00:00Ce qui révèle, c'est que nous avons un pays qui est malade par sa violence.
00:06Nous, on le constate au quotidien.
00:09D'ailleurs, on paye un lourd tribut puisqu'il y a à peu près 20 policiers chaque jour
00:15qui sont blessés par des actes de violence dans notre pays en augmentation, encore une fois.
00:21Donc, on voit bien que l'ensemble des chiffres augmente
00:25parce que vous avez, si vous voulez, ce phénomène de violence qui touche notre pays.
00:31Vous avez aussi l'épisode caniculaire qui a mis à rude épreuve certaines personnes
00:38qui ont abusé certainement de boissons alcoolisées,
00:41qui ont des logements surchauffés et les violences intrafamiliales sont en augmentation aussi
00:47parce que dès qu'il y a un épisode de chaleur, vous avez des gens qui pètent carrément les plombs
00:53et dans les domiciles, ça part en violence.
00:56Il va falloir aussi prendre en compte ce phénomène de chaleur
01:00qui pose problème sur certains individus qui ont des problèmes avec la violence.
01:06Mais en tous les cas, on le voit, c'est décuplé.
01:08On voit aussi qu'il y a énormément d'individus finalement qu'on interpelle,
01:14qu'on remet à la justice et qui sont malheureusement remis en liberté
01:19faute de réponses réellement pénales.
01:21Il faut aussi que la justice puisse être rendue dans des temps relativement courts
01:28et qu'il y ait une sanction à la clé.
01:30C'est pour ça que nous, nous militons pour des courtes peines pour les primo-délinquants,
01:35en tous les cas pour qu'il y ait une réponse réelle, pour mettre un stop.
01:39On voit cette violence au quotidien.
01:41On voit réellement ces agressions à coups de couteau, par exemple, entre individus,
01:46parce que vous avez un cycliste qui a coupé la route à un automobiliste
01:51et l'automobiliste va péter un câble et va sortir un couteau et poignarder,
01:56comme il y a eu ça il n'y a pas très longtemps à Paris.
01:59Vous avez des exemples malheureusement du quotidien de cette violence
02:04et pour cela il va falloir un choc, un véritable choc d'autorité
02:09que l'État doit mettre en place.
02:12Ça fait neuf ans qu'on ne l'a pas eu le choc d'autorité.
02:14Ça fait neuf ans qu'on l'attend, on ne l'a pas eu
02:16et on verra ce qu'il en sera avec les élections présidentielles,
02:19l'élection présidentielle l'an prochain.
02:21Une question peut-être parce que vous évoquiez parmi les raisons conjoncturelles,
02:25j'ai envie de dire, de cette violence, récemment les fortes chaleurs,
02:29effectivement, avec des gens qui sont peut-être plus alcoolisés,
02:32qui sortent plus en extérieur.
02:35Parmi ces raisons conjoncturelles, il y a aussi eu un événement dramatique
02:39que le pays a vécu comme un traumatisme, c'est l'affaire Liana.
02:43Ça va faire sortir aussi des dossiers qui étaient dans les tiroirs
02:47quelque part en attente de qualification.
02:50Oui, aussi, mais ces violences, elles avaient eu lieu,
02:53donc elles étaient déjà comptabilisées dans les statistiques.
02:57Mais au-delà de ça, c'est vrai qu'il y a eu aussi une libération de la parole
03:01avec des personnes qui ont aussi déposé plainte pour ces violences-là.
03:08Donc oui, à chaque fois qu'il y a un événement tragique dans notre pays,
03:12vous avez des victimes qui se disent, finalement,
03:16je dois aller déposer plainte, je dois me signaler
03:18parce qu'effectivement, j'ai subi ces violences-là
03:23et ce n'est pas possible, ce n'est pas tolérable
03:25parce que beaucoup de victimes pensent qu'au final,
03:28c'est pas grave, c'était une mafroche, patati patata.
03:31Et au final, elles se rendent compte que oui,
03:33elles sont réellement victimes et elles doivent être entendues.
03:36Mais pour être entendues, il faut donner des outils aux policiers,
03:39à la police judiciaire.
03:41Il faut remonter les groupes de la police judiciaire
03:44avec énormément de recrutements de fonctionnaires de police
03:47qui vont aller dans ces filières-là.
03:50Et au-delà de ça, il faut aussi un logiciel performant
03:52pour pouvoir recueillir la parole des Français victimes.
03:56On voit que ces logiciels sont complètement défaillants
03:59puisque vous avez un logiciel qui n'a toujours pas vu le jour
04:02après dix ans de programmation
04:06et plus de 260 millions d'euros évaporés sur ce logiciel
04:10qui ne fonctionnera pas et qui ne fonctionnera jamais.
04:13D'ailleurs, il y a eu la Cour des comptes
04:15qui a condamné certaines personnes
04:18qui s'occupaient de ce logiciel défaillant.
04:21Donc on voit que finalement, si vous êtes abandonné,
04:24si la police judiciaire est abandonnée,
04:26vous vous retrouvez avec des dossiers en attente,
04:31des plaintes des Français en attente
04:33sur le bureau des enquêteurs,
04:34faute de moyens de pouvoir, si vous voulez,
04:37instruire ces dossiers-là.
04:39Parce que derrière ces dossiers, ce sont des victimes
04:41et derrière ces victimes, il faut avoir un processus d'enquête
04:45et pour cela, il faut avoir des hommes et des femmes
04:47sur le terrain ou dans les bureaux de la police judiciaire
04:50pour pouvoir mener ces enquêtes.