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  • il y a 2 mois
La hausse exceptionnelle des températures estivales de 2026 s’est aussi fait ressentir dans les mers et les océans. Elle bouleverse les écosystèmes marins.

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Transcription
00:00Cette carte, on n'a pas l'habitude de l'avoir, contrairement à celle-ci qu'on voit de plus
00:03en plus souvent.
00:04Elle révèle un phénomène méconnu qui s'intensifie pourtant ces dernières années, les canicules marines.
00:10À la surface des océans, dans le monde, et particulièrement en Europe,
00:14juillet 2026 a été le mois de juillet le plus chaud jamais mesuré.
00:17À Brest, Arcachon ou Marseillan, les températures de surface de l'eau ont été largement au-dessus des normales de
00:23saison,
00:24c'est-à-dire plus élevées que 90% des températures à la même période sur ces 30 dernières années.
00:28Quand ce phénomène dure plus de 5 jours, on parle alors de vagues de chaleur marines.
00:32Et depuis 1980, elles sont de plus en plus fréquentes, longues et intenses.
00:37Cette carte montre l'intensification des vagues de chaleur marines dans les mers européennes,
00:41ici à l'été 2003, là en 2022, puis en 2025.
00:45Cette accentuation du réchauffement des mers est majoritairement due au réchauffement climatique.
00:49C'est cette étude publiée le 19 août 2026 par le collectif World Weather Attribution qui nous l'apprend.
00:55Sans réchauffement climatique, les canicules marines ne toucheraient que 40% du golfe de Gascogne,
01:00de la Côte-Ibérique et de la Méditerranée occidentale, et 9% de la Méditerranée orientale,
01:05contre respectivement aujourd'hui 90%, 80% et 70%.
01:11Les océans sont en première ligne du réchauffement climatique.
01:14Ils absorbent 89% de l'excès de chaleur accumulé généré par les activités humaines,
01:19contrairement à l'atmosphère, qui en absorbent 1%.
01:22Résultat, contrairement à nous, les coraux et les poissons, eux, n'ont pas de répit entre les canicules.
01:27La chaleur reste stockée plus longtemps dans l'eau que dans l'air.
01:30D'après la même étude, les conséquences sur la vie marine sont préoccupantes.
01:34Mortalité massive d'espèces, chaînes alimentaires perturbées,
01:37et donc réduction des populations d'oiseaux marins et de mammifères.
01:40Certaines espèces sont en première ligne, comme les moules ou les coraux,
01:44pour lesquels un degré en plus suffit pour mourir.
01:47D'autres migrent plus au nord, comme le phytoplankton, base de la chaîne alimentaire marine,
01:52et d'autres prolifèrent, comme les méduses.
01:54Sous l'eau, ces conséquences sur la biodiversité, on les voit.
01:57Regardez ces images prises en Méditerranée et à Brest,
02:00par un photographe sous-marin, en 2023-2024, puis en 2026.
02:05On y voit des refuges de biodiversité,
02:07étouffés par des algues brunes qui prolifèrent avec la chaleur.
02:10Il y a des gagnants et des perdants,
02:12mais à mesure que la température des océans continue d'augmenter,
02:15nous nous rapprochons rapidement des limites biologiques absolues
02:18de l'adaptation pour de nombreuses espèces.
02:20En plus des effets sur la biodiversité,
02:22l'intensification des vagues de chaleur marine,
02:24elle a aussi des conséquences sur la pêche, l'aquaculture et sur notre santé.
02:29En Europe, par exemple, une augmentation des cas d'un type d'infection bactérienne
02:33a été observée en lien avec le réchauffement des océans.
02:36Aussi, canicules marines et terrestres sont liées.
02:38Le réchauffement des océans augmente la température atmosphérique
02:41et l'humidité de l'air sur les côtes,
02:43et donc les nuits sont plus chaudes pour les habitants du littoral.
02:46C'est un cercle vicieux.
02:47Et les scientifiques sont clairs.
02:49Sans une transition rapide vers l'abandon des combustibles fossiles,
02:53les vagues de chaleur marine continueront de s'intensifier et de se banaliser.
02:57Or, en 2024, 69% de l'énergie qu'on consommait dans l'Union Européenne
03:01était encore d'origine fossile.

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