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Avec François Piquemal, député LFI de Haute-Garonne et auteur de "Élection sous influence" (Arcane 17 - à paraître le 10 septembre)
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NewsTranscription
00:00Il est 8h32 sur Sud Radio, c'est l'heure du grand entretien politique.
00:04Aujourd'hui, Jacques, vous recevez François Picmal, député La France Insoumise de Haute-Garonne
00:08et auteur de « Élections sous influence ».
00:11Bonjour François Picmal, soyez le bienvenu à Sud Radio.
00:14On commence par l'actualité, c'est le budget.
00:17Maude Bréjon explique que sans budget, c'est 15 milliards d'euros de coûts pour le pays supplémentaire.
00:21Vous allez donc censurer et prendre la responsabilité de nous faire perdre 15 milliards d'euros supplémentaires ?
00:26Oui, bien sûr, on va censurer ce budget parce que je rappelle qu'il y a des millions,
00:31enfin des milliards d'euros de mois, parfois, pour des postes de dépense importants,
00:34notamment pour les services publics de proximité, on en parle peu,
00:37mais il y a des coupes drastiques qui sont prévues pour les collectivités locales.
00:41Mais vous ne croyez pas qu'annoncer la censure avant même d'avoir travaillé sur ce projet ?
00:44Peut-être qu'il y a des choses que vous pourriez faire entendre et faire modifier.
00:48C'est quand même un problème, ça n'est pas faire son travail, nous dit Sébastien Lecornu, qui dit «
00:53vous désertez ».
00:54Alors, je remercie M. Lecornu de donner des leçons de parlementarisme,
00:59mais si encore on pouvait avoir un débat sur le budget qui aille à son terme 149.3,
01:05on ferait et on va faire évidemment des propositions d'amendements pour améliorer le budget.
01:10Mais encore faut-il que ces propositions d'amendements, quand elles sont votées majoritairement,
01:15elles soient acceptées et non pas censurées par le 49.3.
01:18Je vais vous prendre un exemple.
01:21Je me souviens qu'en 2023, on avait voté à la majorité de l'Assemblée nationale
01:26un grand plan d'investissement sur la rénovation thermique des logements à hauteur de 12 milliards d'euros.
01:30Et chacun sait ici à quel point on a souffert cet été, dans nos logements, dans nos bouilloires thermiques.
01:35Eh bien, il y avait eu un vote majoritaire pour cela,
01:38balayé par un 49.3 du gouvernement macroniste.
01:41Donc si vous voulez, nous on peut faire des propositions d'amendements.
01:42Mais j'ai envie de dire, c'est le jeu parlementaire, François Piquemal.
01:45C'est la règle en fait, il y a une règle au Parlement.
01:47Ce qui n'est pas le jeu parlementaire, c'est de ne pas respecter la majorité qui s'exprime sur
01:51des mesures budgétaires.
01:52Mais en fait, tout ce qui est fait au Parlement est légal.
01:54Quand ils utilisent le 49.3, ça reste légal.
01:56Oui, mais nous, vous savez qu'on est opposé à cet article-là.
01:59Je comprends.
02:00On pense qu'il est utilisé de manière abusive.
02:02Mais il y a une question de responsabilité, c'est un peu le sens de ce que dit Sébastien Lecornu.
02:06Si vous censurez, c'est encore une fois 15 milliards de plus pour les Français.
02:09Ça, c'est totalement faux.
02:10C'est le chiffrage, en tous les cas, du gouvernement.
02:12Oui, c'est le chiffrage du gouvernement.
02:13Mais c'est surtout un budget d'austérité.
02:15Moins de moyens pour les services publics de proximité.
02:17Je viens encore de voir que le passeport, par exemple, on est en rentrée scolaire.
02:21Beaucoup de familles vont vouloir inscrire leurs enfants dans des activités sportives.
02:25Eh bien, c'est moins de moyens qui sont alloués.
02:27Et ça, on pourrait en faire la chaîne.
02:28Les APL vont être menacés pour les étudiants et les jeunes.
02:31Donc non, nous, on ne votera pas un budget d'austérité.
02:34Les Français ont assez souffert pendant les années macronistes.
02:36Est-ce que vous appelez le PS à vous suivre sur ce sujet ?
02:39On appelle, en fait, toutes celles et ceux qui ont été les tenants du programme du Nouveau Front Populaire.
02:43Je rappelle qu'il y a eu une élection en 2024 qui a donné une majorité,
02:46en tout cas, une majorité relative au Nouveau Front Populaire.
02:49Je ne comprends pas bien, en fait, la stratégie de la France insoumise.
02:54On est à huit mois d'une présidentielle.
02:56Vous allez censurer un gouvernement au risque de faire perdre 15 milliards d'euros aux Français.
03:01Mais quel est l'intérêt de censurer un gouvernement ?
03:03Vous reprenez les éléments de langage du gouvernement.
03:06Je suis obligé de les croire, c'est le chiffre qui est donné.
03:07Vous n'êtes pas obligé de les croire.
03:09Je ne suis pas obligé de les croire, mais je pars du principe que le gouvernement ne ment pas.
03:14Donc, il nous donne 15 milliards d'euros.
03:15Si vous avez vécu en France sous les années macronistes, vous savez que croire le gouvernement, quand même,
03:19vous devriez être vacciné, c'est le moins qu'on puisse dire.
03:22Donc, si vous voulez, moi, j'ai été élu sur un programme auprès de mes électeurs.
03:25Je suis comptable de ce programme.
03:27Ce programme, c'est celui du Nouveau Front Populaire.
03:29Mais vous avez une élection présidentielle dans huit mois ?
03:31Je finis mon propos.
03:32En 2024, il y a eu une élection.
03:34Le Nouveau Front Populaire est arrivé en tête.
03:36Ce résultat a été bafoué par M. Macron, qui n'en a pas tenu compte.
03:40Moi, je suis tributaire du programme sur lequel j'ai été élu.
03:43Je suis désolé, mais en politique, rendre des comptes sur le programme sur lequel on a été élu,
03:46ça me semble être la moindre des choses, même si pour certains, effectivement, c'est assez évanescent.
03:51Vous avez vu, peut-être ce matin, dans Le Parisien, qui nous explique que les Français seraient prêts à plus
03:57de sacrifices.
03:58Vous n'avez pas l'impression d'être à contre-courant ?
03:59Non, je ne pense pas.
04:01Je pense que les Français ont assez sacrifié, notamment, leur pouvoir d'achat ces dernières années
04:05et qu'il est temps de mettre en place le partage des richesses
04:08et notamment d'augmenter les revenus, dont les salaires.
04:11Et le SMIC à 1 700 euros, c'est ce qu'on propose avec Jean-Luc Mélenchon.
04:14Alors, l'autre actualité du jour, c'est bien entendu la rentrée.
04:17Après, 850 000 profs ont repris le chemin du travail ce matin, même hier d'ailleurs.
04:22Il y a une crise des vocations désormais.
04:25D'ailleurs, on peut passer le concours en fin de licence et plus en fin de master.
04:30Je précise que vous-même, vous êtes prof, donc vous savez de quoi vous parlez.
04:34Ce serait quoi votre remède à la perte d'attractivité pour cette profession ?
04:39Il y a beaucoup de leviers, à mon avis.
04:41Bon, vous avez parlé de la valorisation...
04:44Un seul, parce qu'on est pris par le temps.
04:45Je vais vous en parler. La valorisation salariale des enseignants
04:49et surtout des moyens matériels et humains dans nos écoles.
04:53On manque d'infirmières, on manque d'assistants d'éducation,
04:56on manque de beaucoup de choses qui facilitent le travail des enseignants également
05:00et de la communauté éducative.
05:02La présidente des mamans d'élèves était avec nous ce matin sur Sud Radio.
05:05Elle dit pourquoi pas se faire aider des mamans d'élèves
05:09qui pourraient venir aider occasionnellement, faire des points d'appui.
05:13Vous y seriez favorable ?
05:14Nous, on est pour l'école inclusive, donc les parents d'élèves ont toute leur place.
05:17Mais c'est bien, mais ce n'est pas suffisant.
05:20Il faut qu'en complémentarité, on ait des personnels formés, valorisés dans nos écoles.
05:24Je pense que tout le monde a le souvenir, pour celles et ceux qui ont été,
05:28d'avoir des assistants d'éducation qui jouent un rôle aussi important.
05:31Une infirmière scolaire, quand on sait les problématiques qui se posent en matière de santé physique,
05:36de santé mentale pour nos élèves, en avoir une dans chaque établissement,
05:39ce n'est pas de trop, et aujourd'hui, ce n'est pas le cas.
05:43Alors, François Piquemal, dans tous les sondages, on passe à la présidentielle,
05:47les opinions à date, dans les sondages d'opinion à date,
05:49Jean-Luc Mélenchon est certes leader à gauche,
05:51mais il est donné systématiquement perdant au second tour.
05:55Ça veut dire que sans ralliement, vous n'avez en réalité aucune chance de gagner ?
05:58Ça tombe bien, parce qu'il y a une élection présidentielle,
06:01et une élection, c'est fait pour faire campagne,
06:02et une campagne, c'est fait pour convaincre les gens,
06:04donc pour faire en sorte que les sondages ne soient pas des autos-professies.
06:09Bien sûr, on a tendu la main aux écologistes, aux communistes,
06:12et on espère élargir à toutes celles et ceux qui se reconnaissent dans notre programme,
06:17dans le programme du Nouveau Front Populaire.
06:18Sauf que la gauche sociale-démocrate, vous l'avez vu, au contraire,
06:21elle appelle à une forme d'unité, d'union, de bloc central,
06:24alors ce n'est pas vraiment un bloc central, mais en tous les cas, presque central.
06:27Vous-même, vous avez du mal à savoir à quoi elle appelle,
06:30donc moi, je ne vais pas me lancer là-dedans, ça les regarde.
06:33Nous, on a un programme, une équipe, un candidat, on est prêt à gouverner.
06:36Mais c'est comme ça, regardez, tac, tac, tac, c'est carré.
06:40Donc, avec nous, vous savez à quelle sauce nous allons gouverner le pays,
06:45augmentation du SWIC, retraite à 60 ans, transition écologique,
06:48et l'unité du pays contre toutes celles et ceux qui veulent le diviser.
06:52Alors, en tous les cas, il y a un match entre M. Glucksmann et M. Mélenchon,
06:56pour savoir qui, lequel des deux, parmi d'autres, pourrait figurer au second tour.
07:01Si Raphaël Glucksmann arrive en tête de la gauche, vous appelleriez à voter pour lui au second tour ?
07:05Déjà, M. Glucksmann, il faut qu'il arrive en tête de leur primaire de la social-démocratie qui s'organise,
07:10et c'est leur affaire.
07:11Moi, je ne vais pas faire d'ingérence là-dessus.
07:13Donc, pour moi, le match, en fait, est déjà un peu fait.
07:17M. Jean-Luc Mélenchon a toutes les probabilités d'être au second tour.
07:19Oui, mais l'enjeu, ce sera peut-être de voter contre l'extrême droite.
07:22Ah, mais bien sûr, moi, je n'ai aucun souci là-dessus.
07:25Vous savez, moi, j'ai toujours appelé à battre l'extrême droite,
07:27et je vais vous expliquer pourquoi, parce que les mesures qu'elles proposent,
07:30on en parlera peut-être, notamment en ce début de semaine,
07:33elles vont s'appliquer sur des gens qui vont subir les discriminations.
07:36Et ne serait-ce que pour que ces gens-là soient un minimum protégés de ces mesures-là,
07:41oui, il faut battre l'extrême droite en toutes circonstances.
07:43Alors, passons à la sortie de votre livre.
07:46Élections sous influence aux éditions Arcane 17, qui sort bientôt, vous en faites actuellement.
07:51Le 10 septembre.
07:51La promotion, vous l'avez écrit en référence aux municipales de Toulouse qui vous ont opposé à Jean-Luc Moudinck,
07:56vainqueur d'une courte tête, 53-46, si je ne me trompe pas.
08:00La thèse de votre livre, j'en ai lu des passages, c'est que vous vous seriez fait voler l
08:05'élection.
08:06Alors, ce n'est pas la thèse de mon livre.
08:09En fait, je...
08:10Vous dénoncez une tricherie.
08:12Déjà, pour expliquer, je ne t'énonce pas une tricherie, c'est les services de l'État.
08:16Alors, allez-y, allez-y.
08:18Attendez, on va prendre dans l'ordre.
08:20Mon livre, il a pour objet de lancer l'alerte sur la souveraineté démocratique du pays sur les prochaines élections
08:26et de revenir sur ce qui s'est passé au municipal, au dernier municipal.
08:31Il y a eu des ingérences étrangères, là en l'occurrence des ingérences israéliennes,
08:35qui sont avérées, qui sont étayées, non pas par moi, mais par la Viginium et par l'Annecy.
08:41Alors, pourquoi pas tout à fait, vite-moi ?
08:43Tout simplement parce que votre livre repose sur nombre d'hypothèses que les liens ne sont pas totalement établis.
08:49Vous le dites vous-même.
08:50Alors, dites-moi, dites-moi.
08:53À plusieurs reprises, vous parlez d'hypothèses, par exemple, si on prend point par point.
08:58Après ça, ça devient extrêmement technique.
09:00Mais par exemple, la journée du 19 mars.
09:03Par exemple, la journée du 19 mars, vous développez une thèse selon laquelle vous auriez été victime d'un traquenard,
09:08tout en disant, si les infos sont confirmées, et vous vous basez sur la base d'un SMS qui aurait
09:13circulé
09:14et qui aurait rameuté les foules pour essayer...
09:17Alors, en fait, je vous coupe tout de suite.
09:19Ce n'est pas moi qui me base là-dessus.
09:20C'est le syndicat national des journalistes de France Télévisions.
09:24Et c'est le journal Le Monde qui rapporte un SMS du président du CRIF 31 de Toulouse, M. Touboul,
09:30qui a averti France Télévisions de venir à la cérémonie d'hommage aux victimes des attentats de mars 2012.
09:36Parce que je cite, il y aurait du grabuge.
09:38Donc moi, je m'appuie juste sur les faits qui sont relatés par vos confrères journalistes.
09:42Je ne vais pas plus loin que ça.
09:43Après, il y a des enquêtes en cours.
09:45C'est à elles de dire à quel point les uns et les autres ont été, on va dire, mêlés
09:50et investis là-dedans.
09:51Dans votre livre, sur l'histoire du 19 mars, vous dites très précisément si les informations sont confirmées.
09:57Ce n'est pas moi qui le dis, c'est vous.
09:58Oui, c'est parce que l'enquête est en cours.
09:59C'est ce que je suis en train de dire ce matin.
10:02C'est que toute la thèse de votre livre repose sur des hypothèses.
10:05Il n'y a aucune preuve.
10:06Et vous le savez très bien.
10:07Ah mais attendez, les preuves, ce n'est pas moi qui les donne.
10:10C'est vos confrères journalistes.
10:11Donc si vous voulez leur demander des comptes, écrivez au syndicat national du journaliste de France Télévisions
10:16sur pourquoi ils ont fait un communiqué exprès
10:18pour expliquer que leur rédaction leur avait caché ce SMS
10:23et que l'équipe de France 3 locale est allée sur la cérémonie sans avoir connaissance du SMS.
10:29Ce n'est pas moi qui le dis, c'est vos confrères du syndicat national du journaliste.
10:33C'est un des aspects du livre, mais la thèse générale, c'est que,
10:36et il faut le préciser je pense pour que les gens comprennent bien,
10:40c'est que vous dites qu'il y aurait eu des ingérences, des impressions d'un certain nombre de postes
10:43et que ces postes auraient influencé le cours de l'élection.
10:46Attendez, je termine ma phrase.
10:48Comment vous pouvez faire le lien entre des postes dont vous ne savez pas combien d'heures
10:52ils sont restés en impression sur les réseaux sociaux et l'impact des élections ?
10:59Mais déjà, ce n'est pas moi qui dis qu'il y a eu des ingérences.
11:02C'est les services de l'État.
11:03C'est la Viginium et l'Annecy.
11:05Donc c'est eux qui m'avertissent.
11:07D'accord ? Donc ce n'est pas moi.
11:08Ne me faites pas dire que c'est moi qui invente des choses.
11:11C'est les services de l'État.
11:12Non, non, non, mais de la manière dont vous me formulez, c'est moi qui accuse.
11:16Non, non, non, non, allez lire les rapports de Viginium et de l'Annecy là-dessus.
11:20Ils sont très précis, très étayés.
11:21C'est une entité israélienne basée à Tel Aviv qui s'appelle Black Corps,
11:27proche de membres du service de sécurité israélien
11:30qui est à l'origine des ingérences dont on a été victime
11:34avec M. Delogu à Marseille, M. Guiraud à Roubaix et moi-même à Toulouse.
11:38Alors, après, il y a un recours en cours sur l'élection toulousaine.
11:43Ce sera au juge d'apprécier si, oui ou non,
11:46ces ingérences, elles ont pu influer le résultat.
11:48Toujours est-il qu'on est...
11:49Et je finis...
11:50Voilà, on est bien d'accord.
11:51Donc en réalité, vous établissez des faits
11:53qui, en réalité, n'ont pas de relation directe avec le sort des élections.
11:56Bien sûr que si.
11:58Écoutez...
11:58Vous n'en savez rien puisque vous dites vous-même qu'il y aura une enquête.
12:00La justice le dira.
12:01Mais regardez, c'est la première fois en France
12:04qu'on a des ingérences à cette hauteur documentée par les services de l'État.
12:08Et ça, vous ne pouvez pas le nier.
12:10Vous ne pouvez pas le nier.
12:11À moins que vous me dites que la Virginie et la Annecy
12:12sont des officines de la France insoumise.
12:14Mais je ne pense pas que vous ayez cette malhonnêteté intellectuelle-là.
12:18Pas du tout.
12:18Moi, ce que je vous dis, c'est que, par exemple,
12:20les fausses publicités, une enquête est en cours,
12:22qui ont été diffusées la veille du second tour,
12:25selon la Dépêche du Midi,
12:26qui les a diffusées avec d'autres sites comme Vinted,
12:29comme Candy Crush,
12:30comme des paris sportifs et autres,
12:32c'est potentiellement des millions de vues sur les réseaux sociaux
12:35ou localisées.
12:36Potentiellement.
12:38Je vais vous expliquer pourquoi.
12:39C'est exactement les termes qui sont utilisés.
12:41C'est qu'en réalité, tout est potentiel.
12:43C'est-à-dire que ça reste tout ça.
12:44Mais, monsieur, des enquêtes sont en cours.
12:46Donc, moi, je m'appuie sur les faits dont j'ai connaissance aujourd'hui.
12:49C'est pour ça que je vous pose la question
12:49et que je commence cet entretien par
12:51est-ce que c'est une tricherie ?
12:52Et en fait, non.
12:53Est-ce qu'il n'est pas normal que je demande justice
12:54et que la vérité soit faite ?
12:56Vous êtes d'accord avec ça ?
12:57Absolument.
12:58Donc, moi, je n'ai pas employé le terme de tricherie dans mon livre.
13:00Est-ce que je l'ai employé une seule fois ?
13:02Non.
13:02Donc, pourquoi vous me dites ça ?
13:03Alors, en revanche...
13:04Pourquoi vous me dites que j'emploie le terme de tricherie
13:06si je ne l'emploie pas ?
13:07Alors, en revanche, la majorité...
13:09Alors là, par exemple, c'est dans la préface de Jean-Luc Mélenchon.
13:11La majorité municipale de Toulouse est l'enfant d'une tricherie.
13:14Voilà le terme utilisé.
13:15Il parle de déferlement d'abus et de harcèlement.
13:18Ah bah oui.
13:19Voilà.
13:19Il parle d'égout humain présent sur place pouvant cracher son flot.
13:23Là, il fait référence à la fameuse journée du 19 mars.
13:26Mais pour que ce soit bien clair,
13:27je voudrais juste rappeler deux-trois faits.
13:29Le Canard Enchaîné a révélé que ce rapport public
13:32avait en effet été, dans un premier temps, mis de côté.
13:35Il a mis du temps à être diffusé.
13:37Donc, je le dis parce que c'est la réalité
13:38que finalement, les services de l'État ont diffusé ce rapport le 11 juin
13:43et qu'ensuite, la Viginum documente une stratégie
13:47simulant un clivage identitaire séparatiste.
13:49C'est un peu ça l'idée.
13:50Vous êtes d'accord avec ça ?
13:51Vous citez ce rapport.
13:53En revanche, vous êtes d'accord pour dire qu'il y a une enquête qui est ouverte
13:57et que pour le moment, il n'y a absolument rien d'établi sur le sort de l'élection,
14:00sur l'impact et la conséquence.
14:01C'est ça que je veux dire.
14:02En fait, moi, ce que je dis et ce que me rapporte beaucoup de Toulousainais et des Toulousains,
14:08c'est qu'ils ont ce sentiment, et vous le comprenez bien,
14:10d'avoir été floué dans cette élection.
14:12Parce que quand on a des manœuvres de désinformation massive,
14:15l'entité dont je parlais, Black Corps, qui est répertoriée par la Viginum,
14:21c'est une entité qui se présente comme ça, comme une entité de désinformation.
14:26Donc forcément, le fait qu'il y ait eu une ingérence, en l'occurrence là, israélienne,
14:32dans une élection locale, c'est un problème de souveraineté démocratique.
14:35Vous en conviendrez ?
14:36Absolument.
14:37Enfin, vous, si vous êtes candidat...
14:39Si les faits sont établis ?
14:40Regardez, je pense qu'ils sont établis par la Viginum, là, en l'occurrence.
14:44Mais regardez, si vous êtes candidat dans votre commune,
14:47et que vous avez une ingérence, que sais-je, russe, américaine,
14:51qui vient se mêler de votre élection municipale,
14:53vous direz que ce n'est pas normal.
14:55C'est à nous, les habitants de la commune, de décider ce qui est bon pour nous ou pas,
15:00et le programme que l'on choisit, le candidat qui va de soi.
15:03Donc forcément, il y a un sentiment à Toulouse qui est assez profond
15:05de s'être fait flouer sur cette élection-là.
15:08Après, des enquêtes sont en cours.
15:11Elles vont mettre du temps, puisque vous connaissez le temps de la justice
15:13par manque de moyens, malheureusement.
15:15Et ce sera à elles de déterminer les responsabilités.
15:18On verra à ce moment-là ce qu'en dit la justice.
15:21Mais c'est très difficile, encore une fois, de faire un lien
15:24entre ce qui s'est passé et s'il y a eu un impact sur les élections.
15:28Mais ça, c'est la justice qui le dira.
15:30Je suis obligé, on est tenu par le temps.
15:31On a beaucoup de choses à vous poser.
15:33Il y a d'autres sujets qui arrivent,
15:35puisque notamment dans ce deuxième quart d'heure,
15:36vous souhaitiez intervenir sur l'interdiction du voile
15:39que souhaite le Rassemblement National.
15:41A tout de suite.
15:427h10, le Grand Matin Sud Radio.
15:45Sud Radio.
15:47Le Grand Matin Sud Radio, 7h10, Jacques Cardoz.
15:51Nous recevons François Picmal, député de la France Insoumise de Haute-Garonne.
15:55Avec vous, M. Picmal, on a parlé des ingérences étrangères.
15:58On aborde dans ce deuxième quart d'heure un thème que vous avez choisi,
16:04qui, il s'agit de la décision, du souhait du Rassemblement National
16:08d'interdire le voile dans l'espace public.
16:11Et vous avez 3 minutes pour convaincre.
16:13Oui, parce que je pense qu'il marque la méconnaissance historique du Rassemblement National
16:17et la méconnaissance de la loi de 1905, la loi sur la laïcité,
16:22qui, je le rappelle, est une loi qui vise, dans son esprit général,
16:25à neutraliser l'État et, par conséquent, ses agents publics,
16:29mais en aucun cas à neutraliser les individus sur leur croyance
16:32ou sur leur non-croyance.
16:34Et cette loi, elle assure le fait pour l'individu,
16:37dans l'espace public, dans un État démocratique,
16:39de pouvoir se vêtir, comme il le souhaite, dans les cadres prévus par la loi.
16:43Or, en faisant cette mesure, en annonçant cette mesure,
16:47le Rassemblement National contrevient totalement à la loi de 1905,
16:51marque sa méconnaissance sur le sujet.
16:53C'est anticonstitutionnel aussi, puisque c'est contraire aux articles 10 et 11
16:57de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen.
17:00Et je trouve ça énormément révélateur du projet du Rassemblement National pour le pays.
17:04J'aimerais juste avoir une pensée pour toutes nos concitoyennes et concitoyens
17:10de confession musulmane, qui se sentent évidemment blessés
17:12par cette nouvelle attaque islamophobe.
17:14Vous savez, à Toulouse, par exemple,
17:16on a eu les attentats terribles de mars 2012,
17:21on en a parlé tout à l'heure.
17:22Vous connaissez sûrement Latifa Ibn Ziyaten,
17:25qui est la mère d'Imad Ibn Ziyaten,
17:28soldat tué, assassiné par le terroriste Mohamed Merah.
17:31Latifa Ibn Ziyaten, elle porte le voile,
17:33et c'est son droit, c'est notre droit.
17:36Que va faire Marine Le Pen ?
17:37Elle va aller donner une contravention à Mme Ibn Ziyaten,
17:40parce qu'elle porte le voile.
17:42C'est ça son projet de société.
17:43En tout cas, ce n'est pas le nôtre,
17:44et nous serons les défenseurs de la loi de 1905.
17:47Jordan Bardella a précisé qu'il ne s'agirait pas
17:49de mettre en place une police du vêtement,
17:51parce qu'il précise qu'il y aura ce qu'il souhaite,
17:54c'est avant tout un référendum.
17:56Oui, alors super, on va faire un référendum
17:59sur la mesure islamophobe de M. Bardella et Mme Le Pen,
18:03s'ils passent au pouvoir,
18:04à l'heure où on a beaucoup d'autres préoccupations.
18:07On parlait tout à l'heure, notamment des vagues de chaleur,
18:09la transition écologique.
18:11Sur la place de l'islamisme, c'est ce qu'il dit.
18:12Oui, écoutez, je pense qu'il faudrait faire un débat de société
18:14sur la place de l'extrême droite, surtout dans ce pays,
18:17qui prend malheureusement de plus en plus d'espace
18:19avec ces idées nauséabondes qui visent à diviser le pays.
18:22Alors, autre sujet, M. Picmal,
18:24hier, Jean-Luc Mélenchon,
18:25après l'arrivée de Charles Sapin,
18:28journaliste de Valeurs Actuelles sur France Inter,
18:30a dénoncé, je cite,
18:31les matinales traquenards,
18:33les éditos ultra-droitards.
18:36Il a ajouté, on est presque contraints à l'exil radiophonique.
18:42Est-ce que vous ne pensez pas
18:44qu'on a le droit d'avoir d'autres pensées
18:46sur une matinale de radio ?
18:48Ah, on a le droit d'avoir des pensées diverses et variées,
18:50sauf celles qui promeuvent justement
18:52la discrimination, la xénophobie et le racisme.
18:55Et vous disiez tout à l'heure,
18:58le Rassemblement National va avoir des débats sur l'immigration.
19:00Il serait temps que dans ce pays, je vous le disais,
19:02on a un débat sur la place de l'extrême droite
19:04de plus en plus importante sur ces idées
19:06qui fracturent notre pays.
19:08Donc je rejoins en tout point les propos de Jean-Luc Mélenchon.
19:11Vous n'acceptez pas qu'il y ait un journaliste
19:13de Valeurs Actuelles sur France Inter ?
19:14Je trouve ça dommageable que sur le service public,
19:16on donne encore un temps d'antenne.
19:18Est-ce que ça n'est pas être contre la pluralité ?
19:20Et attendez, à l'heure où plusieurs milliardaires
19:23dont M. Bolloré détiennent un certain nombre de médias
19:25qui sont concentrés dans ses mains
19:27avec un projet politique, celui de l'extrême droite,
19:30qui sert la soupe au Rassemblement National
19:32et aux autres corollaires matin, midi et soir.
19:35Alors, François Picmal, on continue de parler
19:36du Rassemblement National avec vous,
19:38Benjamin Glez, vous nous avez rejoints avec votre hashtag.
19:40On en parle sur les réseaux sociaux.
19:42Et vous voulez faire référence
19:44au coup de gueule de Jean-Philippe Tanguy.
19:46Et on continue de parler de France Inter.
19:48Vous l'avez peut-être entendu, François Picmal,
19:50Jean-Philippe Tanguy, qui a été comparé
19:53par un humoriste de France Inter,
19:55en l'occurrence Amiziane,
19:56à un rat.
19:57Il a vivement réagi sur les réseaux sociaux.
19:59Jean-Philippe Tanguy, ça l'a mis en colère.
20:02Il dénonce une séquence ignoble.
20:03Ses attaques indignes sur le physique
20:05et cette animalisation sont des méthodes
20:07dignes des pires idéologies haineuses,
20:09sans aucune trace d'humour.
20:11Si vous ne l'avez pas entendu,
20:12eh bien, François Picmal,
20:14on l'écoute tout de suite.
20:15Il t'aime les hommes.
20:16Oublie la thérapie de conversion.
20:18Tu regardes l'interview de Jean-Philippe Tanguy
20:19et c'est réglé.
20:20Vous ne trouvez pas qu'il a la tête d'un rat
20:22qui se serait transformé en humain,
20:24mais dont la mutation aurait été stoppée à 80% ?
20:27Je suis désolée, mais c'est Magnès qui me l'a dit.
20:29Ce n'est pas de ma faute.
20:30Je regrette ce que je viens de me dire.
20:32Mais il m'énerve parce qu'il est homosexuel
20:33et il reste dans un parti
20:35qui vote sans cesse contre les droits LGBT.
20:37Je sais que ce paradoxe,
20:39c'est son côté humain,
20:40mais il aurait pu utiliser son côté rat
20:42pour sentir le piège.
20:43Je ne sais pas.
20:44Pardon.
20:44J'arrête.
20:46Les blagues sur le physique,
20:47ce n'est pas bien.
20:48D'habitude, c'est les fachos qui les font.
20:50Mais bon, s'il n'est pas content,
20:52il n'avait qu'à se cacher sous un voile.
20:53Voilà.
20:55Vous n'avez pas rigolé, François Pygmal,
20:56ça ne vous fait pas rire ?
20:57Non, mais oui et non.
20:59En fait, c'est de l'humour.
21:00Après, ça fait partie de la liberté d'expression.
21:02Donc, si M. Tanguy juge que ça allait trop loin,
21:05il n'a qu'à déposer plainte
21:06et puis la justice tranchera.
21:07Mais je veux dire, on peut...
21:08Donc là, c'est de la liberté d'expression ?
21:10Et quand il s'agit de l'éditorialiste
21:12tout à l'heure de Valeurs Actuelles,
21:14ce n'est pas de la liberté d'expression ?
21:15Vous confondez deux choses.
21:16Vous confondez une blague d'un humoriste
21:18et un projet politique d'un éditorialiste
21:20qui est un projet politique.
21:21Pour moi, c'est deux choses qui sont différentes
21:23et c'est deux choses qui s'affrontent différemment.
21:25Un éditorialiste, il n'a pas forcément...
21:27Moi, je vais vous dire sur l'humour,
21:28moi, il y a des fois,
21:28il y a des blagues que je ne trouve pas drôles,
21:30il y a des blagues que je trouve drôles
21:31et je suis sûr que si on faisait le tour,
21:32on ne trouverait pas les mêmes blagues drôles
21:34les uns et les autres.
21:34Oui, mais ça s'appelle la liberté d'expression
21:35et la pluralité, mais je suis sûrement d'accord.
21:37L'expression, c'est la pluralité.
21:38Nous, ce qu'on regrette,
21:40c'est que sur le service public,
21:41on invite aujourd'hui des éditorialistes d'extrême droite
21:45pour avoir des angles d'extrême droite
21:47et on pense que c'est assez suffisant
21:49vu le panel des grands médias actuels
21:51qui sont détenus.
21:51Mais ça s'appelle la pluralité, en fait.
21:53Mais vous pouvez juger que c'est de la pluralité.
21:54Nous, on le regrette.
21:55Et on pense que ça marque, on va dire,
21:58une inflexion qui est assez dommageable
22:00du point de vue de l'information
22:01et surtout de la désinformation
22:02que peuvent occasionner les idées d'extrême droite.
22:05Bon, l'attaque au physique, en tout cas,
22:06pour l'humour, on valide ?
22:07Moi, je n'ai jamais été pour les attaques au physique.
22:10D'ailleurs, l'humoriste le dit lui-même.
22:11Il dit, bon, voilà, on sent bien que...
22:14Qu'il assume peut-être pas tout à fait
22:15ou qu'il se dédouane.
22:16Non, mais écoutez, moi,
22:18je n'ai jamais été pour les attaques au physique.
22:19Après, je pense que là,
22:21on est dans le registre de l'humour.
22:23Voilà, on en a parlé.
22:24Il y a des blagues qui font rire,
22:26d'autres qui ne font pas rire.
22:27Il y a des publics pour rire de telles blagues
22:29et d'autres.
22:29En fait, moi, je ne vais pas me lancer là-dedans.
22:31Sinon, vous et moi,
22:32on peut faire l'analogie
22:34de beaucoup de blagues d'humoristes
22:36et être d'accord ou pas d'accord
22:37sur ce qui est drôle ou pas.
22:38Mais je pense que ce n'est pas mon rôle
22:40et que si M. Tanguy,
22:41il juge vraiment
22:42que ça a été en dehors de tout cadre,
22:45eh bien, il va déposer plate
22:46et puis on verra ce que la justice dira.
22:48M. Piquemal, je retiens
22:49que vous faites une différence
22:50entre ce qui relève de l'humour
22:51et ce qui ne relève pas de l'humour.
22:53Oui, tout à fait.
22:54Je fais une différence entre...
22:55Le pluralisme s'applique dans un cas,
22:57pas dans l'autre.
22:57Non, non, non, c'est pas ça.
22:58Ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit.
23:00C'est pas ça.
23:00C'est qu'un humoriste,
23:02il a pour but de faire des blagues,
23:04de faire rire les gens.
23:05Un éditorialiste politique,
23:06il a pour but de mettre en place
23:09un point de vue politique.
23:10Là, en l'occurrence,
23:11celui dont vous me parlez,
23:11c'est un point de vue politique
23:12d'extrême droite
23:13et de convaincre des gens là-dessus.
23:16Donc, si vous voulez,
23:17je fais le distinguo entre les deux
23:18en termes de discours
23:21et d'intention qu'il y a derrière.
23:23Après, vous pouvez être pour la pluralité,
23:26je le suis aussi.
23:26Ça ne m'empêche pas de dire
23:27qu'on regrette,
23:28on trouve ça dommageable
23:29que le service public
23:30accueille des éditorialistes
23:32d'extrême droite aujourd'hui.
23:33On peut aussi estimer
23:34que ça relève de l'éclairage
23:36et encore une fois,
23:37du pluralisme.
23:38Mais vous étiez là pour...
23:39Regardez, en l'occurrence,
23:39l'extrême droite fait plutôt
23:40du déséclairage
23:41et de l'obscurcissement des idées
23:43que de l'éclairage.
23:44Et je pense qu'à l'heure,
23:46en 2026,
23:47ce serait bien de considérer
23:49que l'ouverture d'esprit
23:49n'est pas une fracture du crâne
23:51et que l'extrême droite
23:52arrête de contrevenir
23:54à nos libertés fondamentales
23:56et publiques
23:56comme revenir sur la loi
23:58de 1905 notamment.
23:59Merci François Picmal,
24:00député de la France Insoumise
24:01et très bonne journée à vous.
24:02On rappelle le titre
24:03de votre livre.
24:03Élections sous influence
24:05le 10 septembre
24:06et je vois que vous avez été
24:07un lecteur averti
24:08et donc j'invite tout le monde
24:09à le retrouver en librairie.
24:11Merci infiniment.
24:12Pour se faire sa propre opinion.
24:13Très bonne journée à vous.
24:14Merci François.
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