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00:14La peste porcine africaine inquiète à nouveau la filia porcine ivoirienne.
00:20Des porcs abattus, des éleveurs touchés et des pertes économiques importantes.
00:25Comment reconnaître la maladie ? Comment se transmet-elle ? Pourquoi faut-il abattre des porcs ?
00:31Et surtout, comment protéger les différents éleveurs ?
00:34Nous en parlons dans ce nouveau numéro de l'invité de la rédaction avec le Dr. Kalo Vessali.
00:41Il est directeur des services vétérinaires et du bien-être animal au ministère des Ressources animales et aluétiques.
00:48Docteur, merci d'avoir accepté notre invitation dans cette émission.
00:52Merci d'être l'invité de la rédaction de cette info.
00:55C'est un plaisir pour moi aussi d'être là.
00:58Avant de parler de crise, d'abattage ou encore d'indemnisation, il serait bien de comprendre ce dont nous parlons
01:05aujourd'hui.
01:06Pour beaucoup d'ivoiriens, la peste porcine africaine reste une maladie mal connue.
01:12Qu'est-ce que c'est exactement ?
01:14Alors, la peste porcine africaine, c'est une maladie virale.
01:20Ça veut dire que c'est une maladie due, causée par un virus.
01:24D'accord.
01:25Qui se transmet au suidé.
01:28Suidé, c'est des animaux de la famille des porcs.
01:30Nous avons des animaux domestiques tels que le porc, mais aussi c'est un suidé sauvage tel que le facouchère
01:38ou le sanglier.
01:40Donc, toutes les espèces qui ressemblent au porc sont sensibles à la peste porcine.
01:46D'accord.
01:47Et c'est une maladie hautement contagieuse.
01:50C'est-à-dire qu'il se transmet très rapidement lorsqu'un animal est atteint, est affecté, il peut transmettre
01:57le virus aux autres animaux.
02:00Justement, en Côte d'Ivoire, c'est une maladie ou c'est un problème qui dure depuis plusieurs décennies ou
02:05c'est quelque chose qui est nouveau dans notre pays ?
02:08Alors, la peste porcine n'est pas nouvelle en Côte d'Ivoire.
02:11La première incursion de la maladie a eu lieu en 1996.
02:16D'accord.
02:16Et à cette époque, la Côte d'Ivoire a abattu près de 100 000 ports autour d'Abidjan.
02:23Donc, elle n'est pas nouvelle.
02:26Elle est apparue en 1996, ensuite en 2015, 2017, 2024 et 2026.
02:37On entend parler de peste, ça fait forcément peur.
02:41On s'inquiète bien évidemment pour la santé.
02:44Est-ce que c'est une maladie qui se transmet de l'animal à l'homme ?
02:49La peste porcine est une maladie spécifique aux suïdés, c'est-à-dire des animaux qui ressemblent aux porcs.
02:58D'accord.
02:59Ça veut dire qu'elle ne se transmet pas à l'homme.
03:02Mais la dangerosité de cette maladie, elle est d'abord pour les animaux, les porcs.
03:08Elle peut engendrer jusqu'à 100% de mortalité dans une exploitation.
03:13Si vous avez 200 porcs en 5 jours, vous pouvez perdre vos 200 porcs.
03:19On peut perdre les 200 porcs, mais l'autre constat qui est fait, c'est que lorsqu'un animal est
03:25atteint d'une maladie,
03:27le consommateur se demande naturellement si sa viande représente un danger.
03:34Est-ce qu'on peut contracter la peste porcine, rien qu'en consommant le porc ?
03:40Non, elle n'est pas du tout contagieuse pour l'homme.
03:43D'accord.
03:44Que ce soit par la consommation, que ce soit par le contact avec le virus, il n'y a aucun
03:50impact chez l'homme.
03:51Mais il ne faut pas perdre de vue la dangerosité de la maladie pour la filière.
03:56D'accord.
03:57La filière porcine en Côte d'Ivoire, c'est près de 300 000 porcs.
04:04C'est près de 30 000 emplois, des personnes qui dépendent directement de la filière porcine.
04:11Et un impact sur l'économie.
04:12Derrière 30 000 emplois, il y a un nombre moins de personnes par menace, surtout de 7.
04:18Vous multipliez 30 000 par 7 de personnes qui vivent de cette filière-là.
04:23C'est énorme.
04:25C'est énorme.
04:26Donc, nous, en termes de dangerosité, c'est l'aspect économique et c'est l'aspect santé animale.
04:31Le virus, il est résistant dans le milieu extérieur.
04:34C'est l'un des virus les plus résistants.
04:36Alors, ce n'est pas dangereux de consommer.
04:39Mais permettre la consommation d'animaux malades va faciliter la distribution du virus,
04:45et donc la propagation de la maladie et donc la destruction de plus de 200 000 porcs
04:51et de plus de 30 000 emplois directs.
04:54Et ça, c'est encore plus dangereux qu'une personne qui tombe.
04:57À ce moment-là, il y a plus de raisons d'interpeller ou d'alerter les éleveurs.
05:02Qu'est-ce qu'ils doivent constater pour éviter justement que tout l'ensemble de leur élevage perde la vie
05:09?
05:10Alors, je donne toujours l'image d'une banque.
05:15Quand vous avez 5 millions, vous avez 10 millions, vous n'allez pas mettre cet argent dans n'importe où.
05:22Ce n'est pas parce qu'on va vous dire qu'il y a une bonne dame qui collède de
05:26l'argent
05:26et après un mois, vous venez chercher, elle est au marché, vous allez lui remettre vos 10 millions.
05:31C'est quoi le parallèle avec la filière ?
05:32Je viens.
05:34Donc, vous allez prendre vos 10 millions, vous allez les déposer dans une banque.
05:39Et même lorsque la banque explose, vous êtes sûr que vous allez avoir votre argent.
05:43Donc, vous sécurisez vos finances.
05:47L'élevage, c'est un investissement.
05:50Alors donc, l'élevage, ça s'apprend.
05:52D'accord.
05:53Élever des postes et des aides vivants, ils doivent être dans un minimum de confort, de bien-être.
05:59Vous devez respecter des mesures de biosécurité.
06:03Biosécurité, vous sécurisez vos financements.
06:05L'environnement dans lequel vous avez besoin.
06:07Une ferme doit être clôturée.
06:09D'accord.
06:10Tout le monde ne doit pas entrer et sortir d'une ferme.
06:13Ce n'est pas parce que vous avez de beaux ports que chaque dimanche, vous allez appeler vos amis.
06:17Venez regarder mon port.
06:18Vous ne savez pas d'où ils viennent.
06:20Ils peuvent venir avec le virus parce que le virus peut être transporté par la main, par les chaussures, par
06:26les roues des véhicules.
06:26Et donc, venir contaminer votre exploitation.
06:30Donc, pour nous, un éleveur, face à une maladie où vous n'avez ni vaccin, ni traitement, c'est d
06:38'éviter que la maladie pénètre dans votre exploitation.
06:40Ça veut dire quoi ? Est-ce qu'il y a des tenues spéciales pour entrer par exemple ?
06:43Non, vous n'avez pas besoin de tenues spéciales.
06:45Quand vous faites une exploitation, vous devez prévoir une zone qu'on appelle à minima une forme de vestiaire.
06:53Quand vos employés arrivent, ils enlèvent la tenue de ville.
06:56D'accord.
06:56Et ils portent la tenue du travail.
06:58Ok.
06:59Donc déjà, ce qu'ils ont apporté de l'extérieur reste dans les vestiaires.
07:03Et il y a un dispositif de laval des mains et des chaussures.
07:07Et à l'entrée de chaque battement, vous mettez ce qu'on appelle un peu d'olive.
07:11Vous plongez les bottes là-dedans avec un désinfectant pour nettoyer ces bottes-là.
07:17Et donc, ces employés viennent pour travailler.
07:19Ils restent toute la journée.
07:21Quand ils ressortent, ils ressortent réellement de l'exploitation.
07:24Non pas aller manger, revenir, etc.
07:27Il y a des risques d'introduction de ce virus.
07:30Certains éleveurs ont bien réussi.
07:31On a eu des éleveurs qui étaient dans des zones affectées par la maladie,
07:35mais qui n'ont pas connu la maladie.
07:37D'accord.
07:37Parce que simplement, ils ont réussi à mettre en œuvre des mesures de biosécurité.
07:42C'est empêché que le virus ne s'introduise dans son exploitation.
07:45Soit par l'homme, c'est-à-dire la main d'œuf, soit par le matériel, soit par les aliments.
07:51En tout cas, tout ce qui entre et tout ce qui sort de l'exploitation doit être traité, nettoyé, désinfecté.
07:59Et vous devez être sûr que…
08:00Alors, là, on comprend bien les mesures de précaution.
08:04Mais là, ce que j'ai envie de savoir maintenant, c'est les premiers signes qui doivent immédiatement alerter les
08:10éleveurs.
08:10Alors, en termes de post-posting, les signes vont varier en fonction de l'état physiologique de l'animal.
08:16D'accord.
08:17Un porcelet ne va pas réagir de la même manière qu'un verre, un porc adulte.
08:22C'est comme chez les hommes, les enfants.
08:24Il y a des populations dites vignes et arbres qui seront beaucoup plus sensibles.
08:28Alors, le porcelet, vous allez avoir des mortalités subites, sans aucun signe.
08:33Tout d'un coup.
08:34Tout d'un coup, le matin, vous l'avez donné à manger, vous l'avez donné à manger, et l
08:39'après-midi, vous venez, vous trouvez dix qui sont morts.
08:43Vous pouvez aussi constater, chez certains animaux, le manque d'appétit.
08:46Vous savez que le porc, comme on le connaît, il aime bien manger.
08:51Et à l'heure de nourriture, quand vous rentrez avec un seau d'aliment, les porcs foncent vers vous.
08:56Mais si vous constatez que vos porcs ne bougent pas, ils sont froids, c'est déjà un signe d'allaitre.
09:00D'accord.
09:01Donc, le virus est en train de se multiplier dans son corps.
09:04Mais ça va s'exprimer de façon beaucoup plus expressif.
09:08Vous allez voir des taches aussi, sur des points du corps, des taches rouges.
09:13Ça, c'est déjà la phase hémorragique.
09:15Et ensuite, le porc tombe affaibli, il commence à saigner du nez.
09:19Et de tous les orifus, vous allez avoir du sang.
09:21Et en quelques heures, l'animal meurt.
09:24Donc, les signes sont évolutifs, varient en fonction de l'état physiologique.
09:29Mais toute mortalité anormale, tout comportement anormal doit aléter l'élèveur de telle sorte qu'il appelle son vétérinaire ou
09:39le service vétérinaire le plus proche pour venir et faire un diagnostic.
09:43Alors, c'est vrai que vous avez bien présenté ce diagnostic-là.
09:46Mais on est certain, vous convenez avec moi, qu'il existe également d'autres maladies qui peuvent donc affecter ces
09:52différents ports,
09:53telles que des maladies qui peuvent provoquer de la fièvre, de l'abattement ou encore des mortalités.
09:58Comment est-ce qu'on arrive à distinguer la peste porcine africaine des autres maladies ?
10:04Et puis, l'élèveur, est-ce qu'il peut réellement faire lui-même cette distinction-là ?
10:09Nous, on applique généralement le principe de précaution.
10:12D'accord.
10:14Tout ce qui ressemble à la peste porcine, pensez à la peste porcine.
10:18Avant de chercher à faire le truc, vous n'êtes pas un spécialiste, vous êtes un éleveur.
10:22Donc, mettre l'animal en quarantaine et appeler le spécialiste qui va vous aider déjà à faire un diagnostic.
10:29On peut confondre la peste avec une maladie qu'on appelle le rouger du porc,
10:33qui donne aussi des tâches rouges, les mêmes tâches que la peste porcine,
10:37mais le taux de mortalité n'est pas le même.
10:39Le rouger, il y a un mort, deux morts, l'exploitation perdue, une semaine, deux semaines, trois semaines.
10:44Alors qu'avec la peste, quand une peste rentre, vous allez vous rendre compte qu'il y a une peste
10:49qui est rentrée chez vous.
10:50D'accord. Est-ce qu'un porc infecté peut paraître parfaitement normal pendant un certain temps ?
10:57C'est là l'enjeu de la bataille sanitaire.
11:01Quand la maladie rentre dans une exploitation, l'animal peut paraître sain jusqu'à 21 jours, alors qu'il est
11:10porteur du virus.
11:11Il peut contaminer tous les autres.
11:12Oui, il se met à contaminer les autres. Il excrète le virus.
11:16Il excrète. Au moment où il tombe malade, il a déjà contaminé tous ceux qui sont dans le même bâtiment
11:21que lui.
11:21Et tous les bâtiments adjacents.
11:23Et les mouches vont faire le reste du travail.
11:25Quand il mange, par exemple, dans un mangeoir, la mouche s'assoit là-dessus.
11:31Et ensuite, elle va s'installer dans un autre box avec des aliments.
11:37Et donc, il y a une transmission qui peut se faire soit de façon directe entre deux ports qui rentrent
11:45en contact,
11:46mais aussi de façon indirecte par le biais du travailleur qui vient donner de la nourriture.
11:52Ensuite, tu pars dans un autre bâtiment alors qu'il a porté le virus sans savoir qu'il y a
11:57un animal qui est en incubation,
12:00ce qu'on appelle incubation, porté le virus sans faire des signes cliniques.
12:04Et donc, ça peut durer jusqu'à 21 jours.
12:06Pendant ces 21 jours, la maladie se propage dans toute l'exploitation.
12:10C'est pour ça, quand on a un cas confirmé par le laboratoire, on procède à un abataille sanitaire pour
12:18rompre la circulation du virus,
12:21pour protéger les autres exploitants.
12:23Justement, c'est bien que vous en parlez, parce que ma question, c'était celle-là.
12:26On va imaginer qu'un éleveur arrive dans son enclos un matin.
12:31Il découvre plusieurs ports malades ou morts dans son exploitation.
12:35C'est quoi les premiers actes à poser en ce moment-là ?
12:39C'est d'appeler le service vétérinaire le plus proche.
12:42D'accord.
12:42Ça, c'est le premier acte.
12:44Et vous, en tant qu'éleveur, si c'est un vrai éleveur, il va penser à la peste postne.
12:48Ok.
12:49Donc, lui-même, il fait une auto-quarantaine de son exploitation.
12:52Ok.
12:53Il ne rend plus visite à un éleveur.
12:55Il informe tous les éleveurs de son secteur.
12:57Je suis touché par une maladie et je suspecte la peste postne.
13:01Donc, tout le monde s'éloignera de lui.
13:02D'accord.
13:02Quand il soit, il fait une douche totale avec du savon.
13:05Il se lave pour éliminer tous les virus.
13:07et il évite d'aller dans les rassemblements d'éleveurs.
13:11Mais là, c'est quand on est bien sensibilisés.
13:13On est conscient.
13:14C'est quand on obtient un très bon renforcement de capacité.
13:18Que fait le ministère des ressources animalialitiques à ce niveau précis ?
13:21Aujourd'hui, le ministère gère la peste postne avec l'interprofession postne.
13:26Ils ont une interprofession.
13:28Ils sont très bien organisés.
13:30En ce moment où je vous parle, il y a une caravane de formation des éleveurs en matière de biosécurité
13:37organisée par l'interprofession.
13:39D'accord.
13:39Le ministère a élaboré ce qu'on appelle le guide des bonnes pratiques de biosécurité et il a mis à
13:45la disposition des éleveurs.
13:47Le ministère a facilité la mise en place de ce qu'on appelle le groupement des défenses sanitaires.
13:51On a aujourd'hui 16 groupements des défenses sanitaires.
13:54Et donc, dans toutes les grandes zones de production, porcines en Côte-du-Bois, ils se sont organisés en groupement
14:01pour partager d'abord l'information sanitaire et puis déjà mettre ensemble des mesures sanitaires pour éviter que le virus
14:09ne puisse pénétrer dans leur zone.
14:12Donc, l'État implique déjà les éleveurs dans l'élaboration de la stratégie.
14:16D'accord.
14:17L'État élabore avec des guides des bonnes pratiques et l'État a conçu avec l'aide de la FAO
14:23des mallettes pédagogiques pour que ce ne soit plus des formations en salle parce que tous les éleveurs ne pourront
14:30pas venir et les porcines qui sont dans les exploitations souvent n'arrivent pas à venir parce qu'ils doivent
14:34s'occuper des exploitations.
14:35Pourquoi on puisse aller dans les exploitations, déballer la mallette pédagogique et former les porcines dans l'exploitation sur le
14:43champ, sur les bonnes pratiques de biosécurité ?
14:45Parce que nous pensons que la prévention est l'outil le plus efficace pour lutter contre la peste possible.
14:53Alors, il y a eu un cas de la ferme de Charles Blégoudé qui a suscité beaucoup de réactions.
15:01Il affirme que l'abattage de ces porcs a anéanti un investissement assez important.
15:08Il a même annoncé, sinon dénoncé la manière dont l'opération a été conduite.
15:11Alors, Dr Callot, est-ce que pour nous expliquer précisément ce qui s'est passé dans cette ferme ?
15:16Alors, il y a déjà eu un communiqué officiel du ministère des ressources animales et hérétiques qui a fait le
15:22point de la situation.
15:23Dites-nous.
15:24Alors, ce n'est pas un cas isolé.
15:27C'est la région qui est touchée par la peste possible.
15:30D'accord.
15:31Et avant l'atteinte de cette exploitation, Gagnoua avait été déjà...
15:37L'exploitation se trouve à Guibera.
15:38Gagnoua avait été déjà atteint et il y a plus de 1000 porcs qui ont été abattus dans le département
15:47de Gagnoua.
15:48Malheureusement, qu'est-ce qu'on constate ?
15:50Quand vous commencez à abattre, certains éleveurs dissimulent les animaux, ne respectent pas les mesures de biosécurité
15:56et envoient certains porcs dans les villages ou dans les zones à proximité.
16:02D'accord.
16:03Et malgré l'arrêté d'interdiction qui a été pris par le préfet, les mesures d'abattage sanitaire qui ont
16:09été mises en oeuvre,
16:11malheureusement, le virus a réussi à se propager pour atteindre ce village-là.
16:16Et ce n'est pas que les porcs de l'exploitation qui ont été atteints, mais les porcs couveurs,
16:21c'est-à-dire les porcs qui sont dans les villages, qui se baladent.
16:23Dans ce village, il n'y a presque plus de porcs.
16:26Alors, c'est à la suite des mortalités de porcs dans le village que la direction départementale a été informée
16:32de mortalités dans le village.
16:33Et quand on arrive dans une mortalité, on dresse un rayon de 3 kilomètres et on recherche les exploitations dans
16:39toutes ces zones-là
16:40pour voir si le virus ne s'est pas propager et créer une barrière sanitaire pour ne pas que le
16:46virus aille au-delà de ces 3 kilomètres.
16:48Et c'est dans cette investigation qu'on a retrouvé cette exploitation où des âges 7 porcs étaient déjà morts
16:55de la maladie.
16:56Là, on parle de l'exploitation des champignons.
16:58De l'exploitation et nous avions trouvé un animal touché, un gros verrat qui avait tous les signes de la
17:04maladie, saignement, taches hémorragiques.
17:07En ce moment-là, le directeur régional a mis la ferme sous surveillance, a fait une autopsie qui a confirmé
17:13les signes probables.
17:15Et ensuite, les prélèvements ont été acheminés au laboratoire de Benjerville et la maladie a été confirmée.
17:21Et dans ce cas de figure, on applique les mesures de police sanitaire conformément à la loi 995 du 20
17:29décembre 2020
17:30pour attendre la Côte de santé publique vétérinaire en Côte d'Ivoire.
17:33Et dans ces mesures de police sanitaire, on a été appliquées abattage sanitaire des animaux et ensuite désinfection de l
17:42'exploitation.
17:43Il faut retenir une chose. Aujourd'hui, en Côte d'Ivoire, nous avons des textes qui réglementent l'élevage.
17:48Un élevage doit être déclaré auprès de l'autorité compétente. Première des choses.
17:54Tu s'appelles, vous avez déclaré ?
17:56Non, l'élevage n'était pas déclaré. Deuxième chose, un élevage doit respecter les mesures de biosécurité.
18:03Quand une exploitation n'a pas de peu de livres à l'entrée du port, je vous ai cité bien
18:08avant,
18:09il n'y a pas réellement de vestiaire et il n'y a pas de loge de quarantaine pour les
18:13nouveaux arrivants.
18:15Et cette port mort, on n'a aucun papier de vétérinaire qui a attesté qu'un vétérinaire venu sur l
18:21'exploitation.
18:22Quand on aime les animaux, on appelle un malade, deux malades, on appelle le vétérinaire.
18:27Sauf que dans sa réaction, Charles Blegoudé, il dit qu'il s'est directement adressé à un agent du nom
18:34de M. Anoma, si je ne me trompe,
18:35auquel il reproche notamment d'avoir minimisé sa réaction après l'abattage.
18:40Que s'est-il réellement passé ?
18:41Aucun vétérinaire n'est heureux d'abattre un animal.
18:47Tu ne peux pas faire sept années d'études supérieures après le bac, à minima, et puis venir abattre les
18:53animaux.
18:55On ne devient pas vétérinaire parce qu'on n'a pas d'emploi, on devient vétérinaire par vocation.
19:00Parce qu'à l'époque, quand on partait être vétérinaire, il y avait la faculté de médecine,
19:04on t'a dit, mais toi tu vas soigner les animaux au lieu d'aller soigner les hommes.
19:08Donc c'est soigner les animaux.
19:11Pas les tuer.
19:12Pas les tuer.
19:15Et quand on intervient, c'est qu'il n'y a plus d'autres possibilités.
19:18Et ça se fait conformément à la loi.
19:19Il n'y a pas de vaccin.
19:21Il n'y a pas de traitement.
19:23Il faut protéger 300 000 porcs.
19:26Alors donc, il faut interrompre le cycle de transmission.
19:29C'est comme si vous aviez un élément.
19:30Aucun médecin n'est heureux d'amputer quelqu'un du fait du diabète.
19:35Non.
19:36Je vous dis, je suis obligé de couper le membre.
19:38Sinon, la gangrène va se proposer et vous allez perdre la vie.
19:42Et c'est un choix difficile pour le médecin, mais il est obligé de le faire pour sauver une vie.
19:48Donc, personne ne minimise la souffrance d'un éleveur.
19:50Vous savez qu'abattre des porcs et des porceliers, vous ne savez pas le choc psychologique que nos agents ont.
20:00Le choc psychologique d'abattre un animal vivant, psychologiquement, c'est très difficile pour ses agents.
20:07Donc, personne n'est heureux d'abattre.
20:10Il y a un choc économique pour les éleveurs.
20:11Oui, mais il y a un choc psychologique important pour nous.
20:15Et puis, c'est un choc aussi économique pour l'État.
20:18L'État investit dans la riposte.
20:22L'État investit dans la formation des acteurs.
20:25La pêche porcine nous a fait perdre en 2024 20 milliards de francs CFA.
20:30Donc, personne n'est content qu'il y ait une pêche porcine.
20:33Mais la question qui se peut se poser, qui est responsable de l'introduction de la maladie dans l'espace
20:39?
20:39C'est qui le responsable ?
20:40C'est le manque de mesures de biosécurité.
20:42D'accord.
20:43Vous mettez en place le manque de mesures de biosécurité.
20:46Du fait des éleveurs, c'est ce que vous voulez dire ?
20:47Pour faire des élevards, il faut être bien formé.
20:50Il faut appliquer les mesures de biosécurité.
20:52Il ne faut pas se balader dans l'exploitation.
20:54Vous dites qu'il faut être bien formé.
20:56Est-ce que ça, ça ne relève pas de la responsabilité première du ministère des ressources animales ?
21:00Le ministère a mis en place des centres d'application et des spécialisations.
21:04Pour le port, il y a un centre d'application et des spécialisations à Agboville,
21:08où vous pouvez aller apprendre à faire l'élevage.
21:10Est-ce que vous êtes en train de nous dire qu'il y a un refus des éleveurs d'aller
21:13se faire formé ?
21:13Non, ce n'est pas un refus des éleveurs, mais les gens ne sont pas professionnels.
21:17Vous savez, en général, dans nos pays, je constate que mon ami a fait l'élevage,
21:23il a mis 5 verres, et chaque mois, il gagne 300 000.
21:26Il vient vous dire, je fais mon élevage, j'ai fait quelques enclos,
21:31et donc moi aussi, il y a l'espace, je loue un espace là, je dresse quelques enclos.
21:36Mais il faut d'abord s'adresser aux professionnels.
21:39Il y a l'interprofession qui est là, qui est un secrétariat permanent, qui a des documents.
21:44Alors il faut, même si vous ne partez pas vers l'État, les professionnels même sont organisés.
21:48Il faut vous rapprocher, ils vont vous donner de la documentation.
21:51Parce qu'en vrai, il y a des exploitations dans lesquelles les ports ne sont pas malades.
21:55Il y a des exploitations aujourd'hui, je vous donne le cas de Boisflé,
21:59où nous avons battu 16 000 ports, mais un élèveur était là-bas.
22:03Il s'est isolé, quand il a fait, il savait d'abord, première mesure de biosécurité,
22:07je ne vais pas aller me mélanger aux autres.
22:09Il faut que je sois au moins à un kilomètre des autres.
22:12Comme ça, quand ils sont malades, ils ne pourront pas m'atteindre.
22:15Deuxième mesure, il a clôturé son exploitation.
22:17Troisième mesure, personne ne rentre dans son exploitation si vous n'êtes pas indispensable.
22:20C'est-à-dire, soit vous êtes un travailleur, soit vous êtes un vétérinaire, ou c'est lui-même.
22:25Donc, personne ne vient en visite un village gratuit dans son exploitation.
22:28Alors, docteur, on a compris la maladie avec les réflexes à avoir, vous en avez longtemps parlé.
22:34Il faut maintenant regarder la situation de notre pays.
22:37Mais de façon concrète, l'état des lieux en Côte d'Ivoire, c'est lequel ?
22:40Alors, aujourd'hui, si vous voulez faire l'état des lieux de la peste postine,
22:43il faut faire l'état des lieux au niveau mondial.
22:46La peste postine, aujourd'hui, affecte 63 pays et pratiquement tous les continents.
22:52C'est l'une des maladies majeures en matière de santé animale, la peste postine et la grippe aviaire,
22:58qui constituent aujourd'hui deux pandémies, c'est-à-dire qui ont touché pratiquement tous les continents.
23:04Et ce n'est pas que l'Afrique qui est touchée.
23:06L'Europe est fortement touchée par la peste postine.
23:09L'Espagne, l'Allemagne, la Belgique et la Russie, ils sont touchés par la peste postine.
23:15Les déclarations sont sur le site de l'Organisation mondiale de la santé animale.
23:19Mais on est face à un virus où nous n'avons pas de traitement efficace, nous n'avons pas de
23:24vaccin.
23:25Et donc, il faut éviter d'introduire le virus, soit par la viande, soit par les hommes eux-mêmes, soit
23:32par l'achat des porcs.
23:33Certains élevés vont acheter des porcs dans une exploitation parce que j'ai besoin d'un bon véra pour améliorer
23:39l'amélioration génétrique chez moi.
23:41Et je vais dans une exploitation qui n'a jamais été visitée par un vétérinaire.
23:44Est-ce qu'en Côte d'Ivoire, il faut parler aujourd'hui d'une nouvelle crise sanitaire, mais à l
23:48'échelle nationale ?
23:49Non, il ne faut pas parler d'une nouvelle crise sanitaire parce qu'en 2024, c'était 108 000 porcs
23:54qui ont été abattus.
23:55Aujourd'hui, nous sommes autour de 2 000 porcs.
23:57D'accord.
23:58Ça n'a rien à voir avec 2024.
24:00Et le ministère, à la veille de saison de pluie, il y a eu un communiqué du ministère, même dans
24:07plusieurs chaînes de télé,
24:08pour préciser aux éleveurs, attention, nous commençons la saison de pluie, c'est une période propice à la propagation du
24:15virus,
24:16donc renforcer les mesures de biosécurité.
24:19Donc l'information est passée.
24:21Et même aussi les éleveurs eux-mêmes, à travers l'interprofession, il y a eu des messages sur la plateforme
24:26des éleveurs,
24:27où il y a 12 000 éleveurs inscrits, aussi l'interprofession, à passer le message d'alerte aux éleveurs.
24:33Nous sommes dans une période propice à la propagation de la maladie.
24:37En général, c'est au mois de juillet, août, qu'on a des cas de PESPORCINE,
24:42alors renforcer les mesures de biosécurité.
24:45La PESPORCINE africaine est apparue en Côte d'Ivoire en 1996, vous l'avez mentionné tantôt.
24:51Ça fait donc 30 ans qu'on connaît cette maladie.
24:54J'ai bien envie de savoir, comment est-ce qu'on explique qu'après autant d'années,
24:59on soit toujours confronté à des flambées aussi importantes ?
25:03Il y a plusieurs facteurs.
25:05En fait, la maladie est entrée, vous pouvez analyser comment la maladie est entrée en Côte d'Ivoire pour la
25:09première fois.
25:10La maladie est entrée par le biais de l'aviation.
25:15Un avion provenant d'un pays touché, qui n'est même pas en Afrique de l'Ouest,
25:21arrière à l'aéroport d'Abidjan, en gênant à nettoie l'avion.
25:24Les restes, ils ont mangé des produits charcutiers, qui ont été déversés dans une poubelle.
25:28Et il y a un élèveur qui était abonné à cette poubelle-là, qui a récupéré la poubelle,
25:33et est venu nouer ses poids aux deux plateaux ici.
25:35D'accord.
25:35Aux deux plateaux ?
25:36Voilà comment le virus évolue.
25:40Deuxième introduction, ça c'était par Sampedo.
25:43Un bateau qui est à Corse, d'un pays de l'Europe de l'Est.
25:48Les restes des bateaux sont nettoyés, parce que quand il est à Corse, il y a un service qui nettoie,
25:53etc.
25:54Et la poubelle, il y a un élèveur qui était abonné à la décharge, qui va récupérer le reste et
26:00donne à ses animaux.
26:01Alors, les bateaux, ils arrivent toujours en Côte d'Ivoire, les avions également ?
26:05Non, justement, il faut, en étant interdit, le don d'eau grasse.
26:15On appelle ça eau grasse, les aliments, les restes de nourriture, pour nourrir les animaux.
26:19Donc, c'est interdit aujourd'hui, après ces expériences-là.
26:22Ensuite, troisième impression, encore, je vous donne.
26:24Ça, c'est par le nord de la Côte d'Ivoire, nos voisins.
26:28Et il n'y a pratiquement pas de frontières.
26:31Des vendeurs de porcs présés apprennent que de l'autre côté de la frontière, la viande coûte nettement moins cher.
26:38Ils traversent au niveau de Wangolo.
26:40Ils vont acheter la viande moins chère et ils introduisent le virus.
26:44Et ça a entraîné la bataille de 33 000 porcs dans le département de Feké et de Wangolo.
26:49Donc, il y a des incursions.
26:50Tant qu'on aura la maladie autour de nous, nos pays, les pays voisins sont affectés aussi.
26:56Tant qu'on aura un pays dans le monde qui est affecté, il faut être vigilant.
27:02Il faut renforcer les mesures de biosécurité.
27:04Chaque fois qu'un pays est touché par la presse postine, le ministère sera un arrêté pour interdire l'importation
27:10de porcs vivants, de produits postins.
27:12En tout cas, tout ce qui est en lien avec le porc à partir de ces pays atteints.
27:16Les 63 pays qui sont atteints aujourd'hui ne peuvent pas importer officiellement.
27:20Mais qu'est-ce que les gens font ?
27:22Deux morceaux de porcs dans les barrages, etc.
27:25Ce n'est pas une importation, donc difficilement contrôlable.
27:28Les arrêts sont souvent échappés au contrôle.
27:30Ça, c'est un.
27:31Nos éleveurs eux-mêmes, quand on a battu 108 000 porcs, il y a certains qui ont battu des porcs,
27:38les mettent dans le congélateur, chez eux, à la maison.
27:41Et après le passage de la crise, ils vont ressortir ces porcs.
27:44Mais le virus reste plus d'un an dans la viande congélée.
27:49Alors, si vous le gardez pendant un an et que vous ressortez un an après, qu'est-ce que vous
27:54avez fait ?
27:54Tout le travail d'assainissement qu'on a fait, d'abattage, de nettoyage, de réintroduire le virus par le biais
28:00de l'âge.
28:01C'est pour ça qu'on interdit que les gens consomment cette viande-là.
28:05Quand on fasse de l'abattage, on détruise les carcasses, on assainisse l'endroit et on reprend l'élevage
28:11pour que tous nos acteurs puissent vivre en toute tranquillité et bénéficier de l'énergie.
28:16Plus de 107 000 porcs abattus en 2024, c'est un enregistrement de pertes économiques assez importantes
28:24qui dépassent les 20 milliards de fonds CFA.
28:27Les éleveurs aujourd'hui, ils veulent savoir ce qui a changé concrètement.
28:32L'ampleur de celle de 2024, si jamais elle survenait aujourd'hui,
28:37est-ce que la Côte d'Ivoire est mieux préparée face à cette crise ?
28:42La maladie, elle est là.
28:43Ça fait peur de deux mois.
28:44On a 2000 animaux abattus parce que la réaction est beaucoup plus rapide.
28:51L'État a mis en place un centre des opérations d'urgence qui est au lycée technique ici
28:55qui cordonne les interventions d'urgence.
28:59Donc, on a su le principe de déceler la maladie en 24 heures
29:05et de nettoyer le foyer en 7 jours maximum.
29:10De telle sorte que la maladie ne se propage pas.
29:12Aujourd'hui, les préfets sont beaucoup plus promptes parce qu'il est mieux informé aussi.
29:16Apprendre des arrêtés pour prendre des mesures coercitives pour pouvoir gérer cette malade-là.
29:21Mais la question que vous vous posez, est-ce que la plupart des éleveurs ont vraiment changé,
29:28ont tiré la leçon de la présence du virus dans notre environnement mondial ?
29:33C'est un problème mondial.
29:35Moi, j'ai une meilleure question parce que beaucoup de personnes se la posent.
29:39Si une exploitation non déclarée a été découverte par vos services à la suite de mortalité anormale,
29:49il faut bien se demander ce qui échappe à la surveillance.
29:52Est-ce que ce n'est pas ça le problème ?
29:54Combien d'exploitations possèdent aujourd'hui non déclarées ?
29:56Pensez-vous qu'il existe encore sur le territoire national ?
30:00Alors, vous savez, c'est une activité sensible.
30:05Vous avez des aides du genre.
30:07Qu'est-ce que les gens font ?
30:08Aujourd'hui, pour faire une exploitation, je vais créer un campement.
30:11Moi, je vais dans une zone.
30:13Souvent, c'est isolé.
30:15Personne n'habite là-bas.
30:16Si vous ne déclarez pas, ce sera difficile de savoir où vous êtes et comment même vous apporter un encadrement.
30:24Donc, c'est vous qui avez décidé de créer votre exploitation.
30:27Et la loi de nul n'est censée ignorer la loi.
30:30Quand vous voulez faire une activité, il faut se renseigner.
30:34Il faut connaître la réglementation en vigueur concernant cette activité-là.
30:39Alors, l'État essaie, par la sensibilisation, par des réunions avec l'inter.
30:43Même l'interprofession interpelle les élèveurs.
30:45Il faut qu'on se déclare.
30:47Il faut qu'on respecte un minimum de 501 kilomètres entre nous.
30:50Il faut qu'on mette en clôturant nos exploitations.
30:53Il faut qu'on n'achète pas de porc dans des exploitations non identifiées, non déclarées, non suivies par les
31:00vétérinaires.
31:01On a encore plus de 200 000 porcs parce qu'il y a une bonne France des élèveurs qui sont
31:06conscients,
31:07qui appliquent les mesures de biosécurité.
31:09Et c'est les plus gros élèveurs qui arrivent encore à porter la filière.
31:13Maintenant, c'est d'amener tout le monde vers cette approche collégiale des mesures de biosécurité.
31:19Et c'est ce que je voudrais même féliciter l'interprofession, qui est en pleine tournée actuellement,
31:23parce qu'on est dans une période de propagation de la maladie,
31:26qui est en pleine tournée de formation dans les différents départements pour pouvoir renforcer la capacité des élèveurs.
31:31Mais une chose est de renforcer la capacité, mais une autre chose est d'en faire une habitude.
31:38Parce que la biosécurité, c'est l'exploitation, c'est les mesures à mettre en œuvre tous les jours dans
31:45l'exploitation.
31:46Il ne suffit pas que vous-même propriétaire de l'élèveur, vous alliez assister à une formation.
31:51Non, il faut l'appliquer.
31:54Il faut évaluer son niveau de biosécurité.
31:56C'est pour ça aussi qu'on a créé la GDS.
31:58Pourquoi les élèveurs qui n'ont pas les moyens...
31:59La GDS, c'est quoi ?
32:00C'est le groupement de défense sanitaire créé dans les grandes zones d'élevage.
32:03D'accord.
32:04Pourquoi les élèveurs qui n'ont pas la technicité, qui n'ont pas les moyens d'évaluer leur niveau de
32:08biosécurité,
32:08s'adressent aux GDS, qui évaluent et qui vous disent,
32:11OK, votre exploitation, il n'y a pas de clôture, c'est un point critique.
32:15Il n'y a pas de peu de l'eau, c'est un point critique.
32:17Vous ne vous réhabiterez plus dans des fermes non contrôlées par des bétérinaires.
32:30Voilà la liste des fermiers ou des reproduiteurs qui ont des animaux en bonne santé.
32:34Ça fait déjà... vous diminuez déjà le risque.
32:36Ensuite, mettez un plan.
32:37Vous n'êtes pas obligé de faire une clôture en ciment ou en briques.
32:41Vous pouvez même faire avec des papous, avec du bois, avec des bambous, avec des aires vives.
32:47Une clôture qui va empêcher que des personnes extérieures ou des animaux, des chiens ou autres,
32:53entrent dans votre exploitation.
32:54Parce que même ces animaux peuvent aller grignoter dans une exploitation,
32:58n'ont même les souris, les rats, et vous ramenez le virus dans votre exploitation.
33:01Mais docteur, on va être un peu plus direct, s'il vous plaît.
33:04Si des animaux peuvent aujourd'hui circuler clandestinement, ça veut dire que quelque part...
33:09C'est quoi la circulation clandestinique ?
33:11Vous savez très bien de quoi je parle.
33:12Ça veut dire qu'il existe forcément des circuits qui échappent au contrôle officiel.
33:17Les services vétérinaires, est-ce qu'ils connaissent aujourd'hui les principaux circuits clandestins de commercialisation ?
33:23Je veux dire qu'en termes d'élevage, il est extrêmement difficile dans nos contextes de savoir exactement où se
33:34trouvent tous les élevages.
33:35Parce que l'élevage se fait dans le milieu rural.
33:38Les élevages se font même dans des zones isolées.
33:40Il y a ce qu'on appelle aussi l'élevage traditionnel.
33:43Est-ce que là, ce n'est pas la faiblesse du ministère ?
33:44Ce n'est pas la faiblesse du ministère en train de construire le développement de l'élevage.
33:49Nous pouvons partir d'un point zéro pour arriver en cinq ans à 100%.
33:54Non.
33:55La maladie existe depuis 1996.
33:57L'évolution est dans le monde.
33:58Aucun pays, les pays aujourd'hui qui sont les plus grands producteurs de porcs,
34:03tels que les pays de l'Europe occidentale, font face à cette maladie.
34:07Il faut dire que c'est une vraie réalité et il ne suffit pas que d'avoir toute la technologie,
34:13mais il faut que tout le monde s'implique à 100% dans la lutte contre la maladie.
34:18L'État seul ne pourra jamais...
34:20Revenons donc à la question de la clandestinité.
34:21Voilà.
34:22Alors, la clandestinité, beaucoup sont clandestins, souvent, certains, souvent par ignorance.
34:28Ça, c'est le premier point.
34:29D'autres sont clandestins parce que pour eux, le suivi sanitaire, c'est un coût dont je ne veux pas.
34:35Ah, ils sont devenus des vétérinaires, des éleveurs, des producteurs d'aliments.
34:40Ils font toutes les spécialités.
34:41Mais ça, ce n'est pas un manque de formation pour le soldat.
34:44Ce que nous concerne de plus en plus aux éleveurs, l'élevage est sensible.
34:48Les ports que nous avons fait venir, l'État a fait venir des ports des reproduiteurs
34:51qui peuvent mettre à la disposition des ports à des performances très élevées
34:55qui font aujourd'hui 16 portionnés en une portée.
34:58Mais ces animaux performants qui sont venus par le biais de l'État,
35:02le ministère des ressources des animaux politiques,
35:04mais vous ne pouvez pas les élever n'importe comment.
35:06Il faut les mettre dans des conditions optimales
35:08pour que l'animal puisse vous donner ce que vous lui donnez.
35:11Parce que l'animal ne vous rend que ce que vous lui donnez.
35:14Alors si vous voulez avoir un élevage, lui créatif.
35:17On ne fait pas de l'élevage pour aujourd'hui, pour les beaux yeux du port.
35:20Non, on fait de l'élevage pour que ce soit une activité qui puisse nourrir vos familles.
35:25Et pour pouvoir le faire, il faut respecter un minimum en termes d'alimentation,
35:30en termes de qualité de l'environnement immédiat des animaux, en termes de soins vétérinaires,
35:36et en termes de génétique, et en termes même de ressources humaines.
35:39Quels sont les ressources humaines qui travaillent dans vos espaces ?
35:42Il faut les former à minima.
35:44C'est pour ça que le ministère a mis le centre d'application des spécialistes.
35:47Ce n'est pas une école, c'est un centre pour tout le monde.
35:50Vous pouvez venir pour une semaine de formation, parce que vous voulez comprendre.
35:53Vous pouvez venir pour un mois de formation, vous pouvez venir pour six mois de formation.
35:57Comment on intègre ?
35:57Il suffit de contacter le centre qui est à Agboville.
36:01Il y a un coordinateur qui se mettra à votre disposition
36:04et qui fera un programme avec vous en fonction de sa discipline.
36:07Je suis à Corugo, je dois contacter Agboville ?
36:09Si vous contactez Agboville, il va vous donner un minimum d'informations.
36:14Le minimum d'informations, ce n'est pas parce que vous êtes à Corugo
36:16que vous ne pouvez pas prendre le cas aujourd'hui.
36:18On a de très belles routes.
36:19En moins d'une journée, vous êtes à Agboville.
36:21Vous pouvez venir faire trois jours à Agboville.
36:23Et ensuite, il va vous référer à un éleveur de bonne performance à Corugo.
36:27Mais il n'y a pas moyen de décentraliser ?
36:29Est-ce que ça, ce n'est pas une difficulté sur l'ensemble du territoire national ?
36:31Non, c'est pour ça que je dis qu'on ne commence pas de zéro pour atteindre 100% en
36:35cinq ans.
36:35Il y a peut-être un plan stratégique.
36:37Il y a un plan stratégique de développement de l'éleveur.
36:39C'est ce qu'on appelle la politique nationale de développement de l'éleveur en Côte d'Ivoire,
36:44qui est dans sa phase 2 aujourd'hui à partir de 2026.
36:48Cette politique a commencé en 2021 avec le ministre qui dit que je n'avais pas de centre d'application.
36:54Donc les centres, il faut les créer.
36:56Il faut avoir des ports pour donner aux éleveurs qui sont déjà là.
36:59Il faut avoir des formateurs.
37:00Il faut construire.
37:01Et déjà, le centre a été inauguré et fonctionne très bien.
37:06Et aujourd'hui, on passe à la deuxième phase.
37:08Il faut aller plus loin dans ce que nous sommes en train de mettre en place.
37:12Rendre ce centre-là plus proche des populations à travers une couverture nationale,
37:18mais une couverture stratégique.
37:19On vous écoute et on comprend que l'État est informé de beaucoup de choses.
37:26Si l'État sait où se trouvent les principaux risques, je reviens sur la question.
37:31Pourquoi est-ce qu'il est encore difficile de mettre fin à tous ces mouvements clandestins ?
37:37Le problème, déjà, vous avez bien dit clandestins.
37:41C'est comme la drogue.
37:43C'est un phénomène mondial.
37:45Même les États-Unis font face au trafic de cocaïne.
37:48Avec tous les moyens qu'ils ont, les drones, avec tout ce qu'ils ont, les satellites.
37:52Mais ça continue.
37:54Le problème, ce n'est pas de pouvoir interdire totalement la clandestinité.
37:59Le problème, c'est de pouvoir amener tous les éleveurs à prendre conscience.
38:05Avoir des éleveurs clandestins.
38:06Aujourd'hui, on a eu des éleveurs, par exemple, qui ont dénoncé des femmes porcines
38:10qui ne respectaient pas les mesures de bus parce qu'ils voient un danger pour lui.
38:15Le problème, c'est le danger pour toi.
38:17Vous avez des enfants, par exemple, et vous constatez que votre voisin immédiat
38:21vend des produits dangereux que vos enfants consomment.
38:24Qu'est-ce que vous faites ?
38:26Vous n'allez pas attendre l'État.
38:27Vous allez être le premier à interdire à vos enfants d'aller vers là-bas
38:32et puis à dénoncer ce voisin-là.
38:36Donc, il faut que tout le monde joue le jeu.
38:38Il faut que les éleveurs, les populations, il faut que tout le monde joue le jeu.
38:43Surtout les éleveurs qui investissent dans l'élevage en vue d'avoir des gains.
38:50Et le gros facteur limitant aujourd'hui du éleveur porcine, dans le monde, c'est la peste porcine
38:55parce qu'il n'y a pas de traitement.
38:56Mais aujourd'hui, il est possible d'éviter que la maladie pénètre en votre exploitation
39:01par la mise en œuvre de biosécurité.
39:03Et puis, je crois que le ministère invite aussi les éleveurs à déclarer leur exploitation.
39:07Toutes les exploitations doivent être déclarées.
39:09Que ce soit le porc, que ce soit la volaille, que ce soit les moutons, il faut déclarer.
39:16Pourquoi ?
39:17Aujourd'hui, vous ne déclarez pas, vous vous cachez.
39:20Mais quand il y a un problème, c'est vous qui allez courir, allez chercher les éleveurs, les vétérinaires.
39:26Mais si ce n'est pas connu, une stratégie, c'est en partie une stratégie sur l'existence.
39:30Docteur Callot, imaginons un éleveur qui nous écoute, qui se trouve précisément dans une exploitation à risque.
39:39Qu'est-ce que vous lui répondrez si jamais il s'est dit, si je déclare mes porcs, on va
39:44les tuer.
39:45Si je ne déclare pas, j'ai peut-être une chance d'en sauver quelques-uns.
39:49Ce qu'il faut retenir, vous savez, quand on abattait à Manduku en 2021, la grippe aviaire, je donne un
40:02autre exemple, mais toujours en ressources animales.
40:04Un éleveur nous appelle un jour, il dit s'il vous plaît, venez abattre mes animaux.
40:10Je suis surpris.
40:11J'ai dit, mais pourquoi vous ne venez pas la nuit comme les autres, certains, sortir les animaux ?
40:17Il dit non, si je le fais, je gagne aujourd'hui, mais je ne pourrai plus répondre à l'élevage,
40:23parce que tout sera détruit.
40:25L'élevage, c'est ma vie, je préfère perdre aujourd'hui et pouvoir continuer mon activité.
40:32Il faut penser à l'avenir et non pas au gain quotidien.
40:36Il faut penser à l'intérêt général, parce que c'est la filière qui est menacée.
40:42Si vous n'avez plus la zone où je vous dis, il y a un seul exploitant qui a été
40:45sauvé, parce qu'il a mis en eue les...
40:46Aujourd'hui, c'est lui qui ravitaille les éleveurs pour la reprise.
40:50Imaginez-vous, si ce monsieur-là avait perdu toutes ces bêtes, zéro animal, comment les gens allaient répondre ?
40:56Ça allait être très difficile.
40:57Et donc, pour nous, c'est pour ça qu'on parle d'auto-quarantaine.
41:02Quand vous constatez un mal et que vous faites l'auto-quarantaine,
41:06aujourd'hui, l'État a pris des dispositions quand même pour essayer d'atténuer la souffrance des éleveurs
41:12à travers un décret qui fixe les conditions de compensation de ces éleveurs-là.
41:18Mais la compensation ne suffit pas que vous, vous allez faire sciemment,
41:22ne pas respecter les milieux de sécurité, être un danger pour les autres,
41:26et vous, vous amenez la maladie, et l'État vient encore vous indemniser parce que vous, vous avez été malade.
41:32Non. C'est pour ça qu'il y a un minimum de conditions.
41:35Il faut respecter un minimum les mesures de biosécurité.
41:37On ne vous dit pas de caroler vos exploitations, on ne dit pas de mettre du béton,
41:41ne serait-ce même du bambou autour, vous avez isolé.
41:44Ne serait-ce que respecter un kilomètre entre vous et l'exploitation suivante,
41:49vous venez de minimiser le risque de contamination si ce délével est touché.
41:54Donc, il y a un minimum des fois à faire pour se protéger soi-même.
41:57Ce n'est pas parce que vous habitez devant un commissariat que vous allez laisser vos portes et fenêtres ouvertes,
42:01soit disant que comme il y a un commissariat devant moi, personne ne va venir voler.
42:05Non. Il y a un minimum, vous mettez des clés, vous fermez, et vous fermez la porte et vous partez.
42:10En tout cas, vous ne laissez pas la porte ouverte.
42:11Mais n'empêche pas, on sait que sur le terrain, les services vétérinaires doivent véritablement surveiller, enquêter, prélever,
42:19mais aussi contrôler et parfois même intervenir en urgence.
42:22Aujourd'hui, il faut féliciter le service vétérinaire.
42:24Oui, mais est-ce qu'il bénéficie aujourd'hui de moyens concrets pour véritablement faire ce travail-là ?
42:30Les moyens ne sont pas suffisants à 100%.
42:33Mais comme je vous dis, la plus belle part ne peut donner que ce qu'elle a.
42:37Je vais vous donner une petite anecdote.
42:38Qu'est-ce qui me manque, justement ?
42:39Une petite anecdote.
42:40Vous savez déjà, la profession vétérinaire, les vétérinaires eux-mêmes, en termes de ressources humaines,
42:46manque 300 vétérinaires, entre 300 et 400 vétérinaires en Côte d'Ivoire, c'est largement insuffisant.
42:52D'abord, parce qu'on n'a pas d'école vétérinaire et tous les vétérinaires de l'Afrique du loge
42:58francophone
42:58sont formés à Dakar, à l'école inter-État de sciences et médecine vétérinaire.
43:03Ça, c'est un premier facteur limitant.
43:05Aujourd'hui, depuis deux ans, l'État, en conseil des ministres, à l'université de Dioné,
43:10il y aura l'institut de formation de vétérinaire.
43:13C'est déjà une initiative de l'État pour déjà résoudre le problème des ressources humaines.
43:18Ensuite, l'État, on n'avait pas, il y a deux ans de cela, nous n'avions pas de centre
43:23des opérations d'urgence.
43:24Parce que face à des maladies qui n'ont pas de médicaments et de traitements,
43:27ce n'est pas de ne pas avoir la maladie qui est la plus difficile,
43:30mais de contenir la maladie chaque fois que la maladie apparaît.
43:33Chaque année, on a la grippe à vie en France, mais chaque fois, c'est contenu.
43:37Chaque année, on a certaines maladies dans certains pays développées, même la PESP aussi.
43:40Donc, pour nous, aujourd'hui, c'est d'arriver à détecter précocement et réagir rapidement,
43:46permettre à ce que l'activité se développe.
43:48Ensuite, notre prochaine étape, ce sera le zoneur et la compartimentation.
43:52Des zones avec des élèveurs bien organisés, bien structurés, seront donc protégées de façon pérenne.
43:59Parce que ça, une compartimentation, demande l'adhésion totale des élèveurs.
44:03Dans certaines zones, on a quand même des élèveurs qui ont mis des moyens, qui se sont regroupés,
44:07qui ont fédéré leurs efforts et on peut faire un zonage pour mieux protéger cette exploitation, cette zone-là.
44:13De telle sorte que quand il y a la maladie, on est sûr que cette zone est tellement bien protégée
44:17qu'elle peut permettre la reprise, elle peut permettre de nourrir la population.
44:21C'est pour ça aussi que dans la stratégie de l'État, on a décidé de créer des zones exclusives
44:26d'élévage
44:26qui vont permettre de respecter la mesure de biosécurité, les distance et d'avoir des acteurs, des professionnels
44:32qui pourront investir en tout qui étudient dans ces zones-là.
44:35Donc, il y a toute une stratégie autour de l'élèveur.
44:37Après 30 ans de PESPORSI dans la Côte d'Ivoire, est-ce qu'on peut réellement estimer, maîtriser de façon
44:42durable la maladie
44:44où finalement on se dit, on peut se contenir, on peut vivre avec ?
44:48Je vais vous dire que c'est ça, la Côte d'Ivoire en Afrique de l'Ouest sur la PESPORSI
44:56est un exemple
44:57en matière de lutte contre la PESPORSI.
45:03On fait mieux en Afrique de l'Ouest sur la PESPORSI.
45:06Ça c'est déjà un élément fondamental.
45:10Ça veut dire qu'il y a des efforts énormes qui sont faits pour atténuer les impacts de la maladie.
45:17La deuxième chose, en termes d'équipement, de renforcement des capacités aujourd'hui,
45:23quand je prends la direction des services vétérinaires, le budget a été multiplié par deux
45:28pour qu'on soit beaucoup plus prompt à réagir face aux maladies.
45:33Aujourd'hui, nous avons produit tous les guides de bonne pratique pour que les élèveurs eux-mêmes aussi
45:38font concevoir des maladies pédagogiques parce que ça passe par la ressource humaine.
45:43Pour maîtriser une maladie, vous avez un trépied.
45:46Vous avez l'État qui met un environnement, qui met des services de contrôle.
45:50Mais vous avez aussi des élèveurs qui, conformément à la loi, ont la responsabilité primaire
45:56de la sécurité sanitaire des produits qu'ils ont sous leur responsabilité.
46:03Donc ça, c'est le deuxième maillon qui est très important.
46:06Et le troisième maillon même, il y a les consommateurs.
46:10Tout le monde doit les garder dans le même sens.
46:12Aujourd'hui, les gens sortent.
46:14On a vu le cas à Songon.
46:15Certains ont sorti pour la nuit qu'ils ont abattu.
46:18Et le lendemain, ça se retourne au marché et on casse le prix en deux.
46:23Il y a des gens qui sont prêts à acheter de la viande à un prix dérisoire,
46:27souvent même avec des odeurs qui attirent l'attention sans informer les autres.
46:33Ne serait-ce que la mairie.
46:35Donc pour moi, vaincre une telle maladie, qui n'est pas encore vaincue dans le monde,
46:40parce que les outils techniques ne sont pas suffisants, comme les vaccins, comme les traitements,
46:45déjà ça c'est un gros handicap, donc on doit compter maintenant sur l'organisation,
46:50sur les ressources humaines et sur les mesures sanitaires, surtout des préventions.
46:55Et pour que les mesures sanitaires marchent, si tout le monde joue le jeu à 100%, les choses vont changer.
47:02Mais ça demande du temps, ça demande de la communication.
47:05C'est pour ça que je suis heureux d'être à cette émission-là,
47:07pour encore avoir un impact sur les éleveurs, attirer leur attention,
47:13les sensibiliser de nouveau, parce que la paix, pour le signe, c'est notre affaire à tous.
47:17En tout cas, beaucoup de défis restent encore à relever,
47:22mais malgré tous ces défis, vous avez quand même obtenu un prix d'excellence.
47:29Oui, je remercie déjà le chef de l'État qui a instauré ce prix-là et qui nous amène à
47:36faire beaucoup plus.
47:37Et aussi le ministre des ressources animales et éthiques qui a mis les moyens,
47:40parce que nous avons tenu ce prix surtout à cause de la modernisation des services vétérinaires.
47:47Aujourd'hui, nous avons la situation sanitaire en temps réel.
47:53Nous avons un logiciel qui est sur toute l'État du territoire
47:58et qui permet aux agents en temps réel d'annoncer déjà une maladie,
48:03de confirmer une maladie.
48:05Ça remonte en temps réel et la gestion est simultanée.
48:09Nous avons aujourd'hui ce qu'on appelle la gestion, le Ivetopharma aussi,
48:15c'est la dématérialisation de la gestion des médicaments vétérinaires.
48:18Vous savez que la Côte d'Ivoire, pour le moment, ne produit pas,
48:22ne fabrique pas localement des médicaments vétérinaires
48:24et tous ces médicaments sont importés.
48:26Et ces médicaments doivent être autorisés aux nouveaux communautaires
48:28pour vérifier la qualité de ces médicaments.
48:31Et ces médicaments doivent être suivis.
48:33Les médicaments ne bat comme un bonbon,
48:35ils doivent être vendus par des professionnels.
48:37Et pour suivre la distribution des médicaments jusqu'à l'éleveur,
48:41nous avons dématérialisé et nous avons aujourd'hui un logiciel
48:44qui nous permet de suivre la distribution des médicaments.
48:48Donc, entre autres, aujourd'hui, je veux dire un exemple très concret.
48:53La Côte d'Ivoire est le seul pays de l'Afrique de l'Ouest
48:58à être au niveau 3 dans la lutte contre la rage.
49:01D'accord.
49:01Donc, c'est des avancées majeures que la Côte d'Ivoire
49:05est en train de mener aujourd'hui au niveau de la santé animale
49:10et qui nous amène à dire que si nous continuons sur cette lancée,
49:16en tout cas les maladies qu'on peut éliminer par des moyens techniques
49:19pourront être éliminées.
49:20Donc, alors, on va bientôt terminer cette émission.
49:23On a parlé de maladies, on a parlé des éleveurs,
49:27on a parlé des commerçants, de la biosécurité, de la surveillance,
49:30des abattages même de l'indemnisation.
49:32Mais derrière toutes ces questions,
49:35il y a des milliers de familles qui vivent de cet élevage,
49:40de porcins-là, et qui veulent savoir ce qui va se passer demain.
49:45En fait, moi, je dis qu'il y a bon espoir auprès des éleveurs.
49:50On a l'impression que c'est compliqué.
49:54Mais aujourd'hui, beaucoup d'éleveurs,
49:57même je dirais peut-être les plus gros éleveurs,
50:00on a un, le plus gros éleveur de Côte d'Ivoire
50:03a connu la peste en 1996.
50:07Ça ne l'a pas empêché de continuer,
50:09et il a atteint le sommet en termes d'élevage porcins-en-côte d'Ivoire.
50:14Il faut tirer la leçon du malheur qui arrive.
50:17C'est douloureux, il y a des pertes énormes.
50:20Mais l'élevage aussi, l'espérance s'acquiert dans la difficulté.
50:26Beaucoup ne savaient pas c'est quoi la peste porcine.
50:28Beaucoup ne connaissaient pas les signes,
50:30parce qu'ils n'ont pas eu l'opportunité de se former
50:33avant de commencer l'élevage.
50:34Mais aujourd'hui, tout le monde est en train,
50:39l'écosystème autour de l'élevage est en train de se mettre en place
50:42de telle sorte qu'aujourd'hui, un éleveur puisse avoir un interlocuteur en face.
50:48Soit l'interprofession,
50:50soit les centres d'application et de spécialisation,
50:54soit l'administration de proximité.
50:56Aujourd'hui, on est passé de 173 postes d'élevage
50:59à 291 postes d'élevage aujourd'hui en Côte d'Ivoire.
51:02Docteur Calo Vessali est directeur des services vétérinaires du bien-être animal.
51:07C'est quoi vous, en tant que personne, vous êtes capable de prendre comme engagement
51:13pour lutter justement contre cette peste porcine ?
51:15L'engagement pour nous, c'est déjà de mettre encore plus de moyens,
51:22être à l'écoute des éleveurs, parce que la lutte se fait ensemble.
51:28Donc nous nous engageons pour les éleveurs,
51:30pour mettre en place ces cadres d'échange permanent,
51:33pour pouvoir...
51:34nos stratégies sont des stratégies qui ont été faites
51:37dans une philosophie de co-construction.
51:41Ça, c'est la première des choses.
51:43Et la deuxième des choses,
51:44c'est d'essayer de faire appliquer les normes.
51:47Parce que notre rôle fondamental,
51:49c'est veiller à l'application de la réglementation.
51:52Et les services vétérinaires se battent tous les jours.
51:55Pour appliquer la réglementation,
51:56c'est pas contre les éleveurs,
51:58c'est pour le bien général.
51:59On prend une règle pour organiser,
52:01pour éviter des menaces comme la peste porcine.
52:05Et si nous tous nous arrivons à appliquer les règles de bonne pratique de la biosécurité,
52:09c'est pour ça que de plus en plus nous travaillons
52:10à des outils simples,
52:13qui sont à la portée.
52:15Vous n'êtes pas obligés même de savoir lire et écrire
52:17aujourd'hui pour pouvoir être formés en biosécurité.
52:20De plus en plus nous adaptons tout le matériel
52:22et de plus en plus nous cherchons à être plus proches des éleveurs,
52:25parce qu'être proches d'eux,
52:28ils auront l'information adéquate.
52:30Ça va nous permettre aussi de détecter précocement les cas
52:33et de réduire la menace à sa plus simple expression.
52:37Donc nous nous engageons à être beaucoup plus proches d'eux,
52:40à être beaucoup plus promptes,
52:41parce que l'État aujourd'hui a mis un point d'honneur
52:45sur la sécurité alimentaire,
52:48sur la souveraineté alimentaire,
52:51et la souveraineté alimentaire passe par la santé des âmes.
52:53Et nous, on ne peut que vous souhaiter bonne mission.
52:56Merci beaucoup.
52:56Merci Dr. Kalo Vissali d'avoir accepté de répondre justement à toutes nos questions.
53:02Merci.
53:02Mesdames et Messieurs, la peste porcine africaine n'est pas seulement une question vétérinaire,
53:08vous l'avez compris,
53:09elle touche directement les revenus des éleveurs,
53:12l'emploi, le commerce, la sécurité sanitaire,
53:16mais également l'avenir de toute notre filière.
53:18Notre message aujourd'hui, il est donc simple,
53:21c'est la prévention, comme le docteur l'a dit,
53:24la déclaration rapide des cas suspects,
53:26et bien entendu, le respect des règles de biosécurité,
53:30qui devient donc l'affaire de tous.
53:32Merci encore d'avoir accepté d'être sur ce plateau.
53:36Mesdames et Messieurs, nous avons terminé cette émission.
53:38Merci de nous avoir suivis.
53:40Merci beaucoup.
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