00:20La commune d'Ouenay fête les 175 ans de son existence.
00:26L'histoire d'Ouenay a commencé bien avant 1850,
00:31A l'occasion du week-end du 1er août, célébrant les 175 ans de la commune d'Ouenay,
00:36la chapelle protestante du vieux village a accueilli un moment pour le moins original.
00:41Des récits vrais et d'autres un peu moins,
00:44toutes en lien avec l'histoire et la vie d'Ouenay.
00:49Alors je n'ai pas l'impression qu'on est vraiment greffé,
00:51mais j'ai l'impression d'avoir préparé depuis longtemps,
00:55c'est de raconter.
00:57Je n'aime pas parler de contes, parce que là c'est un peu particulier.
00:59Ce qu'on a préparé, parce qu'il y a quand même pas mal d'éléments factuels,
01:03même si on les raconte ou on les compte.
01:08Mais quand j'ai vu qu'un des thèmes des festivités,
01:15c'était les arts de la scène ou quelque chose comme ça,
01:18je me suis dit, moi je raconte une histoire,
01:20je raconte Hannibal qui a passé par Ouenay.
01:23C'est à partir de là que j'ai commencé à élaborer, à penser, à participer.
01:30Au sud du village, je vous emmène à la croisée des six chemins.
01:36La croisée des chemins, il peut se passer bien des choses.
01:40Il peut aller à gauche, il peut aller à droite, il peut s'arrêter.
01:46Durant toute une année, Hélène, conteuse, s'est attelée à réunir de la documentation
01:51et à écrire les différents récits.
01:53Un travail bien différent de celui de raconter des contes.
01:57Ici, il a fallu rechercher les informations et faire revivre, par les mots, des histoires données.
02:03À l'ère chrétienne, des croix et des crucifix ont remplacé les divinités antiques.
02:10C'est vrai que quand on raconte, on raconte.
02:13C'est quelquefois des contes intemporels, des légendes.
02:19Tandis que là, on a cherché des faits historiques, des faits géographiques.
02:27Et je crois que c'est ça un peu la différence.
02:29C'est pour ça qu'on s'est dit, comment est-ce qu'on va appeler ça ?
02:32Si Ouenay nous était conté, histoire vraie et moins vraie.
02:37Parce qu'on raconte des histoires, mais on ne raconte pas l'histoire avec un grand H.
02:43Ça, c'était vraiment important.
02:45Et puis, les contes, ça dit un peu autre chose.
02:48Quelquefois, on est beaucoup plus dans, surtout les contes de fées,
02:53dans les contes merveilleux, dans toute cette résonance des profondeurs symboliques,
03:00affectives, psychiques, profondes, spirituelles aussi.
03:03Tandis que là, on était dans quelque chose de plus ancré dans le terroir ou le territoire d'Ouenay.
03:11Outre le travail de fond et d'écriture, il a également fallu trouver un lieu capable d'accueillir le public.
03:18Pour Donévy au récit, Hélène s'est entourée d'une collègue conteuse et d'un musicien,
03:24apportant ainsi rythme, musique et relief aux différentes histoires.
03:29Les plus meurtriers en Suisse.
03:31Comme je fais partie des conteurs de Genève, où j'ai pas mal raconté.
03:35Maintenant, je suis en train, avec l'âge, je me suis mise un peu en retrait.
03:38Je raconte beaucoup moins.
03:40Mais j'ai lancé un appel parmi les quelques conteuses dont je sais qu'elles racontent par là autour.
03:47Puis j'ai dit, voilà, je prépare ça.
03:49Est-ce que quelqu'un est intéressé ?
03:50Et voilà qu'Eunice, elle, elle était tout à fait intéressée parce qu'elle est donc née à Ouenay.
03:56Et demain, elle va raconter dans ses mémoires d'une enfant d'Ouenay,
04:02comment c'était les enfants qui jouaient dans les champs avant qu'il y ait trop de bulldozers.
04:11Et alors, elle, elle s'est greffée là-dessus.
04:15Et puis, on cherchait un musicien.
04:18Et voilà que Cyril, je l'entends répéter, parce qu'il est percussionniste,
04:26et je l'entends répéter dans le garage souterrain de notre immeuble de copropriété.
04:32Et puis, je lui ai demandé s'il savait jouer autre chose que de la grosse caisse,
04:35parce que là, pour accompagner des contes, c'est pas trop un truc.
04:38Et puis, il m'a dit qu'il faisait du xylophone.
04:41Et puis, dans cet endroit ici, de cette chapelle rénovée, ça allait tellement bien.
04:50Un véritable défi pour cette quadragénaire qui, avec ses partenaires du moment,
04:55a proposé durant 45 minutes, le samedi comme le dimanche,
05:00des histoires vraies ou moins vraies, toutes en lien avec Ouenay.
05:03Et parce que les récits étaient différents chaque jour, le public s'est laissé embarquer.
05:12Alors, c'est vrai que j'ai 83 ans, et cette année, je le sens vraiment très très fort.
05:19Là, la santé qui, tout à coup, vous jouez des tours, l'énergie, et puis surtout la mémoire.
05:26Là, avant, ça s'imprimait, etc.
05:30Tandis que là, quand j'ai essayé de me rappeler ces éléments factuels, historiques,
05:36ça a été la galère.
05:38Vraiment, j'ai dû bosser, bosser, bosser.
05:41Et je me suis appuyée sur, pour moi, pas cette mémoire de travail
05:46où ça, vraiment, elle est trop coriace, ça ne s'imprime plus maintenant.
05:50J'ai travaillé un peu sur la logique des explications.
05:56Et c'est ça qui m'a aidée un peu à me repérer.
06:00Pour le jeune Caillet, la sentence est sans appel, exécutable immédiatement.
06:09Une expérience qui a rencontré son public,
06:11et qui mérite désormais de dépasser les murs de la chapelle du Vieux Village.
06:16Ce vendredi, nous vous proposons de découvrir, à votre tour,
06:20l'un de ces récits consacrés à Ouenay.
06:22Une histoire où le vrai côtoie parfois le moins vrai,
06:26à vous d'en démêler le vrai du faux.
06:29Il y avait que des hommes d'armes.
06:32Soudonnais poussent à travers la route.
06:35Jean-Louis Caillet, toujours enchaîné, vers les Savoyards.
06:39Parce que Soudonnais sont en armes,
06:42et ils n'ont pas le droit de traverser la route, la frontière.
06:47Ce serait un acte de guerre.
06:49Sous-titrage Société Radio-Canada