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  • il y a 7 semaines
François Hollande, ancien président de la République et député PS de Corrèze, publie "Unir – Nouveau monde, nouvelle gauche" (Robert Laffont). Il dément les rumeurs de candidature et assure qu'"il n'y aura qu'une seule candidature de la gauche social-démocrate". Plus d'info : https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/l-invite-de-8h20-le-grand-entretien/l-invite-de-8h20-le-grand-entretien-du-mercredi-02-septembre-2026-7371764

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Transcription
00:00Et dans le grand entretien ce matin, nous recevons donc un ancien président de la République,
00:05député socialiste et peut-être, peut-être, futur candidat à l'élection présidentielle.
00:09Vos questions et réactions, chers auditeurs, au 01 45 24 7000 et sur l'application Radio France.
00:16Bonjour François Hollande.
00:17Bonjour, bonjour.
00:17Merci d'être avec nous ce matin, d'avoir choisi France Inter pour venir parler de votre nouveau livre.
00:22Ça s'appelle « Unir », sous-titré « Nouveau Monde, Nouvelle Gauche » aux éditions Robert Laffont.
00:27Vous y faites de nombreuses propositions pour le pouvoir d'achat, sur l'immigration notamment.
00:32On va y revenir.
00:34On va aussi parler de la situation à gauche, alors que vous refusez toujours de participer à la primaire de
00:39la gauche dite sociale-démocrate.
00:41On essaiera de comprendre quelle est votre ambition et votre calendrier.
00:45Mais d'abord, expliquez-nous, François Hollande, quel est le sens de ce livre ?
00:49Est-ce que c'est celui d'un ancien président qui veut mettre à profit son expérience pour éclairer la
00:54nouvelle génération ?
00:55Ou est-ce que c'est celui d'un candidat qui a déjà un programme prêt à l'emploi ?
01:00C'est celui de François Hollande qui regarde le monde tel qu'il est,
01:05qui est beaucoup plus dangereux que celui-même que j'avais pu affronter lorsque j'étais président de la République,
01:11et une société française qui est beaucoup plus divisée que ce que j'avais pu avoir à connaître comme chef
01:17de l'État.
01:17Et nous sommes à la veille d'une élection qui va être non seulement majeure pour les Français, pour leur
01:24vie, pour la France, pour sa place dans le monde,
01:27mais aussi pour l'Europe, parce que ce qui sortira du scrutin du mois de mai prochain déterminera à la
01:34fois ce que la France peut faire,
01:36ce que la France a comme rôle, et ce que deviendra aussi l'Europe dans le monde tel que je
01:42l'ai décrit,
01:42c'est-à-dire avec Vladimir Poutine et Donald Trump, sans oublier la Chine.
01:47Donc, quel était mon rôle ? Quel est encore mon rôle ?
01:49C'est de transmettre, effectivement, l'expérience que j'ai, de donner, avoir un projet,
01:54car il y a aujourd'hui une nécessité que la France soit beaucoup plus forte qu'elle ne l'est
01:58aujourd'hui,
01:59et qu'elle soit plus unie pour être plus forte.
02:02Alors, autour de quoi ? Autour de la seule priorité qui vaille dans une société qui vieillit,
02:07c'est-à-dire la jeunesse, l'éducation, la formation, la qualification,
02:10et aussi la transition écologique, la planification écologique,
02:14parce que nous sommes à un moment, on l'a vu cet été, mais c'était déjà vrai,
02:18y compris lorsque j'étais président de la République avec la COP21,
02:21c'est-à-dire nous sommes devant une transformation des éléments de la vie sur la planète.
02:25Alors, on va parler de votre vision de ces propositions,
02:28qui seront donc celles que vous porterez devant les Français, si d'aventure vous êtes candidat.
02:33– Aujourd'hui, je ne suis pas dans cette temporalité, comme vous dites,
02:37c'est-à-dire je porte un projet, je le livre aux Français, c'est le but d'un livre,
02:43je ne me place pas dans une candidature, il y en a suffisamment aujourd'hui,
02:47j'apprécierai le moment venu, ce que j'ai à faire.
02:49Mais aujourd'hui, ce que les Français, et pas simplement les Français,
02:53ce que le monde attend, c'est de savoir ce que nous voulons faire de notre pays.
02:57– François Hollande, on va rentrer dans le détail de vos propositions,
02:59simplement pour tenter d'évacuer ce sujet, même si vous n'y rencontrez pas tout à fait.
03:02Nos confrères de Politico nous apprennent ce matin que vous avez,
03:05ou que vous vous apprêtez à signer le bail pour un QG de campagne.
03:09Alors là, c'est la première personne qui signe un QG de campagne sans être candidat.
03:12– Non, ce n'est pas un QG de campagne, ce n'est pas d'ailleurs moi qui signe ce
03:16bail,
03:16comme vous dites, ce sont des amis, parce que je ne veux pas…
03:19– Ah bon, désintéressé que vous ne connaissez pas ?
03:20– Oui, parce que je ne veux pas, y compris pour la promotion de ce livre,
03:23confondre ce que je fais comme ancien président,
03:25avec les moyens qui sont assignés,
03:28avec ce que doit être en totale transparence l'avis d'un auteur,
03:33demain, qui aura à prendre sa responsabilité.
03:35– François Hollande, d'un mot avant de parler de ces propositions,
03:39vous revenez dans l'introduction de votre livre,
03:40sur votre bilan de président de la République,
03:43avec une anaphore, c'est visiblement votre spécialité,
03:45cette fois ce n'est pas moi président, comme pendant le débat d'entre-deux-tours,
03:48c'est « ai-je eu tort ? »
03:49« Ai-je eu tort sur la politique internationale ? »
03:51« Sur la question climatique ? »
03:54Est-ce que vous ne sous-estimez pas le rejet dont vous faites l'objet
03:57chez une partie du peuple de gauche,
03:58et qui pourrait être un obstacle, si d'aventure,
04:01vous vous présentiez à nouveau devant les Français ?
04:03Est-ce que vous ne mesurez pas suffisamment la rupture,
04:08la fracture qu'a représenté ce quinquennat ?
04:10Je ne suis plus dans ce débat-là, de savoir si je dois être encore regardé sur le bilan,
04:18je l'assume, j'en vois aussi les insuffisances.
04:21Ce qui compte pour moi, ce n'est pas de savoir ce que pense tel ou tel,
04:25c'est de savoir ce que nous allons faire ensemble, les Français, en 2027.
04:31Jamais la situation n'a été aussi grave.
04:33Nous vivons deux guerres.
04:34Au moment où nous avons parlé, il y a eu à la fois des bombardements sur Kiev,
04:39et il y a des bombardements entre États-Unis et Iran sur des bases ou sur des sites.
04:47Est-ce qu'on mesure bien ce qui est en train de se produire dans le monde ?
04:49Et nous, on est là en train de parler de telle ou telle mesure,
04:53qui peut être intéressante par ailleurs, ou de telle ou telle procédure.
04:57Mais non, aujourd'hui, ce qui est en cause, c'est de savoir ce que nous, Français,
05:03parce que nous ne sommes pas n'importe quel peuple,
05:05il se trouve que la France est l'élément moteur de la construction européenne,
05:10et que la France est un pays, membre du Conseil de sécurité,
05:13qui affirme son indépendance et qui doit peser sur les États-Unis comme sur la Russie.
05:17Donc, c'est ça l'enjeu principal.
05:19Et par ailleurs, quand je vois la société aussi divisée,
05:21avec des extrêmes qui jouent la division,
05:24je me dis, mais ce n'est pas possible que nous arrivions là, en 2027,
05:28dans un affrontement, une bipolarisation qui serait entre les extrêmes.
05:32Donc, l'enjeu, c'est d'unir.
05:33Parce que les Français sont finalement beaucoup plus en cohésion qu'ils ne le croient eux-mêmes.
05:38Mais faut-il leur proposer un projet ?
05:39Moi, je leur propose un projet.
05:41Et un projet, bien sûr, on peut me juger moi,
05:43mais ce qui compte, c'est moins ma personne aujourd'hui
05:45que ce que je vais avancer dans le débat public.
05:47Sauf que ce qui nous intéresse précisément, François Hollande,
05:49c'est votre vision du monde et votre vision de la France.
05:52Quand vous sous-titrez votre livre « Nouveau Monde, Nouvelle Gauche »,
05:56est-ce que ça veut dire aussi que vous vous présentez comme un nouveau, François Hollande ?
06:00On n'est jamais complètement nouveau.
06:01Ça, ça fait partie, vous savez, de...
06:03Oui, le j'ai changé.
06:03Oui, le j'ai changé.
06:04Vous savez, je ne suis plus au pouvoir,
06:06mais je sais maintenant tout ce qu'il faut faire
06:07que je n'ai pas pu faire quand j'étais au pouvoir.
06:09Je suis très frappé de la facilité avec laquelle
06:12tous ceux qui ont gouverné depuis dix ans,
06:13vous les reconnaîtrez aisément,
06:15prouvent les solutions,
06:17y compris dans des domaines
06:18qui n'ont pas été forcément les meilleurs pour leur gestion,
06:21qu'ils proposent aux Français aujourd'hui.
06:23Je peux être dans le lot, donc j'assume.
06:26Mais ce que je veux dire par là,
06:27c'est qu'aujourd'hui,
06:29ce qui doit bien nous mettre en mouvement,
06:33c'est de savoir ce que nous voulons faire en tant que pays.
06:36C'est la France qui est en cause.
06:38Justement, François Hollande,
06:38rentrons dans le vif du sujet de vos propositions.
06:40D'abord sur le plan économique.
06:42Il y a une mesure que vous suggérez,
06:43qui a été très commentée,
06:44vous proposez d'augmenter la TVA
06:46de 4 points, de 20 à 24%
06:48pour financer une augmentation du salaire net
06:50des Français de 10%.
06:53Olivier Faure, dans les colonnes du Parisien dimanche,
06:55vous reproche de vouloir augmenter, je cite,
06:56l'impôt le plus injuste en France.
06:58Est-ce qu'on peut être de gauche
07:00et vouloir augmenter la TVA
07:02qui frappe tous les Français de façon indifférenciée ?
07:04Être de gauche, pas simplement d'ailleurs
07:07de ce point de vue-là,
07:09c'est vouloir que les salaires augmentent,
07:12que le travail soit mieux rémunéré.
07:14Donc, une des façons de mieux rémunérer,
07:17c'est de faire qu'il y ait moins de cotisations sociales salariales
07:22payées par les travailleurs.
07:24C'est la proposition que je fais.
07:26Pour financer la baisse des cotisations salariales,
07:29qui permettrait donc une augmentation de pouvoir d'achat
07:31d'à peu près 10%.
07:32Il faut trouver de la recette
07:34pour compenser la baisse des cotisations salariales.
07:37Je propose d'augmenter d'un point par an,
07:40pendant 4 ans, la TVA au taux normal.
07:43La 24%, c'est le taux moyen dans l'Union européenne.
07:47Mais, je propose de baisser de 5,5 à 0
07:51la TVA sur les produits alimentaires
07:54et sur les travaux énergétiques.
07:56Et sur les carburants.
07:57Et sur les carburants, on peut faire une mesure
08:00pour tout être sur les carburants,
08:01parce que les carburants, ce n'est pas à 5,5, c'est à 20.
08:03Mais ce que je veux dire par là, c'est qu'on peut faire une mesure
08:06qui est doublement avantageuse
08:07pour le pouvoir d'achat des travailleurs.
08:09C'est-à-dire, d'une part, augmenter le salaire net
08:11et d'autre part, baisser les prix
08:13de l'alimentation aujourd'hui sur l'énergie.
08:15C'est la puissance publique qui se substitue
08:17au geste que pourraient faire les entreprises
08:18en décidant d'augmenter leurs salariés.
08:20Vous comprenez ce reproche qui peut être fait à cette mesure ?
08:22Ça ne l'exclut pas.
08:23Ça ne l'exclut pas.
08:26Les employeurs, dans des négociations,
08:28doivent également augmenter le salaire brut
08:30qui doit être, à ce moment-là, aussi proche du salaire net.
08:34Les deux vont ensemble.
08:35Mais pour augmenter les salaires pour les employeurs,
08:39faut-il qu'il y ait de la croissance,
08:41de l'activité économique.
08:42C'est pour ça que l'union que je propose,
08:44c'est aussi d'investir massivement dans la décarbonation
08:47et massivement aussi dans les nouvelles technologies.
08:51Qu'est-ce qui fait qu'aujourd'hui,
08:53la France a une croissance nulle ?
08:54Il faut regarder aussi le bilan.
08:56Aujourd'hui, on a une inflation supérieure à 2%.
08:58On a une croissance nulle.
09:00On a un chômage qui monte.
09:01Et on a une dette publique qui est considérable.
09:03Donc, si on veut sortir de ce étau-là,
09:07il faut investir massivement dans les investissements
09:11technologiques et écologiques.
09:12Investir dans la décarbonation.
09:13Mais pourtant, dans ce mécano de TVA,
09:17il y a cette curiosité
09:18qui est que vous voulez mettre à zéro la TVA
09:22sur l'énergie, dont les carburants.
09:24Donc, subventionner les énergies fossiles.
09:27Les carburants, vous avez vu aujourd'hui,
09:29compte tenu de la situation internationale,
09:30nous avons une augmentation considérable
09:32du prix du gaz
09:33et nous avons un prix de l'essence,
09:36des carburants,
09:37qui reste maintenant supérieur à 2 euros,
09:39voire 2,20 euros pour le diesel.
09:42Donc, on peut trouver une mesure ponctuelle.
09:43Ça ne peut pas être une mesure durable,
09:45la baisse de la TVA sur les carburants.
09:48En revanche, la baisse de la TVA,
09:50c'est la suppression même du taux réduit
09:53de 5,5 sur les produits alimentaires.
09:56Aujourd'hui, quand l'inflation repart,
09:57c'est une mesure en faveur de la TVA.
09:58Mais attendez, François Hollande,
09:59la question que vous pose Florence,
10:00est-ce qu'on peut se dire en faveur
10:02de la transition écologique,
10:03en faveur de la lutte contre le réchauffement climatique
10:05et dans le même temps,
10:06prendre une mesure fiscale
10:07qui est une mesure de fait
10:08de subvention des énergies fossiles ?
10:10Vous avez vu le niveau du prix aujourd'hui ?
10:11Oui, au-dessus de 2 euros.
10:12On en parle possibles.
10:13Est-ce que ça induit une baisse,
10:16oui, de la consommation des produits énergétiques ?
10:19À l'évidence.
10:20Donc de ce point de vue,
10:21on pourrait se dire,
10:22on n'a qu'à augmenter encore plus fortement
10:25le prix des carburants
10:26et on fera une mesure écologique.
10:27Non, il faut quand même
10:28qu'il y ait aussi une certaine...
10:29Donc dans le match climat-pouvoir d'achat,
10:31c'est le pouvoir d'achat qui gagne ?
10:33Mais dans une période
10:34où le prix des carburants,
10:36où le prix de l'énergie,
10:37le prix du gaz est aussi élevé,
10:38il faut quand même penser au pouvoir d'achat.
10:41C'est ponctuel.
10:41Parce que les guerres ne doivent pas continuer.
10:44Ou alors, c'est un reniement, un renoncement.
10:47C'est pour ça que je pense
10:48que le grand débat de la présidentielle,
10:50ce n'est pas simplement un débat intérieur,
10:52c'est aussi un débat international.
10:54Qu'est-ce que le prochain président de la République
10:55aura à faire dans le monde tel qu'il est ?
10:57Un mot encore, François Hollande,
10:59et c'est à l'ancien président du ras-le-bol fiscal
11:01que je m'adresse.
11:03Sur le débat autour de la fiscalité,
11:04Raphaël Glucksmann propose de taxer
11:06ce qu'il appelle les méga-héritages
11:08au-dessus de 2 millions d'euros
11:09pour dégager de l'argent,
11:10lui aussi pour augmenter le salaire net des Français.
11:13Est-ce que ça, c'est une bonne mesure
11:15de taxer de façon plus importante
11:18les grands héritages pour dégager des ressources ?
11:20Je vais d'abord répondre de manière générale.
11:24La dette publique de la France
11:26a atteint un niveau record.
11:28Vous évoquez qu'est-ce qui a changé
11:30depuis mon quinquennat ?
11:33Moi, j'avais stabilisé la dette
11:35et j'avais fait en sorte
11:37que les comptes sociaux soient équilibrés.
11:40Aujourd'hui, on a à la fois
11:41un déséquilibre des comptes sociaux,
11:4425 milliards,
11:44et on a surtout un déficit public
11:46de 150 milliards du budget de l'État.
11:49Et nous avons des taux d'intérêt
11:51qui nous cessent d'augmenter.
11:52Dans quelques mois,
11:53dans quelques années,
11:55si nous ne faisons rien,
11:56nous aurons à consacrer,
11:59non pas rembourser,
12:00mais pour payer les charges d'intérêt,
12:02100 milliards d'euros.
12:04Aujourd'hui, c'est 110 milliards,
12:05c'est l'équivalent du budget de l'Éducation nationale.
12:08Je vais parler de la finance.
12:09Vous vous souvenez de la finance, mon ennemi ?
12:11Aujourd'hui, l'impôt que nous payons
12:13par les charges d'intérêt,
12:15c'est l'impôt que la finance prélève sur nous.
12:17C'est-à-dire que nous dépensons plus
12:20pour payer les intérêts de notre dette
12:22que pour payer l'éducation de nos enfants.
12:25Donc, à partir de là, je reviens à votre question.
12:28Dire qu'on va redresser les comptes publics
12:31avec des économies, oui,
12:33avec des maîtrises de la dépense, sûrement.
12:35Mais on ne pourra pas ne pas voter des impôts.
12:36Avec des formes structurelles sur les retraites
12:38et la santé, à l'évidence.
12:40Mais dire qu'il n'y aura pas d'augmentation de prélèvement
12:43est un mensonge.
12:44Il y aura une augmentation de prélèvement.
12:46Est-ce que ça doit être sur les plus nombreux
12:49ou les plus favorisés ?
12:51Ça doit être sur les plus favorisés.
12:52Donc, taxer les méga-héritages,
12:53comme le dit Raphaël Glucksmann ?
12:54Mais il faut regarder les choses telles qu'elles sont.
12:57Oui, il doit y avoir une contribution
12:58sur les gros héritages,
13:00mais elle ne sera forcément limitée.
13:03Aujourd'hui, les droits de mutation,
13:04c'est-à-dire les successions,
13:05c'est 18 milliards d'euros.
13:07On peut trouver 3, 4 milliards.
13:09Mais on ne doublera pas
13:11la contribution sur l'héritage.
13:12Par ailleurs, les Français,
13:15ils sont quand même attachés
13:16à leur patrimoine transmis.
13:18Et donc, il faut trouver plutôt des solutions
13:19en termes de donations aux petits-enfants
13:22pour essayer de fluidifier précisément,
13:24pour faire qu'on hérite
13:25beaucoup plus tôt dans la vie.
13:26François Hollande, tout à l'heure,
13:27Florence, vous demandez
13:27s'il y avait un nouveau François Hollande.
13:29Et c'est vrai que quand on lit les pages
13:30que vous écrivez sur l'immigration,
13:31on se pose la question,
13:32puisqu'on découvre,
13:33avec une forme de surprise,
13:34qu'au-delà de la discussion annuelle
13:36au Parlement sur l'immigration de travail,
13:37qui là est une proposition
13:39qui peut être communément partagée,
13:40vous suggérez, vous, homme de gauche,
13:42de resserrer les conditions
13:44du regroupement familial.
13:45Est-ce que ça veut dire
13:46que sur l'immigration,
13:46vous considérez que la gauche française
13:48doit regarder ce qui se fait,
13:50par exemple, dans les pays scandinaves,
13:51où c'est une ligne beaucoup plus dure
13:53qui est proposée
13:55sur les questions migratoires ?
13:56D'abord, en matière d'immigration,
13:59nous avons une politique européenne.
14:01Et la première condition
14:03pour que nous soyons efficaces,
14:05c'est d'appliquer le pacte
14:07asile-immigration
14:08que l'Europe vient de mettre en place.
14:11Contrôle aux frontières,
14:13vérification rapide
14:14des situations des demandeurs d'asile
14:16et renvoi de ceux
14:18qui ne peuvent pas y accéder.
14:20Sur le regroupement familial,
14:21il y a l'immigration de travail,
14:23vous dites que tout le monde
14:24la partage,
14:25ce n'est pas tout à fait vrai.
14:26Je n'ai pas dit tout le monde,
14:26j'ai dit que c'était une proposition
14:27qui faisait davantage consensus
14:30que de serrer les critères
14:30de l'immigration de la biographie.
14:32Des tensions sur le marché du travail,
14:33nous aurons toujours besoin
14:35d'une immigration de travail.
14:36À nous de la fixer,
14:38de la définir,
14:39de dire sur quels emplois,
14:40avec des régularisations
14:41de travailleurs ou pas ?
14:42Avec des régularisations
14:43lorsque nous sommes
14:44dans des métiers en tension
14:45et que ces personnes
14:46travaillent de manière clandestine.
14:48Deuxièmement,
14:49sur le regroupement familial,
14:51nous savons bien
14:52qu'il y a des règles
14:54qui ne sont pas respectées.
14:55Donc, pour l'immigration,
14:58pour le regroupement familial,
14:59il faut que les personnes
15:00qui rejoignent leur conjoint
15:03parlent le français
15:04et respectent
15:05les lois de la laïcité.
15:06Ce n'est pas déjà le cas ?
15:07Pas toujours.
15:08Et ce n'est pas suffisamment vérifié.
15:10Par ailleurs,
15:10il y a des abus
15:11sur les mariages
15:12avec des personnes étrangères,
15:15mariages qui sont faits
15:16à l'extérieur
15:17de nos frontières,
15:18ce qu'on appelle
15:19les conjoints étrangers.
15:20Et là aussi,
15:21je pense qu'il faut resserrer.
15:22Qu'est-ce que je veux dire par là ?
15:23Je veux dire par là
15:24que l'immigration,
15:25ça fait partie
15:26de ce qu'est la responsabilité
15:27d'un État.
15:28Et ce n'est pas une question
15:29simplement
15:30est-ce qu'on est de gauche ou de droite ?
15:31On doit le faire avec humanité.
15:33Mais c'est à nous
15:34de définir
15:35ce que nous voulons avoir
15:36comme immigration
15:37ou ce que nous ne voulons pas.
15:38Par ailleurs,
15:39le vrai sujet sur l'immigration,
15:40vous le connaissez parfaitement,
15:42c'est de savoir
15:42si on raccompagne,
15:43c'est-à-dire
15:43si on écarte
15:44les personnes
15:45qui n'ont pas
15:45à faire valoir leurs droits
15:46ici.
15:47Vous le savez,
15:48le grand entretien
15:49est ouvert aux auditeurs
15:50qui peuvent vous poser
15:51leurs questions.
15:52Nous accueillons donc
15:53Gilles.
15:54Bonjour Gilles,
15:55bienvenue sur France Inter.
15:57Bonjour.
15:58Gilles,
15:59est-ce que vous êtes là ?
16:01Manifestement,
16:01Gilles n'est pas là,
16:02nous avons des petits soucis
16:03ce matin avec la régie.
16:04Ce qui nous permet,
16:05François Hollande,
16:06avant de retrouver peut-être
16:07un auditeur,
16:07d'avancer sur les questions
16:09politiques.
16:10Vous avez avancé
16:12ce calendrier
16:13le mois de décembre.
16:15Vous refusez de participer
16:16à la primaire de gauche
16:17dite sociale-démocrate.
16:18En fait,
16:19on a du mal à comprendre
16:19votre calendrier
16:21et votre objectif.
16:22Si on suit bien,
16:23il y aura un candidat
16:23désigné au mois d'octobre
16:24et votre pari,
16:25c'est que ce candidat
16:26de gauche s'effondre
16:27et que vous puissiez
16:28récupérer la mise.
16:29Miser sur l'échec
16:31d'un de vos camarades,
16:32ce n'est pas très
16:32confraternel ça.
16:33Alors,
16:34n'ayant pas pu répondre
16:34à Gilles,
16:35je vais répondre
16:35à Jean-Marie Hamel.
16:37Je ne sais pas
16:38si c'est la même question.
16:39Je vais finir par vous
16:39donner sa question.
16:40Je vais répondre aussi
16:42clairement.
16:43Je ne suis pas candidat
16:44aujourd'hui.
16:46Pourquoi irais-je
16:46dans une primaire
16:47où il n'y a que
16:48des candidats
16:48à la candidature ?
16:50Deuxièmement,
16:51au-delà de ce que je pense
16:52d'une primaire,
16:53même si j'en suis sorti
16:55vainqueur en 2011,
16:56pour qu'elle soit réussie,
16:57il faut qu'elle soit
16:58très large,
16:59avec une participation
16:59très forte
17:00et je souhaite
17:01que ce soit le cas,
17:02même si ça sera
17:03plus difficile aujourd'hui.
17:04Est-ce que c'est
17:04que vous avez peur
17:05du verdict des socialistes ?
17:06Est-ce que ce n'est pas
17:07pour ça que vous n'allez
17:07pas à la primaire ?
17:08Non,
17:09c'est que le calendrier
17:09qui est le mien
17:10n'est pas celui-là.
17:11Et puis,
17:11je ne suis pas dans
17:12la même situation.
17:12J'ai été président,
17:13je ne vais pas être candidat
17:15à une procédure interne,
17:16mais ce n'est même pas
17:23et ce candidat
17:24ou cette candidate
17:25aura à démontrer
17:27qu'il peut,
17:28j'espère sur la base
17:29du projet que je présente,
17:31être le plus rassembleur possible
17:33et si ce candidat
17:35ou cette candidate
17:36a la dynamique nécessaire,
17:37mais pourquoi viendrais-je
17:39moi interférer ?
17:40Je ne suis pas du tout
17:41dans une démarche...
17:41Donc vous le rallierez ?
17:43Si c'est une dynamique,
17:45s'il peut gagner l'élection,
17:46mais pourquoi je vais dire...
17:47Donc ce sera une question
17:48de sondage ?
17:48Si les sondages sont mauvais,
17:50vous y allez ?
17:50C'est une question de dynamique
17:50et le sondage,
17:52même si généralement
17:53ils attendent de savoir
17:55exactement ce qui va se passer
17:56avec quelle candidature.
17:57Et pourquoi j'ai fixé
17:57le mois de décembre ?
17:58Parce que le mois de décembre,
18:00dans une élection présidentielle,
18:02c'est le mois clé.
18:03À droite, vous allez voir,
18:05est-ce qu'il y aura
18:06autant de candidats à droite ?
18:07Bien sûr que non.
18:08Enfin, sauf s'ils s'obstinaient.
18:10Je ne crois pas
18:11que ce sera le cas.
18:11Donc il y aura
18:12une clarification à droite.
18:13Il doit y avoir
18:14une clarification
18:14de la gauche sociale-démocrate
18:16et je vous l'assure ici,
18:17il n'y aura qu'une seule
18:18candidature de la gauche
18:19sociale-démocrate.
18:20Figurez-vous que Gilles
18:22bienvenue Gilles
18:23sur France Inter.
18:24Je vous remercie
18:25d'avoir appelé.
18:25Oui, je suis revenu.
18:26Bonjour M. le Président.
18:28Bonjour.
18:28Bon, en fait, moi,
18:30je ne m'étale pas trop
18:32sur la situation française
18:33entre des propositions
18:35farfelues pour le national
18:37et dangereuses
18:39par rapport à l'international
18:40et je me demande
18:41ce que vous penseriez
18:43de cette proposition
18:44qui consisterait
18:45à ce qu'un candidat
18:46qui effectivement aille
18:49de vous-même
18:50à Édouard Philippe
18:52ou Gabriel Attal
18:53qui s'engagerait
18:54à constituer
18:55un gouvernement
18:56d'union nationale
18:57parce que la situation
18:58française le justifie
18:59et il me semble
19:01que ça serait astucieux
19:02de réaliser
19:03ce que Jacques Chirac
19:04n'a pas osé faire
19:06au moment
19:07où il a obtenu
19:0882%
19:09des voix
19:10face à Jean-Marie Le Pen.
19:11Merci Gilles,
19:12ça valait le coup
19:13de vous rappeler.
19:14Donc Gilles,
19:15je réponds là aussi,
19:17j'ai évoqué l'union,
19:18pourquoi j'ai appelé
19:19ce livre
19:20« Unir » ?
19:20Il faut unir
19:21les Françaises
19:22et les Français
19:22pour que nous puissions
19:23avoir un programme,
19:27donc une vision
19:27et peut-être demain
19:30un travail gouvernemental
19:31et présidentiel
19:32qui nous rassemble
19:34et nous permet
19:34de nous relever
19:35et de peser.
19:37Comment procéder ?
19:39Est-ce qu'on peut avoir
19:40une candidature unique
19:41de ce que vous appelez
19:42de la social-démocratie ?
19:44Ce que dit aussi
19:44François Bayrou par exemple,
19:45il dit qu'il faut
19:45qu'il y ait un candidat
19:46entre les sociodémocrates
19:47et le centre-droit.
19:49Non, je pense qu'on ne parviendra pas
19:51à avoir une candidature unique.
19:52Pourquoi ?
19:53Parce qu'il y a une droite
19:55qui est en train
19:55de se reconstituer.
19:56Je crois que vous avez reçu
19:57avant moi
19:58Édouard Philippe,
19:59il n'est pas dans cette stratégie,
20:01il veut reconstituer,
20:02il l'a dit lui-même,
20:03l'UMP,
20:04la droite classique,
20:05en pensant que ça peut être
20:07à ce moment-là
20:09s'il arrive au second tour.
20:11Je pense que
20:12pour arriver au second tour,
20:13il faut non seulement
20:14être capable déjà
20:16de rassembler,
20:17mais il faut être conscient
20:19que ce qui va faire le succès,
20:21c'est d'aller au-delà
20:22de sa famille politique.
20:23Et pour rester sur l'idée
20:25de la coalition.
20:27Je pense que si
20:28Mme Le Pen arrivait au second tour
20:30et gagnait l'élection présidentielle,
20:32elle aurait une majorité
20:33à l'Assemblée,
20:35mécaniquement.
20:36Ce n'est plus le cas.
20:37C'est ça aussi
20:38qui a changé
20:39par rapport
20:39à la période
20:40qui était la mienne
20:41ou quand la gauche gagnait,
20:43elle était majoritaire.
20:44Donc il faudra une coalition.
20:45Et donc,
20:45de toute manière,
20:47il y aura une coalition.
20:48Donc ça veut dire
20:49potentiellement gouverner,
20:50attendez François,
20:50ça veut dire gouverner
20:51avec le centre.
20:52Oui, ça veut dire
20:52que nos institutions,
20:54qui n'ont pas besoin
20:54d'être modifiées,
20:55je ne suis pas du tout
20:56pour changer la Constitution,
20:58mais nos institutions
20:59vont évoluer.
21:00Le rôle du président
21:01de la République
21:02va également changer.
21:04Le prochain président
21:05de la République,
21:05s'il est dans cette philosophie,
21:07il doit prendre de la hauteur,
21:09il doit être capable
21:10de donner ce cap
21:11et aussi
21:13de rassembler les Français.
21:14Et en revanche,
21:15il doit laisser
21:16beaucoup plus
21:17de place
21:18au gouvernement.
21:20Lequel gouvernement
21:20doit procéder
21:21de l'Assemblée nationale ?
21:23Laquelle Assemblée nationale
21:24va être plus fragmentée ?
21:26Parce que c'est ainsi
21:27proportionnel
21:27ou pas proportionnel,
21:28c'est une affaire
21:29de mode de scrutin.
21:30Mais de toute façon,
21:31et c'est peut-être
21:32la meilleure manière,
21:33cette coalition large,
21:35d'avoir cette solidité
21:36pour transformer,
21:38pour agir.
21:38Un tout dernier mot,
21:39François Hollande,
21:39est-ce que vous voterez
21:40à la primaire socialiste ?
21:41Oui, je suis socialiste,
21:42je vote à la primaire socialiste.
21:43Et alors,
21:43vous allez voter pour qui ?
21:44Je vous le dirai le moment venu,
21:45mais je voterai, bien sûr.
21:46Mais en tout cas,
21:46vous prendrez position
21:47pour quelqu'un ?
21:48Je regarderai
21:49qui sont les candidats,
21:50d'abord.
21:50Oui, on les connaît
21:51à peu près,
21:52pour l'instant.
21:52Et le 15 septembre.
21:54Et puis,
21:54au-delà de ça,
21:55je regarderai
21:56celui ou celle
21:57qui est le plus proche
21:57de ce que je viens d'évoquer.
21:59Et vous entendez Olivier Faure,
22:00il dit François Hollande,
22:00il a commencé à 3%,
22:01il a fini président de la République,
22:03il pourrait m'arriver la même chose.
22:03Oui, ça, ça vaut pour moi,
22:04exclusivement.
22:05Ah !
22:07Merci François Hollande
22:07d'avoir été au micro
22:08de France Inter ce matin.
22:10La revue de presse assure.

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