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00:09L'empaillage illégal est un défi réel pour la Côte d'Ivoire.
00:14Derrière des milliers de sites clandestins se cachent des enjeux économiques, environnementaux et surtout sociaux.
00:21Alors que les terres et les cours d'eau sont fortement dégradés,
00:25une question se pose, comment offrir aux différentes populations des alternatives crédibles
00:31permettant à l'État de mieux valoriser les richesses minières du pays ?
00:36Nous en parlons avec Boussou Kwakou, il est le représentant afrique francophone du Conseil international des mines artisanales à petite
00:43échelle.
00:44Vous êtes par ailleurs PDG de BKR Holding.
00:48Boussou Kwakou, merci d'être sur ce plateau.
00:51Merci.
00:51Avec vous, nous parlons donc de l'orpaillage illégal et de la dégradation des terres,
00:57histoire de trouver justement l'alternative crédible.
01:00Alors il y a plus de 1100 sites d'orpaillage illégal qui ont été déguerpis par la gendarmerie entre janvier
01:06et juillet 2026.
01:09Que représentent pour vous ces différents chiffres sur l'ampleur réelle de l'orpaillage illégal en Côte d'Ivoire ?
01:16Il faut dire que l'ampleur est énorme. L'ampleur est énorme avec ces chiffres.
01:19On comprend par là que si rien n'est fait, ça devient de plus en plus dangereux, de plus en
01:26plus adamant sur cette question d'orpaillage.
01:29D'abord, je vais ajouter un élément, c'est que je suis aussi le président de l'ONG Agi pour
01:34l'environnement dans les industries extractives,
01:36qui mêlent les actions uniquement que sur les questions environnementales liées à l'activité d'orpaillage.
01:44Et là, nous, depuis 2021, nous avions fait une tournée au niveau de la Côte d'Ivoire.
01:52On a fait 18 régions du pays qui nous ont permis de pouvoir cartographier les sites d'orpaillage.
01:58Les sites d'orpaillage, comme on l'appelle, illégaux, fortement, qui ont causé beaucoup de dommages à nos différentes communautés.
02:07Et depuis 2021, nous, on avait déjà identifié autour de 4 500 hectares dévastés par l'activité d'orpaillage illicite.
02:15Dévastés ?
02:15Dévastés.
02:16On aura l'occasion de parler de solutions qui viennent donc réparer ces sites dévastés.
02:21Mais on sait que l'orpaillage clandestin ne représente pas seulement une menace environnementale pour la Côte d'Ivoire.
02:28Il y a également une menace économique qui pèse sur le pays.
02:31Comment est-ce qu'on doit analyser le poids économique de cette activité en Côte d'Ivoire ?
02:36Sur ce volet économique, la Côte d'Ivoire, notre pays perd beaucoup.
02:40L'État perd énormément.
02:42Pourquoi ?
02:43Aujourd'hui, pour quelqu'un qui exploite de façon illégale, il n'arrive même pas d'abord, il n'arrive
02:51pas à créer une entreprise, il n'a pas d'entreprise, il ne fait pas de demande.
02:57Tout ce qui est comme démarche administrative pour aboutir à l'obtention d'une autorisation d'exploitation semi-industrielle, il
03:07n'y mène pas toutes ces démarches, il ne paye pas des taxes.
03:12Il dégrade, il n'y a pas de suivi, il ne réhabilite pas, il ne rend compte à personne.
03:19Ce n'est que de l'enrichissement illicite.
03:21– Et ça, c'est le danger économique.
03:23– Et ça, c'est un grand danger.
03:24Un grand danger pour l'État, un grand danger pour la communauté.
03:27– Vous le dites, c'est un danger pour la communauté et surtout en Côte d'Ivoire, on nous fait
03:32comprendre que les pertes fiscales liées à cette économie souterraine sont estimées à 744 milliards de francs CFA par an.
03:42C'est quand même énorme.
03:43– Que représente un tel manque à gagner pour les finances publiques et pour le développement du pays ?
03:49– Mais ça représente beaucoup.
03:51Ça représente beaucoup.
03:52On peut dire, c'est une manière de dire que c'est le moment d'agir.
03:59C'est le moment d'agir parce que si on continue dans cette direction, ce sera une grosse perte.
04:05C'est déjà même une grosse perte d'ailleurs.
04:08C'est déjà une grosse perte pour le pays.
04:10Il faut essayer de voir comment formaliser.
04:13Parce qu'il faut dire que dans ce contexte, cette question d'empraillage illicite et autre,
04:19je pense que la voie répressive, elle est bonne, mais elle ne suffit pas.
04:25– Pour vous, il faut faire quoi ?
04:27Il faut accompagner ça d'autres mesures.
04:30Parce que c'est comme si on n'arrive par moment à déplacer le problème d'un lieu à un
04:34autre lieu.
04:36Imaginons, les gars, aujourd'hui, on a combien ?
04:40On parlait de plus de 500 000 empailleurs ou même de 1 million d'empailleurs aujourd'hui.
04:45Mais ceux-là, quand on fait la répression, qu'il n'y a pas une mesure alternative crédible,
04:50on déplace le problème.
04:52On fait la répression.
04:53Mais la jeune âme mairie ne sera pas là, ou GS loi ne sera pas là, permanemment, tous les jours.
04:59Ils vivent de ça.
05:00Aujourd'hui, c'est ce qu'ils font.
05:01Beaucoup aujourd'hui ont abandonné les terres.
05:04– Pour vous, qu'est-ce qu'il faut faire, concrètement ?
05:06Pour moi, il faut une formalisation et un encadrement.
05:10La formalisation, c'est quoi ?
05:11Aujourd'hui, on sait que les gens sont déjà ancrés.
05:13Surtout les locaux.
05:15Tous ceux qui ne sont pas des locaux, on peut essayer de trouver les moyens pour voir comment les dégager.
05:20Mais les locaux qui sont déjà imprégnés dans l'activité, comment on les encadre ?
05:24Trouver une formule d'encadrement, de formalisation.
05:28Je prends un exemple.
05:29Disons qu'aujourd'hui, on a peut-être un million d'oppailleurs.
05:33L'État dit, bon, au lieu de faire la répression, qu'est-ce que je fais ?
05:37Je décide d'organiser tous ceux qui sont dans ce domaine.
05:41On va, on te voit, tu entends de pratiquer l'oppa illégale, tu n'as pas de documents.
05:44Le ministère des Mines est représenté dans toutes les régions.
05:48Donc, on va, on vous voit, on s'y construit la zone.
05:51On vérifie la zone, si la zone est libre ou pas.
05:54Au lieu de les chasser, on dit, bon, on vous maintient, et là, là, ce que vous travaillez, là, on
05:58essaie de faire un suivi.
06:00On va vous obliger à payer les taxes.
06:02On ne vous chasse pas, mais on vous encadre.
06:04Mais vous ne direz pas que le ministère des Mines ne travaille pas ?
06:08Mais cela, mais il travaille.
06:09Le ministère travaille, mais en ce moment, c'est le ministère qui va encadrer.
06:12En collaboration avec vraiment, avec des structures bien mises, et le ministère encadre tout.
06:17De fait en sorte que l'État gagne, tout le monde gagne.
06:21Parce qu'imagine un instant, si on a un million d'embailleurs,
06:23eux qu'aujourd'hui, on est ceux-là, au lieu de les chasser,
06:26on va les encadrer pour ne pas polluer l'eau, pour travailler de façon responsable.
06:32S'il y a un encadrement, l'activité va se mener de façon responsable.
06:35Le ministère encadre, mais il y a environ 142 tonnes d'or
06:40qui échappent chaque année aux circuits légaux et formels ivoiriens.
06:45Pour vous, qu'est-ce qui est si difficile ?
06:47Pourquoi est-ce qu'on n'arrive pas à canaliser cette production vers les circuits officiels ?
06:51Écoutez, c'est très simple, parce que le code minier interdit de pouvoir capter l'or illégal.
06:57On s'est dit que l'or paillage illégal n'est pas autorisé chez nous.
07:00D'accord.
07:01Donc pour le ministère, une fois qu'il y a une activité qui est illégale,
07:07alors, peu importe ce que tu as eu, on ne touche rien.
07:11Est-ce que ça, ce n'est pas le danger ?
07:13C'est aussi un danger, parce que l'État n'éclate pas l'or illégal.
07:17L'or illégal, c'est ce qui passe dans le circuit noir.
07:20D'accord.
07:23Bon, enfin, quand on essaie de faire un calcul sur 5 ans, par exemple,
07:30les pertes fiscales et les gains générés par les réseaux d'or paillage clandestins
07:34sont quand même estimés à environ 15 000 milliards de francs CFA.
07:38C'est un montant assez colossal.
07:41Finalement, à qui profite cette manne financière ?
07:45Et c'est quoi le mécanisme qui est mis en place pour permettre à ces réseaux de prospérer ?
07:50Parce qu'on le voit, ça va crescendo.
07:52Oui.
07:53Je pense qu'arrivée à cet moment, il faut essayer de changer de méthode.
07:58On a essayé d'autres.
07:59Mais d'abord, je tiens à dire merci aussi au ministre des Mines,
08:03le ministre Mamadou Sangafoie, qui, depuis son arrivée,
08:06essaie de faire vraiment beaucoup, de mener beaucoup d'actions,
08:10signer les autorisations.
08:11Avant, on dirait que ça durait, c'est pourquoi l'or paillage prospère.
08:14Mais aujourd'hui, il a fait l'effort de signer beaucoup avec aussi à sa tête,
08:18avec aussi son directeur général,
08:22Dégé Koulibaly, qui aussi ferait un bon boulot.
08:24L'ensemble, ils font du bon boulot, mais ça ne suffit pas.
08:26M. Boussou, vous êtes représentant Afrique francophone
08:30du Conseil international des mines artisanales à petite échelle.
08:34À qui profite réellement cette manne financière
08:37issue de l'or paillage illégal ?
08:40Je pense qu'à ce côté-là, ça profite plus à des bandits inconnus.
08:49Des bandits de grands chemins.
08:50La plupart du temps, ceux qui sont dans la clandestinité,
08:54une bonne partie, ce sont des étrangers.
08:58C'est des bailleurs qui sont derrière, des étrangers qui viennent.
09:01Bon, eux, ils sont derrière.
09:03Et ce sont eux qui financent ces personnes-là.
09:05Nous, on a mené un peu d'enquête sur le terrain.
09:07Où on va, on pose des questions à ces autres bailleurs.
09:10Mais les gens, ils souffrent.
09:12Et ceux-là, ils sont derrière, c'est eux qui font le financement.
09:15Eux, ils font le travail.
09:16Après, ils collectent.
09:17Alors, on est en Côte d'Ivoire, on ne va pas dire qu'on n'a jamais vu ça venir.
09:21C'est quelque chose qui existe depuis bien longtemps.
09:23Vous le disiez à l'entame de cette émission.
09:26Comment est-ce qu'on arrive à comprendre que ce soit,
09:29qu'il n'y ait rien pu comme action pour freiner cela jusqu'à ce niveau aujourd'hui ?
09:37Et il faut dire qu'il y a eu des mesures.
09:39Mais ces mesures-là n'ont pas été suffisantes.
09:43Le ministère a mis pas mal de...
09:44Il y a eu la création de, comment on appelle, de BRICEM,
09:49Brigade de Répression aux infractions au Côte de Minier.
09:52Après, il y a eu G.S. Loire.
09:54Tout ce qui est quand même...
09:54Ça veut dire que la stratégie de répression n'a pas été suffisante
09:58pour venir à bout du phénomène.
10:01Alors, derrière l'empaillage, il y a quand même des milliers de personnes
10:05qui sont à la recherche de revenus et donc d'emplois.
10:08Comment on arrive à lutter contre cet orpaillage illégal
10:13sans priver brutalement ces populations-là de leur principale source de revenus ?
10:18Oui.
10:19Moi, à cela, la seule solution que je vois aujourd'hui,
10:25c'est de se mettre...
10:27Essayer de faire peut-être les états généraux au niveau du secteur minier.
10:35Impliquer les acteurs, les grands acteurs du secteur minier,
10:40au niveau des petites mines, ceux qui font l'artisanal.
10:42Inviter tout cela autour d'une table.
10:45Je vous assure que si on décide de prendre des décisions
10:49en impliquant les acteurs et les communautés,
10:53on trouvera une solution rapide.
10:55Il y a beaucoup d'acteurs qui se plaignent du fait
10:57de courir derrière des agréments, mais qu'ils ne les obtiennent pas rapidement.
11:30Effectivement.
11:33Je pense qu'on trouvera la solution.
11:35Et ça peut aider tout le monde.
11:36Je prends un exemple aujourd'hui, ce qu'on est en train de dire.
11:39Si on rentre dans la question de la formalisation,
11:42désormais, on réoriente les choses.
11:44On a essayé plusieurs méthodes, ça n'a pas marché.
11:47Qu'est-ce qu'on fait ?
11:51On essaie de changer.
11:52Pour vous, qu'est-ce qui empêche aujourd'hui cette formalisation ?
11:55Cette formalisation, je ne sais même pas du tout.
11:59Je ne sais pas.
12:00Je ne sais pas, je ne sais pas, je ne sais pas.
12:02Mais on a tous la volonté, la volonté de vraiment arriver à là
12:07pour que nous puissions vraiment apporter des solutions idéales.
12:10Nous, s'il y a lieu, chaque fois qu'on pourra nous faire appel,
12:12on peut apporter notre petite proposition sur cette question.
12:18Pour certains experts, une meilleure traçabilité
12:22pourrait permettre de suivre l'or depuis son extraction
12:26jusqu'à sa commercialisation.
12:28Est-ce que vous, vous pensez que cette traçabilité
12:31peut être un véritable outil de lutte contre l'orpaillage illégal
12:35et justement la récupération des recettes perdues par l'État ?
12:39Oui, en ce qui concerne la traçabilité,
12:41elle va contribuer surtout sur les questions fiscales.
12:47Mais la traçabilité seule ne suffit pas pour empêcher l'orpaillage illégal.
12:51D'accord.
12:52Parce qu'aujourd'hui, plusieurs personnes ont leurs autorisations.
12:55Ceux-là, tu peux les tracer sans problème.
12:57Mais l'illégalité, tu ne peux pas tracer ce qui est illégal.
13:01Je trouve que le code minier ne permet pas
13:03que l'État de Côte d'Ivoire puisse avoir un mail là-dessus.
13:05Et c'est cette question qui fait qu'on a des fuites.
13:08Parce qu'on sait que ce qui est illégal ne peut être tracé.
13:11Parce que ce n'est pas fait de façon légale.
13:13C'est ce qui est légal qu'on peut tracer.
13:15Quand c'est illégal, on ne peut pas tracer.
13:17Du coup, ça va ailleurs.
13:18Est-ce qu'on peut savoir avec vous aujourd'hui le coût environnemental et économique de la dégradation des terres
13:24?
13:24Parce que ce qu'on sait, c'est qu'au-delà des pertes financières,
13:28l'orpaillage illégal détruit aussi les sols, pollue les cours d'eau.
13:32Le directeur général du SIAPOL en parlait récemment.
13:35Mais l'orpaillage illégal fragilise également les espaces agricoles.
13:40Donc j'ai bien envie de savoir le coût que ça vaut au niveau environnemental et économique.
13:46Au niveau environnemental et économique, ça vaut beaucoup.
13:49Ce sera difficile de vous donner un chiffre.
13:52Mais ce que je sais, selon nous, nos études et cartographies qu'on a menées,
13:56on a réussi à identifier 4 500 hectares dévastés par l'activité d'orpaillage,
14:03qui doit être réhabilité, sans compter que tous nos eaux aujourd'hui sont pollués.
14:09Alors aujourd'hui, le constat qui est fait, c'est qu'il y a beaucoup de dénonciations,
14:14il y a beaucoup de critiques.
14:16Il y a l'orpaillage illégal, tel nombre de sites est victime d'orpaillage illégal.
14:22On devrait s'intéresser là maintenant à des solutions.
14:25Vous parlez de plus de 4 000 sites dévastés par cet orpaillage illégal.
14:30Là, que faire pour restaurer ces terres ?
14:33Oui, merci, merci pour cette belle question, parce que j'attendais ça.
14:36C'est à partir de là que je me sens mieux à l'aise.
14:38Pour la question de solutions, nous avions apporté pas mal de solutions.
14:45Notre objectif, qu'est-ce qui nous a amenés à faire la cartographie sur les 18 régions
14:50pour obtenir les 4 500 hectares ?
14:52Parce qu'on a vu que l'enjeu devenait, depuis 2020-2021,
14:55on a vu que c'était un problème réel.
14:57C'est ça même qui a motivé la création de l'ONG.
15:00Parce que moi, à ma qualité d'expert consultant minier,
15:04en faisant le tout, je vois que l'environnement est totalement dévasté.
15:07Donc, une équipe de sport s'est mise ensemble, mais comment faire pour pouvoir trouver une solution par rapport à
15:11ça ?
15:11On dit, bon, pour trouver la solution, il faut aller chercher les causes.
15:15Donc, on a fait cette tournée-là pour pouvoir identifier les problèmes,
15:18communiquer, échanger avec des communautés, les chefs du village,
15:22quelle était votre vie avant l'opayage, pendant l'opayage, après l'opayage.
15:26Pour comprendre l'enjeu, à partir de là, il faut essayer de développer un projet.
15:30Et quand on a identifié, on a pris un site pilote, dans un premier temps,
15:34à Boaflé, précisément à Boré, et à Boaflé, précisément à Koudougou.
15:39Donc, on a développé un projet pilote sur un espace de 6 hectares,
15:43pour voir si c'est possible de pouvoir apporter une solution par le peuple.
15:46Qu'est-ce qui a été fait concrètement sur cette terre ?
15:48Sur cette terre, qui était totalement dévastée, dégradée.
15:52Donc, nous, nous sommes partis.
15:53On a mené d'abord, on a échangé avec les communautés, pour comprendre.
15:57Et on a fait une étude de faisabilité de la zone, qui était fortement dégradée.
16:01On a fait des prélèvements de sol, prélèvements de l'eau, pour aller analyser.
16:04Pour voir, est-ce que le sol n'est pas pollué ?
16:06Est-ce que l'eau aussi n'est pas polluée ?
16:08Parce qu'on a développé deux méthodes.
16:10Parce que quand une terre est polluée, elle a sa manière d'être restaurée.
16:18Et quand une terre n'est pas polluée, elle a sa méthode qu'il faut utiliser.
16:23Quand ce n'est pas pollué, on essaie d'observer, d'analyser, pour voir dans ce sol-là,
16:28est-ce que le sol est encore riche ?
16:29Sinon, comment faire pour régénérer ce sol-là ?
16:33Et à travers ça, quel type d'activité agricole on peut exercer sur ce sol-là ?
16:38On fait tout cet analyse.
16:39Une fois qu'on l'identifie, on regroupe les communautés, les femmes en coopérative.
16:44Et on mène des projets agricoles.
16:45Et c'est ces femmes-là qu'on occupe pour pouvoir créer de l'emploi.
16:49Et il faut dire encore, pourquoi je dis que ça peut finir si on met ce système d'encadrement ?
16:52Nous, quand on partait à Bois-Flé sur le site qu'on a trouvé, on a trouvé des opailleurs.
16:56On a trouvé sept opailleurs qu'on a échangés avec eux.
16:59On les a fait comprendre, on les a sensibilisés.
17:01Officiels ou clandestins ?
17:02Clandestins.
17:03Et ceux-là, ils ont arrêté l'opaillage.
17:08Pourquoi ? On les a fait comprendre.
17:10Vous pensez à aujourd'hui, mais le plus difficile, c'est demain.
17:13Mais vous avez des enfants, vous allez faire des enfants.
17:15Vous avez vos parents, vous devez cultiver.
17:18Mais d'ici cinq ans, vous n'aurez plus de thé à cultiver.
17:21Vous allez manger quoi ?
17:22Vos parents vont manger quoi ?
17:23Et ceux-là, ils ont vendu leur équipement et ils nous ont rejoints.
17:28Et nous, on les a encadrés.
17:29On leur a demandé qu'est-ce qu'ils veulent faire ?
17:31Ils disent, bon, si on a des projets agricoles,
17:33l'agriculture ne marchait pas, c'est ce qu'on faisait avant.
17:35On les a formés dans la méthode d'agriculture durable.
17:38Et en même temps, on les a utilisés aussi comme, comment on appelle,
17:43on les a formés aussi pour la réhabilitation.
17:46Ceux-là, on les a dessinés même des attestations.
17:48– Est-ce qu'on pense véritablement que ces activités-là
17:50peuvent constituer une alternative économique suffisante
17:54pour lutter justement contre cet orpaillage clandestin ?
17:57– Ça peut vraiment être une alternative durable et crédible.
18:03– L'enjeu ?
18:05– L'enjeu, parce que là, ça dépend du type d'activité.
18:09Ça dépend du type d'activité qu'on peut mener sur…
18:11Il y a plusieurs activités qu'on peut mener sur le site dégradé.
18:14– Voilà, puisque vous parliez de produits agricoles
18:16sur les différentes thés, histoire de les restaurer.
18:20– Oui.
18:20– Donc, les activités agricoles peuvent permettre ?
18:23– Oui, les activités agricoles peuvent permettre,
18:26ça peut permettre de pouvoir apporter beaucoup de choses.
18:28Aujourd'hui, les parents ont abandonné l'agriculture
18:29parce que le premier problème, ils n'arrivent plus,
18:34la productivité, c'est-à-dire le sol n'est plus assez riche.
18:38Ils n'ont pas les moyens pour acheter peut-être de l'engrais organique
18:42ou bien de l'engrais bio pour pouvoir vraiment reconstruire ce sol-là.
18:46Il y a ce facteur-là.
18:47Maintenant, le peu même qui est produit, c'est comment commercialiser,
18:53comment vendre ?
18:55Aujourd'hui, même quand tu prends tout ce que nous vendons aujourd'hui,
18:57quand tu prends l'anacad, tu prends le pami à huile,
19:00tu prends le cacao, tu vois le kilo, à combien on paye, le gramme d'or.
19:05Donc, c'est ce qui fait qu'aujourd'hui, ça a transformé la mentalité.
19:07On a besoin d'une éducation environnementale.
19:11En tout cas, l'enjeu est désormais de trouver là un équilibre entre exploitation des ressources,
19:17création de richesses et bien entendu, protection de l'environnement.
19:21Pour vous, c'est quoi le modèle d'exploitation minière artisanale et semi-industrielle
19:27qui pourrait permettre à la Côte d'Ivoire de mieux valoriser son potentiel orifère ?
19:34Bon, pour moi, c'est surtout la même chose, l'encadrement.
19:41On ne peut pas faire autre chose, peu importe ce qu'on va proposer.
19:45Mais tant qu'il n'y a pas un encadrement, une formalisation claire et tangible,
19:52tout ce qu'on va faire, c'est zéro.
19:55C'est-à-dire qu'il faut trouver une alternative face à ça.
19:59On les enlève ici, on les met...
20:04C'est ça.
20:05Il y a d'autres, par exemple, qui vont la nuit.
20:07Mais on n'aura pas de gens.
20:09Mais l'État ne peut pas avoir les moyens pour superviser...
20:12Aujourd'hui, la Côte d'Ivoire, toutes les régions sont affectées par l'empaillage illégal.
20:16Mais l'État ne peut pas avoir les moyens.
20:17De 30 régions sur 30 régions.
20:19Donc aujourd'hui, l'État ne peut pas déployer des forces dans toutes les régions.
20:24Mais est-ce que l'État peut avoir...
20:25Mais en ce moment, écoutez, ce sera difficile.
20:28Donc, mieux, voir quelle est la formule.
20:31Même s'il faut créer des cas.
20:33Ils sont là, il faut les encadrer.
20:34Il faut les encadrer.
20:35Merci beaucoup, M. Boussou Kwaku.
20:37Je rappelle que vous êtes PDG de BKR Holding,
20:40mais également représentant Afrique francophone
20:43du Conseil international des mines artisanales à petite échelle.
20:46Votre dernier message en 30 secondes pour terminer cette émission.
20:49Votre dernier message, je tiens vraiment à dire merci.
20:53Et aussi encourager les efforts de l'État.
20:57Il faut reconnaître aussi, c'est que l'enjeu est là,
21:00mais l'État aussi ne dort pas.
21:02Je tiens à dire vraiment un grand merci au ministre des Mines
21:04pour ce qu'il fait,
21:05ainsi que M. le ministre de l'Environnement, M. Abu Bamba,
21:09qui aujourd'hui a pris à bras le corps,
21:11a pris ce sujet-là pour pouvoir vraiment voir comment trouver
21:14cette alternative durable et crédible pour sauver vraiment notre planète.
21:19Et voilà, merci à tout le monde.
21:20Et aussi à l'équipe de l'ONG AGI pour l'environnement
21:25dans les industries extractives,
21:26qui depuis 2020 a compris ces enjeux-là,
21:29qui a mené des projets palpables,
21:32qui aujourd'hui sont vérifiables, sont viables,
21:34qu'on peut voir, qu'on peut utiliser ça comme modèle
21:37à l'échelle nationale pour réparer tout ce qui est comme dommage.
21:40Parce que pour moi, la question n'est pas seulement de critiquer,
21:43mais de voir quelle est la solution alternative
21:45pour l'environnement qui est déjà dévasté,
21:48l'eau qui est déjà polluée.
21:49Comment on corrige ?
21:50Et là, pour cette solution,
21:52je pense que l'ONG AGI pour l'environnement
21:54est mieux placée pour vous servir.
21:55Merci. Merci à Bougoussou Koukou.
21:57Mesdames et messieurs, on a terminé cette émission.
21:59Merci de nous avoir suivis.
22:00À bientôt.
22:01Merci à tout.
22:11Sous-titrage Société Radio-Canada
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