00:00Donc M. le député, pour revenir sur peut-être la manière dont vous êtes venu à vous intéresser au travail
00:07de SAF France,
00:07mais surtout l'amendement que vous avez porté en fin d'année dernière.
00:10En fait, ce n'est pas compliqué. Moi, j'ai participé à la conférence de presse il y a deux
00:13ans du SAFTON.
00:15Et donc j'ai vu à la fois le modèle réunionnais qui fonctionnait,
00:18et comment à la réunion, on avait réussi à réduire de manière très importante le nombre d'enfants touchés par
00:22le syndrome d'alcoolisation fétale,
00:24et en même temps les chiffres nationaux qui sont très très très très forts et très importants.
00:28Et donc j'ai proposé à Denis Lamblin et à l'association qu'on travaille ensemble pour porter finalement ce
00:34combat-là à l'Assemblée nationale.
00:36Donc ça a réussi à faire passer un amendement, c'est-à-dire que l'Assemblée nationale a voté un
00:41plan de prévention vis-à-vis du syndrome d'alcoolisation fétale,
00:45qui a été voté en fin d'année dernière, un plan de prévention qui coûterait environ 100 millions d'euros,
00:50qui permettrait, nous on le pense, en deux ou trois ans de diminuer par deux le nombre d'enfants touchés
00:55à l'échelle nationale,
00:56et qui donc permettrait d'économiser plusieurs milliards, voire une dizaine de milliards d'euros pour le budget de l
01:04'État français.
01:05Et ce que nous maintenant on attend, c'est que le gouvernement mette en place ce que l'Assemblée nationale
01:09a voté,
01:09parce que on est, concernant le syndrome d'alcoolisation fétale, sur la première cause évitable du handicap psychique.
01:15Donc il n'y a aucune fatalité à ce que ces enfants naissent avec ce syndrome-là.
01:19Il s'agit d'un gros travail de prévention, d'information auprès des familles.
01:24On voit bien qu'à La Réunion, on a un modèle qui fonctionne, qui est fragile, mais qui fonctionne,
01:29qui doit être pérennisé par un plan national de prévention, et qui est un modèle aussi qui intéresse énormément de
01:37pays dans le monde.
01:38On est allé en Irlande au mois de mai dernier, on a réussi à mettre en place une charte finalement
01:42signée par plus de 15 pays,
01:44le Canada, les États-Unis, l'Australie, beaucoup de pays européens,
01:47puisque eux voient qu'avec ce qu'on a réussi à faire, c'est-à-dire la prévention dans les
01:51lycées, les collèges,
01:53c'est-à-dire la prévention grand public, c'est-à-dire aussi du travail ciblé vis-à-vis des
01:57familles les plus en difficulté,
01:58on a réussi à vraiment diminuer de manière très très importante le nombre d'enfants touchés.
02:02Donc ce que nous disons maintenant, c'est que le prochain gouvernement, parce qu'on a compris que celui-là
02:06ne le fera pas,
02:07le prochain gouvernement devra mettre en place ce plan de prévention à l'échelle nationale,
02:11d'abord pour sauver des vies à l'échelle de l'ensemble du pays,
02:14et surtout aussi pour sécuriser, sanctuariser notre propre modèle qui fonctionne, mais qui est fragile,
02:20qui est tributaire de subvention, qui peuvent très vite diminuer.
02:24Et donc le fait d'inscrire un plan national de prévention à l'échelle nationale,
02:28nous, nous permettrait de sécuriser notre propre modèle pour que dans 5 ans ou 10 ans,
02:33on n'ait pas un retour en arrière qui est tout à fait possible si les subventions ne suivent pas
02:38et si on n'est pas finalement épaulé, accompagné par notre pays, c'est-à-dire par la France,
02:45sur la politique de prévention globale vis-à-vis du syndrome d'alcoolisation fétale.
02:50Vous avez parlé d'un modèle exemplaire localement, et d'ailleurs il faut le rappeler aussi,
02:54l'amendement que vous avez voté à la fin d'année dernière, en fin d'année dernière, c'était contre
02:57l'avis du gouvernement.
02:58Tout à fait.
02:59Ce modèle exemplaire, comment il est reçu chez vos collègues à l'Assemblée nationale ?
03:03Eh bien ça fait partie de mon travail, de notre travail, évidemment,
03:06c'est de l'expliquer justement aux différents députés, aux différents groupes politiques,
03:11puisque lors du vote de cet amendement, on a vu que certains députés qui appartiennent à la majorité du gouvernement
03:17ont voté contre l'avis de leur propre gouvernement, parce qu'on avait pu faire le travail d'explication,
03:23d'abord de la réalité de ce qu'est le syndrome d'alcoolisation fétale, et ensuite de ce qui existe
03:28à La Réunion.
03:29Je vais prendre l'exemple d'une collègue qui s'appelle Mme Piron, qui est du parti Horizon,
03:32et qui était venue ici à La Réunion voir comment on avait travaillé,
03:35et qui, quand j'ai défendu l'amendement, l'a voté.
03:37Donc le travail parlementaire, et en particulier quand nous, députés des Outre-mer, députés de La Réunion,
03:42c'est bien d'aller voir l'ensemble des collègues, de leur expliquer notre réalité,
03:46et ensuite de faire le travail de lobbying, je dirais, mais un lobbying territorial,
03:50pour qu'arrivée au moment du vote, certains députés puissent se détacher des consignes nationales,
03:55ce qui a été fait. Et donc là, pour le coup, c'est un travail un peu exemplaire,
03:59mais ce que je dois dire, c'est que la loi qui était déjà passée sur le pictogramme
04:06venait déjà de La Réunion, donc c'est quelque chose qui n'est pas nouveau.
04:09Il y avait déjà eu une initiative législative de la part de la sénatrice Anne-Marie Payette
04:14qui avait réussi à faire bouger les lignes à l'échelle nationale.
04:17Donc finalement, moi, je m'inscris un peu dans la suite de ce qui avait été fait déjà à l
04:21'époque,
04:21et on voit bien que quand on arrive à avoir les bons arguments et à toucher les bonnes personnes,
04:25on arrive à faire voter des amendements ou des textes contre l'avis du gouvernement,
04:31parce qu'à un moment, la réalité dépasse ou rattrape les enjeux nationaux.
04:36— Vous parlez de la loi Payette. Il s'est passé pas grand-chose, je crois,
04:41entre la loi Payette et votre abonnement sur le plan législatif. La Réunion est toujours précurseur.
04:45— Effectivement, je crois qu'il n'y a pas eu de mémoire. L'amendement, ça a été la première
04:50fois
04:50qu'on a reparlé du syndrome d'alcoolisation fétale à l'Assemblée nationale depuis la loi de Marie Payette.
04:56Effectivement. Et nous, on a continué ici à La Réunion à faire le travail.
04:59Mais maintenant, il faut qu'on arrive vraiment à la se rire dans le marbre de la loi française
05:02pour qu'on ne se pose pas la question de savoir si dans 5 ans, 10 ans, on va avoir
05:08un retour en arrière chez nous.
05:09Et puis qu'on puisse aussi faire rayonner La Réunion, parce que nous, on voit bien,
05:13avec notamment les retours à l'international, que beaucoup de gens découvrent, parfois notre île,
05:17ou découvrent aussi nos capacités et finalement nos compétences à travers cet exemple-là
05:23de la prévention du syndrome d'alcoolisation fétale, où on a réussi finalement à mettre tout le monde en réseau
05:28et à faire travailler sociétés civiles, élus, familles, avec au cœur vraiment de la démarche,
05:34la parole des familles, la parole des femmes, la déstigmatisation, enlever le tabou
05:38et faire en sorte que chacun et chacune puissent s'exprimer et expliquer la situation
05:43pour effectivement que ça ne puisse pas se reproduire.
05:46Monsieur le député, merci beaucoup.
05:47Merci à vous.
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