00:00Florent Tardif est avec nous, vous êtes journaliste politique aujourd'hui à Paris Match,
00:03et c'est vrai que Match a fait des couvertures très politiques cet an dernier,
00:08notamment cette une du jet ski du président de la République.
00:13Alors, moi quand je vois cette une, je me dis, mais d'abord, c'est pas une photo montage.
00:19Non.
00:20C'est une vraie photo, si j'ose dire.
00:21C'est une vraie photo, oui.
00:22Bon, c'est une photo volée ?
00:24J'en sais rien.
00:25Ah bon ?
00:26J'en sais rien.
00:26C'est l'argument qui est donné par l'Elysée.
00:30Moi je m'occupe du texte, je m'occupe pas des photos à Paris Match,
00:34et il me semble que vous avez repris ce cliché pour la une du JD.
00:38Bien sûr, mais parce que c'est...
00:39Vous avez dû l'acheter.
00:41Ben je... ça je sais pas si je l'ai acheté, parce que c'est pas...
00:44C'est Laurence, c'est les équipes de...
00:46C'est les équipes de Laurence Ferrari, de Geoffroy Lejeune, de Louis Dragnet, le JD News.
00:54On peut le voir d'ailleurs, la une du JD News, parce qu'elle est vraiment formidable.
00:57Et j'invite vraiment...
00:58Elle a été trafiquée en revanche.
00:59Oui, mais là, ça se voit.
01:01Elle est volontairement...
01:02Il faut le dire aussi.
01:03Mais ça se voit, oui.
01:04Ben, elle est trafiquée, vous voyez bien que...
01:06J'imagine, pour...
01:08Oui, c'est un...
01:09Oui, bien sûr.
01:11On le comprend.
01:13Je n'ai jamais fait de jet-ski, mais j'imagine que...
01:15Moi non plus, je n'ai jamais fait de jet-ski.
01:16Mais d'ailleurs, pardonnez-moi de poser une question toute seule.
01:19Qui paye le jet-ski ?
01:20Alors, en général, je ne sais pas du tout dans le cas précis du jet-ski de cet été,
01:26mais l'Elysée s'est déjà prononcée sur tout ce qui est cadre privé d'Emmanuel Macron et de Brigitte
01:34Macron
01:34en expliquant qu'ils payaient leurs déplacements, leurs activités.
01:38Donc là, par exemple, il n'y a pas de souci.
01:39Donc là, par exemple, le jet-ski, c'est son jet-ski.
01:42Alors, c'est son jet-ski qu'il a acheté.
01:45Il range toute la sécurité.
01:47Oui, non, mais ça, c'est normal, la sécurité.
01:49Mais c'est son jet-ski qu'il a acheté avec ses petits deniers.
01:51Normalement, oui.
01:52Ou qu'il a loué.
01:53Ou qu'il a loué.
01:54Il va nous apporter la facture.
01:55Quand il va venir ici, en jet-ski, précisément sur la scène, il va venir.
01:59Bon, non, mais ça, bon.
02:00Et quand cette couverture sort...
02:03C'est un homme sensé, Pascal.
02:05Oh.
02:06Non ?
02:07Vous le trouvez ?
02:07Oui, je le suis.
02:09Regardez la couverture.
02:10Est-ce que vous pensez vraiment que c'est une photo volée ?
02:13Je n'en sais rien.
02:14Moi, je n'en sais rien.
02:15Je ne m'occupe pas des photos.
02:17Je commence à...
02:18Ah, ben non.
02:19Il ne pose pas pour Paris Match, quand même, sur un jet-ski.
02:21Il sait qu'il est posé sur un jet-ski.
02:24Il a l'air de savoir qu'il est posé.
02:25Je pense que le président de la République est un homme sensé également.
02:28Mais alors, quel est son intérêt de se montrer en jet-ski ?
02:30Parce que, je veux dire, les Français...
02:31Il faut lui poser la question.
02:32Il y a un pouvoir d'achat.
02:33Il n'y a pas un Français qui part en vacances sur deux.
02:36Il y a un pouvoir d'achat qui est en baisse.
02:39Je ne veux pas faire de démagogie.
02:41Je suis tout à fait d'accord.
02:42Mais les premiers qui l'ont attaqué...
02:44Moi, ce qui m'a fait rire...
02:45Moi, j'étais en vacances.
02:46Donc, en cette polémique, entre guillemets, à F2...
02:49Vous étiez en vacances, mais...
02:50J'ai tout de même noté que les premiers qui l'attaquent
02:51sont les premiers qui défendent un droit à la paresse.
02:54Oui.
02:54Donc, un droit au temps libre.
02:57Un droit pour passer du temps avec ses amis, etc.
03:00Et ils sont les premiers à l'attaquer dans un cadre privé.
03:02Bon, dans un cadre privé, j'ai fait ça.
03:04Vous avez raison.
03:05C'est ce qui, je pense que, dans le contexte, il aurait pu peut-être s'en passer.
03:10Reste que c'est dans un cadre privé.
03:14Honnêtement, sur les dix ans de Macron, la chose que je lui reprocherais le moins,
03:18c'est d'être sur son jet ski.
03:19Parce qu'il y a tellement d'autres choses qu'on pourrait lui reprocher.
03:23Simplement, je me dis toujours, la psychologie m'intéresse tout le monde.
03:28C'est un livre, mais...
03:28Non, mais ça nous intéresse toujours.
03:30Voilà un président de la République qui est en fin de course,
03:33des Français qui sont à l'os.
03:34Et lui, il monte sur son jet ski.
03:37Les pauvres gens, ils n'ont même pas un centime pour partir en vacances.
03:41Et bon, je me dis, mais qu'est-ce qu'il a dans la tête pour...
03:47C'est-à-dire qu'il s'en fiche ?
03:50Cette image-là, il sait très bien, il se doute bien quand même
03:53que cette image, quand elle va sortir, elle n'est pas positive pour lui ?
03:58Moi, je me suis posé la question, sincèrement.
04:01J'ai assez peu compris.
04:03Je me suis dans le cadre de ce qui s'est passé cet été de ces nombreux incendies.
04:08Je me suis dit qu'il était quand même conscient qu'en sortant,
04:11lors d'une balade en mer, il allait potentiellement,
04:13même si ce ne sont pas des photographes qui s'occupent
04:17de faire une paparazzi du président de la République,
04:20ça peut très bien être des quidams.
04:23Il y a une plage, la plage de Brégançon, qui n'est pas très loin.
04:26Enfin, il peut être vu.
04:28Donc, s'il peut être vu, il y a des photos qui peuvent exister,
04:31il y a des photos qui peuvent circuler,
04:33que ce soit à la une de Paris Match ou pas, peu importe.
04:38Vraisemblablement, le message, en tout cas, c'est mon interprétation,
04:41c'est-à-dire que vous allez m'attaquer, quoi que je fasse,
04:44vous m'attaquez, écoutez, maintenant, ça me glisse dessus,
04:48et je m'en fiche.
04:49Bon, alors, moi, j'ai des informations.
04:50Je ne citerai pas ma source, parce qu'il me dit...
04:52Surtout, tu ne me cites pas.
04:54C'est quoi ma source ?
04:55Vous la citez en permanence, non ?
04:57Là, que je vais dire, là ?
04:58Non, c'est pas l'elle-madame.
04:59Ah bah non, c'est pas l'elle-madame qui va me dire...
05:01Non, non, là, bon.
05:02Là, il y a quelqu'un qui me dit, c'est toujours le même photographe.
05:05J'ai travaillé avec lui longtemps, me dit un journaliste,
05:08donc je ne vais pas le citer, qui fait ses photos,
05:09mais il n'y a pas d'accord entre les deux, il laisse faire.
05:11Et le jet, lui, il l'a acheté après une location.
05:15Donc, il a acheté le jet ski.
05:17Donc, c'est important.
05:17Il l'a loué, oui ?
05:18Non, il l'avait d'abord loué, puis après il l'a acheté.
05:20Ah, il l'a loué, puis l'a acheté, oui.
05:21Voilà.
05:22Et c'est autour de l'île du Levant, en général, me dit ce journaliste.
05:26Bon, vous voulez dire quelque chose, monsieur Millet ?
05:28Non, je voulais dire que le prix d'une location d'une heure du jet ski, c'est 140 euros.
05:31Oui.
05:31Oui ?
05:32Ah, oui, mais...
05:33Bon.
05:34Alors, ce qui m'intéresse aussi, c'est que lorsque ce papier sort,
05:38l'Élysée donne son accord ?
05:39Vous avez des échanges ?
05:40Vous dites au président de la République, attention...
05:42Moi, j'ai écrit mon papier en toute indépendance, comme je le disais...
05:45Oui, mais la photo, par exemple, est-ce que...
05:48Je n'avais même pas vu...
05:49Alors, dans l'écriture du papier, j'avais vu certaines des photos.
05:52Je savais dans quel contexte ça allait sortir.
05:55En revanche, je n'avais pas connaissance du montage.
05:58Ça, c'est l'équipe photo de Paris Match.
06:00Et heureusement qu'il y a une indépendance, y compris à l'intérieur d'un journal.
06:03Et il y a un choix qui est fait par la direction concernant la une.
06:07Et comme je vous le disais, j'étais à l'étranger à ce moment-là.
06:11Vous étiez à l'étranger ?
06:12Ah oui.
06:14Je connais très bien...
06:15Enfin, j'ai écrit un livre sur le président de la République et sa femme.
06:18Donc, j'ai des centaines de...
06:19Ah, d'ailleurs, il y a une photo.
06:20Elle n'a pas l'air contente, Brigitte.
06:21Elle est avec une casquette au fond de la photo.
06:23Elle a l'air...
06:24Sur la question...
06:25Non, mais elle a l'air de s'ennuyer.
06:26Mais bon, c'est une photo.
06:26Ça ne veut rien dire, une photo.
06:27Peut-être que cinq minutes avant, elle se souriait et ça.
06:29Mais bon, elle a l'air de s'ennuyer.
06:30Alors, dans le papier, ce qu'on apprend quand même, c'est qu'il ne veut pas du tout partir.
06:33Il est là comme s'il était là pendant dix ans.
06:35C'est ce qui remonte depuis plusieurs mois.
06:40C'est un échange que je relate, que je relatais d'ailleurs dans le bouquin que j'ai écrit,
06:46qui atteste le fait qu'effectivement, il a du mal, mais comme d'autres présidents de la République,
06:52à imaginer son départ, à se dire qu'à partir du mois de mai prochain,
07:01il ne sera plus à l'Elysée, il ne sera plus président de la République,
07:03il va s'asseoir à l'arrière d'une voiture.
07:05Il aura encore un chauffeur pendant quelques temps,
07:07mais la voiture potentiellement ne peut ne pas démarrer.
07:11C'est-à-dire que c'est la République, à un moment donné, qui vous raccompagne chez vous.
07:15Et voilà, vous êtes ancien président de la République, et c'est comme ça.
07:17Il dit que le fait de ne pas pouvoir se représenter une troisième fois,
07:20je le cite, je cite, c'est une funeste connerie.
07:23Oui, oui, oui.
07:23Pour ça, il l'a dit à plusieurs reprises.
07:26Mais pardon, moi, je trouve ça pas anodin, en fait, parce que, bon,
07:28la richesse créante président du Conseil constitutionnel n'avait pas dit autre chose.
07:31Non, mais là-dessus, moi, je trouve qu'il a raison.
07:33C'est-à-dire que je ne comprends pas.
07:37C'est les Français qui doivent décider d'empêcher quelqu'un de se représenter.
07:41Alors là, moi, je suis d'accord avec lui.
07:42Comment ?
07:43On peut revenir dessus, alors il peut se présenter.
07:44Mais, je trouve.
07:46Non, mais pourquoi pas ?
07:47D'abord, là, c'est retour à la Ve République et à la Constitution de Michel Debré.
07:53Le septennat, un Conseil constitutionnel qui uniquement agit sur la forme,
07:59et tu te présentes autant de fois que tu veux, et c'est les Français qui votent.
08:02Voilà.
08:03La Ve République, toute la Ve République, rien que la Ve République.
08:06Voilà.
08:07Non, mais là-dessus, moi, je lui donne raison.
08:09Et je vais vous dire, le paradoxe, c'est que s'il se présentait là, c'est possible.
08:16Je pense qu'il pourrait être réélu.
08:17C'est ça le grand paradoxe de la situation, quand même.
08:20Je ne suis pas certain.
08:22Parce qu'il y a beaucoup de mécontentement.
08:23Au-delà du mécontentement, les chiffres sont dramatiques et ça.
08:26Mais l'honnêteté oblige à dire que s'il se représentait, en plus avec sa technique qui est toujours la
08:35même, de faire peur.
08:37Parce que là, j'ai ouvert, écoutez, le général Mandon.
08:40La grande technique de Macron, c'est la peur.
08:42Donc, le RN, c'est des fascistes.
08:44Le Covid, c'est la guerre.
08:46Et Poutine veut nous envahir.
08:49Donc, c'est ça.
08:49C'est la politique des sentiments, mais tout le monde le fait.
08:51Oui, mais alors, j'espère que je ne suis pas dans l'ingérence.
08:53Au sein de la France insoumise, la peur, c'est les riches.
08:56Mais pardonnez-moi, quand ça va mal, tous les chefs d'État, quand ça va mal, tous les chefs d
08:59'État, ils ont fait la même chose.
09:00Tous, on fait la guerre.
09:03Ou on fait peur.
09:04Ça va tellement mal chez nous qu'on va faire diversion.
09:06Franchement, c'est la politique de base de tous ceux qui...