00:00Avec nous, Amanda Asterz et Johnny Hallyday. Bonsoir, merci d'être avec nous ce soir.
00:04Une première question toute simple, une double question. Pourquoi lui ? Pourquoi elle ?
00:07D'abord, Amanda Asterz. Pourquoi Johnny Hallyday ? Parce que c'est lui ? Parce que c'est une évidence
00:11?
00:11Parce que vous vouliez en savoir plus ?
00:13Parce que dans le personnage de Johnny, il y a ce que j'aime chez mes personnages de romans.
00:18Il y a les mêmes thèmes, la schizophrénie, l'absence de père.
00:23Et puis aussi, je voulais savoir...
00:24La force et la fragilité.
00:25Oui, qu'est-ce qui se passe dans ce corps, dans cette tête, pour avoir envie, pendant 50 ans, d
00:31'être à l'avant de la scène et de le faire si bien.
00:34Et vous, Johnny Hallyday, il vous fallait quoi ? Une confidente ? Quelqu'un en qui, en tout cas, vous
00:37avez confiance ?
00:38Une jolie confidente.
00:39Une jolie confidente. Alors, il fallait qu'elle soit jolie, vous ayez confiance.
00:43Oui, j'avais confiance. Et puis, quelque part, Amanda, elle traîne un petit peu les mêmes démons en elle.
00:50Il y a beaucoup de choses d'Amanda qui ressemblent un petit peu à ce que moi, je suis dans
00:58la vie.
00:59J'ai reçu, pendant six ans, des invités sur ce plateau.
01:03Quand Johnny Hallyday arrive sur un plateau, il y a mécaniquement quelque chose d'électrique qui se passe.
01:08Ça ne s'invente pas, vous regardez autour du plateau, ça se passe comme ça.
01:11Vous, ça vous a un peu effrayé ? Vous avez été un peu timide ? Parce que vous êtes plutôt
01:15quelqu'un de discrète et timide.
01:17Ça vous a effrayé ou plutôt au contraire ?
01:20Ça a effrayé la femme, mais intéressé l'écrivain, qui a pris le dessus.
01:24Et je ne l'ai pas bousculé. On a un rapport d'amitié, donc on a eu le temps.
01:28On a pris le temps pour ce livre. D'abord, je me suis installée chez lui pendant de longues périodes.
01:34Et donc, on a pris le temps de parler comme des amis.
01:36Ce n'était pas une inquisition. Je n'étais pas là pendant deux heures pour lui extorquer des renseignements.
01:40Je parlais de ses yeux, Johnny Hallyday. Aujourd'hui, de temps en temps, quand vous regardez le matin, le miroir,
01:45dans ses yeux, vous voyez quoi ?
01:46Vous vous posez encore ces questions de savoir finalement si, quand Jean-Philippe Smet s'évade un peu, heureusement qu
01:52'il y a Johnny, quand...
01:53Vous savez ce qui est formidable quand je me réveille le matin ? La première chose que je vois, c
01:57'est s'il pleut ou s'il y a du soleil.
01:59De se lever, de voir qu'on est toujours en vie, c'est formidable.
02:03C'est une question encore que vous posez.
02:04Oui, mais c'est valable pour tout le monde.
02:08Il y a des doutes, des inquiétudes qu'on va voir apparaître dans ce livre.
02:12On va y revenir. On va justement regarder un petit peu ce qu'il y a dans ce livre avec
02:16Daniel Wolfram,
02:17qui revient sur quelques-unes de ses tranches de vie.
02:20Votre histoire, Johnny Hallyday, Daniel Wolfram, et on se retrouve juste après.
02:25Depuis quatre jours, c'est parti. La mise en vente du livre de Johnny.
02:29Il dit ce qu'il dit, ce qu'il a envie de dire, sans tabou.
02:33Sans tabou et avec pour accroche, la divulgation de petites phrases assassines.
02:38Adeline, son ancienne épouse, Michel Sardou, Claude François, en prennent pour leur compte.
02:46Et puis il y a la politique. Johnny soutient la droite, n'aime pas la gauche.
02:51On en oublierait presque l'essentiel.
02:53Ce livre est d'abord une introspection, celle de toute une vie.
02:57Elle commence naturellement par son enfance, malheureuse et solitaire, avec l'image fort dégradée d'un père.
03:06Je n'ai jamais imprimé son visage sur mon enfance. Dans mon souvenir, je n'ai pas de père.
03:11Je deviens un homme sans lui.
03:13Mais à 14 ans, c'est le salut.
03:15Il découvre le cinéma et la musique américaine avec une révélation, le rock'n'roll.
03:21Puis ce sera un premier 45 tours.
03:25Bienvenue dans le show business. J'avais 16 ou 17 ans.
03:28Le disque est sorti le 14 mars 1960 et le rock'n'roll est né en France ce jour-là,
03:32avec moi.
03:33Et moi, je suis né pour la seconde fois.
03:37En route vers la gloire, très vite pour son public.
03:40Johnny est une silhouette, un style, une gueule, bref une star.
03:4750 ans plus tard, Josette Baron et son club de fans, tous réunis aujourd'hui, autour de sa biographie.
03:55Il balance tout ce qu'il pense. Il a envie de lire les choses.
04:00Peut-être tout ce qu'il a gardé pendant des années, qu'il n'a pas dit, il le dit
04:03aujourd'hui.
04:03Le contenu de son livre, c'est la continuité de ce qu'il a évoqué dans son single, « Jamais
04:09seul ».
04:10C'est une thérapie, une deuxième thérapie qui se fait.
04:16« Jamais seul ».
04:22De toute façon, on n'a pas d'équivalent.
04:25Alors, Amandas, c'est son histoire ou celle qu'il a bien voulu vous raconter ?
04:30Il y a un peu de tout.
04:31Et puis celle dont je me suis emparée aussi, parce que j'ai voulu aussi que ce soit un objet
04:37littéraire.
04:37Donc, c'est ma façon à moi de raconter Johnny.
04:43Peu importe, je veux dire, chacun a une façon de voir les choses.
04:46Si vous et moi, on raconte le souvenir de ce journal télévisé dans 10 ans,
04:49on aura une façon totalement différente de s'en souvenir.
04:52Et ce qui m'intéresse, c'est ce dont il se souvient et ce qu'il a envie de laisser
04:55aujourd'hui aux gens.
04:56Voilà ce qui est un peu testamentaire.
04:59En même temps, au départ, Johnny, il y a cette blessure profonde.
05:04Ce père qui s'en va, qui part aujourd'hui.
05:06Oui, certainement, c'est ce qui m'a poursuivi toute ma vie.
05:10Oui.
05:11Certainement.
05:11C'est un acte fondateur de beaucoup de choses.
05:14Vous lui en voulez encore aujourd'hui ?
05:15J'en ai jamais voulu à mon père.
05:17J'ai simplement été certainement très désœuvré.
05:21Ce manque de père m'a manqué, même manque encore aujourd'hui.
05:26Encore aujourd'hui.
05:27Mais bon, voilà, c'est comme ça, c'est la vie.
05:29Vous savez, dans ce livre, je n'ai voulu être méchant avec personne.
05:32J'ai simplement fait des constatations de choses qui me sont arrivées, comme je les ai ressenties à l'époque.
05:37Voilà.
05:38Et puis, alors, c'est facile parce que, vous savez, dans la presse, ils ne marquent que des petites phrases
05:44de choses à droite et à gauche.
05:45Mais ils ne vont pas, sans toute la continuité de ce que je dis, ce qui n'est pas exactement
05:50la même chose.
05:51On va revenir sur tout ça, qui n'est effectivement peut-être pas la partie la plus intéressante du livre.
05:55Juste quand votre père part, il y a aussi finalement un acte fondateur qui a fait de vous ce que
05:59vous êtes.
06:00Aussi un homme en colère, un homme qui avait cette... C'est aussi ça qui vous a donné peut-être
06:04cette énergie ?
06:05Oui, je pense aussi que si j'avais eu une vie normale avec un papa et une maman et que
06:10j'aurais eu une enfance comme beaucoup d'autres enfants,
06:14Je ne serais peut-être pas devenu non plus Johnny Hallyday. C'est certainement.
06:18J'ai été élevé par une famille de danseurs. J'ai voyagé depuis que j'ai l'âge de 4
06:24ans.
06:25C'est vrai que ça a fait que je ne pouvais pas faire autre chose.
06:28Une succession de blessures, finalement, il y a cet abandon au départ.
06:31En prenant un exemple, les femmes, elles sont importantes quand même dans votre vie ?
06:34Mais les femmes sont importantes. J'ai été élevé par des femmes.
06:37Donc je crois que les femmes, je les comprends mieux que je... Finalement, peut-être que je comprends les hommes.
06:41Et une première blessure avec cette rupture, elle s'appelait Patricia Viterbo.
06:45Moi, j'ai découvert cette histoire dans ce livre. Elle avait 27 ans et elle disparaît à la suite d
06:50'un accident.
06:51Une voiture qui tombe dans la scène, elle ne s'est pas nagée.
06:54Là aussi, encore une fois, vous n'avez pas été épargné par ces...
07:00Oui, mais... Vous savez, maintenant, la vie, je l'apprends comme elle est venue, comme elle vient.
07:05Et voilà, c'est des choses... Vous savez, moi, j'ai perdu beaucoup de gens que j'aimais.
07:10Tiki Holgado, Carlos, Gilles Paquet... Enfin, beaucoup de gens que j'ai aimés ne sont plus là aujourd'hui.
07:17Mais malheureusement, on ne peut rien y changer dans notre vie. C'est comme ça.
07:22Simplement, c'est un constat de choses que j'ai aimées, des gens qui m'ont fait du mal, des
07:26gens qui m'ont fait du bien.
07:27Et je crois que c'était... Je l'avais au fond de moi. Pour moi, c'était important de le
07:30dire.
07:30Donc c'était important de revenir, effectivement. On l'a dit, on l'a vu, on l'a beaucoup lu
07:34cette semaine.
07:35Clo-Clo, par exemple.
07:36Mais Clo-Clo, je ne dis absolument pas de mal de Clo-Clo.
07:39D'abord, quelque part, on était rival. Mais en même temps, on s'aimait bien.
07:43Ils piquaient un peu mes gonzesses. Mais ce n'est pas très grave, tout ça.
07:46Je veux dire, à 25 ans, qui ne piquait pas la gonzesse du copain ?
07:50Comme a dit Michel, j'ai piqué des vinyles dans une surprise partie.
07:54Ce qui a fait que l'amitié qu'on a aujourd'hui tous les deux...
07:57Est-ce qu'avec le temps, finalement, il y avait besoin de revenir sur ça aujourd'hui ?
08:00De régler finalement ces comptes-là, cette histoire-là ?
08:02Je ne sais pas que j'avais besoin de faire ça aujourd'hui. C'est que c'est tombé comme
08:05ça.
08:06Amanda m'a demandé si je voulais le faire.
08:08Je lui ai dit oui. Et puis voilà, elle m'a aidé à me rappeler comme ça
08:13un constat de souvenirs que j'ai eu toute ma vie, que je n'ai jamais dit.
08:19Parce que, bon, je ne sais pas que ce n'était pas le moment.
08:23C'est que ce n'était pas approprié. Voilà, c'est tombé comme ça.
08:26Deux mots sur deux hommes. Deux icônes. Delon, Depardieu.
08:32Vous dites de Delon, il y a des fils invisibles entre nous.
08:36Depardieu, il y a eu effectivement ce débat.
08:37C'est un homme qui, aujourd'hui, fait encore polémique.
08:40Ce sont des personnages qui sont hors normes, à vos yeux.
08:43Depardieu, c'est un génie. C'est le meilleur acteur français qu'on ait pu avoir.
08:47Avec d'ailleurs Belmodo, Gabin et Delon.
08:51Voilà, il est comme il est. Il a fait ce qu'il avait envie de faire.
08:54Et puis, c'est son problème. Ce n'est pas notre problème.
08:57On a toujours tendance à critiquer ce que font les autres.
08:59C'est son problème. Foutez-lui la paix.
09:01Cette vie intense, elle passait par des moments, des paradis artificiels.
09:05Vous en avez eu besoin. On en parle.
09:07Vous en parlez dans ce livre, à ce moment-là, pour vous évader.
09:09Ce n'est pas que j'en avais besoin.
09:11C'est que je vivais dans un monde de rock'n'roll en Angleterre,
09:14où tout le monde faisait un petit peu ça.
09:16J'ai mis surtout dans le milieu musicien.
09:20Et donc, moi, j'étais un petit peu pris dans cet engrenage-là.
09:22Mais ça n'a pas duré longtemps.
09:24Et puis, voilà. Et puis, maintenant, aujourd'hui, je peux dire
09:26que d'une saloperie, ils n'en prenaient pas.
09:27Amanda Asters, qu'est-ce que vous retenez de cette rencontre-là, pour conclure ?
09:32Picasso disait qu'il faut du temps pour devenir jeune.
09:35Et je pense que grâce à Johnny, je suis devenue jeune, en fait.
09:38Je garde une vraie leçon, qui est que pour être un grand artiste,
09:43il faut être libre et écouter son instinct.
09:47Son instinct. La parole libre de Johnny Hallyday.
09:50Merci, Johnny Hallyday, d'être venu.
09:51On vous retrouve, bien évidemment, en concert.
09:53Vous savez qu'on vous appelle le playboy de la télévision.
09:55Ah bon ?
09:55Oui, oui.
09:56On va écouter le nom de vous, c'est un compliment.
09:57Moi, je le prends plutôt bien.
09:59Mais enfin, je ne ferai jamais ce que vous avez fait pendant toutes ces années.
10:01Merci. C'était un joli moment d'être venu nous rendre visite.
10:04Ça s'appelle Dans mes yeux et c'est chez Plon.
10:07Sachez que demain...
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