00:00Bonsoir Julie Gaillet. Vous aviez oublié cette scène-là ? J'avais oublié. C'était un baiser de plus.
00:06Oui. Vous étiez posée, vous, la question avant, comme disait Carmen ? Non, mais j'aurais pu me la poser,
00:15mais c'est vrai que dans ma famille, on parle de ça plus ouvertement, je ne sais pas, on ne se l'est
00:20jamais vraiment posée, mais on aurait... Voilà. Je ne sais pas, un jour, on avait dit comment on
00:23sait si on aime une fille ou un garçon ? Et mes parents avaient dit, je ne sais pas, vous êtes
00:28attirée par les filles ou par les garçons ? Quelque chose d'assez naturel, mais je ne me
00:32suis jamais posé la question, j'ai tout de suite été attirée par les garçons. Et quand vous avez lu le
00:40scénario, quelle était votre première réaction ? Génial, c'est la première fois qu'on parle de
00:46l'homosexualité féminine comme ça. Beaucoup plus d'ailleurs, les femmes ont le rôle majeur quand
00:51même dans ce film, dans cette comédie. Exactement. Plus que d'habitude, c'est toujours, je ne sais pas,
00:55la cage aux folles ou beaucoup dans les films sur l'homosexualité, les garçons, qui ont
00:59d'ailleurs toujours ces traits, les grandes folles et tout ça, c'est... Ou alors, c'est
01:04des films très sérieux, beaucoup plus réalistes. Et là, c'est un mélange des deux. Et ça,
01:08j'ai trouvé ça génial. Je me suis dit, enfin, un film différent.
01:11Alors, on vous dit, tiens, l'un des pères, ce sera Johnny Hallyday. Alors, vous réagissez
01:16comment ? Parce que, moi, je suis la génération, c'est l'idole. Comment vous vous êtes retrouvée
01:21en face ? Comment vous êtes fait ? Je suis un peu comme aujourd'hui, le crac,
01:26les mains moites. Et puis, après, c'était mon père, quoi. Voilà, c'était le comédien
01:32et on était... C'est un bonheur, un bonheur. Mais c'est vrai, Johnny Hallyday, que quand
01:37elle vous annonce, vous... Non, mais quand on a fait ses films, surtout, bon, je pense
01:41que ça se voit sur ce film, on s'est vraiment beaucoup marré, quoi.
01:44Oui. Pendant le tournage ? Pendant le tournage, je parle même hors tournage, je veux dire,
01:50enfin, sur le plateau, quoi. C'était un bonheur de se retrouver tous ensemble.
01:54Mais vous, vous êtes complètement à contre-emploi, quand même, là-dedans, parce que vous êtes
01:57un symbole de virilité, de machisme, comme ça.
02:02Oui, mais ça, je suis content que Stéphane m'ait proposé ce rôle, parce que moi, je voulais
02:05absolument un rôle à contre-emploi. Je voulais pas faire un retour au cinéma. J'ai fait
02:13pas mal de films, un retour au cinéma. Et être employé comme j'ai été employé, c'est-à-dire
02:18proche de ce que les gens pensent que je suis en réalité dans la vie, c'est-à-dire
02:22Johnny Lee, tout simplement. Pour être crédible quand on a un nom connu dans un autre métier,
02:30quoique très proche, chanteur et comédien, c'est très proche, mais quand même chanteur,
02:35c'est difficile sur un écran d'être crédible quand on a un autre personnage à jouer.
02:42Donc la seule façon d'être crédible, c'est de faire quelque chose de complètement
02:44différent, de faire un rôle à contre-emploi.
02:46Vous êtes le père, peut-être le plus compréhensif, le plus sympa dans tout ça.
02:51Et pourtant le plus macho, puisque je suis quand même un touréador un peu sur le retour.
02:56Mais comme j'aime profondément ma fille, et que je l'aime profondément et que je cherche
03:04à la comprendre, disons que la tolérance vient avec ça. C'est ce qu'on a voulu. Je pense
03:09que Stéphane, surtout notre metteur en scène, a voulu montrer dans ce film. C'est un film
03:15sur l'amour et la tolérance.
03:16Mais honnêtement, il y a 20 ans, il y a 30 ans, on n'aurait jamais pu faire ce genre
03:20de film. La tolérance a progressé.
03:22Non, c'est vrai. Il y avait des tabous. Il y avait des tabous qui se sont quand même
03:24effondrés depuis 20 ou 30 ans. C'est vrai qu'on n'aurait jamais pu faire un film sur
03:29l'homosexualité, homme ou femme, comme ça, même en en rigolant comme aujourd'hui.
03:34Vous-même, vous avez progressé.
03:36C'est quand même une comédie. Il ne faut pas oublier une chose, c'est un thème sérieux,
03:39mais traité en comédie quand même.
03:40Mais vous-même, personnellement, l'homme, vous avez progressé dans la tolérance à l'égard
03:44d'une sexualité différente ?
03:46Vous savez, j'ai beaucoup d'amis qui sont hommes ou femmes qui sont homosexuels.
03:50Moi, ça ne me dérange pas parce que ce sont les gens les plus touchants et en général,
03:58les gens les plus... Comment dire ? Ce sont les gens qui sont les plus sincères.
04:04Julie Gaillard, quelle est la leçon que vous tirez de ces personnages ?
04:06Vous êtes plusieurs femmes à assumer votre sexualité, à le dire très ouvertement
04:11et à le dire dans une vraie joie quand même. Bon, il y a un petit peu de larmes,
04:14mais il y a une vraie joie dans tout ça.
04:15On l'assume. On a l'air en tout cas de l'assumer, mais en fait, pas vraiment.
04:18Je pense que ça reste... Eva, c'est quand même une dragueuse ici.
04:22Elle drague comme ça. Vous verrez, c'est quand même pas par hasard à mon avis.
04:26Parce qu'il doit y avoir quelque chose d'un peu...
04:29Et je pense que c'est ça, le dire à ses parents et vraiment l'assumer.
04:33Ça, c'était un truc... Je pense que c'est important et c'est pas facile et évident.
04:37Donc, en fait, elle est touchante.
04:39Moi, c'est ce que j'aime dans ce film, c'est aussi...
04:40C'est une comédie vraiment et en même temps, on sent que c'est pas facile.
04:46Je crois quand même ce qui est important, c'est que pour un acteur,
04:51de jouer un rôle d'homosexuel, que ce soit homo ou femme,
04:54quand on ne l'est pas, surtout, c'est de jouer...
04:57Et c'est pas jouer la folle, quoi.
04:59C'est pas jouer la folle traditionnelle, comme on voit des fois des clichés dans des films
05:02qui sont même à la limite de sa friche de ridicule.
05:05C'est ça qui est important.
05:06Comme même un homosexuel, un vrai,
05:09de jouer un rôle d'un homme qui n'est pas du tout homosexuel.
05:14C'est ça d'être quelqu'un d'autre.
05:16Alors, je dois dire, il est parfait naturel quand vous lui annoncez.
05:19Il est là ?
05:20Il fait des chutes.
05:22Oui, ça tourne, ça tourne.
05:26Qu'est-ce qui m'arrive, là ?
05:27Merci pour ce film qui sort donc aujourd'hui sur les écrans.
05:30Je voudrais revenir plus sérieusement,
05:31parce que je pense que vous êtes, vous aussi, touché par la mort de Michel Pratucciani.
05:34C'était quelqu'un que vous estimiez beaucoup.
05:35Oui, bien sûr, oui.
05:36Je ne le connaissais pas personnellement, malheureusement,
05:39mais tout ce que je peux dire, c'est que dans le jazz,
05:42et surtout dans la musique,
05:43c'était un très grand musicien,
05:45et il va nous manquer à tous.
05:46Merci beaucoup.
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