00:01RTL événements
00:03Et l'événement ce matin sur RTL, c'est cette audite accablant concernant la prise en charge des plaintes pour
00:08violences sur mineurs.
00:09C'est Gérald Darmanin qui, dans le sillage de l'affaire Liana, avait demandé au procureur d'examiner les 85
00:13000 procédures en cours.
00:15Dans une lettre publiée ce week-end, il résume leurs conclusions et elles sont effarantes.
00:19Des plaintes oubliées, d'autres carrément perdues.
00:22Bonjour Planar Adénovitch.
00:23Bonjour.
00:24C'est un document RTL.
00:25La procureure générale d'Amiens, qui a mené cette audite elle aussi dans sa juridiction, s'est confiée à votre
00:30micro et comme ses collègues, elle a constaté un cruel manque de moyens.
00:33Oui, à Amiens, ils ne sont que trois enquêteurs au groupe mineur, trois avec chacun plus de 300 procédures à
00:39gérer.
00:40Autant dire que c'est mission impossible.
00:42Marivonne Caillibot me parle des 3,5 millions de plaintes en stock dans les commissariats et brigades de France.
00:48Pas seulement des plaintes pour violences sexuelles sur mineurs bien sûr, mais il y en a aussi.
00:52Elle appelle le ministre de l'Intérieur à unir ses forces à celles de la justice.
00:56On a eu l'impression que toute cette histoire, c'est uniquement du fait de l'inaction des magistrats.
01:02J'ai dit au ministre que malgré tout ce qu'ont reçu les magistrats, de négatifs, de critiques, presque d
01:09'injures sur leur travail, leur paresse, etc.
01:14Personne n'a douté de l'opportunité de ce travail-là.
01:18Tout le monde s'y a attelé.
01:19Les collègues sont revenus le week-end, etc.
01:21À côté de ça, on n'a pas tellement entendu le ministre de l'Intérieur.
01:25La question que je posais au ministre, c'est que nous, on s'est mis en action sous son impulsion.
01:30Et maintenant, face à nous, c'est quoi le plan du ministère de l'Intérieur ?
01:34Dans son courrier, Gérald Darmanin le pointe.
01:36Je cite, le manque de visibilité des plaintes touchant les mineurs pose problème.
01:40Par ailleurs, Gérald Darmanin, il se félicite quand même que cette revue des procédures en cours ait permis de protéger,
01:45je le cite, des milliers d'enfants.
01:47C'est vrai ça ?
01:47Oui, le garde des Sceaux égrène les chiffres.
01:501 350 informations judiciaires ouvertes depuis le 8 juin sur des violences sexuelles faites aux mineurs.
01:56C'est 309% de plus que l'année dernière à la même période.
02:00Et 675 incarcérations, soit un bon de 173%.
02:04À Amiens, ce sont quelques 3000 procédures qui ont été examinées.
02:08Mais Marie-Vonne Caillibot reste vigilante.
02:11Le risque de cette priorisation est d'alimenter un stock de procédures non traitées pour les autres infractions.
02:17Le bémol immédiat, c'est que pour faire ça, les parquets se sont mobilisés pratiquement à 100%.
02:22Mis à part la flagrance, qui a continué d'être traité, quelle que soit la matière.
02:26Et les services d'enquête se sont mobilisés pratiquement à 100%.
02:29Sauf pour également traiter soit des opérations qui étaient prévues de longue date et qui mobilisaient des services, etc.
02:35Soit la flagrance.
02:36Il faut bien, d'une certaine manière, qu'il y ait un coût, quelque part.
02:40Et donc, on va être très attentif à un phénomène de mauvais vase communiquant.
02:44En effet, tout ne peut pas être considéré comme urgent et prioritaire.
02:48Et alors précisément, qu'est-ce qui se passe pour ces infractions qui ne sont pas prioritaires ?
02:52Les magistrats n'enquêtent plus tout dessus ?
02:53Alors, la procureure générale insiste, les procédures d'atteinte aux biens, par exemple, ne sont pas classées, mais elles sont
03:00mises de côté pour pouvoir se concentrer sur la priorité du moment.
03:04Elle a une pensée pour les victimes de ces infractions.
03:07Quand on parle d'atteinte aux biens, d'un cambriolage, quand vous avez des gens qui rentrent dans votre maison,
03:13parfois vous êtes dedans, etc.
03:14C'est une forme de violence, y compris aux personnes.
03:17En réalité, les atteintes aux biens, il ne faut pas les banaliser.
03:21Des victimes à qui il va falloir expliquer pourquoi l'enquête sur leur plainte n'avance pas ?
03:25On va effectivement faire des choix qui pourront apparaître insupportables pour les personnes qui sont victimes et qui considéreront que
03:33leur affaire, elle est très importante.
03:35À charge donc pour nous, d'expliquer encore davantage, de continuer à faire les réunions citoyennes qu'on a pu
03:41faire à un moment donné.
03:41On sera confronté parfois à des choix un peu draconiens.
03:45Qui dit priorité, dit manque de moyens.
03:47Le ministre de la Justice appelle de ses voeux une grande réunion de travail avec ses homologues de l'intérieur
03:52et de la santé pour gérer le manque de médecins légistes, notamment une réunion qui doit se tenir à la
03:58rentrée.
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