- il y a 7 minutes
La simple proposition d'ouverture de débat, encore loin d'une proposition concrète, sur la contribution des retraités secoue déjà le débat public. Interrogé par Libération ce vendredi, Roland Lescure a estimé que "la question de la contribution des retraités aisés à l'effort de redressement (...) mérite d'être posée."
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00:00Il suffit de parler budget ou économie pour que cette question revienne et elle s'opposera à tous les candidats
00:06à l'élection présidentielle.
00:07Allez-vous toucher aux retraités et à leurs pensions ?
00:10Le ministre des Finances, il pense, au point de l'avoir confié à nos confrères de Libération,
00:15il a confié qu'il s'interrogeait sur l'indexation automatique des pensions sur l'inflation.
00:19Si on ne le fait pas, peut-être pourrait-on récupérer plusieurs milliards d'euros ?
00:23C'est une question qui fâche au cœur de l'été et qui, bien sûr, a fait réagir.
00:26Thierry Breton, il était notre invité ce dimanche sur BFM TV.
00:31Encore une fois, je crois que c'est extrêmement important et je vais vraiment y revenir.
00:35Je pense que c'est une très mauvaise idée.
00:36Alors, je rappelle que la retraite moyenne pour aujourd'hui, pour la France, je dis uniquement pour la France,
00:41c'est 1 541 euros net par mois.
00:45Le SMIC, c'est 1 478.
00:48Donc, ça veut dire qu'un couple qui aurait chacun travaillé toute sa vie avec une retraite,
00:55qui est le SMIC pour l'un, le SMIC pour l'autre, il serait donc considéré comme riche,
01:00et donc, il serait taxé.
01:02Alors, très mauvaise idée ou mesure inévitable.
01:05C'est ce qu'on va essayer de démêler ce soir.
01:07On en parlera dans un instant avec vous, Maurice Safran.
01:10Vous êtes éditorialiste à Challenge.
01:11Bonsoir d'abord.
01:12Il est toujours bon de savoir de quoi on parle exactement.
01:15Et on va voir ça avec vous, Maëva Alami.
01:19Je l'évoquais, Roland Lescura a rouvert un dossier explosif,
01:23puisqu'il ouvre la voie à une revalorisation des retraites moindres que l'inflation pour les retraités aisés.
01:30C'est le terme qui est choisi en vue du budget 2027.
01:32Qu'est-ce que ça veut dire et qui cela concerne ?
01:35Alors, pour bien comprendre, on va reprendre les propos exacts du ministre.
01:39Regardez.
01:40La question de la contribution des retraités aisés à l'effort de redressement,
01:44par exemple par une indexation plus modérée de leur pension, mérite d'être posée.
01:50Ça veut dire quoi ?
01:50Eh bien, normalement, la loi prévoit d'indexer les pensions de retraite au niveau de l'inflation.
01:56C'est-à-dire que si l'inflation, par exemple, est de 2%,
01:58eh bien, les retraites de base sont revalorisées à hauteur de 2%.
02:03Là, ce serait donc une revalorisation, mais à un niveau inférieur à celui de l'inflation.
02:09Et pour qui ?
02:09Eh bien, c'est là toute la question.
02:11Il parle, on l'a vu, des retraités aisés, c'est-à-dire les plus hautes pensions,
02:15mais il ne donne pas vraiment de précision.
02:17Un seuil de 3 000 euros nets de pension avait été mentionné, c'était en juin dernier.
02:22Un autre chiffre vient assez régulièrement pour qualifier vraiment ces retraites aisées,
02:27c'est celui de 2 500 euros nets par mois.
02:30Mais là, effectivement, rien n'est clairement précisé.
02:32Alors, ce qui est intéressant, évidemment, c'est de savoir combien cela pourrait rapporter
02:36si cette mesure était mise en place.
02:37Eh bien, c'est sûr que ça permettrait de faire des économies,
02:40puisque l'inflation, on estime qu'elle pourrait approcher les 2% en 2026.
02:44Une nouvelle indexation de ces retraites pèserait donc lourdement sur les comptes publics.
02:49On estime que l'entière indexation, c'est-à-dire de toutes les pensions de retraite sur l'inflation
02:54pour l'année 2027, elle coûterait environ 6 milliards d'euros pour les finances publiques.
03:01Alors maintenant, effectivement, combien ça permettrait d'économiser exactement ?
03:05Ça reste compliqué à dire, puisque, évidemment, le montant précis,
03:09il dépend surtout du seuil retenu.
03:11On en parlait.
03:12Et puis, de l'ampleur de cette sous-indexation.
03:14– Merci beaucoup, Maëva.
03:16Maurice Safran, c'est le grand tabou, quand même, les retraités, les pensions de retraite.
03:21Et pourtant, ça ressort là.
03:24Alors, on est à quelques semaines de la rentrée et d'une rentrée particulière,
03:27à la veille d'une année présidentielle.
03:30Le gouvernement a un budget à présenter.
03:33Tout le monde n'est pas tout à fait d'accord.
03:35Il faut remettre ce débat sur la table.
03:37– Alors, en France, on ne touche pas à nos retraités.
03:40C'est un tabou, c'est interdit.
03:42Donc, Roland Lescure, puis le Premier ministre Lecornu,
03:45qui a repris l'idée de Lescure, disant qu'il allait regarder,
03:49eux, considèrent que ce n'est pas un tabou.
03:51Ils considèrent que ce n'est pas un tabou parce qu'en réalité,
03:54Sébastien Lecornu n'est pas candidat à la prochaine élection présidentielle.
03:56Donc, il peut parfaitement se permettre de dire ce qu'il dit et d'écrire ce qu'il écrit.
04:00Roland Lescure ne sera plus ministre des Comédies et des Finances.
04:02Ça ne pose pas de problème.
04:03Maintenant, ceux à qui, sur le plan politique, ça pose d'immenses problèmes.
04:07C'est tous ceux qui sont plutôt pour, disons la droite libérale et le centre-droite,
04:13et qui n'osent pas trop le dire.
04:14Ce week-end, on n'en a pas entendu Édouard Philippe.
04:17On n'a pas entendu Gabriel Attal, sinon sur les réseaux sociaux et les enfants,
04:22mais pas du tout sur cette question absolument centrale du traitement de nos retraités.
04:28Donc, effectivement, c'est dangereux.
04:29Et puis, sur le plan politique, il y a une chose qu'il faut absolument retenir et voir,
04:33c'est que l'extrême droite et l'extrême gauche sont d'accord.
04:36Alors, il ne faut pas toucher...
04:37Elles sont d'accord pour dire non ?
04:39Pour dire non.
04:39Elles sont d'accord pour dire non.
04:40Donc, une fois de plus, sur le plan économique, fiscal, social,
04:44on a des vrais rapprochements entre le Rassemblement National et la France Insoumise.
04:49Alors, vous citez le Rassemblement National et la France Insoumise.
04:52Edwidge Diaz était sur ce plateau il y a quelques jours.
04:55On lui a posé la question, justement, puisque c'était juste après cette interview de Roland Lescure à Libération.
05:00Ça va dans le sens de ce que vous dites.
05:02On va écouter sa réponse.
05:03L'État continue d'engranger de l'argent et à opérer de mauvaises dépenses.
05:07Donc, nous, on le dit au Rassemblement National, on n'a pas envie de s'en prendre à ceux qui
05:11travaillent,
05:12ceux qui voudraient travailler ou ceux qui ont travaillé, c'est-à-dire les retraités,
05:15dès lors qu'on n'a pas fait la chasse aux mauvaises dépenses.
05:18Et des mauvaises dépenses, il y en a.
05:19Et d'ailleurs, les Français sont d'accord avec nous.
05:21On a absolument besoin des retraités, je veux dire, pour être bénévole dans les associations,
05:25pour siéger au sein des conseils municipaux, pour garder les enfants quand ils sont grands-parents.
05:28Nous les avons systématiquement protégés quand le gouvernement, l'année dernière,
05:32a voulu s'en prendre à leur abattement de 10% et quand le gouvernement a voulu désindexer leurs pensions
05:37de retraite.
05:38Alors, on peut peut-être trouver une toute petite nuance.
05:41On va faire la chasse à toutes les dépenses inutiles.
05:43Et puis, s'il n'y avait pas assez, parce que c'était la question d'après, je me dis,
05:47mais s'il n'y a pas assez.
05:49Et l'argument qui revient, c'est de dire, oui, mais tant qu'on ne nous dit pas quel est
05:53le seuil
05:53à partir duquel on considère qu'un retraité est aisé,
05:57le débat ne peut pas avancer.
05:58Mais ça, c'est la fameuse question.
06:00À partir de combien, 2005 ?
06:02Est-ce qu'on considère sérieusement, en France, en Europe, en Occident, en 2026,
06:07qu'à 2500 euros par mois, on est un retraité aisé, 3000 euros ?
06:11Souvenons-nous d'avant la campagne présidentielle de 2012,
06:14quand François Hollande, dans un article célèbre du Monde,
06:17avait expliqué qu'on était riche à partir de 5000 euros,
06:19mais ça avait provoqué un drame national.
06:21Donc, effectivement, c'est la question centrale.
06:25Et puis, ce matin, Thierry Breton, j'étais là sur ce plateau avec lui,
06:29il était extrêmement clair.
06:32Faire des économies, faire des vraies économies,
06:34la position de la droite et du centre,
06:37faire de vraies économies et ne pas toucher aux retraites.
06:40Donc, effectivement, il y a un vrai débat sur le fond
06:43entre des gens qui sont plus ou moins d'accord,
06:47mais qui n'osent pas aller jusqu'au fond de ce dossier,
06:50qui, en France, je le répète, est extrêmement sensible.
06:53– Thierry Breton donnait les chiffres nets.
06:56Alors, moi, j'ai le chiffre en brut.
06:57La pension moyenne, selon l'INSEE, 1827 euros bruts par mois.
07:01Bonsoir, Bertrand Martineau.
07:03Vous êtes économiste et vous êtes l'auteur de
07:06« J'ai cotisé, j'y ai droit, mensonge et vérité sur les retraites ».
07:09On évoque ces différents montants, 2 000 euros, 3 000 euros.
07:13Est-ce qu'il y a un niveau raisonnable à partir duquel
07:17on pourrait considérer qu'un retraité est aisé ?
07:19– Non, non, il n'y a pas de niveau raisonnable,
07:23en tout cas du point de vue d'un économiste.
07:26La question, c'est le redressement des finances publiques.
07:28Ce qu'il faut, c'est un certain nombre de milliards d'économies.
07:31Et la question de savoir comment on l'a répartie
07:34sur petites retraites, retraites moyennes, retraites aisées, etc.
07:37et qu'est-ce qu'on considère comme une retraite aisée,
07:40eh bien, c'est une dimension totalement politique.
07:42Alors, pour fixer les idées, on a évoqué 3 000 euros.
07:463 000 euros, il y a à peu près 10% des retraités
07:50qui touchent plus de 3 000 euros.
07:51Donc, si on ne touche que les plus de 3 000 euros,
07:53vous voyez bien qu'on n'aura pas beaucoup d'économies.
07:56– Alors, je vais citer Philippe Juvent
07:58parce que c'est le rapporteur général du budget.
08:01Lui, il dit qu'il faut des mesures massives.
08:04Donc, des mesures massives, elles pourraient concerner
08:06alors tout le monde, peut-être pas les plus petites retraites,
08:09mais quasiment tout le monde.
08:10Selon lui, son chiffrage, avec des mesures d'économies massives,
08:146 milliards d'euros.
08:15Mais, si on met des seuils,
08:19eh bien, évidemment, on ne va pas toucher autant.
08:21Et pourtant, il n'y a plus d'argent dans les caisses.
08:23Donc, il faut viser large, Philippe Martineau ?
08:26Bertrand, pardon.
08:27– Oui, alors, je vais recadrer un petit peu les choses.
08:29On a 160 milliards de déficits publics.
08:33Et les retraites, c'est un quart de la dépense publique.
08:36Donc, imaginer qu'on peut redresser les finances publiques
08:39sans toucher un centime à un pensionné,
08:42c'est même plus de la démagogie,
08:44que c'est du déni de réalité.
08:45Là, on vit dans un monde parallèle.
08:47Ou alors, on décide de ne pas redresser les finances publiques
08:50et de laisser notre pays dériver
08:51et de s'en remettre à la Banque Centrale Européenne,
08:54au FMI.
08:55Enfin, c'est la solution grecque.
08:56Et dans ce cas-là, on peut dire aux retraités d'aujourd'hui
08:59que ce n'est pas une petite désindexation
09:01de 1 ou 2 % pendant quelques années qui les attendent,
09:03mais c'est quelque chose de beaucoup plus brutal à la grecque.
09:06Et là, on est plutôt sur moins 20 %,
09:08moins 30 % d'amputation du pouvoir d'achat.
09:10Là, c'est autre chose.
09:11Donc, effectivement, on a besoin d'un certain nombre de milliards.
09:14Et il faut certainement mettre le curseur relativement bas.
09:17Donc, je ne sais pas, 1 500 euros, 1 200 euros,
09:20quelque chose comme ça.
09:21Et au-delà, effectivement, désindex.
09:23C'est une solution parmi d'autres.
09:26Vraiment parmi d'autres.
09:27Ce n'est pas la solution magique.
09:29Mais ça fait partie du cocktail de solutions
09:31qui est incontournable.
09:33Et de toute façon, quelle que soit la majorité en place,
09:36de toute façon, ils seront obligés de désindexer les pensions.
09:39Et par ailleurs, un dernier point quand même,
09:41c'est que je ne comprends pas que ça pose un problème
09:43en termes de débat démocratique,
09:44puisque un parti qui s'engage à ne pas désindexer les retraites
09:50aura tout loisir de le faire.
09:51S'il gagne les élections au mois de juin,
09:53dans les législatives de l'année prochaine,
09:55il pourra tout à fait revenir sur cette mesure
09:57et rétroactivement augmenter les pensions.
10:02Les chiffres que donne Bertrand Martineau
10:05sont absolument indiscutables.
10:07Il n'y a pas de discussion là-dessus.
10:08Simplement, il y a un problème
10:10qui s'appelle élection présidentielle.
10:13Tout est compliqué par le fait qu'il y a une élection présidentielle.
10:16On n'est pas dans un pays où il y a une simple majorité.
10:18Il y a une élection présidentielle.
10:19Le candidat de droite ou du centre
10:22qui reprend mot à mot, chiffre après chiffre,
10:27ce que vient de dire Bertrand Martineau,
10:29n'a aucune chance d'être élu président de la République.
10:31C'est ça le problème.
10:32Il y a cette opération présidentielle,
10:35cette échéance, cette échéance financière
10:37qui bloque en réalité le système depuis fort longtemps.
10:41Et effectivement, il faut se poser des questions institutionnelles.
10:44Si la France est tout à fait bloquée,
10:46c'est aussi pour des raisons institutionnelles.
10:49On va aller voir Hervé Marseille.
10:50C'est le président de l'UDI,
10:51président de l'Union centriste au Sénat.
10:53Bonsoir Hervé Marseille.
10:54Vous vous situez dans le camp Thierry Breton
10:58qui dit qu'il ne faut surtout pas toucher aux pensions des retraités.
11:03C'est une très mauvaise idée.
11:05On l'a entendu et peut-être l'avez-vous entendu vous aussi sur BFM TV
11:08ou plutôt du côté de Roland Lescure
11:11et de Philippe Juvin, des Républicains,
11:14qui disent qu'on ne pourra pas échapper à des mesures massives,
11:18à des mesures qui vont faire mal
11:19parce que les finances publiques sont dans un état catastrophique.
11:24Écoutez, depuis plusieurs années,
11:26Michel Barnier, François Bayrou et maintenant Sébastien Lecornu
11:29ont proposé cette solution.
11:32L'Assemblée l'a systématiquement rejetée.
11:34Nous, au Sénat, nous l'avons proposée.
11:36C'est-à-dire qu'on ne baisse pas, si je puis dire, les pensions,
11:40mais on n'indexe pas ou on indexe moins.
11:42Le sujet, M. Martineau vient de le dire, Maurice Zafran aussi,
11:46c'est où est-ce qu'on fait des économies ?
11:48Nous sommes dans une situation épouvantable.
11:51Tout le monde est en face d'un déni de réalité
11:54parce qu'il y a les élections présidentielles,
11:56mais en fait, il y a une élection chaque année.
11:58Donc, c'était les municipales cette année.
12:01L'année prochaine, il y aura les législatives
12:03et aussi, en 28, les cantonales et régionales.
12:06Donc, on n'en sort pas.
12:08Or, on sait très bien que ce sont et les retraites
12:12et les dépenses de santé
12:14qui creusent le déficit pour l'essentiel.
12:16Ce n'est pas le budget, c'est le budget social.
12:19Donc, l'année dernière, on a mis à bas la réforme des retraites.
12:23Si on ne fait rien, à partir de 2027 jusqu'en 2030,
12:27c'est à peu près 10 milliards de plus à payer.
12:30– Bienvenue, Marseille, vous êtes élu, vous êtes sénateur.
12:34Il y a quand même un casse-tête bien connu.
12:36Et effectivement, les chiffres sont très parlants.
12:38Un euro versé en plus pour les pensions,
12:40c'est un euro de dette de plus.
12:42Donc, c'est de l'argent en moins pour les écoles, pour l'hôpital.
12:44La mise à contribution des retraités, c'est aujourd'hui 14,1% du PIB.
12:50C'était 7% il y a 50 ans.
12:53Et les dépenses de retraite cavale, plus de 23 milliards en 2024.
12:57Sauf que le casse-tête, il est connu.
12:59C'est plus d'euros, plus d'argent.
13:02Mais en période de campagne, alors certes, il y en a tous les ans,
13:05mais là, on parle d'une campagne présidentielle.
13:06Plus d'argent, mais moins de voix.
13:08Les retraités, 13,6 millions d'électeurs en 65 ans et plus.
13:14Écoutez, depuis plusieurs années,
13:16les retraités ont des augmentations supérieures à celles des salariés.
13:21Ça ne va pas pouvoir continuer à durer.
13:23D'ailleurs, on le voit bien, puisqu'il y a également dans le budget social
13:27une trappe, si je puis dire, pour les bas salaires,
13:31qui est ce qu'on appelle les allègements de charges.
13:33Et on paye 88 milliards aux entreprises pour alléger les charges.
13:38Ça ne va pas devenir supportable.
13:41La machine va imploser.
13:43Je crois que Maurice Zafran l'a dit il y a un instant.
13:46Soit on laisse faire le FMI, soit on prend des mesures.
13:51Il faut absolument que nous reprenions un minimum d'économie.
13:55C'est indispensable.
13:58Moi, je crois que le gel, le gel, bien sûr, des pensions,
14:03mais aussi d'un certain nombre de dépenses,
14:06est quelque chose qui est indispensable.
14:08C'est assez indolore, parce que ça n'est pas une diminution.
14:11C'est simplement, on ne revalorise pas de 1 ou 2 %
14:17un certain nombre de dotations.
14:22C'est le moindre qu'on puisse faire.
14:24M. Martineau le rappelait, c'est 6 milliards.
14:27La revalorisation des pensions, c'est 6 milliards.
14:29Depuis un an, et c'était quelque chose
14:33qui ne s'était pas produit depuis 50 ans,
14:36nous avons en France plus de décès que de naissances.
14:40Donc chaque année, la dérive naturelle
14:42à cause du vieillissement de la population,
14:44il est de 4 % du budget social.
14:47Naturellement, il y a 4 % de dépenses en plus
14:50sur le budget social, parce que les Français,
14:54les plus âgés, ont besoin de soins.
14:57Donc si on ne fait pas d'économie, on va dans le mur.
15:00C'est quelque chose d'assez simple et d'arithmétique.
15:02Alors certes, il y a l'élection présidentielle,
15:04mais est-ce qu'il faut absolument se boucher les yeux
15:07et, j'allais dire, distribuer encore plus d'argent ?
15:13Je pense que l'entreprise France ne peut plus.
15:16– Sur l'échiquier politique, on l'a évoqué avec vous,
15:20Maurice, on a vu à peu près qui était pour,
15:23qui était contre.
15:24Parmi les contre, il y a LFI qui dit, Bertrand Martineau,
15:28qu'on ne cible pas les bons privilégiés.
15:33Et vous disiez, voilà, cette mesure sur les retraites,
15:36c'est une mesure, et on voit les chiffres,
15:38et les chiffres sont importants.
15:41On entend, du côté du Rassemblement national,
15:43nous, on va faire la traque à toutes les dépenses inutiles.
15:47Ça, ça tient la route.
15:48Il y a d'autres postes qui pourraient aussi permettre
15:52d'assainir les finances ?
15:54– Entendu, et heureusement qu'il y a d'autres postes
15:57que les retraites pour redresser les finances publiques.
15:59– Simplement, je rappelais les chiffres,
16:01on a 160 milliards de déficits publics,
16:04et pour stabiliser la dette, c'est-à-dire pour qu'elle arrête
16:07d'augmenter, je ne dis pas la rembourser,
16:09pour qu'elle arrête d'augmenter, on sait,
16:11il y a un rapport de quatre économistes qui ont planché
16:13sur le sujet au mois de juillet,
16:15il faut environ 125 milliards, 125 milliards d'économies
16:20pour stabiliser la dette.
16:22Donc les chiffres sont absolument considérables.
16:24Alors je comprends que ça ne parle plus à personne
16:27tellement c'est gigantesque,
16:28mais ça se traduit par des charges d'intérêt
16:30qui sont colossales et qui étranglent
16:32toutes nos marges de manœuvre.
16:33Et donc, je ne dis pas que la désindexation des retraites
16:36est la seule solution, évidemment,
16:38pour faire ces 125 milliards d'économies,
16:40mais je dis simplement que, sachant que les retraites
16:43représentent un quart de la dépense publique,
16:45il est arithmétiquement absolument impossible
16:48de réduire le déficit public
16:50sans toucher un petit peu aux retraites.
16:53Et ça ne peut pas être un tabou.
16:54Et de toute façon, quelle que soit la personne
16:56qui sera élu, qu'il soit de l'extrême droite
16:59à l'extrême gauche, de toute façon,
17:00il sera obligé d'agir sur les retraites,
17:03de toute façon.
17:05Merci Bertrand Martineau.
17:07Alors Michel Barnier a essayé,
17:08François Bayrou avait défendu une année blanche
17:10avant de reculer.
17:11Il va le faire, Sébastien Lecornu ?
17:13Vous disiez, il n'a pas d'enjeu présidentiel.
17:15On va peut-être revenir sur cette question-là
17:18dans un instant.
17:18Je reste assez persuadé que le fait
17:20qu'il s'engage sur ce terrain-là
17:22signe le fait qu'il ne sera pas candidat.
17:24Mais évidemment,
17:26évidemment que le prochain président
17:28sera obligé d'agir sur ce terrain-là.
17:30Mais le problème n'est pas après.
17:32Ce n'est pas le président, c'est le candidat.
17:33C'est le candidat.
17:34Et les deux candidats proches d'Hervé Marseille,
17:38c'est dommage qu'on n'ait plus à l'antenne,
17:40les deux candidats proches d'Hervé Marseille,
17:43Attal et Édouard Philippe,
17:45ce week-end, se sont abstenus
17:46du moindre commentaire sur le sujet.
17:49Donc on comprend tout à fait pourquoi.
17:52Mais effectivement,
17:53ça sera un des enjeux centraux
17:54de la prochaine campagne.
17:56Alors, on va parler justement de cette campagne.
17:59Et si je vous posais la question
18:00à propos de Sébastien Lecornu,
18:02c'est que peut-être que lui ne sera pas candidat.
18:05Et puis on comprend que sa priorité,
18:07ça va être le vote d'un budget sans censure.
18:09Mais il semblerait que pour le chef de l'État,
18:12Sébastien Lecornu fasse partie
18:14des favoris.
18:15Vous citiez Édouard Philippe et Gabriel Attal.
18:18Ils ne seraient pas vraiment
18:18dans les petits papiers
18:19du président de la République.
18:20C'est moins qu'on puisse dire.
18:23Effectivement, Gabriel Attal
18:24et Édouard Philippe
18:26sont en conflit souterrain.
18:29Souterrain pour Édouard Philippe,
18:31mais clair et fort et net
18:33avec Attal.
18:35Donc effectivement,
18:36ça fait des mois et des mois
18:37qu'on entend auprès du président,
18:39jamais directement dans la bouche du président,
18:41qu'il a deux candidats favoris
18:43pour la présidentielle,
18:45Sébastien Lecornu et Jean Castex.
18:47Jean Castex, a priori,
18:48il a dit que c'était non ?
18:49Il a dit que la SNCF,
18:52c'était le poste de ses rêves
18:53et qu'il n'en est pas question.
18:54Mais il n'empêche que dans l'esprit du président,
18:56ça n'a pas l'air tout à fait enterré
18:57ni l'un, Lecornu,
18:59ni l'autre Castex.
19:00Alors, ce n'est pas...
19:02Évidemment, ce n'est pas dit comme ça.
19:03Ça circule,
19:04ce nom de Sébastien Lecornu.
19:06C'est quand même une façon
19:07pour le président de la République
19:09de faire savoir
19:09qu'il ne va pas rester en retrait
19:10et qu'il va bien garder la main,
19:13même s'il est toujours en vacances
19:15à Brégançon.
19:16Les dernières images
19:16que l'on a eues de lui,
19:18le montré chevauchant à Djetski,
19:20demain,
19:20il se rendra auprès des pompiers du Var.
19:23Alors, loin de Paris,
19:24mais quand même,
19:25près de l'agitation dans son camp,
19:27Hugo Capelli,
19:27le président de la République
19:28n'a pas l'intention
19:29de laisser cette campagne présidentielle
19:31lui échapper.
19:34Oui, Emmanuel Macron
19:35qui passe ses dernières vacances
19:37comme chef d'État
19:38ici au Fort de Brégançon.
19:40Alors, il s'est fait plutôt discret,
19:42Emmanuel Macron,
19:43ces dernières semaines.
19:44Pas de déplacement improvisé,
19:46pas de rencontre
19:47avec un chef d'État.
19:49L'une des seules images
19:50qu'on a de lui,
19:50c'est quand il est sur un jet ski
19:52à la une d'un magazine
19:53et évidemment,
19:54ça a fait réagir la classe politique
19:55aussi bien à droite
19:57comme à gauche.
19:57En réalité,
19:58la première réapparition publique
20:00d'Emmanuel Macron
20:00en ce mois d'août,
20:01ce sera demain.
20:02Il va d'abord rencontrer
20:03avant 18h
20:04des pompiers
20:05et des maires du Var
20:06qui ont été concernés
20:07par les incendies
20:08ces dernières semaines
20:09et puis ensuite,
20:09il n'ira pas très loin d'ici
20:10à quelques kilomètres
20:11tout près de la mairie
20:12de Bormes-les-Mimosa
20:13pour l'anniversaire
20:15de la libération
20:16de cette commune du Var.
20:17Il tiendra à cette occasion
20:19un discours.
20:20C'est une tradition
20:21pour Emmanuel Macron
20:21depuis le 2017.
20:22C'est en quelque sorte
20:23sa rentrée politique.
20:25On scrutera de près
20:25ses mots.
20:26Lui qui veut être
20:27en quelque sorte
20:28le garant
20:28de la prochaine élection
20:30présidentielle
20:31mais qui surtout
20:31veut être dans l'action
20:32jusqu'au bout,
20:33jusqu'au dernier jour.
20:34C'est ce que ne cesse
20:35de répéter son entourage.
20:37On sait qu'il fourmille
20:38de projets,
20:39notamment par exemple
20:40l'interdiction des réseaux sociaux
20:41pour les moins de 15 ans,
20:42mesure retoquée
20:44par le Conseil constitutionnel.
20:45Eh bien,
20:46le chef de l'État
20:46a demandé à son Premier ministre
20:48de travailler
20:49sur un nouveau projet de loi
20:50pour le printemps prochain.
20:51Vous l'avez donc compris,
20:52même si la présidentielle
20:54est en ligne de mire,
20:55Emmanuel Macron sera bien
20:56au cœur des débats
20:57jusqu'à la fin de son mandat.
20:59Oui,
20:59il ne va pas s'effacer
21:00le président de la République
21:01à l'approche
21:02de la présidentielle.
21:03Vous le disiez officiellement,
21:04ses priorités,
21:05l'international,
21:06la défense
21:06et puis ses sujets sociétaux,
21:08la fin de vie,
21:08les réseaux sociaux,
21:10les ingérences.
21:10Hervé Marseille,
21:12il y a une phrase
21:14que j'ai lue ce matin
21:16chez nos confrères du Monde.
21:17Vous aviez une phrase disant
21:18un président sortant,
21:20je vous laisse la terminer
21:21si vous l'avez en tête
21:23quand on parle des élections
21:24ou de son successeur,
21:25un président sortant,
21:27ça ne peut pas.
21:29Ça ne peut pas faire élire quelqu'un,
21:30mais ça peut empêcher
21:31d'autres de l'être.
21:33On a vu d'ailleurs
21:34que ses prédécesseurs
21:37ont plutôt pratiqué
21:38cette règle-là.
21:40Donc on verra bien
21:42ce que fera M. Macron
21:44dans les quelques mois
21:45qui lui restent
21:47d'ici le mois de mai.
21:47Pour autant,
21:49j'entends ce que vous dites
21:51et ce qu'on lit
21:52sur Sébastien Lecornu.
21:55Moi, j'ai du mal à croire
21:56que Sébastien Lecornu
21:58puisse entamer
22:01de son côté
22:02une campagne présidentielle
22:03alors qu'il doit supporter
22:04un budget quasiment invotable.
22:07Il n'y a pas de majorité
22:09à l'Assemblée nationale.
22:10L'année dernière,
22:11il a fallu jeter
22:14la réforme des retraites
22:17et donc tout ça
22:18a coûté fort cher
22:19avec l'augmentation
22:20de la prime d'activité
22:21pour satisfaire
22:22aux exigences
22:23du Parti socialiste.
22:25Cette année,
22:27compte tenu
22:28de l'échéance présidentielle,
22:29il y a fort à parier
22:30que ça va être
22:31extrêmement difficile
22:32de voter un budget.
22:34Je ne suis pas convaincu
22:36que le Premier ministre
22:37soit en situation
22:38de pouvoir penser
22:39à sa carrière politique
22:40au moment
22:41où il y a un budget
22:42extrêmement difficile
22:44à tenir devant le Parlement.
22:46J'ajoute
22:46qu'il faut faire
22:48des économies,
22:49pas seulement
22:49pour satisfaire
22:50à la situation,
22:51mais aussi
22:52parce que nous avons eu
22:53de nombreuses dépenses.
22:54On l'oublie,
22:55mais on a dépensé
22:56de l'argent
22:56pour la loi
22:57de programmation militaire.
22:59Les taux d'intérêt
23:00à cause du problème
23:02avec l'Iran
23:03ont augmenté.
23:05Nous avons dû
23:06augmenter la contribution
23:08à l'Europe.
23:09Nous avons un tas
23:10de dépenses.
23:11Et si on veut rester
23:11dans une épure
23:12à peu près supportable,
23:15je dis bien à peu près,
23:15c'est-à-dire autour
23:16de 5 % du PIB,
23:18il faut faire des économies.
23:20Rien que ça,
23:21ça va être extrêmement compliqué.
23:22Donc je ne suis pas convaincu
23:24que le Premier ministre
23:24soit en situation
23:25de mener campagne,
23:27de penser à son image.
23:29Il doit tenir la maison.
23:30Il doit essayer
23:31de faire en sorte
23:32qu'il y ait un budget
23:33pour le pays
23:34à la fin de l'année.
23:35Et donc je pense
23:36qu'il va être absorbé
23:38totalement
23:38par la situation parlementaire.
23:41C'est précisément
23:41parce que le Président
23:42considère que ce Premier ministre
23:44tient plutôt bien la maison
23:45qu'il pense
23:46qu'il peut être
23:47son successeur.
23:48Oui, les points forts,
23:50il tient.
23:50Et surtout,
23:52il endosse le bilan
23:54sous-entendu
23:55contrairement
23:56à deux autres anciens
23:57Premier ministre.
23:58Voilà, visé très clairement.
23:59Mais ce qu'Hervé Marseille
24:00ne dit pas,
24:01c'est la troisième hypothèse,
24:02c'est que le soutien
24:03du Président de la République
24:05soit relativement négatif
24:06pour le candidat
24:07qu'il soutiendrait.
24:09Ça aussi,
24:09c'est une hypothèse.
24:10Maintenant,
24:12si quelqu'un
24:13qui a l'expérience
24:13d'Hervé Marseille
24:14ne peut pas croire
24:15une seconde
24:16qu'au mois d'avril,
24:17quelques jours
24:18avant le premier ministre
24:19présidentiel,
24:20on fasse passer
24:21le gouvernement,
24:22on fasse passer
24:23une loi aussi importante
24:24que l'interdiction
24:25des réseaux sociaux
24:26pour les jeunes,
24:27à quelques semaines
24:28des élections présidentielles,
24:29je n'y crois absolument pas.
24:32Je reprends cette phrase.
24:33Un président sortant,
24:34ça ne peut pas faire élire,
24:35mais ça peut faire battre.
24:36C'est aussi un pari politique
24:38un peu risqué.
24:39Alors,
24:39Emmanuel Macron,
24:40il est réputé
24:41pour aimer le risque.
24:42Dans la configuration
24:44qui risque d'être
24:45celle de cette présidentielle,
24:46il a intérêt
24:47à mettre son grain de sel
24:48dans la campagne,
24:48il y a deux candidats déjà
24:49pour le bloc central
24:50déclarés
24:51qu'il faudra départager.
24:52Oui,
24:53mais il y a un autre problème
24:55qu'Emmanuel Macron connaît
24:57et ça,
24:57c'est une responsabilité historique
24:59d'Emmanuel Macron
25:00et de l'ensemble
25:00des responsables politiques
25:02du camp républicain,
25:04c'est qu'on sait déjà
25:05qu'il n'y a qu'une seule place
25:07pour le deuxième tour.
25:09la place de Marine Le Pen
25:11est garantie.
25:12Donc,
25:12qui sera au deuxième tour ?
25:13S'il y a deux,
25:14trois,
25:14quatre candidats de droite,
25:16un candidat du centre,
25:17un candidat social-démocrate,
25:18etc.,
25:18ce sera Jean-Luc Mélenchon.
25:20Et nous,
25:21responsables politiques,
25:22le savent
25:22de façon absolument pertinente.
25:24Donc,
25:25est-ce qu'ils seront responsables
25:26pour se mettre d'accord
25:27sur un ou deux candidats
25:29grand,
25:29grand maximum ?
25:30C'est la question
25:31qui va se poser
25:32dès cette rentrée
25:33dans 15 jours.
25:34C'est la question
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