie.
09:21La deuxième chose, c'est que si le prix des carburants impacte tellement
09:26le pouvoir d'achat des Françaises et des Français,
09:28c'est lié à notre dépendance aux fossiles.
09:30Et donc, je sais qu'en permanence, à chaque fois qu'il y a une crise,
09:33on se dit, oh mon Dieu, qu'est-ce qu'on peut faire pour faire baisser le prix des carburants
09:35?
09:35Mais fondamentalement, on y a pensé en 2022, au moment de la crise en Ukraine,
09:40au moment de l'attaque russe en Ukraine, on y pense aujourd'hui.
09:43Finalement, c'est toujours la même question.
09:44La question, c'est la dépendance de la France aux énergies fossiles.
09:48On a eu, cet été, un moment où on n'avait pas assez de production liée au nucléaire,
09:56qu'on nous dit être sûr, etc., parce que l'effort de chaleur empêchait le refroidissement des centrales par les
10:03cours d'eau.
10:04Roland Lescure a admis ce matin que, heureusement, grâce au solaire, on avait pu compenser cette baisse.
10:10Mais que proposez-vous à court terme ? Vous avez entendu la proposition de Jordan Bardella qui dit qu'il
10:14faut baisser les taxes sur le carburant.
10:16Est-ce que c'est une solution pour vous ?
10:17Non, ce n'est pas une solution.
10:19Si vous voulez, ça va baisser le prix des carburants à court terme, mais fondamentalement, ça ne va pas changer.
10:26Si vous voulez, c'est comme si vous me disiez, vous avez un malade du cancer,
10:33et vous allez lui donner du doliprane pour la douleur, plutôt que de lui donner une chimio.
10:38Ça ne va pas régler le problème.
10:39Le problème fondamental, c'est notre dépendance aux énergies fossiles.
10:41Sauf que ce que vous proposez, vous, ce sont des solutions à très long terme,
10:45et là, c'est maintenant que le porte-monnaie est fondamental.
10:46Oui, mais c'est à cause de l'absence de solutions à long terme.
10:49Pardon, juste un instant, parce que moi, je ne peux plus, en septembre 2026,
10:54entendre sur un plateau télé que la canicule, c'est conjoncturel.
10:57Qu'on a un problème de prix de l'alimentation...
10:59Non, je n'ai pas dit ça, j'ai dit que l'augmentation des prix des légumes, c'était conjoncturel.
11:05Oui, on a vécu quand même un épisode de canicule.
11:08Oui, il y a des conséquences, bien sûr.
11:11Mais en fait, pardon, c'est pas...
11:12Non, mais c'est structurel, c'est factuel.
11:14C'est structurel, la canicule, parce que c'est le dérèglement climatique
11:19qui va amener à des crises agricoles à répétition,
11:22et qui va amener à une augmentation, du coup, l'alimentation pour les ménages les plus vulnérables.
11:26Il y a un vrai dilemme, en réalité, pour les politiques,
11:30à devoir admettre, concéder, reconnaître leur impuissance, en réalité,
11:35face à la hausse du prix des carburants,
11:37qui relèvent, rappelons-le, d'un choc exogène
11:39lié à ce qui se passe dans le détroit d'Hormuz
11:41et au déblocage, à la possibilité de déblocage du détroit d'Hormuz.
11:44Alors, évidemment, vous avez plusieurs possibilités.
11:46On peut plafonner les prix.
11:47Vous avez... Alors, ça, c'est version France Insoumise.
11:50Blocage des prix.
11:51Simplement, blocage des prix, on ne connaît pas peur,
11:53les faits pervers, à savoir, eh bien, les pénuries.
11:55Non, mais, expliquons pourquoi les pénuries.
11:57En fait, parce que si vous faites un plafonnement des prix,
12:00soit l'État compense le manque à gagner pour les distributeurs,
12:03soit si c'est à la charge des distributeurs,
12:05eh bien, eux, ils ne vont pas acheter le carburant à vil prix
12:08pour ne pas pouvoir...
12:10Ils ne vont pas le vendre à perte.
12:11Donc, ça va organiser la pénurie.
12:13Mais si, effectivement, imaginons que le gouvernement décide de compenser,
12:17mais on trouve où l'argent ?
12:18En fait, le problème, il est là.
12:20Et puis, plafonnement, encore une fois, c'est vous arrosez tous les automobilistes.
12:25Les petits comme les très gros.
12:27Et c'est bien pour ça que la TVA, c'est exactement la même chose.
12:30Si vous baissez la TVA, ce sont des rentrées fiscales en moins.
12:33Et surtout, encore une fois, ce ne sont pas des aides ciblées
12:35vers les gros rouleurs ou ceux qui n'en ont plus besoin.
12:38Je pense à tous ces automobilistes en province
12:40qui ont besoin de leur voiture pour aller travailler.
12:43C'est une nécessité.
12:44Ils n'ont pas de choix.
12:45D'autres choix, il n'y a pas de bus, il n'y a pas de métro,
12:47il n'y a pas de trame, ces gens-là.
12:49Et ces gens-là font partie, justement, de la classe la moins aisée, je dirais.
12:56Ensuite, pour finir d'un mot, il y a effectivement cette solution de blocage des prix
12:58dont Garitane vient d'expliquer toutes les limites.
13:01Ensuite, l'autre possibilité, c'est évidemment la baisse des taxes.
13:04Là, c'est la brèche dans laquelle s'engouffre,
13:06notamment le Rassemblement National, avec une baisse de la TVA.
13:08Il faut comprendre que sur, par exemple, un litre d'essence, mettons 2 euros,
13:12vous avez 33 centimes pour la TVA et vous avez environ 70 centimes d'accise, la TICPE.
13:19Bon, on peut jouer là-dessus, mais c'est, encore une fois, je le rappelle,
13:22se priver de recettes fiscales.
13:23Et enfin, la dernière étape, et là, elle relève du long terme,
13:26et donc elle est difficilement vantable sur le plan politique,
13:29c'est la fameuse, ce qu'on appelle avec la novlangue politique,
13:32l'électrification des usages.
13:33En fait, c'est que les gens puissent se doter de voitures électriques
13:37et que le parc automobile, il y ait des voitures électriques.
13:39Ça renvoie à un certain nombre de mesures d'accompagnement,
13:41notamment des mesures de leasing social pour les voitures électriques,
13:44pour l'accession de tous les Français en réalité aux voitures électriques.
13:47Mais ça, c'est du long terme.
13:48Et malheureusement, aujourd'hui, les Français, étant pieds et poings liés à la pompe,
13:52attendent des solutions concrètes, simples, faciles.
13:55Ça va se solder. Comment vous pensez, Mélanie Vogel ?
13:57Vous avez entendu ces appels à manifester le 17 octobre prochain.
14:01Certains prédisent un grand retour des gilets jaunes.
14:03Est-ce que vous soutenez déjà ces appels ?
14:06Alors, en tout cas, moi, je comprends très bien.
14:07Je comprends bien le ras-le-bol des Françaises et des Français
14:10qui sont mis, et je vous écoutais, monsieur, avant d'arriver sur le plateau,
14:14qui sont mis dans une situation de dépendance
14:17à une source d'énergie qui est très coûteuse,
14:19qui est de plus en plus coûteuse et qui n'arrive pas à s'en sortir
14:21puisqu'effectivement, pour certains d'entre eux, ils n'ont pas le choix.
14:24Pourquoi n'ont-ils pas le choix ?
14:25Parce qu'on n'a pas été foutus de leur donner des alternatives.
14:28Donc moi, je comprends cette colère
14:30et je soutiens le sentiment de colère et la nécessité d'action.
14:33Maintenant, la réponse à ça, de mon point de vue,
14:37ça doit être la transition écologique vers des usages
14:40qui sont justement moins dépendants du pétrole.
14:42Et moi, parmi les trois options que vous donnez,
14:45vous dites la troisième, c'est du long terme, donc c'est compliqué.
14:48C'est vrai, mais à force de ne pas faire de long terme,
14:52en fait, on arrive dans le mur.
14:53Et donc, à un moment donné, pour moi,
14:55il n'y a pas d'autre solution réelle
14:57que d'avoir une transition de nos modes de transport,
15:00de nos modes de consommation
15:01qui nous sortent de cette dépendance,
15:03cette dépendance qui a un impact sur le pouvoir d'achat
15:06mais qui accélère la crise climatique
15:08qui elle-même a ensuite des impacts sur l'alimentation.
15:11La bonne nouvelle, c'est que les Français,
15:12si on compare aujourd'hui en 2026 par rapport à 2018,
15:16c'est qu'ils sont en train de changer leur habitude,
15:18leur habitude alimentaire, leur habitude de vie
15:20par rapport à la voiture, par rapport à l'automobile, etc.
15:23Ça, c'est la très bonne nouvelle.
15:24Mais j'ai envie de vous dire aussi,
15:25à un moment donné, on est dans une situation aujourd'hui
15:27qui n'est plus la même qu'en 2018,
15:29en ce sens que le gouvernement avait imposé
15:31un choc fiscal en 2018,
15:34il avait aussi imposé la taxe carbone
15:36avant de revenir dessus,
15:37alors qu'aujourd'hui, on est dans une crise mondiale,
15:39il ne faut pas l'oublier, géopolitique,
15:41que c'est une crise qui est aussi européenne,
15:43on n'est pas le seul pays concerné
15:45par l'augmentation du carburant.
15:47Mais aujourd'hui, finalement,
15:48moi, j'estime que le gouvernement a fait le choix
15:51de la transparence, de la sagesse,
15:53en disant, non, on ne peut pas bloquer les taxes
15:56et revenir en arrière, ce n'est pas possible.
15:57Par contre, ça va être ciblé
15:58pour les raisons que vous aviez dites,
16:00parce qu'il faut que ça...
16:00C'est intéressant de voir à quel point
16:03votre opinion a évolué avec le temps.
16:05Vous êtes un ancien gilet jaune
16:06et vous défendez désormais le gouvernement.
16:09Vous savez...
16:10Quand d'autres, je pense à Jérôme Rodriguez,
16:12qui sera notre invité à 18h,
16:13disent que le gouvernement
16:15ne fait clairement pas assez et qu'il faut relancer ce mouvement.
16:19Lui, il est dans son rôle de militant,
16:21en étant toujours millet jaune,
16:22il sait à qui il s'adresse,
16:24à qui il parle,
16:25donc il ne peut pas se permettre
16:27d'avoir du recul,
16:28d'avoir de l'analyse
16:29et de comparer les choses.
16:30Voilà, ce sont des dégueulards,
16:32ce sont des militants
16:33et on ne leur demande pas
16:33de réfléchir malheureusement plus que ça.
16:36Ils sont dans leur rôle.
16:37Moi, ce rôle, je l'ai tenu à une époque.
16:39Simplement, j'incarnais une frange...
16:40Mais qu'est-ce qui a changé ?
16:41Vous vous êtes rendu compte
16:41de l'impuissance du gouvernement
16:42sur certains points ?
16:44Bien sûr, parce que j'ai vécu sur le terrain
16:46la contestation sociale.
16:47J'ai vu comment elle évoluait.
16:49J'ai vu aussi comment elle était infiltrée
16:51par les ingérences étrangères et pas que,
16:53par des extrêmes et des groupes politiques.
16:55Et puis après, j'ai...
16:55Est-ce que vous pensez, Thierry-Paul Vallette,
16:57que cette situation-là,
16:58elle peut attendre, au fond,
17:00la grande explication d'abri de 2027 ?
17:03Vous savez...
17:04On va ouvrir la soupelle,
17:05ou alors ça va péter avant.
17:06En réalité, le colloque va sauter.
17:07Alors, de toute façon,
17:08il y a une grande sociale,
17:09il y aurait une mobilisation.
17:10Est-ce que pour moi,
17:11ça sera comme à l'époque des Gilets jaunes ?
17:12Je n'y crois pas réellement.
17:13Maintenant, oui.
17:14Il y a une explication en 2027.
17:16Cette explication en 2027,
17:18moi, j'ai fait un peu le comparatif
17:19en regardant en arrière
17:20avec le grand débat d'Emmanuel Macron.
17:23Voilà.
17:23Donc, ça va être un grand débat
17:26national, multipolitique.
17:27Et il est important,
17:27et il faut qu'il y ait cette clarification-là.
17:29Maintenant, ce que les gens
17:31doivent comprendre aussi...
17:32Et moi, les Français,
17:32j'en fais confiance.
17:33Ils ne sont pas idiots.
17:34Ils sont en colère,
17:35mais ils ne veulent pas que la France brûle.
17:37Ils ne veulent pas que les vitrines cassent.
17:38Ils ne veulent pas qu'il y ait des blessés.
17:39Ils ne veulent pas revivre ça.
17:40Ça, j'en suis convaincu.
17:42Mais quelques centimes
17:43sur le coût du litre de l'essence,
17:46c'est des milliards et des milliards.
17:47Mais ces milliards,
17:48dans le cadre du vote du budget,
17:50on va faire comment ?
17:50On a vu le fiasco, là, l'époque,
17:52l'année dernière.
17:53Ils le savent, les Français.
17:54Moi, je leur fais confiance.
17:55Oui, une grande sociale.
17:56Ça va péter avant 2027,
17:58d'un mot, Mélanie Vogel,
17:59pour reprendre les termes
18:00d'Antoine Oberdorff ?
18:01Je ne peux pas vous dire,
18:02personne ne peut dire ici
18:03si ça va péter avant 2027.
18:05Vous non plus, Antoine ?
18:06Non, je n'ai pas de boule de cristal.
18:08Pas de...
18:09D'accord.
18:09Bon, tant pis.
18:11Il ne faut pas que ça paie, Mélanie.
18:12Ce n'est pas le souhaitable.
18:13On y reviendra un peu plus tard
18:15à 17h45,
18:16notamment avec Jérôme Rodriguez,
18:19figure du mouvement des Gilets jaunes.
18:20Lui dit qu'il est toujours Gilets jaunes,
18:22contrairement à vous, Thierry Paul Vallée.
18:24Moi, j'ai des Gilets jaunes,
18:25je ne le renie plus.
18:26Mais j'appartiens par un mouvement.
18:27Je suis libre, j'ai évolué.
18:28Je suis dans l'analyse.
18:29On apprend beaucoup de choses du terrain.
18:31Il faut en faire quelque chose.
18:32La contestation sociale,
18:33vous savez, Julie,
18:34elle est efficace sur le terrain,
18:35mais elle est efficace aussi
18:36dans la pensée,
18:37que ce soit en France,
18:38à Bruxelles et en Europe et pas que.
18:39Merci beaucoup.
18:40Merci à tous les quatre.
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