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  • il y a 4 jours
Après l’Insee, Bercy revoit à son tour fortement à la baisse sa prévision de croissance pour 2026. Plombée par la flambée des prix de l’énergie, le recul de l’investissement et les canicules, l’économie française ne progresserait plus que de 0,5%, contre 0,7% espéré jusqu’ici.

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Transcription
00:00Bonjour à toutes et à tous. Merci d'être là ce matin à Bercy pour un exercice inédit.
00:06Cette conférence de presse, c'est l'acte 1 de la séquence budgétaire qui entame une séquence qui se déroulera
00:14d'ici la fin de l'année,
00:16qui vise à poser le décor macroéconomique, le cadre macroéconomique dans lequel va se dérouler l'examen budgétaire
00:25et dans lequel s'est déroulée la fabrication du budget.
00:31Je pense qu'il est raisonnable de dire que les incertitudes économiques n'ont aujourd'hui jamais été aussi fortes.
00:39Elles sont internationales, elles sont nationales et à environnement économique inédit, exercice donc inédit,
00:47un exercice de transparence qui nous permet de vous présenter notre prévision de croissance à la fois pour cette année
00:55et pour l'année prochaine.
00:58Notre fil rouge, pardon, il est clair, c'est la transparence qui est aujourd'hui un gage essentiel de crédibilité,
01:07crédibilité vis-à-vis de nos concitoyens, crédibilité vis-à-vis des parlementaires, crédibilité aussi vis-à-vis des marchés
01:14financiers.
01:15Nous disons la vérité, toute la vérité, rien que la vérité.
01:20Le moins qu'on puisse dire, c'est que l'année 2026 n'a pas épargné la France en termes
01:27de crises successives, multiples,
01:29qui se sont multipliées, des crises internationales, mais aussi des crises nationales.
01:37Cette année, elle a été marquée par des crises multiples avec quatre types de chocs.
01:43D'abord, un début d'année marqué par l'incertitude.
01:48Une incertitude, je dirais, traditionnelle du fait du cycle électoral à l'approche des élections municipales
01:54et tout de suite après les élections municipales, on a enregistré, c'est habituel,
01:58une baisse de l'investissement des collectivités locales en travaux publics
02:02qui se reflètent dans les comptes de l'INSEE.
02:04Et une incertitude plus inhabituelle liée à l'adoption tardive d'un budget,
02:10la mise en place d'une loi spéciale jusqu'à la fin du mois de février
02:15qui a introduit à la fois de l'incertitude et l'arrêt d'un certain nombre de politiques publiques
02:20qui soutiennent la croissance.
02:23À cette incertitude politique domestique s'est ajoutée évidemment à partir du printemps
02:29un choc géopolitique d'ampleur, la crise du détroit d'Hormuz
02:33qui a conduit à la hausse des prix énergétiques pour nos concitoyens,
02:38nos entreprises mais aussi les ménages évidemment.
02:41Cette crise elle est loin d'être terminée, on voit encore avec les derniers chiffres,
02:44ce matin le diesel était à 2,30€, l'essence ordinaire à 2,10€,
02:50on était à 2,40€ au printemps pour le diesel
02:53et le 2,10€ qu'on a atteint ce matin est un maximum pour l'année en ce qui concerne
02:58l'essence.
02:59Cette crise elle est internationale, vous avez sans doute vu qu'aux Etats-Unis
03:02le prix du galon puisqu'on le mesure en galon là-bas a dépassé pour la première fois
03:07les 6$ cette nuit.
03:09Elle pèse évidemment sur le pouvoir d'achat, elle pèse aussi sur les coûts des entreprises.
03:16Troisième type de choc, un choc climatique, des épisodes climatiques inédits
03:22à la fois par leur intensité mais aussi par leur multiplication.
03:26Nous n'avons pas eu un choc thermique cette année mais 4.
03:30En mai, ce n'était jamais arrivé auparavant, en juin, en juillet et en août
03:35avec en plus des incendies majeurs qui ont affecté directement des régions,
03:40la Gironde, l'Élande et le Var on le sait,
03:42et qui ont eu un impact réel sur la croissance française.
03:47On estime à ce stade l'impact sur la croissance à 0,1%.
03:53Et puis une hausse historique, rapide et forte des taux d'intérêt
03:58qui pèsent sur le budget de l'État, qui pèsent aussi sur le budget de nos concitoyens,
04:03qui pèsent notamment sur les perspectives d'investissement des entreprises.
04:07Hier, le taux des obligations d'État français à 10 ans était de 4,4%.
04:12Il était de 3,5% il y a un an.
04:16C'est le chiffre le plus haut depuis 2008.
04:21S'en suit une hausse de la charge de la dette, notamment pour l'État.
04:26On est à 65 milliards d'euros juste pour l'État de charge de la dette,
04:31dont 4,5 milliards de hausse liée à la crise au Détroit d'Harmouz,
04:384,5 milliards d'euros de plus par rapport à ce qui était prévu dans la loi de finances.
04:44C'est aujourd'hui le premier budget de l'État, supérieur à celui de l'éducation nationale
04:49ou encore celui de la défense.
04:51J'en profite pour rassurer sur le fait que l'État français n'a aucun problème d'émission.
04:58Nous sommes aujourd'hui sur les marchés à près de 85% de notre programme initial.
05:04Le papier français, comme on dit dans le jargon, se vend bien.
05:07Les investisseurs continuent à nous faire confiance.
05:09Mais il faut le reconnaître, nous payons plus cher notre dette qu'il y a un an.
05:15Alors quand on compare ces chiffres récents aux chiffres de nos voisins européens,
05:22on a clairement un trou d'air spécifique à l'économie française.
05:25L'économie française croit moins que ce qui était prévu en début d'année
05:29et croit moins que ses partenaires, notamment européens.
05:33D'abord parce qu'on est victime à la fois de chocs internationaux qui s'imposent à tous,
05:39mais aussi de chocs nationaux spécifiques,
05:41le climat, les incertitudes politiques qui ont un impact réel.
05:45L'exposition peut être plus forte aux chocs climatiques.
05:50Et troisième point, il faut bien le reconnaître,
05:52nous n'avons pas de marge de manœuvre budgétaire.
05:55L'économie allemande bénéficie aujourd'hui d'un programme historique
05:59de relance de l'investissement dans la défense.
06:01L'économie italienne bénéficie du plan de relance européen
06:05dont nous avons bénéficié au sortir de la crise Covid
06:08et dont l'Italie bénéficie depuis deux ans.
06:12C'est pour cette raison que nous annonçons aujourd'hui
06:15notre révision de croissance pour 2026,
06:17nos prévisions pour 2027,
06:20révisions et prévisions que nous avons construites de manière réaliste.
06:25Les chiffres sont les suivants.
06:27En moyenne, cette année, nous estimons la croissance française à 0,5%.
06:33En ligne avec les prévisions récentes,
06:35les estimations rincentes des principaux instituts,
06:39l'INSEE est sortie, vous le savez, hier avec une prévision de 0,4%.
06:42Le consensus des économistes de la place est aujourd'hui à 0,6%.
06:47Nous sommes dans la moyenne.
06:50Vous le savez, en début d'année, nous tablions,
06:52dans le cadre de la voie de finances, sur une prévision de croissance de 1%.
06:55On a donc divisé par deux les estimations de croissance pour cette année.
06:59C'est important, c'est majeur.
07:01Avec un effet estimé de la sécheresse, des vagues de chaleur,
07:05estimé à 0,1 point de PIB sur 2026,
07:10une baisse de la valeur ajoutée agricole de 8%.
07:14Hormuz, qui a impacté nos perspectives de croissance,
07:17de l'ordre de 0,2% de croissance,
07:20impacte à la fois sur la consommation des ménages
07:23et sur les dépenses des entreprises.
07:25Et puis les 0,2 restants sont liés d'écart,
07:28entre 1 et 0,5%,
07:30sont liés à deux facteurs,
07:31l'incertitude politique, j'en parlais tout à l'heure,
07:33qui a affecté la croissance en début d'année,
07:35mais aussi un hiver plus clément,
07:37qui avait affecté de manière positive
07:39la consommation énergétique des ménages
07:40inférieure à ce qui était prévu.
07:43Pour 2027, nous tablons sur un rebond de la croissance
07:48qui amènerait la croissance française à 1%.
07:521%, c'est à la fois un rebond lié à une hypothèse importante
07:57qui est une réduction progressive,
07:59mais une réduction quand même des incertitudes géopolitiques
08:02et un retour de la circulation dans le détroit d'Hormuz
08:05à la quasi-normale dans les mois qui viennent.
08:09C'est inférieur à la croissance potentielle de la France
08:12qui est à 1,2%,
08:13mais c'est une croissance qui rebondit.
08:16Évidemment, ces hypothèses restent des hypothèses incertaines,
08:19j'y reviendrai,
08:21mais c'est une prévision de croissance
08:22qui elle aussi est dans la fourchette
08:24des principaux prévisionnistes,
08:26avec une inflation qui, en 2026,
08:29serait en moyenne sur l'année un peu au-dessus de 2%,
08:322,1% pour être précis,
08:34avec un pic d'ici la fin de l'année autour de 3%,
08:38et un retour progressif à une inflation en dessous de 2%,
08:42qui amènerait la prévision en moyenne sur l'année 2027 à 1,8%.
08:49Évidemment, peut-être plus que jamais,
08:52comme toujours, mais plus que jamais,
08:54ces prévisions sont entourées de fortes incertitudes
08:57sur l'évolution des tensions géopolitiques,
09:00sur l'évolution des taux d'intérêt,
09:01sur l'évolution des aléas climatiques.
09:05Plus que jamais, en 2026,
09:08les incertitudes sont essentiellement liées à des révisions possibles,
09:10de la croissance, par l'INSEE,
09:12en 2027, par des aléas qui sont très présents.
09:16J'ai entendu que le président des États-Unis prévoyait une fin de la guerre en Iran
09:22dès les élections du mid-term, début novembre.
09:25Évidemment, si on réduit très fortement, très rapidement,
09:27les tensions géopolitiques,
09:29ça se verra sur les prix de l'énergie,
09:31ça se verra sur les taux d'intérêt,
09:32ça se verra sur la croissance française.
09:35Je rappelle qu'en juillet,
09:38le prix du pétrole était aux alentours de 70 dollars le baril,
09:42c'est-à-dire finalement un chiffre très proche de celui qui prévalait juste avant la crise.
09:46Il est aujourd'hui, au-delà de 100 dollars,
09:48une réduction des incertitudes géopolitiques
09:51aurait évidemment un impact important.
09:53A l'inverse, évidemment,
09:54une dégradation de l'environnement géopolitique,
09:57des turbulences financières qui amèneraient les taux d'intérêt
09:59plus hauts encore qu'ils ne sont aujourd'hui.
10:01où, j'insiste là-dessus,
10:03des incertitudes politiques franco-françaises
10:06pourraient affecter ce scénario à la baisse.
10:09C'est la raison pour laquelle je souhaite passer quelques messages
10:12qui me semblent importants.
10:14Nous sommes dans un cadre budgétaire contraint.
10:17Pour le dire simplement, nous n'avons plus de gras.
10:21Ce cadrage budgétaire y démontre la nécessité impérieuse
10:25d'adopter un budget le plus tôt possible pour 2027,
10:29avant la fin de l'année, je l'espère.
10:34Deuxième enseignement important,
10:36ce budget nécessitera un effort partagé.
10:41Oui, un effort partagé,
10:43mais un effort qui devra préserver nos moteurs de croissance.
10:47Il est impératif, dans un monde où les risques sont plus élevés,
10:51que les moteurs de croissance soient préservés.
10:53C'est tout le sens de la lettre du Premier ministre
10:56qu'il a adressée aux chefs d'entreprise
10:58pour leur proposer un pacte de stabilité.
11:01Le budget que nous déposerons ne touchera pas au crédit import-cherche,
11:05ne touchera pas au pacte d'Utreil,
11:10préservera l'apprentissage
11:11et visera une baisse de la surtaxe de l'impôt sur les sociétés.
11:16Avant de terminer,
11:19je voudrais insister quand même,
11:21dans ces moments parfois un peu déprimants,
11:24sur les facteurs de résilience réels
11:27qui bénéficient à l'économie française.
11:30D'abord, son attractivité constante.
11:33Les investissements directs à l'étranger en France,
11:36dans des secteurs liés à l'industrie verte,
11:38à la transition écologique,
11:39dans des secteurs liés à la transition numérique,
11:42à l'accélération de l'intelligence artificielle,
11:44sont des facteurs de résilience,
11:46sont des facteurs de croissance.
11:48Nous devons continuer à les soutenir
11:51et soyons-en fiers.
11:53La France est à la pointe de la révolution verte,
11:55est à la pointe de la révolution technologique.
11:57Nous pouvons, nous devons en profiter.
12:01Le commerce extérieur, qui a soutenu la croissance,
12:04ce qui signe notre agenda de compétitivité,
12:07continue à porter ses fruits.
12:09La maîtrise du coût du travail,
12:10les efforts d'innovation.
12:12J'insiste aussi sur le plan d'électrification,
12:14avec des investissements majeurs dans le secteur énergétique,
12:18notamment, évidemment, la construction des EPR,
12:21qui va débuter progressivement dans les semaines,
12:23dans les mois qui viennent,
12:24qui va soutenir la croissance.
12:26Et puis, n'oublions pas que l'innovation technologique,
12:30la révolution technologique,
12:32c'est aussi de la croissance dure, de l'emploi.
12:34On a aujourd'hui 450 000 salariés en France,
12:37qui travaillent directement pour le secteur des technologies.
12:40La France est le premier pays d'attractivité dans les emplois,
12:44dans le secteur de l'intelligence artificielle.
12:46Nous allons continuer à soutenir des champions en la matière.
12:49C'est essentiel pour nous,
12:51c'est essentiel pour l'Europe,
12:52puisque la France est aussi le fer de lance
12:54de la révolution technologique en Europe.
12:58Cette conférence de presse, c'est, comme je le disais,
13:00l'acte 1 de la séquence budgétaire,
13:02poser le cadre exigeant dans le cadre
13:04pour lequel nous construisons le projet de loi de finances,
13:07que nous aurons l'occasion de présenter un peu plus tard,
13:10avec mon collègue David Amiel, ministre des Comptes publics.
13:12Avant de passer la parole aux représentants du Trésor,
13:16ici présent, Nathalie Georges, Dorothée Rouzet et Guillaume Cléo,
13:20je voudrais les remercier sincèrement,
13:22eux trois, mais aussi toutes celles et ceux qui travaillent à leur côté,
13:25pour avoir fait leur métier il y a maintenant un peu plus de 30 ans.
13:28Je peux vous dire que le métier de prévisionniste,
13:29il n'est pas facile,
13:30et que ces temps-ci, il est particulièrement difficile.
13:33Ils ont travaillé d'arrache-pied
13:34pour ces prévisions qu'on vous présente aujourd'hui,
13:36les équipes de Bercy travaillent d'arrache-pied
13:39pour finaliser un budget qu'on vous présentera
13:40dans les jours qui viennent.
13:42Merci à vous toutes, à vous tous,
13:43je sais que ce n'est pas facile,
13:44mais voilà, c'est votre métier, vous le faites bien.
13:46Merci à tous et à toutes.
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