00:03Pour l'heure, nous recevons pour la deuxième fois Colette Roche-Pacardi, attachée de presse
00:09au Mille Talents. Vous revenez déjà de la Mostra de Venise. Colette, le festival de cinéma dont
00:14la clôture est pourtant prévue le 12 septembre. Ah bah oui, mais moi ma Florence, moi tu sais
00:18Venise, je ne tiens pas plus d'une semaine. Les gens adorent, mais moi toute cette flotte,
00:22ça me déprime. C'est mon côté Renaud. Vraiment, je ne comprends pas pourquoi tout le monde s'extasie
00:26encore devant cette ville. Oh, regardez, on a eu un dégât des eaux il y a quatre siècles
00:30et on n'a pas pu faire jouer la décennale. Mais déclarer le sinistre et arrêter de nous
00:34emmerder. En plus, on ne peut pas se déplacer dans ce bled. Je vous jure, moi, au bout de
00:38trois gondoles, j'avais des envies de départementales. Par contre, la bouffe, c'est fantastique. Même
00:42s'il n'est pas de trois fois par jour quand t'es allergique au gluten, c'est pas l
00:45'idéal.
00:46J'ai gonflé comme un airbag. Et essayez pas de me dire le contraire, ça ne sert à rien.
00:50Quand les gondoliers de voix arrivent et crient « Vaporetto », le message est passé. Mais bref,
00:55la sélection de la Mostra cette année, c'est quand même pas mal. Tu l'as vu, Benjamin ?
00:59Oui, ben t'es trop occupé à te raser. Et vous, Dominique ?
01:03J'ai tout vu, mais non !
01:05Bien sûr que non, de toute façon, quand ça ne parle pas de chiffres, ça ne vous intéresse
01:08pas. Le gars, les seuls films qui l'a vus, c'est 308,5. Alors, cette année, il y a
01:14du
01:14niveau. En plus, moi, j'ai quelques poulains dans des compétitions annexes, comme ma petite
01:19réalisatrice kosovare, la Susanna Krasinski. Un cinéma très contemplatif, plan fixe,
01:25aucune coupe, grain flou, subjugant. On est entre Terrence Malick et une caméra de
01:29surveillance Franprix. Par contre, hier, je l'ai vu en scène, quand elle présentait
01:33le film, elle avait le projecteur en pleine poire. Je peux te dire, Florence, qu'avec
01:36une peau pareille, heureusement qu'elle est derrière la caméra. Sinon, j'ai mon petit
01:41Suédois, Björn Eriksson. Alors, lui, je suis particulièrement fier de l'accompagner,
01:44parce que je le suis depuis le tout début. Je peux vous dire, je l'avais repéré. Il réalisait
01:49des pubs, Ikea. Le gamin est arrivé à me faire chialer avec un travelling sur un caisson
01:53de bureau, modèle voxtrop en plus, le plus fun. Là, avec son film, il continue un peu
01:58dans la même veine, mais en plus ambitieux. Si tu veux, c'est un thriller sexuel dans
02:02le milieu de la cuisine aménageable qui met en scène la relation sadomaso entre un
02:07directeur de magasins lubriques et une jeune alternante inexpérimentée. Alors, ça paraît
02:12un peu racoleur comme ça, mais je vous jure que c'est d'une rare intelligence charnelle.
02:17Bref, ça s'appelle « Encastre-moi la hausse ».
02:19Ça fait très envie. Mais vous n'accompagnez aucun film français ?
02:23Ah bah si, bien sûr que si ! Simon-Julien Lévesque, mon chouchou, du vrai cinéma social
02:28à la française. Le digne successeur de Stéphane Brisé et des pubs pour la Maïf. En plus, là,
02:33son film va faire un bruit du tonnerre. C'est un biopic non autorisé sur l'ascension
02:38et la sud de Martin Bouygues. C'est quoi le titre ? Crimes et bâtiments. Très bien.
02:43Merci beaucoup, Colette, pour ce point culture. Merci d'avoir été avec nous ce matin.