00:007h45 au dernier jour de la première semaine de rentrée, le Dazen, l'inspecteur d'Atecadémie dans le Gard,
00:05est votre invité, Quentin Pérez de Tudela.
00:07Bonjour Christophe Moni.
00:08Bonjour.
00:09Avant de commencer cette interview, je vais demander à Amandine, qui est à votre côté,
00:14si vous pouviez, notre standardiste, si vous pouviez, M. Moni, lui remettre votre téléphone portable.
00:19Vous n'êtes pas accro ?
00:20Pas de soucis, ça ne vous pose pas de problème ?
00:22Je peux même lui en remettre deux.
00:23Bon, elle vous le remettra à la sortie du studio où son usage est interdit,
00:28comme dans l'enceinte des lycées, finalement, depuis la rentrée.
00:31Est-ce que les élèves sont aussi disciplinés que vous l'êtes avec nous,
00:35puisque vous venez de remettre votre téléphone portable ?
00:38Je pense que quand on explique bien les choses et qu'ils participent, si vous voulez,
00:41à l'organisation de cette action, les élèves sont assez disciplinés.
00:47On a d'ailleurs une expérimentation majeure sur Saumir depuis plusieurs années au lycée.
00:52Ça se négocie toujours, mais globalement, il va falloir un petit peu de temps
00:56pour que les équipes puissent le mettre en place.
00:57Oui, c'est ce que j'allais vous dire.
00:58Il y a une quarantaine de lycées dans le Gard.
01:01Est-ce que donc cette mesure est appliquée partout ?
01:03Non, vous ne l'êtes pas.
01:05Elle sera appliquée partout.
01:06Et c'est combien de temps ?
01:07Le plus rapidement possible, puisque vous savez qu'il faut porter en conseil d'administration,
01:13au règlement intérieur, la modification.
01:16Et puis, bien expliquer et expliciter à tout le monde les nouveaux usages,
01:21puisque c'est vraiment, vous l'avez dit, pas une interdiction totale de l'objet,
01:24mais bien un contrôle et une maîtrise de l'usage pour faire en sorte qu'il pollue le moins possible
01:29l'attention et la concentration des élèves.
01:31Est-ce qu'il y a des cas où, malgré tout, le téléphone portable sera autorisé pour les élèves ?
01:35Dans les internats notamment, lorsque la journée scolaire se termine,
01:40ils sont dans le temps privé ou peut-être sur le temps de récréation à l'extérieur.
01:46Entre l'usage à l'intérieur qui est prohibé et l'usage à l'extérieur qui est maîtrisé et contrôlé,
01:52il y a des choses qui sont à déterminer.
01:54Quel pari faites-vous avec cette interdiction ?
01:57Justement, ce que je vous disais, c'est que le pari, c'est que progressivement, si vous voulez,
02:01les élèves puissent prendre conscience que ce téléphone portable,
02:05quand il est à côté de soi ou qu'il attire notre attention,
02:09pollue notre concentration, ce dont nous avons besoin pour pouvoir mieux apprendre.
02:13Donc quel pari au niveau scolaire ? C'est ce que j'entendais par là.
02:16Meilleure concentration en classe.
02:17Meilleure concentration, donc a priori meilleur résultat.
02:20La conséquence est à espérer.
02:23La rentrée, on va y revenir, a été marquée par des manifestations de parents d'élèves,
02:26notamment contre des fermetures de classes.
02:28Il en sera question une ultime fois aujourd'hui lors d'une réunion entre vos services et les syndicats.
02:33Combien de classes sont sur la sellette, sont menacées ?
02:36Sur la sellette, le terme est un peu exagéré.
02:40Tous les ans, d'abord vous dire que tous les ans, c'est un rendez-vous classique,
02:44sachant que toute décision qui sera prise, que ce soit à l'ouverture ou à la fermeture,
02:47puisqu'il y a aussi, on focalise sur les fermetures, mais il y a aussi des ajustements à l'ouverture,
02:52toutes décisions qui seront prises seront à titre provisoire
02:54et seront consolidées ou pas lors de la carte de rentrée prochaine.
02:59Mais là, on peut dire quoi ? Qu'il y a combien de classes menacées ?
03:01Non, non, non, classes menacées, non.
03:03Il y a une vingtaine de situations observées à l'ouverture ou à la fermeture.
03:08Donc, voilà.
03:10C'est le cas notamment à l'école Prospère-Mérimée, quartier Croix-de-Ferre à Nîmes.
03:13Des familles se sont d'ailleurs mobilisées hier.
03:15Qu'est-ce que vous leur dites ce matin ?
03:17Je leur dis que l'intérêt de l'enfant est une priorité.
03:21Les équilibres départementaux entre les écoles sont une priorité également.
03:26et que l'enjeu des décisions n'est pas de mettre en difficulté ni l'un ni l'autre, ni
03:31les uns ni les autres.
03:32C'est d'être le plus juste possible dans la décision.
03:35Vous dites le plus juste, mais sur quels critères vous décidez ou non de maintenir une classe ?
03:39Sur la composition sociale du public, sur les effectifs à ce stade de l'année, sur les effectifs,
03:45puisque les derniers recensements qui seront à confirmer au 1er octobre
03:49montrent que la projection des effectifs qui est à la baisse de manière assez importante
03:54dans le 1er degré, dans le Gard, se confirme au premier constat que l'on a fait,
03:59mais nous attendons la confirmation au 1er octobre,
04:01et se confirme même plus encore que ce que nous avions projeté.
04:04Une baisse qui est de quel ordre alors ? Puisque vous dites qu'elle est importante.
04:07Je pense qu'il faut avoir en tête que d'ici 2035,
04:12nous sommes dans un seuil d'accélération,
04:14nous aurons perdu à peu près 25% de notre population scolaire dans le 1er degré.
04:18Lié à la baisse de la natalité en France ?
04:19Absolument.
04:20Dites-moi, il y a un autre cas à Manduelle,
04:22il y a eu une mobilisation contre l'arrivée pour le coup
04:25d'une nouvelle directrice à l'école, Françoise Dolto,
04:28parce qu'elle est soupçonnée de maltraitance dans son ancien établissement.
04:31Ce cas a fait l'objet hier d'une réunion.
04:34Qu'est-ce qu'il en est ressorti ?
04:36Simplement leur dire qu'ils ont manifesté contre l'arrivée d'une enseignante
04:41qui n'est jamais arrivée.
04:43C'est-à-dire qu'ils ne l'ont jamais vue,
04:44elle n'a jamais mis les pieds dans l'école.
04:44Parce qu'elle a été mise en congé en urgence.
04:46Voilà, mais donc elle n'est jamais arrivée,
04:48elle n'a jamais pris son poste,
04:49nous l'accompagnons, cette personne.
04:52Donc j'ai envie de dire, c'est un peu bizarre
04:54de ne pas mettre ses enfants à l'école
04:56pour contester la présence d'une enseignante qui n'est pas là.
04:59Mais est-ce qu'il est question qu'un jour
05:00elle prenne ce poste de directrice ?
05:02Pour l'instant, nous sommes en accompagnement de la personne.
05:07Nous avons mis en place toutes les procédures,
05:09y compris juridiques, auprès du tribunal administratif.
05:12Donc pour l'instant, le constat est là.
05:14Aujourd'hui, à l'heure où je vous parle, la personne n'est pas là.
05:16Est-ce qu'elle sera malgré tout remplacée ?
05:19Le temps d'eux ?
05:19Elle l'est déjà.
05:20Elle l'est déjà.
05:22Christophe Moni, je vous remercie beaucoup d'avoir été avec nous ce matin
05:25sur l'antenne d'Issil-Guerre-Losère
05:27pour parler des derniers ajustements que vous allez faire tout à l'heure
05:30avec les syndicats sur la carte scolaire
05:32et sur la possible fermeture ou non d'une vingtaine de classes,
05:35comme vous nous l'avez dit.
05:36Non, il n'y a pas la possible fermeture d'une vingtaine de classes.
05:39Ce sont des ajustements.
05:40Vingtaine de situations.
05:41Nous examinerons une vingtaine de situations
05:45tant à l'ouverture qu'à la fermeture.
05:47Donc nous n'allons pas prendre des décisions de fermeture massive.
05:51C'est pour ça que j'ai utilisé le terme d'éventuel.
05:53Oui, c'est pas de fermeture ou d'ouverture d'ailleurs massive à ce stade de l'année.
05:58Christophe Moni, directeur académique des services de l'éducation nationale.
06:02Don Le Gard, je vous remercie beaucoup d'avoir été notre invité.
06:04Interview à réécouter en intégralité sur ici.fr et l'appli ici.
06:08Merci.