00:10L'autisme et la santé mentale sont deux choses complètement différentes à la fois dans leurs
00:15origines, leurs durées et leurs manifestations. L'autisme c'est un problème neurologique qui
00:23fait que la personne autiste fonctionne de façon différente à certains niveaux de la
00:29compréhension, de la sensibilité etc. Par contre la santé mentale c'est un problème
00:35plus cognitif et donc qui affecte l'humeur plus particulièrement de l'individu et
00:44dans leurs origines l'autisme on est avec ça ne s'acquiert pas alors que la santé
00:50mentale ça peut arriver à tout moment de la vie de la personne.
01:00Ça dépend des cultures, des valeurs socio culturelles, des personnes, des groupes
01:06sociaux. Donc c'est sur la base de ces conceptions là, ça peut être même des conceptions religieuses.
01:14Vous savez par exemple qu'il y a des religions, dans certaines religions par exemple on ne permet
01:18pas aux gens de prendre des comprimés ou de faire des injections. Donc c'est lié aux pratiques et aux
01:24habitudes culturelles et aux mythes des conceptions que chaque société et chaque groupe se fait.
01:34La recherche est toujours en cours. On n'a pas de données vraiment précises là-dessus.
01:39Mais ce sur lequel la science s'apaisantit aujourd'hui, le domaine vers lequel la science
01:46s'oriente aujourd'hui, c'est que l'autisme est provoqué essentiellement par un dysfonctionnement
01:54au niveau neurologique. Il y a les facteurs environnementaux aussi qui jouent beaucoup. On utilise beaucoup
02:00beaucoup de produits chimiques, beaucoup dans l'agriculture aussi bien que dans l'industrie
02:06cosmétique. Tous ces produits-là, sans qu'on puisse le prouver véritablement aujourd'hui,
02:13peuvent avoir des incidences sur le développement de l'autisme. Dans une famille, on peut avoir
02:19une, deux, trois personnes autistes. Ce qui fait que véritablement on pense que la génétique
02:24peut être aussi un des facteurs causaux de l'autisme.
02:32Vous savez, dans la classification de l'autisme, on a trois niveaux spécifiques. On a le niveau
02:371, le niveau 2, le niveau 3. Et dans chacun des cas, le fonctionnement de l'individu est
02:42différent. Dans le cas de l'autisme, le niveau 1 de l'autisme, la personne peut apprendre,
02:49se socialiser, communiquer et faire tout ce que vous et moi peuvent faire. Au niveau 2,
02:562, c'est encore beaucoup plus difficile. Mais même là encore, la personne avec les méthodes
03:03psychoéducatives, les méthodes de socialisation, les méthodes de communication, ces personnes-là
03:09peuvent véritablement apprendre et s'intégrer très bien dans la société.
03:14Maintenant, au niveau 3, où le dysfonctionnement est beaucoup plus profond en termes de communication,
03:21en termes de socialisation et en termes de mouvements kinétiques, par exemple, là, c'est
03:28très difficile. Ces personnes-là, on peut les aider à acquérir le minimum d'indépendance,
03:35par exemple, comme aller aux toilettes, se nourrir, peut-être se vêtir. Mais très souvent,
03:41on se limite là. Et ces personnes-là ne peuvent souvent pas aller au-delà de ces
03:46básiques de la vie.
03:54Toute personne, tout individu qui est rejeté par la société est profondément affecté.
03:58Le réjet peut conduire au pire, comme le suicide. Par exemple, une personne dépressive qui
04:04n'a pas le soutien nécessaire, qui est rejetée, qui est stigmatisée, qui arrive au
04:10point où la vie n'a plus de sens. La solution ultime pour cette personne, souvent, c'est le
04:14suicide ou c'est vraiment commettre un crime.
04:25La condition va empirer. Je ne dis pas qu'il n'y a pas d'autres formes pour traiter,
04:31notamment la santé mentale. Il y a des formes traditionnelles, il faut préciser. Quand
04:37vous allez, par exemple, au Mali, il y a une science des traduits praticiens qu'ils
04:42appellent le côté bas, où ils traitent vraiment les problèmes de santé mentale, souvent,
04:47avec succès. Ce que je peux conseiller en tant que professionnel, si vous avez un
04:51problème de santé mentale, allez consulter avec des professionnels, allez voir les psychiatres
04:56ou les psychologues pour faire votre consultation.
05:04L'enfant, dans son processus de développement, la nature lui a doté quand même de certaines
05:09facultés comme l'ouïe, la vision, l'odorat, etc. Et vous voyez déjà que pendant la tétée,
05:20l'enfant, il émet des gestes, il émet des sensations de joie, etc. Le regard. À partir
05:28de six mois, déjà, si vous déplacez quelque chose devant l'enfant, vous voyez que sa tête peut tourner
05:36à suivre l'objet, vous voyez. Mais si jusqu'à six mois, au-delà de six mois, vous voyez
05:44que votre enfant, par exemple, n'associe pas le regard, quand vous le regardez, par exemple,
05:51il a l'impression d'ignorer complètement votre regard. Quand vous faites des gestes,
05:56par exemple, qui doit faire rire un enfant, par exemple, lui, il est indifférent à ces
06:01gestes-là, il est souvent même indifférent au toucher. Par exemple, vous faites des mouvements,
06:08vous voyez qu'il ne suit pas le mouvement. Souvent, il est comme inerte. Tout ça, ce sont des signes
06:14précoces qui peuvent guider déjà le parent à consulter un professionnel. Au-delà de 18 mois,
06:22déjà, à l'envers, un an, deux ans, ça, c'est à partir des interactions sociales. Par exemple,
06:29vous verrez que cet enfant-là, à l'école, il ne s'approche pas des autres enfants. Il n'aime
06:34pas jouer
06:34avec les autres enfants. Il n'a pas les mêmes intérêts que les autres enfants. Souvent, il veut jouer,
06:39mais il a une sorte de peur qui fait qu'il se retient. Alors, quand vous constatez des signes comme
06:43ça,
06:44il est important déjà d'aller consulter un spécialiste. Maintenant, ce qui concerne la santé mentale,
06:52vous avez votre enfant. Alors, à un moment donné, vous voyez que tout ce qui l'intéressait,
06:58par exemple, il n'aime plus venir prendre le repas avec la famille au moment du repas. Il est
07:05toujours isolé dans son petit coin. Et vous voyez que souvent, il a des attitudes bizarres. Vous voyez,
07:16par exemple, qu'il commence subitement à fumer ou bien vous soupçonnez qu'il commence subitement
07:21à prendre la drogue. Alors, tout ça, c'est des signes quand même qui annoncent que quelque chose,
07:26il y a un déséquilibre psycho-émotionnel chez cet enfant-là. Maintenant, il ne faut pas aussi confondre
07:34la santé mentale avec les sauts d'humeur chez les adolescents. Vous voyez, avec les changements
07:38d'hormones, etc., les d'adolescents, ils ont des attitudes souvent bizarres, des comportements
07:45des rébellions. Vraiment, ils pensent qu'ils savent tout. Ils ne veulent pas être... Bon, ça, c'est pas forcément
07:51des problèmes de santé mentale. Généralement, au bout de quelques temps, bon, ça passe.
08:01C'est pas à ces personnes-là, directement, que je vais m'adresser. C'est plutôt aux professionnels,
08:07à l'État, aux organisations communautaires, religieuses, de sensibiliser ces personnes-là,
08:19d'éduquer ces personnes-là. Parce qu'elles laissaient à elles-mêmes, elles ne vont jamais savoir
08:26ce qu'est l'autisme. Vous voyez, il y a dix ans, en Côte d'Ivoire, on ne parlait pas
08:30d'autisme.
08:31C'était un statu quo. Mais aujourd'hui, de plus en plus, il y a l'éducation des masses
08:38qui se fait sur les médias, à travers les ONG, à travers les structures étatiques. Et donc, les gens comprennent.
08:44Ce n'est pas les gens eux-mêmes par eux-mêmes comme ça qui vont comprendre le problème. Il faut
08:48les éduquer,
08:49il faut les sensibiliser, il faut aller vers eux.