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  • il y a 16 minutes
Retrouvez le replay de 100% Mabrouk sur BFMTV.

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00:00Dans ces combats qu'il mène, il va nous rejoindre dans quelques instants.
00:02Tout de suite d'ailleurs, il est avocat, président du centre de réflexion sur la sécurité intérieure.
00:07C'est le grand invité.
00:09Beaucoup de questions à poser à Thibaut de Montbréal qui s'installe autour de cette table.
00:13Merci d'être avec nous Laurent Valdiguet parce qu'il s'agit aussi de sujets évidemment qui ont trait à
00:17la police et à la justice.
00:20Merci d'être là. Bonsoir à vous Thibaut de Montbréal.
00:22Bonsoir.
00:22Beaucoup de questions à vous poser.
00:24Peut-être déjà une réaction que vous venez d'entendre à la fois Alexis Corbière et le maire de Salbrie.
00:30évoquer ce sujet du voile, je disais, hystérie collective depuis des années.
00:35Très concrètement, vous qui connaissez bien, comme Laurent Valdiguet, le travail des policiers sur le terrain,
00:40toute la charge qu'ils ont sur leur épaule.
00:43Est-ce que vous imaginez, si le RN au pouvoir et si jamais une telle loi passe,
00:47qu'ils pourraient ainsi mettre une amende pour chaque voile dans la rue ?
00:50Je vais vous répondre avec autant de franchise que vos deux invités précédents.
00:55Je vais juste poser au préalable un rappel.
00:57C'est que le voile est un marqueur politique.
01:01C'est-à-dire que c'est le marqueur d'une vision de l'image de la femme dans un
01:05certain islam.
01:06C'est un diviseur sexuel de l'espace et du travail.
01:10On fait une division sexuelle en masquant la femme.
01:13Pourquoi ? Parce que la femme est sexualisée.
01:15Et plus la femme est jeune, plus c'est un problème d'ailleurs au regard des lois de la République.
01:19Une fois que ceci est posé, la question quand on propose un aménagement de la loi,
01:27c'est qu'il n'y a rien de pire que de proposer pour des bonnes raisons une loi inapplicable.
01:33Pourquoi ? Parce que dans ce cas, l'impuissance saute aux yeux
01:38et on a un effet qui est bien pire que le mal que l'on prétend combattre.
01:42En l'espèce, s'il y avait, pour les besoins du raisonnement,
01:45parce que je ne pense qu'il n'y aura jamais, d'interdiction du voile dans l'espace public.
01:50Mais Sonia Mabrouk, ce serait le plus beau cadeau qu'on puisse faire aux islamistes.
01:54Pourquoi ? Parce que dans l'islam politique, il y a un concept qui s'appelle,
02:00c'est d'ailleurs dans le Coran, mais c'est une interprétation politique du Coran.
02:03Il y a un principe qui s'appelle le djihad défensif.
02:05Qu'est-ce que c'est que le djihad défensif ?
02:06Ça veut dire que quand on touche aux fondamentaux de l'islam,
02:09au sens de la régulation de la société, c'est-à-dire politique,
02:13à ce moment-là, les musulmans ont le droit de se défendre.
02:16Et qu'est-ce qui se passerait ?
02:17C'est exactement ce que théorisent les salafistes, les frères musulmans.
02:21Il y aurait aussitôt une mobilisation des musulmans
02:27pour défendre leur sœur mise en cause, etc.
02:30Donc ce serait une catastrophe.
02:32Maître, je peux vous opposer les propos d'un autre avocat
02:36que vous connaissez certainement, qui était également hier sur notre antenne,
02:39Maître Haria Limi, avocat, membre de la Ligue des droits de l'homme,
02:42qui affirme, lui, que c'était un addiction.
02:44Écoutez bien, ce serait une infraction pénale
02:46et que les associations antiracistes déposeraient leur plainte
02:50pour provocation à la discrimination.
02:53C'est-à-dire, on parle là d'une infraction pénale.
02:55Écoutons-nous.
02:57Le fait de proposer, aujourd'hui, sur votre plateau,
03:00hier, encore, sur votre plateau,
03:02à ce que soit interdit le port du voile
03:05est une provocation à la discrimination religieuse
03:07s'agissant des femmes qui portent le voile.
03:09C'est une infraction pénale.
03:11Ce n'est pas une contravention qui est encourue.
03:13C'est une pète d'emprisonnement qui est encourue.
03:15Je peux vous dire que la plupart des organisations antiracistes
03:18vont déposer plainte pour provocation à la discrimination
03:22parce qu'on ne peut pas se permettre d'avoir ce débat sur un plateau télé.
03:25Le seul endroit où on aura ce débat, c'est devant un tribunal correctionnel.
03:28Quand j'entends cela, je me dis que la rue va devenir
03:30un champ de bataille idéologique
03:32et nos tribunaux déjà submergés également.
03:35Mais surtout, ce qu'il faut répondre à Harry Halimi,
03:38c'est que je ne sais pas s'il le fait exprès.
03:40C'est-à-dire ?
03:41Mais il reprend complètement la rhétorique islamiste.
03:45Ça va le faire réagir, oui.
03:47Je ne sais pas s'il le fait exprès, mais je vous explique pourquoi.
03:49C'est parce qu'il reprend la rhétorique
03:52qui consiste à dire qu'une critique contre l'islam politique
03:55est une critique contre la religion.
03:57Où est la discrimination ?
03:58Il n'y a pas de discrimination.
03:59Le foulard, ce n'est pas l'islam.
04:01Elles ne font pas le djihad, toutes les femmes qui portent le voile.
04:03Elles ne font pas du voile intégral.
04:05Là, vous parlez des femmes qui ont le...
04:07Depuis cinq minutes, vous parlez des femmes qui portent le voile
04:09comme si elles faisaient le djihad.
04:11C'est quand même deux choses différentes.
04:14Je ne dis pas qu'elles font le djihad, je dis que c'est un mar...
04:16C'est le mot que vous avez employé.
04:17Non, mais non, vous n'avez rien écouté.
04:18Je peux parler du djihad défensif des gens qui avaient le droit...
04:20Les musulmans qui disent que dans le Coran,
04:22ils ont le droit de réagir contre des gens
04:24dont ils considèrent qu'ils les agressent.
04:25Si vous voulez intervenir, écoutez ce que je dis.
04:28Donc, ce que je disais, c'est que la Cour européenne des droits de l'homme,
04:31ce n'est pas moi qui le dis, c'est ce que Arie Alimi adore citer,
04:33a dit en 2001 que le port du voile était difficilement conciliable
04:37avec le principe d'égalité des sexes.
04:39Donc moi, ce que je voudrais, c'est remettre dans le débat,
04:41il faut être mesuré.
04:42C'est-à-dire que vous avez un problème
04:45avec une islamisation bien au-delà de la France,
04:47une islamisation en Europe.
04:49C'est-à-dire une poussée des gens qui prônent une vision politique,
04:53c'est-à-dire au sens de l'organisation sociale de l'islam.
04:55C'est-à-dire que vous estimez que le voile est un signal envoyé collectivement.
04:58Si je peux juste débloquer par exemple.
05:01Deuxièmement, comment est-ce qu'on contre cette offensive
05:04qui est une offensive politique ?
05:06Mais on essaie de la contrer intelligemment.
05:08C'est qu'on essaie de la contrer d'abord avec de la coercition
05:13qu'on a faite par exemple dans la loi de 2004 sur le voile à l'école.
05:17C'est la raison pour laquelle il y a eu la loi de 2004.
05:18– Ça a commencé en 1989.
05:20– Et si Laurent Valdiguet, je vais dans votre sens,
05:24on avait en 1989 alors que la problématique
05:27n'était pas aussi massive qu'aujourd'hui sur le plan politique.
05:32si on avait pris en 1989 les mesures qu'on a prises en 2015 et en 2010,
05:36non, on les a plus plus tard.
05:37– C'est ce qu'a fait un procureur de Creil en 1989 ?
05:39– Alors en ce moment-là, vous avez raison, tout seul face à la République.
05:42– Oui, et avec des ambiguïtés politiques,
05:44je me rappelle la déclaration de Lionel Jospin.
05:46– Il y a une question qui m'est posée sur une proposition d'un parti politique.
05:50Donc je réponds.
05:51Je dis simplement que la base du raisonnement,
05:54est-ce que oui ou non, le voile est un marqueur,
05:57un démarqueur de l'islam politique ?
05:58Je n'ai pas dit du djihad, j'ai dit de l'islam politique.
06:00La réponse est oui.
06:02Ensuite, est-ce qu'on peut l'interdire dans le pays ?
06:04La réponse est évidemment non.
06:06Déjà et avant même tout autre débat, parce que c'est inapplicable.
06:09Ensuite, est-ce qu'il faut lutter contre l'islam politique ?
06:12Oui.
06:13Est-ce que le voile est un séparateur sexuel de l'espace ?
06:15Oui, la Cour européenne de droit d'homme le dit et ce n'est pas moi.
06:19Et donc, il ne faut pas tomber dans le piège,
06:22et c'est celui dans lequel je pense est tombé Ari Alimi,
06:25je ne sais pas s'il en est conscient, je ne lui ferai pas cet affront,
06:28mais en tout cas, c'est qu'il reprend la rhétorique qui consiste à dire
06:32qu'on ne peut pas critiquer un phénomène politique
06:35parce qu'on le fait passer pour un phénomène religieux.
06:37Alors j'ai regardé, parce que moi ça m'a surpris en l'écoutant hier,
06:39je me suis dit c'est vrai, est-ce que c'est possible ?
06:40Et c'est possible de quoi ?
06:41Donc j'ai regardé, effectivement, c'est un an de prison,
06:4345 000 euros d'amende,
06:44et il y a une grosse jurisprudence en entreprise.
06:47Et en entreprise, la Cour de cassation a toujours estimé
06:50que vous ne pouvez pas interdire des signes religieux d'une religion.
06:54Sauf si c'est prévu dans le règlement intérieur.
07:02Oui, mais...
07:02Sauf si c'est prévu dans le règlement intérieur.
07:04Justement, il y a un arrêt de la Cour de cassation
07:05qui a estimé que le règlement intérieur
07:08qui supposait que le voile était interdit
07:12devait être cassé,
07:13et qu'il fallait au contraire interdire tous les signes religieux,
07:16comme c'est le cas à l'école.
07:17Ah non, mais parce que vous dites que c'est le cas à l'école.
07:19Non, mais parce que vous dites que c'est les signes religieux.
07:22Parce que vous avez raison de réexpliquer le contexte.
07:23Non, mais c'est les signes religieux jusqu'au bout.
07:25Non, mais c'est les signes religieux.
07:25Le voile intégral est interdit en France à l'espace public,
07:29et le voile est interdit à l'école,
07:31et le voile est interdit pour les agents publics.
07:33Alors, il y a une chose qu'on n'a pas dite,
07:34et vous avez raison de le rappeler pour le coup,
07:35parce que ça manque peut-être à nos téléspectateurs
07:37qui sont moins familiers,
07:38c'est que ce qui est interdit par la loi française,
07:41ça de toute façon,
07:42c'est de viser un signe particulier.
07:45Donc, en fait,
07:46on est parti sur la proposition du Rassemblement national,
07:48mais vous avez raison de le rappeler.
07:49C'est une proposition où ils avancent en reculant.
07:52Ce sont les signes religieux.
07:54Mais les signes religieux ostentatoires en France aujourd'hui,
07:58majoritairement...
07:58Pardonnez-moi, donc c'est la clippa,
07:59c'est certaines croix également.
08:01Voilà, le problème politique qui a été posé lui-même
08:04par le Rassemblement national,
08:06il est avec des conséquences incroyables.
08:07Non, mais c'est pour ça que je dis...
08:08Et sur le terrain également pour les policiers.
08:09On a un débat,
08:10mais la réponse en une phrase à votre question,
08:13c'est que c'est inapplicable.
08:14Elle nécessite plus que cela.
08:14On voulait...
08:16Et merci de votre présence ici ce soir.
08:18Il y a une information qui est passée un peu sous silence.
08:21Ça me paraît fondamentale.
08:22Et Laurent Valdiguet va nous apporter aussi des éléments concrets.
08:25Vous allez répondre,
08:26parce que vous êtes également l'avocat
08:28de l'une des sœurs de Samuel Paty,
08:30ce professeur assassiné par un terroriste islamiste.
08:33Et on a appris que l'un des protagonistes,
08:36Laurent Valdiguet, dans cette terrible affaire,
08:38c'est un tchétchène qui a été condamné
08:40pour association de malfaiteurs
08:41dans le cadre de l'assassinat du professeur,
08:43a été de nouveau condamné à de la prison ferme
08:45pour non-respect de son assignation à résidence.
08:48Il a été trouvé au parc Astérix.
08:51Oui, alors maître Montbrial connaît cette affaire
08:54mille fois mieux que moi.
08:55Il a été au deux procès.
08:57Il sait qu'il y a eu deux condamnations
08:59radicalement différentes à son endroit.
09:02Dans un cas, il a été condamné
09:03pour association de malfaiteurs terroristes,
09:05pour complicité d'assassinat terroriste.
09:07Et finalement, il a été condamné en appel
09:09pour association de malfaiteurs.
09:11La justice a estimé qu'il n'était pas au courant
09:14du projet de son copain Anzarov.
09:17Il est arrêté vendredi au parc Astérix.
09:20Alors là, tous les voyants rouges se sont allumés
09:22sur les téléscripteurs.
09:24Un tchétchène arrêté au parc Astérix,
09:26condamné dans l'affaire de Samuel Paty.
09:29Tout le monde a cru que ça allait être
09:30effectivement un projet d'attentat en cours déjoué.
09:33En fait, pas du tout.
09:35Il est sous contrôle.
09:36Alors, il a été condamné à 7 ans de prison.
09:39Il est sorti en avril dernier
09:40parce qu'il avait purgé 5 ans et demi de détention.
09:43Il a été placé en centre de rétention administratif
09:46parce qu'il faisait l'objet d'une OQTF,
09:49une obligation de quitter le territoire.
09:51La France n'expulse plus en direction de la Russie
09:55depuis la guerre en Ukraine.
09:57Donc, il est resté 90 jours en centre de rétention administratif.
10:01Puis, il a été placé sous contrôle judiciaire
10:04avec quand même un contrôle judiciaire serré.
10:07D'autres, on voit le résultat.
10:08Mais l'obligation de rester dans les Hauts-de-Seine
10:11et de pointer deux fois par jour au commissariat.
10:13Et alors là, il se fait arrêter
10:16sur le parking du parc Astérix.
10:20J'imagine que sa voiture a été fouillée.
10:22Il ne préparait pas d'attentance.
10:23J'imagine l'émotion et la colère de la famille, des sœurs.
10:27Pardon, mais quand j'ai lu cette dépêche,
10:32il y avait de quoi tomber de sa chaise, honnêtement.
10:34C'est de Laurent Valigué à résumer les faits.
10:37Ce n'est pas juste vis-à-vis de la famille.
10:39C'est vis-à-vis de la justice.
10:40C'est une gifle.
10:42C'est un soufflet.
10:42Il a été condamné à mettre un an de prison
10:44en comparution immédiate dès lundi.
10:45La seule chose que vous n'avez pas dite,
10:47c'est que c'est la neuvième fois qu'il viole son contrôle.
10:49La neuvième.
10:49La neuvième fois où il se fait choper.
10:51C'est-à-dire qu'on ne compte pas toutes les fois peut-être
10:54où il l'a fait sans se faire...
10:54Huit fois d'après son GPS en août.
10:57Voilà.
10:57Peut-être qu'il l'a fait plus.
10:59Peut-être qu'il ne l'a pas fait plus.
11:00En tout cas, là, ça veut dire quand même
11:03en quelle estime, en quel respect
11:05l'intéressé tient la justice.
11:06Moi, je rajoute juste une chose
11:07qui est mon opinion
11:09et que j'exprime avec toute la force
11:11avec laquelle je l'ai exprimé les deux fois
11:13devant la cour d'assises.
11:14C'est que deux condamnations aussi radicalement différentes
11:17en premier instant, si on l'appelle,
11:18c'est assez rare.
11:19C'est la justice, il n'y a pas à discuter.
11:21Mais c'est assez rare
11:22puisqu'on passe de complicité d'assassinat
11:24à pas de rôle dans l'assassinat.
11:27Et ma conviction,
11:29ce garçon est resté deux les deux derniers jours
11:31quasiment tout le temps
11:32avec Andzorov qui a décapité Samuel Paty.
11:35Il y avait un témoin,
11:36il y avait un troisième dans la voiture
11:37qui dit qu'il parlait en tchétchène entre eux.
11:39Il a été acheter le couteau
11:40et un pistolet habillé avec lui.
11:42Et celui qui était avec eux
11:45dit qu'Andzorov lui a fait un câlin d'adieu
11:48en partant, etc.
11:49C'est-à-dire qu'il y avait un faisceau d'indices
11:52et sur sa bonne parole et sa bonne mine,
11:54et tant mieux pour lui,
11:55il a réussi à convaincre les juges
11:56qu'il ne savait pas.
11:58Je pense que des gens
12:00qui ne savent pas comme lui,
12:01il n'y en a quand même pas beaucoup
12:02dans les tribunaux.
12:02Mais tant mieux pour lui.
12:03Mais du coup, de voir qu'il viole
12:06ce contrôle judiciaire
12:07avec, donc à plusieurs reprises, etc.,
12:10ça montre quand même,
12:11ça montre quand même que...
12:13Et puis personne n'a oublié quand même,
12:14et en tout cas pas ma cliente,
12:16que quand il y a eu le délibéré,
12:17il s'est jeté dans les bras
12:18de son acolyte,
12:20qui a eu lui-même bénéficié
12:21de l'État en disant
12:23« C'est fini, frère, c'est fini ».
12:26La preuve que ce n'est pas fini.
12:30Bon, ça on dit long,
12:31je pense que ceux qui nous regardent
12:32s'étirent les conséquences.
12:34Je voudrais vous interroger aussi,
12:36vous êtes avocat,
12:37vous êtes président de ce centre
12:38de réflexion sur la sécurité intérieure,
12:40plus largement nous sommes
12:41dans une campagne présidentielle.
12:43Pour ce centre de réflexion
12:44sur la sécurité intérieure,
12:46vous faites souvent des conférences,
12:48des rassemblements,
12:49vous êtes un petit peu partout
12:50en France, Thibault de Montbréal,
12:52et vous avez des remontées de terrain,
12:54comme on dit,
12:55vous entendez aussi une partie des Français,
12:57leur exaspération qui monte.
12:59Comment elles se matérialisent ?
13:00Est-ce qu'elles se matérialisent
13:01à travers des faits
13:02dont on vient de parler ?
13:03Est-ce qu'ils se disent comment
13:04il peut y avoir une telle entaille,
13:06brèche, dans une décision judiciaire,
13:08ou est-ce que c'est beaucoup plus large ?
13:09Ce qui est très intéressant,
13:11c'est que depuis trois ans,
13:13avec mon centre,
13:14on a commencé à faire des réunions
13:16en province.
13:17Et on a fait la cinquantième
13:19juste avant les vacances
13:20et on recommence
13:21dans dix jours, etc.
13:23J'ai vu plus de 8000 personnes.
13:24Je vois les gens,
13:25je vois les élus locaux,
13:27et je vois souvent
13:28les responsables de la sécurité,
13:29des procureurs, etc.
13:31Et il y a deux choses
13:32qui me frappent.
13:33La première,
13:33c'est le décalage abyssal
13:36entre le reste de la France
13:38et ce qu'on pense
13:38à Paris de la vie politique.
13:39Il y a un rejet massif,
13:41je vous le dis,
13:41parce qu'il est exprimé
13:42à chaque fois,
13:42et parfois dans des termes
13:43assez rudes,
13:44il y a un rejet massif
13:45de tous les gens
13:45qui ont gouverné
13:46depuis 20 ans.
13:47Et j'ai beaucoup de mal
13:49sur ce plateau
13:50et face à vous
13:51et compte tenu
13:51de ce retour
13:52d'expérience personnelle,
13:53mais qui dure,
13:54à imaginer
13:55que des candidats
13:56qui ont porté
13:57la politique
13:58de ces dix dernières années
14:00aient la moindre chance
14:01dans cette élection.
14:02Mais je me trompe peut-être.
14:03Il y a une vraie envie
14:04de changement
14:05et de renouveau.
14:06Ça, c'est le premier point.
14:07Le deuxième point
14:07qui est très frappant,
14:09c'est qu'il y a d'abord
14:11chez les professionnels,
14:12mais aussi évidemment
14:13dans la population,
14:14un vrai constat
14:16de l'effondrement
14:17de la situation sécuritaire
14:18partout,
14:19avec une préoccupation majeure
14:21qui n'est plus du tout
14:21de droite ou de gauche.
14:22C'est-à-dire qu'elle dépasse
14:23complètement les clivages.
14:24Quand je vais parler
14:25avec un maire socialiste,
14:28un maire sans étiquette,
14:29mais de gauche,
14:29etc.,
14:30ce sont exactement
14:32les mêmes discours.
14:32C'est-à-dire que les édiles
14:33qui sont en première ligne,
14:35ils ne se situent absolument pas
14:36par rapport
14:37à la politique nationale.
14:38Et ils vous disent,
14:39très simplement,
14:40leur immense inquiétude
14:41est celle des Français
14:43qu'ils côtoient au quotidien.
14:45Et puis,
14:46les policiers,
14:46les gendarmes
14:47et les magistrats
14:48et les procureurs en particulier,
14:49ils disent la même chose.
14:51Donc,
14:51il y a une attente,
14:54je pense,
14:55de changement
14:56beaucoup plus forte
14:57que ce qu'on attend à Paris
14:58et de changement
14:59et de nouveauté.
15:01Alors,
15:01ça ne veut pas forcément dire
15:02que ce seront des attentes
15:04qui iront vers les extrêmes,
15:05mais ça veut dire
15:06qu'on ne peut plus continuer,
15:07je pense,
15:09à donner des frites
15:10à manger
15:12et faire oublier
15:13que c'est qu'on a été
15:13Premier ministre.
15:14Est-ce que ce n'est pas
15:15quand même une constante ?
15:16Est-ce que ce n'est pas
15:17la définition
15:18de l'élection présidentielle
15:19où justement tout un pays
15:20va cristalliser quelque chose
15:21dans une espèce
15:22de grand rejet,
15:24vous avez raison,
15:25de tout ce qui vient de Paris,
15:27et puis
15:28des petites choses
15:30vont participer
15:32à cette cristallisation
15:33qui va aboutir
15:33à un nouveau président ?
15:34Je pense à ce que dit
15:34Laurent Valdigui
15:35dans l'hypothèse
15:35d'un scénario hypothèse,
15:37je dis bien Jean-Luc Mélenchon,
15:38Marine Le Pen,
15:39parce que vous,
15:40comme Laurent d'ailleurs,
15:41évidemment,
15:42vous avez des remontées
15:43de terrain,
15:44vous connaissez les femmes
15:45et les hommes
15:46qui portent l'uniforme.
15:48Qu'est-ce qu'ils vous disent aussi ?
15:49Beaucoup craignent
15:49un risque d'affrontement
15:51véritablement.
15:51Quand vous entendez parfois
15:52dans le discours public
15:53et politique,
15:54certains parlaient
15:55de guerre civile larvée,
15:56vous vous dites
15:56qu'ils sont en train
15:57de craquer une allumette
15:58sur un baril de poudre
15:59ou qu'ils tiennent
16:00un discours de vérité ?
16:01En fait,
16:01il y a deux réponses
16:02dans votre question,
16:03ça me permet de répondre
16:03aux derniers propos
16:04de Laurent Valdiguet.
16:05Vous avez raison,
16:05il y a toujours
16:06vers les fins de règne,
16:08il y a toujours
16:08un peu d'énervement.
16:09Mais là,
16:10on passe à quelque chose
16:10de complètement différent
16:12parce que les gens
16:12comprennent aussi
16:13la gravité de la crise
16:14de la dette.
16:15C'est-à-dire qu'ils se disent
16:16qu'on a de plus en plus
16:17de problèmes sur le terrain,
16:19le pouvoir d'achat,
16:20on a du mal à s'en sortir
16:21et on nous dit
16:23que l'État va avoir
16:23de moins en moins de moyens,
16:25ce qui est objectivement vrai.
16:26Ce qui nous amène donc,
16:28il y a une inquiétude profonde
16:29et un rejet.
16:30Maintenant,
16:30sur votre question sur le risque,
16:31moi je suis extrêmement frappé
16:33par le discours
16:34qui est un discours inflammatoire
16:36qui est tenu,
16:37il faut le dire,
16:37par la France insoumise
16:38avec notamment des gens
16:39comme Bali Bakayoko,
16:40le maire de Saint-Denis,
16:41qui est le premier
16:42à avoir théorisé le fait
16:43qu'il faudrait s'opposer
16:45à une victoire
16:46de la droite.
16:48Il a même,
16:49il a dit bien au-delà du RN,
16:50il a dit que le RN
16:51est la droite dure.
16:52Allez comprendre
16:53ce que c'est que la droite dure.
16:54Et ce qui est intéressant,
16:55c'est que par là même,
16:56il est le premier,
16:57le premier élu
16:58à mettre dans le débat
17:00un rejet de la légitimité
17:01du futur président de la République.
17:03Et c'est gravissime
17:04parce que là,
17:04pour le coup,
17:05il y a une vraie rupture
17:06sur le processus
17:09républicain
17:09et démocratique.
17:10Et moi,
17:10je pense,
17:11et je vous le dis
17:11très tranquillement,
17:12que la France insoumise
17:13en réalité,
17:14et pas simplement
17:15avec des gens
17:15comme M. Bakayoko,
17:16mais aussi avec des gens
17:17comme Mme Hassan,
17:18comme un certain nombre
17:18de discours qui sont tenus
17:20ici ou là,
17:21notamment sur le terrain
17:21ou dans des podcasts,
17:22prépare la prise du pouvoir
17:24soit par les urnes,
17:25soit par les armes.
17:26Mais que les deux
17:27sont sur le terrain...
17:27Vous le dites aussi clairement.
17:28Je le dis aussi clairement.
17:29Et je pense que c'est
17:30un problème majeur.
17:31Et dans les forces
17:32de sécurité intérieure,
17:33c'est sûr que le scénario
17:35d'une victoire
17:36d'un candidat
17:37ou d'une candidate
17:39de droite dure,
17:40pour reprendre l'expression
17:41de M. Bakayoko,
17:43est considéré
17:44comme étant
17:45très certainement
17:46le début de troubles
17:47dont il est impossible
17:48de savoir jusqu'où ils iraient.
17:49Mais ça,
17:50c'est pris en compte
17:50dans l'appareil d'État
17:51puisque c'est la question
17:51que vous me posez.
17:52Thibaut de Montbréal,
17:52en tout cas,
17:53on sent que par ces réunions,
17:55moi,
17:55je ne pose pas la question
17:56est-ce que vous êtes un homme ?
17:57Est-ce que vous vous préparez
17:58comme d'autres ?
17:59Parce qu'avec l'offre pléthorique
18:01de candidats,
18:02on sait en tout cas
18:02que vous mettez au service
18:04de la France
18:05votre expérience,
18:06que vous dites,
18:06vos convictions,
18:07d'ailleurs,
18:07quoi qu'on en pense,
18:09quel que soit le bord politique.
18:10La seule chose...
18:11Oui, pardon.
18:12Je vous en prie.
18:12Non, ce que je veux vous dire,
18:13c'est que je suis moi-même
18:14atterré par ce que je vois
18:15depuis 15 ans
18:16où je travaille
18:16dans l'espace public
18:17sur ces sujets
18:18de plus en plus larges
18:19et qu'il est absolument certain
18:22que dans les conditions
18:25qu'on verra plus tard
18:26et qui dépendront
18:27des événements,
18:28mais moi,
18:28je ne me déroberai jamais
18:29à une responsabilité
18:30qui consiste à faire en sorte
18:33que les choses changent.
18:34Bien.
18:34Je vous remercie.
18:35Laurent Valdigui,
18:36restez avec nous.
18:36Il y a une autre actualité.
18:37D'ailleurs,
18:37je pourrais vous poser
18:38la question, maître,
18:39l'annulation de la tournée
18:40de Patrick Bruel.
18:42Certains avocats,
18:43dont maître Schorderfer
18:44tout à l'heure,
18:45nous disaient
18:45mais attention,
18:46là, la justice
18:47n'est plus écoutée.
18:48Bien sûr,
18:48il y a la parole
18:49des plaignantes
18:50mais la présomption
18:51d'innocence
18:51devient une présomption
18:52de culpabilité.
18:54L'avocat que vous êtes...
18:55Alors, ce n'est pas
18:56la question que vous m'avez posée
18:57mais il y a une dernière chose
18:58que je voudrais vous dire.
19:04Sécurité en France.
19:05C'est d'abord ce matin,
19:06il y a eu une attaque
19:07à l'explosif
19:08sur une centrale thermique
19:09en Allemagne de l'Est
19:10et cet après-midi,
19:11le gouvernement allemand
19:12a officiellement imputé
19:13à la Russie
19:14l'attaque en partie ratée
19:16de drones
19:17sur l'aéroport de Leipzig
19:18qui a eu lieu
19:18il y a trois semaines
19:19et je voulais juste dire
19:21aux uns et aux autres
19:21que la situation géopolitique
19:23est tout à fait susceptible
19:24de créer des troubles
19:26très graves
19:26sur le territoire national
19:27dans les semaines
19:28et les mois qui viennent.
19:29Pardon,
19:30ce n'était pas la question
19:30mais ça me paraissait important
19:31puisque vous m'avez posé
19:32la question
19:33de faire un tour d'horizon
19:34de l'ambiance
19:35que les gens aient bien ça
19:36à l'esprit
19:36parce que c'est une réalité
19:37dont on ne parle pas beaucoup
19:38mais qui existe.
19:39Et donc pas de commentaires
19:40sur Patrick Bruel
19:41si j'ai bien compris ?
19:42Pas de commentaires
19:42sur Patrick Bruel
19:43pour cette fois-ci.
19:44Merci Thibaut de Montbréal,
19:45merci Laurent Valdiguier,
19:47merci d'avoir exposé aussi
19:48vos convictions
19:49et vos convois.
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