00:00Il y a un lien que vous aviez depuis de nombreuses années,
00:02un lien d'intelligence, de culture et d'écriture, forcément, avec Philippe Bouvard.
00:0830 ans, je crois, à peu près maintenant.
00:1130 ans qu'il m'a ouvert la porte de son bureau pour me demander de travailler un peu avec
00:17lui.
00:1730 ans de trouille, parce qu'il m'a toujours fait peur.
00:21Vous qui le connaissez, c'est pas de moi, il me faisait peur.
00:24Oui, mais moi, je l'ai connu à une période différente de vous,
00:27parce qu'il était déjà âgé et j'étais allé déjeuner chez lui, rue Saint-Ferdinand.
00:34Et il avait été très gentil, mais il était déjà, vous savez comment c'est quand on a 80 ans,
00:39c'est pas la même chose que quand il passait les auditions du théâtre du Petit Bouvard.
00:44Je commence à le savoir, à les 80 ans, je commence à le savoir bientôt.
00:48Oui, mais forcément, c'est un rapport, il était un peu adouci sans doute.
00:53Et puis là où il devait être dur, parce qu'avec vous, en fait,
00:56quand vous dites que vous en aviez peur, c'est que si vous n'étiez pas assez performant,
00:59peut-être qu'il ne vous prenait pas le lendemain dans les grosses têtes.
01:03Oui, oui, et puis ailleurs, il y avait un petit peu de talent,
01:07mais surtout beaucoup de travail et beaucoup de rigueur.
01:10Il était très exigeant, très exigeant.
01:12Vous voyez, je l'ai fréquenté pendant à peu près 30 ans,
01:15et je serais incapable de vous dire s'il m'avait pris en amitié ou pas.
01:19C'est bizarre, c'est bizarre.
01:20Et j'en mourrais d'envie de devenir son ami.
01:23J'en mourrais d'envie, parce qu'elle, quand j'étais pigiste au quotidien de Paris,
01:29à l'époque, je rêvais, comme tous les jeunes journalistes, de devenir bouvard.
01:34Pour nous, c'était le succès absolu.
01:39L'écriture, la radio, la télé, il y avait tout réussi, quoi.
01:44L'écriture, la radio, la radio, la radio, la radio, la radio.