00:00Ça a commencé par des caresses, puis après des fellations,
00:03et puis effectivement des relations sexuelles de manière une fois par semaine jusqu'à ses 15 ans,
00:09et puis plusieurs fois par semaine, voire des nuits entières.
00:13C'était un beau-père qui avait abusé de son beau-fils pendant de ses 14 ans à ses 17
00:27ans.
00:28Il était prévenu et renvoyé devant le tribunal correctionnel pour une agression sexuelle sur mineurs de 15 ans et de
00:36plus de 15 ans,
00:37et pour provocation directe à la consommation de toxiques, c'est-à-dire de stupéfiants, et notamment à la drogue
00:42dure, la cocaïne.
00:43Il a entretenu une relation progressive avec sa victime, avec qui il a incarné une figure paternelle qui compensait un
00:55vide dans la vie de ce jeune homme.
00:57Il a progressivement accoutumé à la drogue.
01:02Il a commencé à rentrer effectivement dans une relation d'emprise de plus en plus ténue, de plus en plus
01:08forte.
01:09Le jeune homme avait une très grande fragilité initiale qui s'est accrue avec la consommation de stupéfiants.
01:15Tout le point de débat central était la valeur du consentement.
01:19Les expertises avaient démontré qu'il était impossible pour ce jeune homme, compte tenu de son jeune âge,
01:25compte tenu de la consommation massive de toxiques, d'avoir un véritable consentement.
01:31La fonction cathartique du procès, j'ai jamais vu une victime qu'il a incarnée avec autant de prégnance,
01:39et qui a mis toute sa souffrance en elle pour ne faire ressortir finalement que sa dignité.
01:46Il a été reconnu coupable des faits pour lesquels il était poursuivi.
01:50Il a été condamné à deux ans de sursis probatoires et à une peine ferme de deux ans aménagé sous
01:58la forme d'un bracelet électronique.
01:59Le parquet avait requis quatre ans avec mandat de dépôt.
02:02Ça m'a donné beaucoup d'expérience de la manière dont on peut traiter le cas d'une victime particulièrement
02:11traumatisée.
02:12Ce jeune homme avait un stress post-traumatique et avait subi effectivement un parcours de vie brisé.
02:18C'est aussi quelqu'un qui était souffrant de plusieurs polyaddictions, alcool, drogue, qui se reconstruisait et qui travaillait d
02:27'ailleurs.
02:28Moi, c'est vraiment le travail sur la distance qu'un avocat doit tenir avec un client.
02:34Parce qu'en réalité, on reste très humain.
02:35Cette humanité, on essaye de prendre la souffrance des gens et la présenter à un tribunal.
02:42Mais on doit capter avec beaucoup d'empathie, mais rester avec une forme de distance.