00:00Bonjour Brigitte. Bonjour Romain. De très bonne humeur ce matin. Tous les jours. Est-ce que vous m'avez déjà
00:04vu une fois une mauvaise humeur ?
00:06Alors ça c'est vrai, vous êtes toujours égale d'humeur et c'est votre élégance. C'est pas le
00:11cas de tout le monde.
00:11Il faut le souligner. C'est vrai que c'est pas toujours le cas de tout le monde, mais c
00:15'est élégant les gens qui sont égaux d'humeur.
00:19La NSM, l'agence du médicament, annonce ce matin qu'elle va envoyer un courrier à un million et demi
00:24de femmes pour les informer
00:26d'un lien possible entre la prise de certaines hormones et l'apparition d'un méningiome.
00:34Avant de nous dire s'il faut s'inquiéter ou pas, expliquez-nous ce qu'est un méningiome.
00:38Oui, vous le savez, nous avons des méninges. Les méninges, c'est quoi ? Ce sont trois enveloppes qui entournent
00:45notre système nerveux, le cerveau et la moelle épinière.
00:47On va les voir sur cette image, sur ce schéma. Vous voyez, il y a évidemment le crâne qui nous
00:53protège, qui protège notre cerveau.
00:55Et il y a dessous la durmère, qui est encore une barrière protectrice pour protéger notre bosse, le cerveau.
01:03Ensuite, il y a, contre le cerveau, qui adhère complètement au cerveau, une autre méninge qui s'appelle la pimaire,
01:11qui, elle, est une fine membrane qui va vasculariser le cerveau.
01:14Et elle rentre, vous savez que notre cerveau est plein de circonvolutions, elle rentre vraiment, elle l'adhère complètement au
01:19cerveau et à la moelle épinière,
01:21et elle rentre dans toutes les circonvolutions du cerveau.
01:24Et entre les deux, il y a l'arachnoïde, comme son nom l'indique, comme une petite oile d'araignée,
01:29dans laquelle circule le liquide céphalorachidien.
01:32Donc, pour simplifier, nos trois méninges, elles sont là pour protéger et pour nourrir notre cerveau.
01:38Et, comme dans tous les tissus, il peut se développer une tumeur.
01:42La tumeur s'appelle, puisqu'elle vient des méninges, un méningiome.
01:46C'est une tumeur bénigne.
01:48Mais le problème, c'est qu'elle se trouve dans le cerveau.
01:51Une tumeur bénigne de la peau, ça va.
01:53Une tumeur bénigne dans le cerveau, ça peut avoir des conséquences plus importantes, des symptômes plus importants.
01:58Alors, ce lien entre certaines hormones et le méningiome est connu depuis longtemps.
02:05C'est un neurochirurgien qui s'est aperçu, en fait, qu'il opérait plusieurs femmes de méningiome.
02:11Il s'est dit, c'est quand même bizarre, cette prédominance des méningiomes chez les femmes.
02:15Et il a étudié, il a cherché pourquoi.
02:17Et le point commun de toutes ces femmes, c'est qu'elles prenaient des progestatifs, des hormones féminines, à base
02:23de progestérone.
02:24Notamment, un traitement qui était très connu à l'époque, enfin, qui existe toujours, l'androchir, qui bloque les hormones
02:32mâles.
02:33C'était donné chez les femmes qui avaient une hyperpilosité ou de l'irsutisme, ou alors pour les transitions de
02:39gens, pour bloquer les hormones mâles.
02:42Donc, on a été conscient de tout ça.
02:44Depuis, on a tout fait, évidemment, pour expliquer, pour le supprimer.
02:48D'ailleurs, le nombre de méningiomes opérés a été divisé par 10.
02:53Mais là, l'agence s'est aperçue qu'il y avait aussi un autre progestatif, le désogestrel à 75 microgrammes.
03:03qui est présent dans certains contraceptifs, dans certains anneaux, pareil, contraceptifs, ou des implants contraceptifs,
03:11et qui a entraîné un sur-risque.
03:14Un sur-risque, c'est une femme touchée, qui peut avoir un méningiome, sur 67 000 femmes.
03:22Donc, vous voyez, c'est vraiment... Mais ça ne fait rien.
03:25C'est rare, mais ça existe.
03:26Donc, il faut le dire, les études l'ont montré, ce sur-risque augmente chez les femmes de plus de
03:3345 ans.
03:34Et il augmente aussi quand on l'a pris depuis plus de 5 ans.
03:38En revanche, quand on l'arrête, ça disparaît, le sur-risque.
03:42Ce qui est important de comprendre, c'est que l'agence, donc elle va l'annoncer ce matin,
03:48va envoyer un courrier à un million et demi de femmes.
03:52Alors, on pourrait se dire, est-ce qu'il faut s'inquiéter ?
03:54Non.
03:55C'est vraiment pour informer.
03:57Il ne faut pas s'inquiéter.
03:58Il ne faut pas paniquer et arrêter sa pilule, sinon on risque d'avoir des surprises.
04:02Il ne faut pas non plus prendre un rendez-vous tout de suite chez son médecin.
04:07Il faut juste lire le courrier que vous allez recevoir, un million et demi de femmes.
04:14Vous verrez si vous prenez ce produit ou pas.
04:17Et ce sera l'occasion, à votre prochaine consultation avec votre médecin, d'en discuter.
04:23Les médecins aussi vont recevoir un courrier.
04:25D'en discuter avec votre médecin.
04:27Alors, évidemment, si vous avez des symptômes, je vais vous donner les symptômes.
04:31Mais le problème, c'est que les symptômes du méningiome,
04:34tout dépend de la situation et de la grosseur du méningiome.
04:38Donc là, je vous en ai mis tout de même quelques-uns.
04:40Troubles visuels, troubles de langage, troubles de l'équipe.
04:42Mais vous comprenez bien que si c'est dans la zone de la parole, ce sera plutôt la parole.
04:45Si c'est dans la zone de la vision, ce sera plutôt des troubles visuels.
04:47Si on a un doute, on consulte, évidemment.
04:48Si on a un doute, on consulte.
04:50Là, évidemment, de toute façon, que ce soit lié à la pilule ou pas,
04:53quand on a ces symptômes, on consulte.
04:55Mais ce que je veux dire par là, c'est que c'est important que l'agence explique,
05:01informe, sensibilise les femmes.
05:03Encore une fois, c'est un sur-risque et c'est une tumeur bénigne.
05:06Mais ce que je voudrais aussi noter, c'est qu'il y a quelque chose dont on ne parle pas
05:10beaucoup.
05:11C'est ce qu'on appelle la pharmacovigilance.
05:14Et donc, ce qu'on raconte là ce matin, c'est vraiment le signe qu'un médicament,
05:21quand il est mis sur le marché, même s'il est là depuis longtemps,
05:24même s'il est prescrit depuis longtemps, il est toujours, toujours surveillé
05:29pour voir s'il peut y avoir sur le grand nombre.
05:33Et la pharmacovigilance, c'est une preuve de l'importance de la pharmacovigilance.