00:00Alors ce sont des manifestations qui se sont déroulées hier à 20h dans tout le pays, en même temps, dans
00:06des dizaines de villes à travers l'Espagne.
00:08Moi je suis passé par la manifestation de Madrid, c'était sur la place de Sibeles.
00:12Les manifestants avaient plusieurs messages qu'on peut schématiser en trois.
00:16Il y avait d'abord évidemment la solidarité avec Ceuta, une ville saturée par l'arrivée massive de migrants le
00:2230 juillet dernier.
00:23Il en reste au moins 5000 personnes.
00:25On a entendu des slogans comme Ceuta résiste, l'Espagne se lève ou encore Ceuta est espagnole.
00:31Il y avait aussi des accusations contre le gouvernement de Pedro Sanchez.
00:34Personne ne croit à sa version selon laquelle le Maroc n'a aucune responsabilité dans cette crise migratoire.
00:41Une large majorité de la population pense au contraire que le Maroc est le premier responsable,
00:46comme le point du doigt d'ailleurs des rapports de police qui sont apparus hier dans la presse.
00:50Enfin, ces manifestations étaient aussi, on peut le dire, des défouloirs de tous les opposants au gouvernement de gauche de
00:57Pedro Sanchez.
00:58Au moins autant que les cris de soutien à Ceuta, on a entendu des insultes copieuses contre Sanchez.
01:04Le chef du gouvernement, ce matin, à l'occasion de faire valoir ses arguments,
01:09il s'exprime depuis quelques minutes, depuis 9 heures, devant les députés pour rendre compte de sa gestion de la
01:14crise à Ceuta.
01:15Mathieu, est-ce que ça veut dire, au fond, que ce que je comprends dans ce que vous dites,
01:18c'est que les manifestants reprochent au gouvernement espagnol,
01:24estiment que le gouvernement espagnol, en quelque sorte, leur a menti sur la réalité de cette crise ?
01:30Oui, en tout cas, ils estiment que le gouvernement n'est pas clair, a une trop grande prudence
01:37quand il s'agit de savoir quelle est la possible responsabilité du Maroc,
01:43donc du pays d'où sont partis évidemment ces dizaines de milliers,
01:47ces 70 ou 80 000 personnes qui sont entrées à Ceuta les 30 et 31 juillet dernier.
01:53C'est à peu près l'équivalent de la population habituelle de Ceuta, 80 000 personnes.
01:59Donc le gouvernement espagnol, depuis le début, dit que le Maroc n'est pas derrière,
02:06n'est pas l'organisateur de ses arrivées massives,
02:10sauf que les images observées par les Espagnols, sur les chaînes de télévision par exemple,
02:16sur Internet, montrent au minimum une passivité de certains agents de police marocains,
02:22et ce sont ces images qui sont utilisées par des experts pour dire qu'il y a à minima
02:27une passivité des services de police marocains.
02:34Reste à savoir si c'est une passivité organisée, par qui.
02:38Tout cela, il n'y a pas de preuve définitive,
02:42mais le gouvernement ne va même pas jusqu'à dire qu'il a des soupçons
02:46ou des doutes sur l'attitude du gouvernement marocain.
02:50C'est ce que reprochent les Espagnols, dire qu'au minimum il y a une incertitude
02:55sur ce qui s'est passé les 30 et 31 juillet dernier.